Melosira
Prélèvement du 13 mai 2025 – Port de plaisance de Dieppe
Dans toutes nos observations, nous faisons le choix de ne jamais utiliser de lamelle. Cette méthode préserve les organismes vivants : les cellules restent intactes, leur comportement naturel est respecté. En contrepartie, certains détails morphologiques peuvent apparaître moins nets ou plus difficiles à distinguer. Cela rend l’identification parfois plus délicate, mais plus respectueuse du vivant.
Est-ce une Skeletonema ?
Non, nous pouvons l’écarter avec certitude.
Les cellules observées sont serrées les unes contre les autres. Aucune structure ne les espace. Or, Skeletonema forme des chaînes espacées grâce à de longs ponts externes en silice, bien visibles chez les individus vivants. Ici, rien de tel. L’absence totale de ces connexions permet d’éliminer cette piste.
Est-ce une Thalassiosira ?
Cette hypothèse nous a semblé plausible au départ. Mais plusieurs indices nous ont fait douter.
La chaîne est droite, rigide, très régulière. Ce n’est pas l’aspect ondulant qu’on attendrait d’un enchaînement souple de cellules comme dans Thalassiosira.
Les frustules, surtout, paraissent épaisses et robustes. Or, les espèces de Thalassiosira ont en général une structure plus fine, plus fragile.
Ces éléments réduisent la probabilité que ce soit ce genre.
Est-ce une Melosira ?
C’est désormais l’hypothèse la plus cohérente.
La morphologie correspond en tous points : une chaîne droite, sans articulation souple ; des cellules accolées valve contre valve, sans interstice ; des parois épaisses, bien visibles. Tout évoque la fameuse « chaîne de tonneaux » caractéristique du genre Melosira.
Enfin, le contexte écologique vient appuyer cette identification : Melosira est fréquente dans les rivières, les estuaires, les eaux riches en nutriments. L’Arques, qui se jette dans le port de Dieppe, représente une source probable. Cela rend sa présence ici parfaitement logique.