Jean-Claude Kavumbagu a fondé en 1996 Net Press, le premier journal à être mis en ligne au Burundi. Dans son récit, il raconte les obstacles rencontrés sur son parcours de journaliste, à cause desquels il a été détenu cinq fois entre 1999 et 2010.
J’ai terminé mes études universitaires en histoire en 1993. J’ai soutenu publiquement mon mémoire le 1ᵉʳ mars, à trois mois des élections du 1ᵉʳ juin 1993. C’était une période assez turbulente et délicate. Là, il n’y avait pas de travail pour les jeunes qui venaient de terminer leurs études. Normalement, nous, les lauréats du département d’Histoire, allions devenir des enseignants à l’école secondaire, mais même l’enseignement n’était pas fonctionnel en ce moment-là ; tout le monde était intéressé par les élections. Mais il y avait aussi des choses que l’on cachait. Il n’y avait pas de travail pour les Tutsis. Parce que là, on était presque sûr que Melchior Ndadaye allait gagner les élections de juin 1993. Des gens se disaient que c’était une occasion pour les Hutus de prendre le pouvoir, donc il n’y avait pas de boulot pour les Tutsis. Mais on nous disait simplement : « Il n’y a pas de travail pour les jeunes ». Fin des fins, j’ai eu du travail d’enseignant au Lycée de Kibimba. Je devais commencer à enseigner le 26 octobre 1993, mais malheureusement, le 21 octobre, Ndadaye a été tué. À Kibimba*, pas mal de Tutsis – élèves, enseignants, voisins de l’école – ont été tués aussi. Donc j’ai été obligé d’abandonner. Je suis devenu chômeur, et je le suis resté pendant trois ans.
C’est ainsi que mon frère m’a proposé de devenir journaliste et créer Net Press. Avant, mon frère avait lui-même animé un journal hebdomadaire qui s’appelait Le Citoyen ; il était avec Cyriaque Simbizi, qui a été ministre de la Communication sous Ntaryamira**, Julien Nimubona, qui est professeur d’université actuellement, et toute une équipe d’historiens, comme il avait étudié lui aussi l’Histoire à l’université. Le Citoyen a fermé ses portes, curieusement, en 1993, je ne sais pas pourquoi. Alors moi, jeune chômeur, je m’intéressais plutôt à l’informatique. En 1990, mon directeur de mémoire, Christian Thibon, un Français, avait introduit l’ordinateur au Burundi. Mon mémoire, c’est moi-même qui l’ai tapé à l’ordi. Il y avait aussi d’autres logiciels que nous apprenions, des logiciels d’analyses statistiques, comme Lotus ; nous faisions des tableaux… Donc Thibon m’avait vraiment lancé dans la manipulation de l’ordinateur. Et moi, j’étais intéressé par l’informatique parce que je voyais que je pouvais me faire de l’argent : l’ordinateur commençait à être utilisé dans les services de la fonction publique et des gens se tournaient vers des maisons d’informatique pour apprendre comment le manipuler, parce que s’ils travaillaient connaissant déjà l’ordinateur, ils avaient quelque chose de plus, c’était un avantage pour eux. Alors moi, je cherchais de l’argent pour voir comment constituer une maison d’informatique. Mais mon frère, qui avait déjà été dans le journalisme, me disait que « le journalisme, c’est mieux ». Et c’est lui qui m’a convaincu. D’ailleurs, je n’entendais pas vraiment devenir journaliste parce que même nos professeurs à l’université nous disaient : « Méfiez-vous, les journalistes sont des bouffons, ils disent du n’importe quoi, ils ne sont pas sérieux ». Nous, nous le prenions comme ça, de la part d’un professeur…
* Dans la province de Gitega, au centre du pays (voir Carte du Burundi). La localité est tristement connue par le massacre d’au moins 70 élèves tutsis le 21 octobre 1993 suite à l’assassinat du Président Melchior Ndadaye. Retrouvez ici un témoignage sur ce massacre.
** Cyprien Ntaryamira, président du Burundi entre le 5 février et le 6 avril 1994 (voir Contexte historique).
Les débuts de Net Press (1996)
Au mois de mai 1996, j’ai commencé à créer Net Press, après avoir obtenu l’agrément du Conseil National de la Communication (CNC). Net Press était d’abord un journal papier. J’ai demandé de l’argent à gauche, à droite pour acheter ceci ou cela. On utilisait à l’époque des fax pour envoyer les informations. Il n’y avait pas encore de réseaux internet. J’ai commencé le 1ᵉʳ juillet 1996 avec une dépêche sur les parachutistes qui s’exhibaient pour la fête nationale de l’indépendance. Je suis allé au stade Rwagasore* et j’ai fait un reportage sur ces militaires-là. C’était mon premier article de journaliste. Ainsi, j’abandonnais pratiquement la casquette d’historien pour prendre celle de journaliste. Je n’avais pas d’autres choix, parce qu’après l’assassinat de Melchior Ndadaye, le pays était devenu chaotique. Le gouvernement était en débandade, il y avait des tueries un peu partout**… Il n’y avait pas moyen d’espérer du boulot.
