Utérus versus Mélanine

Utérus Vs Mélanine

La mélanine ne fait pas l’esclave donc pourquoi l’utérus ferait la femme ? C’est ce qu’on trouve dans  « réponses aux américaines » dans le but de montrer que ce n’est pas la différence anatomique en soi qui fait le statut social.

En effet la mélanine ne fait pas l’esclave ! L’immense majorité des noirs n’ont jamais été esclaves ceux qui l’étaient ont été libérés et dans d’autres époques que le capitalisme des 16ème au 19ème  siècle il n’y avait aucun rapport entre couleur de peau et condition servile.

En revanche  l’utérus a toujours et partout fait la femme donc la comparaison ne marche pas ou marche trop !  Elle prouve contrairement à ce quelle cherche à montrer qu’il y a bien une relation sans exception entre utérus et femme.

Si on compare les 2 différences on voit qu’elles sont tout simplement incomparables !

La mélanine fait la peau noire mais elle ne fait rien d’autre à part protéger plus ou moins  (ça doit dépendre de la proportion de mélanine) des coups de soleil ! Saut à considérer que pour travailler dans les champs de coton il ne faut pas craindre les coups de soleil ! Il n’y a aucun rapport qu’on puisse prétendre naturel entre  négritude  et esclavage – Les Boers ont été chercher une malédiction divine dans la bible ! –

La mélanine n’a pas de fonction notable elle ne donne pas aux gens qui en ont beaucoup de capacité spécifique

L’utérus quand à lui ne protège pas des coups de soleil et cela mérite d’être souligné car ce qu’il apporte par ailleurs ne protège de rien non plus, au contraire.

Quelle particularité apporte l’utérus aux personnes qui en sont pourvues ?

La possibilité de se dupliquer ! Une personne hystériphore peut se multiplier rien moins que ça ! Une personne ‘à utérus’ n’est pas une ; elle est potentiellement plusieurs voire beaucoup ! Une telle personne est potentiellement éternelle comme le montre très bien les babouchka, les poupées russes.

S’approprier une personne noire comme esclave n’apporte qu’une force de  travail mortelle, s’approprier une personne à utérus c’est s’approprier un travailleur immortel et des tas d’autres travailleurs à venir, évidement une porteuse noire d’ utérus ça fait les 2 ;  c’est un esclave qui se multiplie !

 D’ailleurs si on a libéré les noirs de l’esclavage, les femmes noires sont restées femmes.

Autre différence radicale entre mélanine et utérus, comme déjà dit, on peut avoir plus ou moins de mélanine (comme on peut être plus ou moins grand, plus ou moins fort, intelligent, habille,  résistant, beau, avoir une meilleure vue , ouïe…) mais on ne peut pas avoir plus ou moins d’utérus !

Par ailleurs  les personnes noires peuvent se multiplier entre elles, ainsi on peut acheter des noirs des 2 types et ils se multiplient sans autre intervention directe obligatoire du propriétaire, à partir du moment où les noires sont des femmes ( voir plus bas)  en revanche les hytèrosphores ne le peuvent pas, pour se faire il faut qu’elles soient appropriées directement et obligatoirement par une non-hystérophe.

C’est là que la personne à utérus devient effectivement femme ! Elle a été élevée pour ça depuis qu’elle est née et toutes les classes de toutes les sociétés du monde de toutes le couleurs y collaborent

 Mais il faut remarquer que si toute personne de n’importe-quelle couleur a pu devenir esclave ou être émancipée, seules les hytérophores et toutes les hytérophores deviennent femmes, le sont toujours devenues et le restent toujours !

Elles doivent être appropriées pour se dupliquer et c’est pour cela elles sont femmes, la capacité « duplicative » doit être activée ; être femme c’est être duplicable effectivement  c'est-à-dire être mariable donc nécessairement « aimable » (de diverses façons). Toutes les personnes devenues femmes et qui pour des raisons politico-culturelles ne sont pas mariables (les nones) peuvent le redevenir et peuvent toujours voir leur « immunité » violée !

