Mise en scène: Souphiène Amiar
Comédienne: Coralie Desbrousses
Texte: Laurent Cupelin
Chorégraphie: Bruno Roy
Film (projeté sur la scène): Lorédane Straschnov
Son: Benjamin Vicq
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Le malheur, la misère rendent les hommes invisibles : invisibles à autrui, invisibles à eux-mêmes peut-être. La personne n’est pas seulement gommée par la société : elle se gomme elle- même. Enracinement de Simone Weil
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FR (English below) Une continuité des recherches entamées autour de Woyzeck de Georg Büchner. Cette performance mêle texte, danse, et projection, créant un dialogue entre ces différents langages artistiques.
Le texte contemporain émerge d'improvisations inspirées de L’Enracinement de Simone Weil, de A la ligne de Joseph Ponthus, et du Woyzeck de Büchner. Ces fragments sont façonnés par un écrivain présent tout au long du processus créatif.
Le texte exprime l’amertume, l’indécision, et la souffrance face aux difficultés quotidiennes, où l'identification au malheur découle de l’absence d’initiative et de vision pour le lendemain. La poésie devient alors un puissant outil pour dépasser la logique qui attribue un coupable, comme si le malheur était une équation à résoudre.
La projection reflète l'espoir perdu, l'élan de ce qu'aurait pu être l'amour.
La chorégraphie, qui débute sous l’écran pendant la projection, incarne le conflit du remords et du crime, dans un bas-relief expressif.
La pensée et la réflexion désertent les corps, transformant l’Homme en matière première. Un homme chancelle, usé par trop de travail précaire, ou par l’absence totale de travail. Son corps se brise, et sa relation avec son partenaire et avec le monde s'effrite; les deux corps s’éloignent.
EN A continuation of research begun around Woyzeck by Georg Büchner.
This performance blends text, dance, and projection, creating a dialogue between these different artistic languages. The contemporary text emerges from improvisations inspired by L’Enracinement by Simone Weil, A la ligne by Joseph Ponthus, and Woyzeck by Büchner. These fragments are shaped by a writer present throughout the creative process.
The text expresses bitterness, indecision, and suffering in the face of daily struggles, where identification with misfortune arises from a lack of initiative and vision for the future. Poetry then becomes a powerful tool to surpass the logic that assigns blame, as if misfortune were an equation to be solved.
The projection reflects lost hope, the momentum of what love could have been.
The choreography, which begins beneath the screen during the projection, embodies the conflict of remorse and crime, in an expressive bas-relief.
Thought and reflection abandon the bodies, transforming Man into raw material. A man staggers, worn out by too much precarious work, or by the total absence of work. His body breaks, and his relationship with his partner and with the world crumbles; the two bodies drift apart.