Au début, c’était difficile. Je n’avais aucune expérience en matière de journalisme. Je cherchais des journalistes chevronnés que je contactais clandestinement pour qu’ils me fassent des dépêches, qu’ils ne signaient pas. À l’époque, il était strictement interdit de travailler pour plusieurs organes différents, donc ils ne pouvaient pas mettre leurs noms sur ces dépêches. Je ne connais pas la raison de cette interdiction-là, mais je me dis que les médias publics, qui étaient très compétents mais moins payants, avaient peur de se voir spoliés de leurs bons éléments par la presse privée naissante. Par après, il y a eu des formations de journalistes auxquelles j’ai commencé à prendre part, et ainsi je suis devenu de plus en plus journaliste. Finalement, j’ai aimé le métier quand j’étais déjà dedans.
À peine commencé, au mois de juillet 1996, ça commençait déjà à marcher, parce que je sortais des informations qui n’étaient pas celles de la radio nationale : des informations un peu osées, comme on disait à l’époque. Mais le 1ᵉʳ ou le 5 août, je ne me rappelle plus le jour, il y a eu une coupure générale de l’électricité à Bujumbura, donc je ne pouvais plus travailler. J’ai été obligé d’abandonner. Des gens me disaient : « Mais Jean-Claude, il faut acheter un groupe électrogène. » Je leur répondais : « Vous rigolez, avec un seul mois de travail, vous voulez que j’achète un groupe électrogène ? » Au mois de septembre, le courant a été rétabli et j’ai recommencé le travail. Alors, ça a commencé vraiment à marcher. Les gens disaient : « Les informations qui sortent sont vraiment très intéressantes ; elles doivent être produites de l’extérieur, peut-être en Belgique. » C’étaient des gens qui travaillaient dans des banques, qui n’en revenaient pas. Ils voyaient des dépêches tomber tous les jours… C’était une sorte de révolution dans le monde médiatique, parce que j’ai été le tout premier à faire cela. Ces gens-là se sont renseignés, ils ont trouvé que c’était moi qui étais derrière ces dépêches, et ils ont commencé à prendre des abonnements pour soutenir le journal.
* Aujourd’hui stade Intwari. Voir Carte de Bujumbura.
** Voir Contexte historique.
La première suspension de Net Press (1998)
À ce moment-là, j’ai commencé à être connu par le public comme un journaliste révolutionnaire. Parallèlement, il y avait le Président Pierre Buyoya qui était revenu au pouvoir* et qui n’était pas content du travail de Net Press, parce que nous écrivions ce qui n’allait pas au sommet du régime. Nous écrivions ce que nous voulions, et que les gens voulaient, mais que le régime ne voulait pas. Nous prenions vraiment le plaisir d’écrire. Très fâché, le Président Buyoya a commencé à mener campagne contre Net Press, disant qu’il était composé par des extrémistes tutsis. C’était Buyoya, un Tutsi, qui menait une campagne contre un autre Tutsi ; ça prenait vite chez les Hutus. Ainsi, j’ai eu des difficultés à convaincre les Hutus que j’étais tout à fait neutre. Mais quand quelque chose est fait de mauvaise foi, il y a toujours des redressements, on ne sait même pas comment ça vient. En 1998, le journal L’Aube de la démocratie, le journal du parti FRODEBU, a été interdit et censuré dans les kiosques en vente. À l’époque il y avait déjà plusieurs journaux, et nous, les responsables des journaux, avions l’habitude de nous donner des copies pour avoir une idée de ce que les autres avaient développé. C’est comme cela qu’on m’a donné une copie de L’Aube de la démocratie, mais je ne savais pas que c’était déjà censuré dans les kiosques. Alors j’ai repris dans Net Press les titres de L’Aube de la démocratie. À ce moment-là, Pierre Buyoya s’est fâché et a fermé Net Press, l’interdisant pour une période de huit mois. Là, les Hutus se sont dit : « Ah, finalement il n’est pas si extrémiste que cela, puisqu’il a été interdit pour avoir publié les titres de L’Aube de la démocratie ! » C’est comme cela que j’ai pu malgré tout avoir une certaine audience chez les Hutus. Alors, ayant constaté qu’il n’y avait aucun rapprochement entre Buyoya et moi, ils ont commencé à me donner des informations. Ils avaient vu que je ne les censurais pas, et que je ne censurais personne, et ils ont commencé à comprendre que le journal avait une ligne de conduite sans considération d’ethnie ou de quoi que ce soit.
