Voici le test de ce petit Mak bien sympathique et si controversé sur les forums américains. Pourquoi ? Car certains affirment que le C90 ne vaut pas sa réputation, qu’il est moins performant qu’une bonne lunette 60, tandis que d’autres affirment le contraire…
Je l’ai donc testé dans tous les sens, comparé à mes autres lunettes, sous différents cieux, dont un sous un excellent Bortle 4. Mais avant de parler de son rendu, regardons le C90 de plus près, car il ne ressemble en rien au Mak d’aujourd’hui et surtout comment l’optimiser pour un meilleur confort.
À la fin des années 1970, alors que la conquête spatiale inspire encore les foules, Celestron règne déjà sur le marché des télescopes grand public. La firme, fondée par Tom Johnson à Torrance, en Californie, est connue pour ses Schmidt-Cassegrain orange emblématiques, les C8 et C5.
Le nom Celestron est un mot-valise créé dans les années 1960 par son fondateur, Tom Johnson.
Il combine deux éléments :
Celest- : tiré du latin caelestis (ou de l'anglais celestial), qui signifie « céleste » ou « du ciel ».
-tron : un suffixe scientifique très populaire à l'époque (utilisé pour les composants électroniques et instruments comme electron, synchrotron ou cyclotron), qui évoque la technologie et la précision.
À l'origine, l'entreprise s'appelait Valor Electronics (1960), puis la division astronomie est devenue Celestron Pacific (1964) avant de prendre simplement le nom de Celestron. Le nom signifie littéralement : « L'instrument technologique pour observer le ciel ».
Au départ, Johnson ne rêvait pas de construire des instruments. Il dirigeait une petite entreprise d’électronique à Torrance, et c’est en voulant offrir un télescope à ses fils qu’il tombe sur un casse-tête : les Schmidt-Cassegrain étaient réservés aux observatoires professionnels et coûtaient une fortune.
Là où quelqu’un d’autre aurait renoncé, lui s’est dit : « Je vais le fabriquer moi-même. »
Dans son garage (il se passait beaucoup de choses dans les garages à cette époque…), il met au point une méthode révolutionnaire pour fabriquer la lame de Schmidt, la lentille correctrice, en moulant le verre sur un gabarit (“Master Block”).
Ce procédé simplifie tellement la production qu’il devient possible, pour la première fois, de fabriquer des SCT de qualité en série.
En 1964, il fonde Celestron Pacific, qui deviendra ensuite Celestron tout court.
En 1978, Celestron décide de miniaturiser cette formule magique avec un nouveau venu : le C90, un petit Maksutov-Cassegrain de 90 mm destiné aussi bien à l’observation astronomique qu’à l’usage terrestre.
En fait, Celestron cherchait à proposer une alternative plus abordable au prestigieux Questar, ce petit Maksutov américain aussi réputé… qu’inaccessible pour la plupart des amateurs. C’est dans ce contexte qu’est né le C90 orange, conçu en Californie comme un instrument compact, solide et capable de tenir tête au “roi” du marché.
Ce qui frappe au 1er abords est sa mise au point qui ne se fait pas en tournant une molette à l’arrière, comme tous les autres Mak ou SC. Ici, avec le C90, il faut tourner tout le l'avant du tube en entier avant avec la grosse bague noire en plastique rigide, à la manière d’un zoom d’appareil photo ou de ma longue-vue japonaise Galaxie.
Autant sur ma longue-vue, le mouvement est doux et la prise en main excellente avec son petit diamètre, autant sur le Mak C90, c’est très gros et dur à tourner. J’ai lu sur Cloudy Night qu’il faut changer la graisse pour améliorer la rotation.
Pour ce faire, il suffit d’enlever la plaque de fixation, et de retirer la vis coté externe et devisser un peu l’autre vis.
Elles tiennent les 2 tubes. Opération simple à faire et sans risque.
J’ai utilisé de l’essence F pour enlever l’ancienne graisse et appliqué ma graisse verte.
Une fois tout remonté, le tube coulisse un peu plus facilement, mais faire la mise au point reste tout de même un sport difficile. Surtout en hiver avec les températures basses et la graisse qui se solidifie…
Vous aurez besoin d’une bonne monture pour tenir fermement le tube et faire la MAP, sans que l’objet visé s’en aille, pas évident.
