Cela nous paraît, à nous adultes, parfaitement naturel : un enfant, un adolescent qui étudient doivent faire leur travail d’élèves. Pourtant cette évidence si bien ancrée dans notre culture semble de moins en moins aller de soi. Aujourd’hui, elle est souvent remise en question, ouvertement ou non, par les élèves eux-mêmes : désintérêt pour les apprentissages, baisse des notes, négligence des devoirs, surinvestissement des activités extra-scolaires (sport, internet, jeux video), conflits en tout genre. Il ne faut pas oublier qu’à chaque rentrée, les élèves sont confrontés à de nouveaux défis. Acquérir chaque jour de nouveaux savoirs, de nouvelles compétences, être en permanence évalué, s’exposer au jugement des professeurs, des camarades, de la famille, se remettre en question pour progresser, voilà tout ce qui se joue derrière les portes de l’établissement scolaire. Et le malaise peut parfois se situer où on l’attend le moins.
Etre un élève performant demande donc d’avoir une bonne dose de CONFIANCE EN SOI, et c’est souvent là que le bât blesse. Comment faire pour améliorer ou restaurer cette confiance ?
Quand un professeur rend des copies, les bonnes surprises sont rares. C’est plutôt le contraire qui se passe et cette fameuse confiance en soi en prend un coup. Pourtant, une évaluation n’est pas, ou ne devrait pas être une sanction. Que la note soit bonne ou mauvaise elle sert d’indicateur pour montrer où on en est, où doivent porter les prochains efforts. Une mauvaise note n’est pas une catastrophe, un échec est momentané. Le premier pas vers une amélioration des résultats est donc de montrer qu’une note jugée insuffisante doit stimuler et pas dévaloriser.
Car c’est en se trompant qu’on apprend. Malheureusement, notre système scolaire refuse bien souvent le droit à l’erreur. L’enseignant qui interroge veut entendre LA BONNE RÉPONSE ou la lire dans la copie. S'il arrive encore aux élèves des classes primaires de faire preuve de spontanéité, c’est parce que les enseignants, dans une certaine mesure, peuvent les encourager à s’exprimer. Ce n’est plus le cas au collège, encore moins au lycée. Les élèves s’habituent à se taire plutôt que d’encourir les commentaires négatifs, préfèrent parfois rendre une copie lacunaire plutôt que proposer des solutions dont ils ne sont pas sûrs. Il est donc important de ménager un espace où les erreurs sont permises, où même elles sont encouragées, où la parole de l’élève est respectée et où il prend assez d’assurance pour participer à la construction de ses savoir-faire.
On doit donc encourager les expériences, multiplier les situations où l’élève, plutôt que d’appliquer une règle, une méthode, une technique qu’on lui a montrées, pourra faire ses propres essais, suivre ses intuitions, constater les résultats, bons ou mauvais. Bien sûr, cela demande du temps et... de la sérénité. Mais au final, il en retire un double bénéfice : tout d’abord, les compétences sont beaucoup mieux maîtrisées puisque c’est l’élève lui-même qui les a construites plutôt que d’imiter un modèle imposé. Ensuite, cela permet d’APPRENDRE À APPRENDRE et donc de gagner en autonomie dans toutes les situations d’apprentissage. L’élève apprend à se débrouiller seul, sans devoir toujours attendre que l’adulte fournisse les solutions.
Cela demande un accompagnement. La pédagogie moderne fait la part belle aux “phases de recherche” qui, en principe, précèdent l’acquisition de notions nouvelles. Mais cette phase si essentielle est souvent négligée, faute de temps. De plus elle est en quelque sorte vidée de son sens puisqu’elle n’est que rarement suivie d’un phase de mise en commun où les élèves feraient part de leurs expériences. Enfin, elle est presque toujours individuelle et la plupart des élèves, livrés à eux mêmes, n’en voient pas l’intérêt. Pour toutes ces raisons, afin que la situation d’expérimentation soit utile et efficace, l’élève doit y être accompagné par un adulte bienveillant qui le laisse libre de ses essais et de ses erreurs tout en veillant à l’encourager ou à le stimuler si nécessaire.
Identifier les progrès est donc indispensable car ils ne correspondent pas toujours aux attentes de l’institution et aux stipulations des programmes scolaires. Tout ce qui concerne les attitudes dans les situations d’apprentissage, le comportement d’élève, la gestion du travail personnel est souvent négligé car cela ne fait pas l’objet d’un test, d’un contrôle noté qui apparaîtrait dans le bulletin trimestriel et pourrait influer sur la moyenne. Pourtant ces domaines sont essentiels à l’élaboration d’un parcours scolaire profitable et les bénéfices de ces acquisitions se récoltent sur le long terme. Il est donc important de REMARQUER LES PROGRÈS ET de LES VALORISER. Et parfois de les récompenser.
Tout ce cheminement vise à développer l’autonomie de l’élève. Que les adultes qui l’entourent, parents ou enseignants, lui laissent de plus en plus de liberté et de responsabilités dans son parcours scolaire est une preuve de confiance de leur part. Et n’est-ce pas de la confiance des autres que se nourrit notre confiance en nous ?
Confiance en soi, confian...e en toi (réponses)