Mais Buyoya n’a pas baissé la garde. À part m’enfermer pendant huit mois, il a organisé une concurrence déloyale. Il y avait un journal du gouvernement produit par l’Agence Burundaise de Presse (ABP), une agence composée de correspondants de la radio nationale à travers tout le pays. Un mois ou un mois et demi après la fermeture de Net Press, l’ABP a commencé à sortir des dépêches par fax comme le faisait Net Press. C’est à partir de 1998 et après la fermeture de Net Press que l’ABP a commencé à le faire. C’est là que j’ai compris que c’était une forme de concurrence déloyale de la part de l’État.
Pendant les huit mois de fermeture, de mars à novembre 1998, tout s’était arrêté à Net Press. Les clés de mon bureau étaient conservées au Service National de Renseignement (SNR). Certaines machines se sont abîmées. Après huit mois, l’économie du journal était vraiment à terre. Je n’avais plus rien. Pour redémarrer les activités, j’ai commencé à demander de l’aide un peu partout, mais partout où j’allais, les gens craignaient des éventuelles réactions du pouvoir en place et ne voulaient pas soutenir un journal qui avait été interdit par le gouvernement. J’ai dû recourir à un crédit bancaire ; on m’a donné un crédit de 10 millions, ce qui n’était pas rien, à l’époque. J’avais aussi la chance d’avoir de nombreux abonnés, et grâce aux abonnements j’arrivais à couvrir toutes mes charges. Net Press a donc recommencé à fonctionner ; même si Buyoya ne m’aimait pas, je ne l’aimais pas non plus. J’avais fait très mauvais ménage avec son régime. Après la réouverture du journal, j’ai intenté un procès contre le gouvernement. Je réclamais 44 millions de Fbu [= Francs burundais] pour le matériel abîmé et 50 millions comme indemnisation pour les dommages subis. J’ai gagné le procès, mais le Président Pierre Buyoya a indiqué que tant qu’il serait aux affaires, je ne serais pas indemnisé.
* Suite au coup d’État du 25 juillet 1996. Voir Contexte historique.
Première détention : Un dépôt légal controversé (1999)
L’année suivante, le 16 juin 1999, j’ai été convoqué au parquet. Le procureur m’avait accusé de ne pas faire de dépôt judiciaire*. Au magistrat qui était là, j’ai expliqué : « Le dépôt judiciaire, c’est pour les journaux. Net Press est une agence d’information ; les agences d’information, tout comme les radios, ne font pas de dépôt judiciaire ». Le magistrat, qui était en même temps procureur en mairie de Bujumbura, m’a dit qu’il ne comprenait pas la différence entre une agence de presse et un journal. Alors pour le fait qu’il ne comprenait pas, c’était moi qui étais en tort… Ainsi, j’ai été envoyé en prison. Le même jour. Mais le 16 juin 1999, il y avait aussi l’investiture du Président sud-africain Thabo Mbeki**. Pour l’occasion, l’émissaire du président des États-Unis est allé en Afrique du Sud, où il a rencontré Buyoya, qui était parti du Burundi le 15 juin, avant mon emprisonnement. Dans l’entre-temps, il y avait une dame qui travaillait à l’ambassade des États-Unis au Burundi, Maria Olson, qui avait travaillé avant au Burkina Faso, où on venait de tuer un journaliste qui s’appelait Norbert Zongo. Lui, il avait été tué le 13 décembre 1998, et moi, j’ai été emprisonné au mois de juin 1999. Maria Olson craignait qu’on allât me tuer comme Norbert Zongo, et elle avait demandé une intervention au département d’État des États-Unis. Quand l’envoyé du président est arrivé en Afrique du Sud, il a posé la question à Pierre Buyoya : « Pourquoi Jean-Claude est-il en prison ? » Buyoya a répondu : « Il n’est pas en prison ; je sais qu’on l’avait convoqué mais il n’est pas emprisonné. » L’envoyé du président des États-Unis lui a montré une dépêche : « Non, Jean-Claude est en prison. » Alors Buyoya a téléphoné à son ministre de la Justice, Sinunguruza Thérence : « Il faut libérer ce petit chien. Toute la communauté internationale est au courant. » Le mot ‘chien’, en kirundi, est vraiment péjoratif. Alors le 29, on m’a libéré. J’ai passé pratiquement deux semaines en prison. Mais ce qui était aussi grave, c’est que le jour de ma libération, je ne suis même pas passé au parquet. Normalement, pour qu’on soit libéré, il faut passer devant une instance judiciaire. Mais on m’a dit : « Tu fais ta valise et tu pars. » Chez nous, dans le jargon des habitués de la prison, on appelle ce type de phénomène des « emprisonnements vagabonds », et les libérés, des « libérés vagabonds » ! J’ai été obligé d’aller à la direction pour demander un téléphone, comme on n’avait pas le droit de porter de téléphone en prison, pour appeler chez moi pour qu’on vienne me prendre…
Cela a été mon premier choc dans ma trajectoire de journaliste. Parce que j’ai constaté que cette histoire de dépôt judiciaire, c’était un prétexte pour m’emprisonner. Si c’était réellement une question de dépôt judiciaire, ils pouvaient me dire : « À partir d’aujourd’hui, tu commences à faire le dépôt » et voir si je refusais ou pas, mais je ne vois pas pourquoi j’aurais refusé. Parce que déjà au niveau du Conseil National de la Communication je faisais une sorte de dépôt : au moment où j’étais en train de distribuer les dépêches, j’en donnais aussi au Conseil National de la Communication au même titre qu’aux autres. C’était pour les informer : « Voilà ce que j’ai sorti aujourd’hui » ; si jamais il y avait plainte, le conseil allait se baser sur ce que j’avais écrit. Là, alors, j’avais compris que le Président Buyoya était un homme qui était vraiment contre la liberté de la presse.
