J2 trek 18/08/2018
Petit rayon de soleil miraculeux au réveil qui permet de faire sécher la tente intérieure sur les toilettes ( ! )
Nous rechaussons nos crocs pour encore 1 ou 2 km afin de rejoindre, moyennant quelques traversées de rivières, le pied de la falaise qui doit nous mener au fjord suivant.
Il nous semble impossible de passer par là et nous sommes rassurées quand nous rejoignons un balisage de piquets, qui pas de doute, mène au pied de ce mur !
Finalement en posant un peu les mains, ça passe !
On apprécie d’avoir du beau temps car ce passage ne doit vraiment pas être rassurant dans le brouillard !
Au-dessus de la petite maison le col par où nous sommes descendues hier
Nous marchons ensuite à flanc de montagne jusqu'à un 2ème petit col, le sentier est bien cairné, le soleil brille, on se régale.
Nous découvrons émerveillées, sous un soleil de fin d’été qui peine à réchauffer l’atmosphère, la baie de Hloduvik.
Loin vers le nord, nous distinguons quelques icebergs, énormes, qui dérivent sur la mer du Groenland !
J’en suis toute émue (j’adoore les icebergs, ces masses de glace formées par la neige tombée il y a des centaines d’années, qui voyagent au gré des vents et des courants, et vouées à disparaitre lentement…nostalgie…) Il arrive que des ours polaires ayant dérivé sur la glace atteignent le nord de l’Islande. Ils sont systématiquement abattus, ce qui est rare heureusement (la dernière fois en 2016)
Une houle paisible vient mourir sur la plage de galets,
où nous descendons pour contourner la montagne de Alsfell, figure emblématique de la baie.
On observe amusées un couple de cygnes qui apprend à son petit à négocier le ressac, attendrissant.
C’est alors que nous apercevons 2 puis 3 petits renardeaux qui fouillent les algues à la recherche de poissons. Trop mignons (les renards, pas les poissons crevés) !
Cygnes et renardeaux sont au début de cette vidéo:
Muriel et Sophie, levées plus tôt que nous avant-hier avaient déjà aperçu fugitivement un renard à Adalvik.
Ceux-ci sont absolument indifférents à notre présence et nous passons un long moment à les observer.
Nous continuons à longer la baie, envahie d’énormes grumes venues de Sibérie (inépuisable source de bois si précieux dans cette contrée où les plus grands arbres – des saules arctiques-ne dépassent pas quelques dizaines de cm.
Les feux sont interdits dans le Hornstrandir mais à vrai dire, ça manque de petit bois !
Ici comme partout, en l’absence de bétail, la végétation égaye le paysage. L’angélique si graphique est partout !
Il y a aussi profusion de myrtilles et de camarines, du moins là où il n’y a pas trop de renards car ils sont omnivores ! Oiseaux, œufs, baies, mollusques, poissons, petits rongeurs, toute calorie est bonne à engloutir avant le long hiver…Nous avons vu une vingtaine de renards, toujours près de la mer et/ou des falaises à oiseaux.
Nous passons en contrebas de l’abri d’urgence (qui surplombe la zone de bivouac) qui a vraiment des allures de capsule extra-terrestre sous ces jolis nuages lenticulaires,
et marchons encore une centaine de mètres après le gué qui nous sera ainsi épargné demain.
Les « Hollandais » arrivent peu après nous et se posent au « camping ». Croisé un couple tout à l’heure, sinon personne d’autre aujourd’hui.
Nous profitons du grand beau temps pour une toilette approfondie dans la belle rivière que nous venons de traverser.
A l’est au-delà des qq maisons du petit hameau de Budir (désert en cette fin d’été), nous devinons le sentier escarpé où nous irons demain.
Festival de cirrus en soirée, signe de changement de temps !