Donc toutes les personnes qui peuvent –apparemment- se dupliquer deviennent femmes et sont ainsi appropriées par tous les autres devenus ainsi hommes. Les femmes globalement appropriées sont ainsi mariables (sauf statut de femme vierge garantie par (presque) tous les hommes) et peuvent –et en général sont – être épousées légalement ou seulement légitimement c’est à dire appropriées individuellement dans le cadre de l’appropriation générale.

Ces notes ont comme objectif de faire bien voir que : NON la différence n’est pas une différence comme une autre, ne l’a jamais été et ne le sera jamais, les « races » n’ont pas toujours existées, les genres si. Il est impossible d’assimiler la possibilité de se multiplier avec toute autre différence ;

Cette différence FONCTIONNELLLE est tout simplement essentielle

Est-ce que fait de l’essentialisme en disant ça ? Je ne crois pas :

J’appelle les personnes qui deviennent  femmes  « hystèrophores »  (avec son côté blague pseudo - scientifique déculpabilisant) pour ne pas utiliser le terme femelles car il est déjà la marque de la naturalisation, le sexe est déjà naturalisé, femelle (avec son poids de gêne causée par l’animalité du terme) pour les humains c’est déjà le genre !

La naturalisation ne succède pas à « l’invention » du genre pour la dénier en tant que telle, la naturalisation est consubstantielle à l’assignation à une catégorie sociale (tout comme la race d’ailleurs  mais qui elle n’est pas universelle et éternelle car non essentielle à l’existence humaine même)

Là où je pourrais être compris comme essentialiste c’est parce que les « hystèrophores » seront encore la moitié des humains et connues comme telles  de même que les « spermophores » ( mais là avec le don de gamètes on y est presque déjà) quand il n’y aura plus les genres femme et homme mais la question est de savoir si, à ce moment là, hystèrophore sera synonyme ou non d’enfante c’est dire si pouvoir signifiera encore devoir.

Le contre argument c’est dire : « Oui le genre n’est pas la socialisation d’une différence comme une autre mais l’abolition du genre en fait une différence comme une autre » mais là j’objecte qu’au fond avoir besoin d’en faire une différence comme une autre c’est encore être victime du genre ! C’est ne pas pouvoir, ne pas oser, prendre le naturel comme immédiatement social, être donc encore en guerre contre la naturalisation, contre la crainte d’élaborer une énième version du programme où les hommes et femmes n’étaient pas abolis mais égalisés .

La sexuation immédiatement sociale c’est la non-assignation à une catégorie c’est la possibilité d’enfanter ou de féconder comme radicalement individuelle ;

Avec l’immédiateté sociale de l’individu dans «  l’entiereté de ses dimensions physique, psychique et intellectuelle » La différence sexuelle n’est pas « comme une autre » mais ça ne renvoie pas à une structure sociale, c’est cela que la formule « une différence comme une autre » veut dire. Le problème c’est qu’on cherche fonder la formule en l’étendant rétroactivement, en assimilant la mélanine de l’esclavagisme de l’époque capitaliste à l’utérus de TOUTES les époques.

Est-ce grave ? Pas vraiment mais cela « ouvre la porte » à une « dérive » très gênante : l’extension rendue ainsi possible de la situation de genre à celle de race alors que les 2 n’ont rien à voir. (Il est quand même  étonnant de voir que certaines personnes ne remarquent pas qu’il y a des Etats noirs « jaunes » bruns et parmi les Etats les plus importants alors qu’il ne peut y avoir d’Etat féminin !)

Genre et classe sont essentiellement liés, les races non, et cela nous devons l’affirmer de façon très nette voire, polémique parce que l’intégration de l’abolition des genres comme élément inséparable de l’abolition des classes dans la communisation est dévalué, secondarisé par la mise de question des races au niveau de celle du genre.

Paradoxalement comme il est évident qu’on ne peut pas « inventer » des contradictions pour chaque opposition de races, cela amène à renoncer à la contradiction de genre au profit d’une série  d’antagonismes subordonnés à la contradiction de classe, le tout bien sûr « structurellement » uni dans la très dialectique totalité du capital

C’est pour cela qu’il faut renoncer à toute analogie entre genre et race, car tout simplement la domination masculine c’est l’éternisation du capital, donc son existence la plus  flagrante dans les rapports immédiats.

 

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