* Ainsi était communément appelé le dépôt légal.
** Président de l’Afrique du Sud entre 1999 et 2008.
En 2000, le premier vice-président de la République, qui s’appelait Frédéric Bamvuginyumvira, est allé en mission officielle à Nairobi, où il a rencontré des gens du FRODEBU, donc des Hutus. Sur Net Press, nous avons écrit que « le premier vice-président est allé voir des Hutus au Kenya ». Pierre Buyoya en a rougi. Il a pensé encore une fois à m’arrêter, arguant que je m’étais engagé sur la voie ethnique. Mais pour des raisons que je ne connais pas, l’emprisonnement n’a pas eu lieu. Puis, au mois de mai, il y a eu une information en circulation sur Internet – l’Internet était arrivé en 1997 au Burundi ; depuis 1997, Net Press était publié aussi en ligne – disant que le couple présidentiel détournait du sucre produit au Burundi pour l’exporter au Rwanda. Moi, j’avais peur des représailles de Buyoya, donc je me suis gardé de tout commentaire sur cette information. Mais quelques jours plus tard, son porte-parole, Apollinaire Gahungu, a fait un démenti sur Internet. Forts de ce démenti, nous avons repris l’information sur Net Press. Nous avons repris intégralement le démenti du porte-parole et l’information qui était démentie. À mon avis, c’était une information équilibrée. Mais Buyoya : « Encore une fois, ce garçon ! », et il a demandé à son ministre de la Justice, Sinunguruza, de m’emprisonner. Donc, c’était son porte-parole qui avait démenti, mais c’était moi qui devais partir en prison. Sinunguruza a ordonné qu’on m’arrête, mais malheureusement pour lui, je n’étais pas au pays. J’étais en Afrique du Sud. Entre-temps, Pierre Buyoya avait fait un bref voyage, je crois, au Nigéria. En rentrant au Burundi, à l’aéroport, il a demandé à Sinunguruza si j’étais déjà en prison. Sinunguruza a dit : « Non, malheureusement il n’est même pas au pays. » En Afrique du Sud, j’étais allé rencontrer l’ancien président Nelson Mandela, qui avait invité une trentaine de gens, hommes et femmes – des journalistes, des politiciens, des gens de la société civile. Il était curieux de voir à quoi ressemble un journaliste incarcéré. Dans cette logique, il avait insisté pour que Net Press soit présent ; il voulait me rencontrer, voir ce journaliste qui faisait peur à Pierre Buyoya. À cette époque-là, je pesais à peu près 60 kilos. En me voyant, il m’a dit : « C’est toi qui fais peur à Buyoya ?! » Nous avons même pris des photos ensemble. Et il a envoyé un message à Pierre Buyoya : « Il faut laisser les gens s’exprimer. Tu n’es pas un saint homme, tout le monde n’est pas d’accord avec ce que tu fais, c’est tout à fait normal. » C’est comme cela que Buyoya a commencé à lâcher.
Deuxième détention : Des accusations contre le procureur général de la République (2001)
En 2001, il y a eu un site web clandestin dénommé « Le Témoin » qui s’en est pris au procureur général de la République, qui s’appelait Gérard Ngendabanka, en utilisant des termes très durs. Alors, puisqu’à l’époque j’étais pratiquement le seul à maitriser l’Internet au Burundi, le procureur général a pensé que c’était moi, le responsable de cette « attaque ». Et il a ordonné mon arrestation et détention à la Police Judiciaire des Parquets, à Jabe*. C’était le 21 décembre. Je suis resté là six jours, jusqu’au 27 décembre, quand j’ai été conduit devant le juge de confirmation au parquet de Bujumbura. Et le juge, même si on avait constaté qu’il n’y avait rien dans mon dossier, à part un mandat d’arrêt et la copie de l’article incriminé sur « Le Témoin », m’a transféré à la prison centrale de Mpimba**. Deux jours plus tard, le 29 décembre, j’ai été relâché après avoir payé une amende de 100 000 Fbu. Mes avocats et conseillers m’avaient suggéré de payer cette amende pour ne pas passer la fin de l’année en prison, et ils m’ont expliqué que la justice avait procédé ainsi pour sauver la face, puisque mon dossier était vide.
