Le départ a été retardé pour des problèmes de matériel, qui ne sont pas totalement résolus.
Les approvisionnements sont faits, il ne reste plus qu'à les ranger à bord, et bien noter les emplacements!
Mes amis Jocelyne et Alain sont venus larguer les amarres de Papy Boom à Port Haliguen le 7 mai; il fait beau.
Rencontre avec le Belem au large de Groix :
Première halte aux Glenan, à cette époque il n'y a pas encore trop de monde, nuit calme sur corps-mort.
8 mai des Glenan à Ouessant
Avec un bon vent de Nord-est, je passe le Raz de Sein contre le courant, puis remonte au près serré jusqu'à Ouessant; mer formée, dans la Baie de Lampaul ça souffle à 25 nds, je n'ose pas mettre l'annexe à l'eau, une panne de moteur risquerait d'être problématique.
9 mai à Ouessant
passé la journée à Ouessant, sur le bateau; nous sommes deux bateaux, l'autre est une vedette des Douanes, un contact était donc inévitable; visite très correcte et courtoise comme (presque) toujours.
10 mai Ouessant à Brest
encore la technique qui me lâche : cette fois, c'est l'Iridium, tout neuf, qui refuse de se mettre en route « veuillez contacter votre revendeur »; celui-ci est à Marseille, et me demande de lui retourner l'appareil pour l'échanger; je ne sais pas comment je vais pouvoir le récupérer, je suis en route, difficile de faire un envoi poste restante; finalement, il est convenu que c'est Alain qui le récupérera, et l'amènera avec lui à Alesünd; il faudra que je m'en passe jusque-là, ce qui ne doit pas être insurmontable.
Ne pouvant débarquer à Ouessant, je me replie sur Brest, où j'espère aussi trouver un professionnel compétent pour examiner mon radar qui ne fonctionne que quand je n'en ai pas besoin.
D'habitude, je m'arrête au Moulin Blanc, que j'aime bien, mais cette fois, je veux faire connaissance avec le Port du Vieux Château, qui a l'avantage d'être en ville; le problème, c'est que les pros n'ont pas encore déménagé, et qu'il n'y a strictement rien au Château; même la Poste n'ouvre que quelques petites heures par jour, et il faut aller tout en haut de la Rue de Siam pour expédier mon colis.
J'ai pu admirer l'Etoile Molène en escale avant de continuer vers Roscoff :
Il avait à son bord une vingtaine de gamins, je suis étonné que aucun ne porte de gilet : impensable, en tout cas pas dans les pays Anglo-Saxons ou Scandinaves
12 mai de Brest à Roscoff
parti de Brest avec le jusant, je me trouve à l'entrée du Chenal du Four au début du flot, et j'aurai donc eu le courant avec moi pratiquement jusqu'à mon arrivée à Roscoff plus vent de N-E, puis N aprés Le Four, voilà un bon plan!
Pris un corps-mort à 10€ devant Roscoff, mais parti à 5h le lendemain, impossible de payer.
13 mai de Roscoff à Weymouth
5 h 30, je vise Start Point en Angleterre, finalement j'arriverai à Weymouth le lendemain à 10h30 , presque tout au moteur.
Devant Portland Bill, le courant est de 3 nds, je passe à l'est des Chambles avec une dérive de près de 30°.
Weymouth est une ville animée et très agréable; dommage que le port soit si sale, les égouts se déversent directement dedans, je passe les détails...
15 mai de Weymouth à l'Ile de Wight
Cette fois j'ai le courant contre moi, je ferai 44 miles sur l'eau pour 30 sur le fond. Vent de S-O 15 nds, j'ai envoyé le gènois.
Le soir, mouillage sous le vent de l'Ile, près de Shanklin.
16 mai de Wight à Brighton
Au petit matin, les cargos attendent pour entrer à Portsmouth
J'ai fait du pain pour la première fois sur le bateau, assez réussi!
Tout irait bien si le radar ne recommençait pas à d.....er. Il faut faire quelque chose; Peter, l'ancien propriétaire, a essayé de contacter un spécialiste Raymarine à Portsmouth, mais ça demanderait au moins 3 jours, je suis déjà en retard, je vais essayer à Brighton.
17 mai à Brighton
Là, le lundi matin j'ai trouvé un vrai « pro », qui m'a pris en charge tout de suite : je vous le recommande, il s'agit de EuroTek Marine.
11 h = dépose du radar, remplacement d'une carte, ça marche!
14 h = ça ne marche plus!