Le C90 orange des années 80 possède un porte-oculaire en 24,5 mm. J’ai l’habitude, car toutes mes lunettes vintage sont pareilles… Même si j’ai quelques bons oculaires Vixen en 24,5, je préfère maintenant utiliser mes Explore Scientific, mon Zoom ou encore mon Baader 31,75.
Pour ce faire, il existe plusieurs solutions. La plus simple que j’ai trouvé pour le moment, c’est mon adaptateur 24,5 vers 31,75 de très bonne qualité achetée chez Ali Express pour quelques euros avec sa bague de serrage annulaire.
Avec ce montage, je peux utiliser tout mon matériel récent et aucun problème pour faire la mise au point avec tous mes oculaires.
Une autre solution est de trouver une bague Celestron pour la visser directement sur le tube, mais c'est pratiquement introuvable.
Dernier point, non des moindres, mettre ce petit Mak, qui pèse quand même son poids (1,8 kg), sur une monture digne de ce nom.
On doit lui mettre une queue d’aronde :
Il faut aussi une monture horizontale, car, tout comme ma Halley ou ma Vixen 60, le C90 n’a pas d'anneaux. Si vous le placez sur une monture comme la Porta 2 avec la queue d’aronde sur le côté, le chercheur aura la tête en bas et le C90 sera juste tenue par la petite vis Kodak du sabot. J’ai essayé et ça ne tient pas 5 mn dès qu’on doit faire la mise au point…
J’ai d’abord testé sur le trépied de table de la Halley qui est presque de la même couleur orange, un superbe joli combo. Mais, la monture n’a pas de mouvements fins, c’est le collier de la Halley qui permet de suivre un objet. Donc ça reste jouable pour des grossissements faibles, mais pour suivre une planète, c’est un peu galère sans mouvements fins.
C 90 avec renvoi coudé 31,75 sur monture Pronto SW
Ma meilleure option est donc ma monture Pronto, avec une queue d’aronde qui permet de bien équilibrer le C90 suivant ce que l’on met derrière. Les mouvements sont précis, l’ensemble très rigide. Le C90 est tellement compact que même avec un vent fort l’image ne bouge pas d’un poil. Encore plus stable qu’avec ma Halley !
Pour conclure sur cette partie fonctionnelle, je crois que le C90 est un des instruments le plus compact au monde ! Ma Halley est plus longue, car le porte-oculaire s’allonge pour faire la MAP. Une fois qu’on a mis le renvoi coudé, le C90 garde sa taille.
Il tient dans un petit sac à dos, le plus imposant sera la monture. Mais, si jamais je dois prendre l’avion ou me balader avec, j’emmènerai mon fidèle trépied Halley, car on trouvera toujours une table, un muret le toit de la voiture, ou même une poubelle pour le poser.
C'est là que les ennuis commencent... Je n'ai pas été vraiment convaincu par ce C90 orange! Il est certes trés mignon et attachant, mais son systeme de mise au point est vraiment galere. Dès qu'on change d'oculaire il faut refaire la mise au point et ça peut etre long et fastidieux. On n'a vraiment pas envie de changer d'oculaire avec lui!
L'image est assez bonne et sans aberrations chromatiques bien entendu, mais on n' exploite pas vraiment le diametre de 90 mm. Avec son obstruction de 30%, cela equivaut plutot à une lunette de 60 mm en un peu plus lumineux. Ma Vixen 60/700 donne d'aussi bons resultats avec un bien meilleur chercheur et un systeme de MAP bien plus simple et fluide.
Moi qui pensait pouvoir remplacer ma longue Vixen 90/1000 par ce tout petit objet, c'est raté!
En revanche, de jour, pour observer les oiseaux, les avions ou les bateaux au loin, il se défend très bien. Vous partez en voyage ? Avec une bonne monture photo dans la soute et lui en bagage cabine, il sera votre compagnon idéal !
Il sera donc bien plus utile en téléobjectif avec un bon oculaire zoom, super portable, pour la Nature, que pour une observation astro sérieuse.