* Voir Carte de Bujumbura.
** Prison centrale de Bujumbura, voir Carte de Bujumbura.
Au début de l’année 2002, je suis allé à Goma dans une réunion de la Ligue des Droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL), qui réunissait le Burundi, le Rwanda et le Congo. À l’époque j’étais le président de la Maison de la Presse du Burundi, et j’allais intégrer officiellement le comité directeur de la LDGL en représentant la Maison de la Presse et la presse burundaise en général.
La Maison de la Presse avait été créée en 1997, un an après Net Press, par l’initiative de journalistes. Ils avaient créé une structure fédératrice et de soutien ayant la mission de promouvoir la presse, surtout la presse privée. Comment suis-je devenu son président ? En 1997, le premier directeur de la Maison de la Presse était journaliste à l’ABP et venait de Bururi ; il avait passé un examen et il était devenu directeur. Le premier président de la Maison de la Presse était journaliste à la radio nationale et venait de Muramvya*. Mais l’équipe avait fait mauvais ménage. Antérieurement, au Burundi, il y avait eu des conflits entre les gens de Bururi et ceux de Muramvya**, en plus des rivalités ethniques. Alors le président a commencé à dire : « Il faut que le directeur aussi soit élu. » Mais le directeur avait passé son examen et il travaillait bien. On ne pouvait pas le remplacer juste parce que quelqu’un voulait qu’on le remplace ! Il y a eu des débats, et la conclusion a été qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Quand le président a vu qu’il n’allait pas gagner, il a démissionné. Le vice-président est resté aux commandes de façon intérimaire, il gérait les affaires courantes. Des nouvelles élections ont été organisées pour choisir un nouveau président, et à ce moment-là, on s’est orienté vers un journaliste de la presse privée. C’est ainsi que j’ai été élu. Depuis 1999, j’étais membre du comité exécutif de la Maison de la Presse. En 2001, je suis devenu président et je le suis resté pendant quatre ans, jusqu’à 2005.
* L’ancienne province de Bururi se trouve au sud du Burundi, Muramvya au centre (voir Carte du Burundi).
** Voir note 1 en bas de page.
Quand je suis arrivé à Goma, le 15 janvier 2002, pour la réunion de la LDGL, on m’a appris que le 14 janvier, Net Press avait été fermé par le ministre de la Communication, Albert Mbonerane. Je ne comprenais pas. J’essayais de poser des questions, personne ne me répondait. Ils me disaient « il faut rentrer à Bujumbura ». Je répondais : « Je vais rentrer après la mission ; je devrai rentrer de toute façon. » Quand je suis rentré, le 17 ou 18 janvier, j’ai rencontré le ministre de la Communication. Je lui ai demandé : « Monsieur le ministre, pourquoi avez-vous fermé Net Press ? » Et il m’a dit : « Mais cher Jean-Claude, il faut faire attention ; tu as fait une déclaration triomphaliste lorsque tu es sorti de la prison ». Je lui ai dit : « Monsieur le ministre, est-ce qu’une déclaration triomphaliste vaut la fermeture d’une agence de presse ? Il fallait me punir autrement, moi ; ce n’est pas Net Press qui a déclaré ça. Vous punissez tous les journalistes de Net Press à cause de mes déclarations ? C’est quand même injuste, monsieur le ministre. » Quelle était cette déclaration que j’avais faite ? Au sortir de la prison, quelques semaines avant, j’avais remercié les missions diplomatiques qui s’étaient mobilisées pour recommander que je sois libéré – notamment, celles de la Belgique, de la France, qui m’avait même rendu visite en prison, des États-Unis, de la Hollande, du Rwanda. J’ai dit merci aux journalistes, j’ai dit merci aux avocats. J’ai remercié beaucoup de gens qui m’ont aidé pour que je sorte de la prison et des griffes du gouvernement injuste de l’époque. Et j’ai déclaré que ma libération était une victoire de tout ce beau monde qui avait tout fait pour que je sois libéré. Parce que pendant mon emprisonnement, les médias comptaient les jours que je venais de passer en prison ; ils en parlaient aux journaux radio de la mi-journée et dans les journaux imprimés. Les politiciens condamnaient le régime, les défenseurs des droits humains sortaient leurs déclarations, les diplomates et les journalistes me rendaient visite. Le régime, très gêné, avait même demandé aux médias d’arrêter de « faire du bruit pour que Kavumbagu soit libéré ». Les médias ont répondu : « Non ; vous le libérez, et nous nous taisons. »
Ma déclaration, donc, a été mal accueillie par le gouvernement, qui a dit que c’était une déclaration triomphaliste. Ainsi, ils ont interdit Net Press pendant 38 jours. Ce n’était pas rien ! D’abord, ça avait été huit mois ; j’ai passé deux périodes en prison dans l’entre-temps ; maintenant encore 38 jours… Plus tard, j’ai rencontré Buyoya dans une fête à l’ambassade des États-Unis. C’était le 4 juillet 2003. Lui, il avait terminé son mandat comme premier président de la transition le 30 avril 2003*. Il m’a salué : « Ah, bonjour Net Press. » Je lui ai dit : « Je ne m’appelle pas Net Press. » « Ah oui, je sais, je sais. Et alors, comment ça va à Net Press ? » « J’ai de la chance, monsieur le président. Me voilà encore en fonctions, au moment où tu n’es plus président de la République ! » « Ah bon ?! » Puis je l’ai quitté pour ne pas avoir de problèmes avec lui, même si je ne pouvais plus en avoir, parce qu’il n’était plus président.
