1925 - 2004
Résistante dès 1942, Henriette Gillet, dite Jeanine, est arrêtée par les services des Brigades spéciales en novembre 1942 puis est interrogée pendant sept jours et sept nuits, subissant des sévices sérieux de la part des inspecteurs chargés d'établir sa culpabilité.
Elle est envoyée à la permanence du dépôt pendant 15 jours, puis transférée à la prison de Fresnes début décembre 1942.
Elle en est extraite provisoirement pour des interrogatoires serrés par la Gestapo allemande, rue des Saussaies à Paris.
11 rue des Saussaies, 8ème arrondissement, Paris.
Chambre de tortures de la rue des Saussaies
Après sept semaines au secret à la prison de Fresnes, Henriette est libérée faute de preuve, ayant toujours résisté aux assauts furieux et répétés des services de répression français et allemands, et n'ayant jamais avoué.
Quelques jours après sa libération, Henriette s'engage volontairement dès janvier 1943 au réseau clandestin de la France Combattante.
Dès juillet 1943, elle rejoint le réseau Front national de la Police (F.T.P.F), y faisant un travail acharné.
Elle se spécialise dans le recrutement et dans la formation des réseaux à Limeil-Brévannes et Villeneuve Saint Georges.
Pendant les journées de la Libération de Paris du 19 au 25 août 1944, elle sert d'agent de liaison et mène à bien, malgré les combats acharnés auxquels elle prend part, toutes les missions qui lui étaient confiées.
Elle établit, tout particulièrement, la liaison entre Limeil-Brévannes et la Préfecture de police de Paris.
Henriette Gillet au centre.
A l'issue de la Libération, elle rejoint le Corps Auxiliare Volontaire Féminin.
Le 15 septembre 1944, elle entre au Gouvernement Provisoire de la République Française en tant que secrétaire du Cabinet Militaire du Général de Gaulle.
C'est à cette période qu'elle rencontre Félix RAYMOND.
Remise de la Médaille de la Résistance
A l'issue de cette période, elle est recrutée à l'Assemblée Nationale comme secrétaire sténodactylo du Groupe d'Action Démocratique et Sociale d'avril 1949 à juillet 1951.
Puis en tant que Chef du Service Administratif du Rassemblement du peuple français R.P.F jusqu'en janvier 1953.
Félix et Henriette se marient le 18 avril 1950 à Limeil-Brévannes.
Le groupe RPF de l'Assemblée Nationale - 1953
Henriette quitte, à regret, ses fonctions auprès du Groupe RPF en février 1953 pour rejoindre Félix en Indochine. Félix qui depuis 2 ans a quitté l'armée de l'air pour piloter à la TAI et Air Vietnam depuis la base de Tân Sơn Nhất à Saïgon.
Henriette repart d'Indochine et retrouve Félix à son retour en France.
Puis douze ans après leur première rencontre ...
Mme Yvonne De Gaulle, Henriette et son fils au Noël de L'Elysée 1964
... et puis, outre la vie à poursuivre avec son fils...
...Henriette entretiendra une amicale relation avec la Maréchale Leclerc qu'elle assistera souvent lors des Ailes Brisées, association qui œuvre aux bénéfices des aviateurs blessés en service aérien, des veuves, ainsi que des orphelins et des ascendants.
"L'équipage s'est reformé dans la lumière et la paix" comme lui écrira la Maréchale.