La ville de la Teste de Buch permet la production de création d’art urbain sur ses façades. Ces œuvres sont réalisées par des artistes qui incarnent le renouveau d’un mouvement, d’abord vu comme contestataire : le street art. Ici il s’agit de rendre accessible l’art et d’investir l’espace public d’un sens esthétique. Une manière aussi de proposer une nouvelle géographie du territoire, par la mise en œuvre de parcours artistique.
La Ville de La Teste de Buch, organise une nouvelle édition de son temps fort autour du « street art ». Cette année, les artistes Matthieu Pommier et Beatoa vont créer des œuvres dans la Ville.
Matthieu Pommier, l’artiste qui avait déjà réalisé une fresque sur le mur du Marché, a investi le mur Est de la Maison Lalanne avec une fresque évoquant la forêt et l’univers de l’enfance.
Trois artistes de renom sont intervenus i sur les murs de la commune afin d’enrichir le parcours artistique des premières saisons : Paul Peinture, Matthieu Pommier (Matth Velvet) et SCAF
Maison de Quartier des Miquelots (SudOuest)
SCAF intervient à un niveau international depuis plusieurs années. Sa particularité lui valant au fil des années un classement dans le top 10 mondial est l’anamorphose, une technique picturale permettant au spectateur de se «positionner» face à l’oeuvre. En cherchant le «juste positionnement», «la juste place» le spectateur peut bénéficier d’une illusion 3D, donnant l’impression que le sujet sort du mur. Il s’agit là de proposer au public d’interagir avec l’oeuvre. Pourquoi un oiseau ? « Parce qu’on m’a dit que c’est comme cela que les habitants du quartier parlaient de cet endroit » confie-t-il. Malgré sa consécration internationale, SCAF garde son humour et ne se prend pas au sérieux.
Matth Velvet commence à peindre des murs au début des années 2000 dans l’ouest de la France. Il vit et travaille aujourd’hui à Bordeaux. Dessinateur passionné, il s’oriente naturellement vers les arts appliqués, parallèlement à une pratique du graffiti.
Il quittera peu à peu l’aérosol pour la peinture acrylique et l’huile, qui lui permettent une plus grande maîtrise des couleurs et de leur interaction. Sa peinture est figurative et colorée. Le monde qu’il représente est à la fois onirique et ordinaire, «fictif et effectif». Ses oeuvres ont toujours une dimension narrative qu’il convient au spectateur d’interpréter.
Surfeur, il attache une attention particulière à l’égard de l’océan. Il vient très récemment d’achever un mur monumental à Nantes : le M.U.R.
Paul est un artiste qui développe une pratique artistique au plus proche des habitants. Il peint auprès d'institutions éducatives, sociales et médicales, offrant des ateliers de parole, d'écriture et de peinture. Son travail aboutit à la réalisation de fresques participatives. Il s'exprime en peinture abstraite, figurative ou textuelle, et encourage la pratique collective de son art. Son objectif est de créer des liens et de nourrir les communautés grâce à l'art.
Ecole Lafon à Cazaux
Les artistes Rouge, Jean Rooble, Kegrea et Laurent Cerciat vont créer des œuvres "D’après nature".
Le sujet « D’après Nature », s’inscrit dans le prolongement de la première édition autour de « l’animalité », en faisant référence d’une part à la peinture, désignant dans l’histoire de l’art le fait de peindre d’après un modèle et d’autre part à l’environnement, à l’heure d’une écologie urbaine.
Une manière de réfléchir, grandeur nature, la question du végétal et du vivant.
Rouge est une artiste qui travaille dans l’espace public, en proposant des œuvres picturales dont la composition est souvent de nature narrative.
Hommage à la continuité du vivant, Gymnase Pierre de Coubertin, La Teste Centre
Ici le portrait de cette femme et de son nouveau-né, qui s’ancrent dans des jeux de lumières et de matières, faisant écho au sujet de la naissance et plus largement de nos origines. Une œuvre dont les dimensions monumentales confère à l’ensemble, une stature héroïque et singulière.
« Mon expérience de cette étape particulière de la maternité est celle d’un devenir animal. Jamais je n’ai autant ressentie une continuité de mammifère, comme force et noblesse, à l’opposé d’une animalité basse, que durant cette aventure de la mise au monde. Porter, accoucher et nourrir son enfant, c’est une occasion incroyable de devenir corps, comme l’est parfois le sport, comme le sont les rares moments où la tête ne prévaut pas. » Rouge
Né à Versailles en 1981, Jean Rooble est un artiste plasticien et graffeur autodidacte. Il travaille à la bombe de peinture, à main levée et n’utilise ni pochoir, ni projection. Depuis plusieurs années, son travail est axé sur la réalisation de portraits hyperréalistes, sur murs ou sur toiles. « Humain, je peins des humains et c’est le fil conducteur de ma vie. Associer le modèle à la démarche c’est quelque chose qui me tient à coeur. »
Y’a plus d’saisons, Pignon du centre culturel Dignac, peinture hyperréalisme
Son sujet de prédilection, le portrait, se retrouve ici dans la figure anonyme d’une femme, dont le regard est tourné vers l’océan.
