En été 2023, j’ai conduit une série d’interviews avec des journalistes burundais.es en exil en Belgique en vue de l’écriture d’un article académique. Pendant nos entretiens, ces journalistes m’ont raconté leurs parcours de travail et de vie, de leurs premiers pas dans une rédaction, passant par leurs promotions, leurs missions, leurs reportages « historiques », leurs soucis au travail, jusqu’au départ du Burundi et la vie en exil. Parmi ces journalistes, il y avait des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes, venant de médias différents et ayant travaillé dans des périodes différentes.
En écoutant leurs histoires, je me suis rendu compte que ces journalistes me racontaient des morceaux de l’histoire du journalisme au Burundi, vécue à la première personne et vue par leurs yeux. Je me suis dit que ces aperçus, véritables trésors cachés, ne pouvaient pas rester dormants dans la mémoire de mon ordinateur, et j’ai commencé à réfléchir à une manière de leur donner de la visibilité. Ainsi, le projet Histoire(s) vécue(s) du journalisme au Burundi a été conçu.
Pour parler de l’histoire du journalisme au Burundi, je n’aurais pas pu me contenter des histoires de quelques journalistes en exil en Belgique. Ainsi, en printemps 2024, je suis allée écouter et récolter les histoires d’autres journalistes et ancien.ne.s journalistes* résidant au Burundi. Le livre Histoire(s) vécue(s) du journalisme au Burundi et ce site web sont les fruits de ce travail.
* Dans Histoire(s) vécue(s) du journalisme au Burundi, les journalistes et ancien.ne.s journalistes sont ou ont été des animateurs/rices, présentateurs/rices, reporters, pigistes, rédacteurs/rices en chef, et même des directeurs des médias. En utilisant le terme « journalistes », de manière simplificatrice, on se réfère à cette diversité de profils.