* Buyoya a été président de la transition jusqu’au 30 avril 2003, quand Domitien Ndayizeye a pris le relai. Voir Contexte historique.
Quand Domitien Ndayizeye a commencé son mandat après Buyoya, son vice-président était Alphonse-Marie Kadege. Alors, Kadege occupait son fauteuil à Kiriri en tant que vice-président, mais il avait créé son deuxième bureau à Kinanira III. D’abord, c’était interdit, parce que les officiels devaient rester au niveau du centre-ville, entre les rivières Ntahangwa et Muha*. De plus, à Kinanira, le bureau était dans la maison de son beau-frère. Pour ce bureau, il payait 3 millions de Fbu par mois. Vous voyez où se trouve la tricherie. Alors sur Net Press, nous l’avons dénoncé. Quand il a vu ce que Net Press a écrit, il a déménagé la soirée même. Il a voulu m’emprisonner, mais on lui a conseillé de ne pas le faire : « Il faut faire attention, si tu l’emprisonnes, on verra que c’est de la vengeance parce qu’il vient de te dénoncer. » Donc il a laissé tomber.
* Voir note 2 en bas de page.
Troisième détention : Des accusations contres des présumés responsables de génocide au Burundi (2003)
Mais entre-temps, il y a eu un autre article sur Internet qui montrait qu’il y aurait eu des responsables du génocide au Burundi, identifiés dans les figures de Domitien Ndayizeye, Jean Minani qui avait été président du FRODEBU, Pierre Buyoya qui avait laissé passer le FRODEBU*, et Alphonse-Marie Kadege. Dans l’article, il y avait une image avec leurs figures et on voyait du sang couler à partir de leurs figures. On a dit : « Cela a été fait par Kavumbagu ; il n’y a pas moyen de penser autrement ». Une fois encore, j’étais victime de ma maîtrise de l’Internet. Pourtant, c’étaient des Burundais vivant au Danemark qui avaient publié cela sur leur site web, qui s’appelait « Agora ». Alors un samedi, un agent du service des renseignements m’a trouvé au bureau et m’a dit : « On a besoin de toi à la documentation**. Tu vas rentrer tout de suite. » J’y suis allé, et j’ai été emprisonné. Le lundi, ils m’ont demandé : « Il faut que tu nous expliques bien comment fonctionne l’Internet. » J’ai commencé à expliquer à celui qui m’interrogeait : « Ceci fonctionne comme ça… », mais lui, il m’a dit : « Je ne sais pas comment fonctionne l’Internet. » Là, je me suis fâché : « Monsieur, tu ne sais pas comment fonctionne l’Internet, mais moi, je suis déjà en prison. Tu trouves ça normal ? Tu me dis que tu ne maîtrises pas comment ça fonctionne au moment même où tu m’emprisonnes ? C’est quand même ridicule ! » Il fallait m’amener quelqu’un qui sache comment ça fonctionne, pour qu’il me lâche ou alors m’emprisonne, mais tout en sachant ce qu’il faisait ! Et puis, il y avait des gens qui étaient accusés de génocide, et on me demandait d’expliquer comment fonctionne l’Internet ? C’était quand même bizarre.
* En acceptant le multipartisme. Voir Contexte historique.