Appliquée à plier un drap, les motifs floraux de celui-ci rappellent le statut de décor que la nature a occupé dans l’histoire de l’art ; les couleurs douces, mais contrastées et un cadrage blanc, proposent une vision picturale en regard de la jetée du bord de mer.
Y’a plus d’saisons, Passage Juliette Drouet, La Teste Centre.
Ici est réalisé un détail en échelle macro de la fresque.
Kegrea, né en 1988, vit et travaille à Angoulême. Artiste plasticien, il travaille à la collecte de traces, de documents de toute sorte, de photographies de lieux, de personnes, devenus invisibles. La matière trouvée est un point de départ pour lui redonner vie et sauver une part d’humanité de l’oubli. L’histoire devient un matériau comme la toile ou la couleur. C’est un travail d’ethnologie, d’archéologie contemporaine qui se traduit en installations, en peintures ou sous toute autre forme créatrice.
Après nous, le déluge, Parking Gambetta, 20 rue du 14 juillet, La Teste Centre
Un bateau sur cale, dans un face à face immobile aux véhicules stationnés sur le parking. Une vision familière du territoire, éclairée par un ciel orangé et une touche légèrement impressionniste ; une manière d’interroger l’obsolescence de nos systèmes, par l’image presque romantique d’une pinasse en attente.
Pensé autour du sujet de l’animalité, ce projet permet à trois artistes régionaux, A-MO, Delphine Delas et Nasti, de déployer six propositions in situ, au centre-ville ainsi qu’à Cazaux. Une manière de peupler le paysage urbain de figures animales, qu’elles soient littérales, comme c’est le cas pour le travail d’A-MO ou plus allégoriques, comme pour Delphine Delas et Nasti avec la créature du faune et le mythe d’Eurydice. Un itinéraire sous la forme d’un bestiaire à ciel ouvert, une véritable échappée sauvage !
L’aigrette et la sterne
Les habitants du pré salé : Le Cormoran
Ateliers et peinture collaborative réalisée pour le service jeunesse de la mairie. Toutes les idées viennent des jeunes qui se sont concertés, mis en scène, ont découpé puis peint tous les pochoirs.
Bâtiment de l’entrepôt(e)s, qui accueille des jeunes de 11 à 17 ans
A-MO est né en 1982 et vit à Bordeaux. une technique très personnelle qui consiste à peindre en superposant des tags (signatures stylisées). Ces tags, réalisés principalement à la bombe de peinture ou au marqueur, se chevauchent comme les couches de peinture à l’huile d’un « tableau classique ». L’artiste appelle cela « le Paintag». De près l’observateur ne voit qu’un enchevêtrement de signatures et de mots, de différentes tailles, couleurs et formes. C’est en prenant du recul que l’œuvre révèle une deuxième lecture : les tags se font oublier progressivement et le sujet se dévoile.
Souvent considéré comme l’une des principales dégradations visibles dans les rues, rapidement nettoyé ou recouvert, le tag est ici volontairement mis en avant en devenant la composante exclusive de ses œuvres. A-MO propose ainsi une autre perspective, plus positive et décalée, de cette discipline indissociable du mouvement graffiti.
Un univers coloré et instinctif, la « jungle urbaine » est son principal lieu d’expression et la nature son sujet de prédilection.
Delphine Delas est née à Bordeaux. Elle crée des personnages mythiques inspirés de civilisations anciennes et de mondes oniriques où la nature domine une humanité contrainte à la métamorphose.
Formée en histoire de l’art et en archéologie, elle interroge l’espace urbain. Ses réflexions s’affichent à travers des œuvres murales mais également grâce au mapping, dessins et installations.
Texte du livre Le mur 2016-2018, édition Hermann, Paris, août 2019
L’après-midi d’un faune
Ici, un faune poursuivant une nymphe, dont le dessin de celle-ci se retrouve place Gambetta. Une œuvre qui écho à la composition de De Bussy Prélude à l’après-midi d’un faune, utilisé par le chorégraphe Nijinski, lors de son ballet en un acte en 1912. Le fond bleu tranche avec la scène représentée et amène un caractère moderne à l’ensemble. Une manière de mêler les époques, dans un registre symbolique.
Nasti est né en 1996. Autodictate, il se définit à la fois comme street artiste, plasticien, peintre et sculpteur. Son terrain de jeu favori est la rue : les vieux volets en bois d’impasses oubliées, les portes d’immeubles en décrépitudes, les dalles de pierres noircies par le temps des vieilles bâtissent.
Orphée sans sa muse
Nasti reprend le mythe d’Orphée dont la bien-aimée Eurydice a été mordue par un serpent et conduite par Hadès, aux enfers. Le portrait d’Eurydice s’intègre à l’architecture de la salle des fêtes, par ses dimensions et ses couleurs.
La vision de la muse de l’histoire, Clio, dont le portrait sur la Maison de quartier, peut évoquer les différents récits et parcours des habitants. Cette œuvre a été réalisée dans le cadre d’un atelier participatif avec des adolescents