** Ainsi était communément appelé le service de renseignement.
Alors, dans cette période-là, il y avait une attaque combinée du Palipehutu et du CNDD-FDD sur Bujumbura. C’était en 2003, je crois. À la documentation nationale, tout le monde avait fui ; j’étais resté seul là-bas, avec bien sûr les policiers gardiens qui n’avaient pas le choix. Alors, il y a eu un cadre à la documentation qui a dit : « Quand même, il y a un journaliste qui est là ; si jamais il meurt dans ces attaques, ce sera très grave. » La documentation est juste à côté du ministère de la Défense, et ceux qui envoyaient des bombes essayaient de les larguer sur le ministère de la Défense ; mais les bombes tombaient aussi au sein de la documentation nationale, je les voyais tomber. Alors ils ont décidé de me faire rentrer. Ils sont venus à 18 h et m’ont dit : « Bon, tu rentres aujourd’hui et tu vas revenir demain. » Je leur ai dit : « Non, je ne rentre pas. Il y a le couvre-feu. » Il y avait un couvre-feu qui commençait à 18h. « Je ne peux aller nulle part. Deuxième chose, je sais comment la documentation fonctionne : vous allez tirer sur moi, et vous allez expliquer que j’allais prendre la fuite. Comme il est déjà 18 h et il y a le couvre-feu, laissez-moi passer la nuit ici. Comme vous dites que je dois comparaitre demain à 9 h, je comparaitrai et je rentrerai demain directement après avoir comparu. » Ils ont insisté : « Non, tu dois rentrer. » Et moi : « Non, non, je ne vous fais pas confiance cette fois-ci. Vous voulez m’assassiner ! C’est ça l’objectif ! Et moi, je ne veux pas que je sois tué à cause d’histoires pareilles. » Alors ils ont commencé à téléphoner à des gens que je n’ai pas reconnus ; c’était conversation sur conversation, au téléphone. Finalement, ils ont décidé de me confier au responsable de la documentation de la mairie de Bujumbura, qui m’aurait ramené à la maison. J’ai demandé : « Avant que tu m’emmènes, il faut que le patron de la documentation vienne signer que c’est toi qui me fais rentrer. Et puis je voudrais qu’il y ait mon avocat qui vienne voir comment je rentre. Comme ça, si demain il y aura procès, ça va se savoir. » Ils m’ont dit : « Non, le patron de la documentation ne va pas venir. Et ton avocat ne saura pas par où passer. Il y aura trois policiers derrière toi, et moi, je te ferai rentrer. » Ils m’ont demandé : « C’est où, chez toi ? ». Je vivais à Kinanira, j’étais marié et j’avais un enfant d’une année. Je ne voulais pas qu’ils voient où j’habitais. Alors j’ai dit : « Je vis à Rohero II*. » C’était chez mes parents. Ils m’ont emmené là-bas vers 20 h, j’ai toqué, je suis entré, et j’ai passé la nuit à la maison. J’ai appelé mon épouse pour lui dire : « On m’a relâché, je passe la nuit à Rohero II » ; le lendemain, elle est venue me prendre. Alors le lendemain, je suis allé à la documentation. Je suis arrivé à 9 h, on m’a reçu à 12 h 45. Presque quatre heures après. Et on m’a demandé : « Alors, tu nous expliques bel et bien comment fonctionne Internet. » Je leur ai dit : « Est-ce que vous avez lu mes déclarations de la veille ? » Ils ont répondu : « Dis-nous comment ça se fait. » J’ai expliqué, ils ont pris note, ils m’ont dit : « Ok, tu vas rentrer. » Ils m’ont remis mon téléphone, ils m’ont dit : « Il faut que ton téléphone reste ouvert. » Évidemment, je ne l’avais pas acheté pour qu’il reste fermé. Finalement, j’ai fait 6 jours à la documentation nationale, du 5 au 10 juillet 2003. Ce n’est pas rien ! Par après et jusqu’à présent, je n’ai plus eu de problèmes avec l’Internet. Maintenant, tout le monde sait utiliser ça.
* Quartier au centre-ville de Bujumbura.
Quatrième détention : Le voyage du Président Nkurunziza en Chine (2008)
Malgré tout cela, je n’ai pas changé de ligne éditoriale. En 2008, le Président Pierre Nkurunziza est allé en Chine assister à l’ouverture des Jeux olympiques et il a amené avec lui 100 000 $. Au Burundi, on avait des problèmes de paiement des salaires des fonctionnaires parce qu’il n’y avait pas d’argent. À Net Press, nous l’avons écrit : « Il y a un problème de paiement des salaires des fonctionnaires parce que le président a pris vraiment beaucoup d’argent sur lui. » 100 000 $ pour un président burundais, c’était quand même un peu trop. Le Président Nkurunziza est rentré au pays et a dit : « Ce garçon, il exagère ; il faut l’emprisonner. » Encore une fois, un weekend, on m’a retrouvé ici au bureau ; là, c’était directement la prison. J’ai fait six mois là-dedans. On m’a dit que j’avais outragé le président de la République, parce que « ça ne se dit pas ». Quand on a posé la question au porte-parole du président : « Pourquoi l’avez-vous emprisonné ? », ce dernier a répondu : « Ce garçon n’est pas sérieux. Dans notre culture, il est interdit de regarder dans l’assiette de son père. » Cela voulait dire que j’avais regardé dans l’assiette du Président Pierre Nkurunziza, considéré comme « père de la nation », et cela m’avait valu six mois de prison.
À ce moment-là, j’ai trouvé en prison Alexis Sinduhije, qui était président du parti MSD [= Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie], Hussein Radjabu, et d’autres politiciens. Là, nous discutions politique, nous échangions sur un peu de tout ; aussi, normalement, quand vous êtes en prison, il y a solidarité. Donc, nous sommes tous tombés contre Pierre Nkurunziza. C’était quand même une bonne ambiance, parce que nous discutions librement. En 2009, j’ai été relâché.
Cinquième détention : Les menaces d’Al-Shabaab (2010)
En 2010, il y a eu une Coupe du monde en Afrique du Sud, et en Ouganda, des terroristes de la Somalie ont attaqué des gens qui regardaient les matchs de football. Et ils ont dit que la fois suivante aurait été le tour du Burundi. Parce que l’Ouganda et le Burundi étaient les deux pays qui avaient dépêché des militaires contre les gens de Al-Shabab en Somalie, via l’AMISOM [= African Union Mission in Somalia]. Sur Net Press, nous avons dit clairement que les gens de Al-Shabab ont menacé d’attaquer le Burundi, et qu’ils auraient eu une facilité vraiment déconcertante parce que les forces de l’ordre s’occupaient beaucoup plus à piller qu’à protéger le pays. Ainsi, nous avions mis en doute la possibilité des forces de l’ordre du Burundi de sécuriser le pays. Alors le ministre de la Défense a porté plainte contre moi. Et on m’a amené en prison. Pour la cinquième fois.
Là, un avocat belge est venu me défendre, Bernard Maingain. Il est venu se joindre à cinq autres avocats qui étaient quand même sidérés de voir que j’étais tout le temps en prison à cause d’un petit rien. Mon infraction était la trahison, et la trahison équivaut à un emprisonnement à perpétuité. Mais normalement, la trahison, c’est pour les hautes autorités comme le président de la République. Pour les gens ordinaires, c’est plutôt l’atteinte à la sûreté intérieure de l’État. C’est là où Maingain les a coincés. « Le président de la République dit qu’il y a la sécurité et que vous exportez même la paix à l’étranger. Et puis vous venez accuser un simple journaliste de trahison ? C’est quand même malhonnête. » Coincés, ils ont abandonné la charge de trahison, alors ils m’ont condamné pour atteinte à l’économie nationale. Mais là aussi, Bernard Maingain a dit : « Soyez logiques. Quand Jean-Claude a écrit qu’il y aura une éventuelle attaque, vous avez dit que les touristes ont quitté le pays. Est-ce que quand vous l’avez emprisonné, les touristes ont afflué au Burundi ? » Alors, pour sortir de l’impasse, ils m’ont condamné à huit mois de prison, alors que je venais d’y passer dix mois. C’était une façon de me libérer, avec une amende de 100 000 Fbu, je crois. Cela a été ma plus longue période en prison : dix mois. Puis ils ont vu que je ne changeais pas de ligne, et ils ont fini par abandonner.
Jean-Claude dans la prison de Mpimba (2010)
Il est vrai, toutefois, qu’actuellement j’ai changé, parce que des journalistes ont été tués. Après 2015, j’ai mis les journalistes en chômage. En 2015, à cause du fameux coup d’État, Net Press a été fermé pendant une semaine. On avait tiré sur les micros et le matériel de Radio Bonesha*, alors les soldats qui étaient là ont dit : « Vous êtes aussi des journalistes, vous n’avez pas droit d’entrée à Net Press. » Je m’étais adressé à l’Ombudsman Mohamed Rukara**, qui a dit : « Non, il faut laisser les journalistes de Net Press travailler. » Rukara avait été journaliste à la radio, en kiswahili. Mais après, sans financements, c’était très dur.
(Interview effectuée le 22 avril 2024, récit validé le 20 janvier 2025)
* Dans le même immeuble où se trouve Net Press (voir Carte de Bujumbura).
** Voir note 3 en bas de page.
1. Jean-Claude a expliqué que « la province de Muramvya était un site royal. Après le coup d’État du 28 novembre 1966 et l’abolition de la monarchie [voir Contexte historique], des originaires de Bururi ont pris le pouvoir et ils ont exclu ceux de Muramvya de la gestion de la République, notamment des postes administratifs et de l’armée ».
2. À Bujumbura, les résidences privées du président et des vice-présidents de la République se situent à Kiriri, à l’extrémité est/sud-est de la ville, en dehors de ce qui est considéré le « centre-ville » de Bujumbura (qui se trouve entre les rivières Muha et Ntahangwa). Kinanira III est parmi les quartiers au sud de la ville (voir Carte de Bujumbura).
3. L’Accord d’Arusha (2000) a introduit au Burundi la figure de l’Ombudsman, qui « n’appartient à aucun parti politique [et] joue un rôle essentiel pour ce qui est d’assurer une administration correcte et honnête » (Appendice I, « II. Commentaires sur des points particuliers des propositions », Article 6, paragraphe 16c). En 2004, Mohamed Rukara est devenu le premier Ombudsman du Burundi. En novembre 2016, il a été remplacé par Edouard Nduwimana.