16 h = ils ont trouvé un radôme complet, neuf, la décision est vite prise, je ne peux envisager de naviguer seul sans radar, et de toute façon avec le fog que je vais trouver plus loin...; ils font l'échange, tout a été réglé dans la journée!
Des gars sympas et efficaces!
18 mai de Brighton à Ramsgate
à 8 h 35, je passe à l'Est!
Puis Beachy Head,
les falaises de craie qui prennent des allures de montagnes enneigées me font croire que je suis arrivé au Spitzberg.
Arrivée de nuit à marée basse à Ramsgate, il faut demander l'autorisation au Port Control, je ne comprends rien à ce qu'il dit, je loupe une bouée verte, et me voilà planté dans la vase, un peu plus de moteur, ça passe!
19 mai à Ramsgate
Il faut que je me lève de bonne heure, je me suis amarré juste devant le bateau qui drague le port, il commence à 7h un travail qui n'aura jamais de fin, ces ports sont à mon avis condamnés à un envasement permanent; beaucoup d'énergie dépensée pour un maigre résultat.
20 mai au 22 mai de Ramsgate à Eyemouth
Quitté Ramsgate à 2h, un peu avant « Alizé », Jeanneau de 45' avec qui je vais communiquer pendant quelques heures; mais lui va se diriger directement vers la Norvège, alors que moi, moins rapide, je crains si je traverse direct de rencontrer un fort vent du Nord prévu dans 3 jours; donc, je prends l'option de monter au maximum vers le Nord de l'Ecosse, pour pouvoir ensuite traverser avec des vents favorables.
Pas de vent, un épais brouillard, mer plate, j'avance au moteur dans une ambiance irréelle.
sur le radar, une image bizarre : encore une panne?
non, voilà l'explication, ces éoliennes ne figurent pas sur ma carte papier qui date de 2002 :
Arrivée à 21h à Eyemouth; il y a un ponton, le Harbour Master vient me saluer, il a très bonne mine, bière ou whisky?
23 mai au 24 mai de Eyemouth à Peterhead
Après mes 3 jours au moteur, j'ai absolument besoin de gas-oil, mais seule la pompe à gros débit fonctionne, l'autre est en panne, il faudrait faire venir un ingénieur d' « Angleterre ».... Résultat, on a mis du fuel partout, et même un peu dans un bidon!
Pour la facturation du fuel en GB, les taxes ne sont pas les mêmes selon qu'on se sert du carburant pour la propulsion ou pour le chauffage du bateau; donc on déclare qu'on utilise 60% pour la propulsion, et le reste pour le chauffage; mais comme notre homme a un peu mal aux cheveux ce matin, il ne peut se lancer dans des calculs compliqués, et je paierai le maximum. Un brave homme, mais une escale contournable.
Arrivée à Peterhead le 24 au matin;
là aussi, il faut entrer en contact avec le Port Control, tout se passe bien, il y a une petite marina pas très loin de la ville, avec un Harbour Master très accueillant et efficace.
Peterhead est une base pour l'industrie pétrolière, et évidemment le décor s'en ressent.
25 mai au 27 mai de Peterhead à Bergen
La prévision pour les prochaines 24 heures est vent de N-O 15 à 20 nds, il faut en profiter!
En 24 h, je ferai 155 miles, mais au bout de ces 24 h, le vent tombe d'un coup, un temps à grains s'installe, et je ne retrouverai un peu de vent que en vue des côtes norvégiennes.
Arrivée le soir à Bergen.
28 mai à Bergen
Courses, douche, visite à l'Office du Tourisme pour payer la place de port, ma carte visa n'est pas acceptée par leur parcmètre, ils vont envoyer quelqu'un, finalement je ne verrai personne; il faut vraiment en avoir envie pour payer.
ça compense au moins les 86 KR que j'ai dû payer pour une bière dans un café internet!
La ville est toujours aussi accueillante, surtout avec le beau temps et les longues journées, les norvégiens profitent au maximum, et le vendredi soir, c'est un grand rassemblement festif, beaucoup viennent en bateau, le port se remplit pour le week-end.
29 mai de Bergen à Trovägen
Une très belle journée de navigation, léger vent de travers, le bateau glisse sur une mer plate; escale dans un petit port, Trovägen, au sud de Ytre Sula, où habitent d'après mon guide 4 ou 5 familles de pêcheurs, en fait je ne verrai absolument personne.
Comme c'est samedi, sans doute sont-ils partis « à la ville »?
30 mai de Trovägen à Kvalstadbukta
Prévu vent du Nord 15 à 20 nds, mais c'est au moteur que je passe entre Ytre Sula et Ranoy, le passage est étroit, bien balisé, l'Express Côtier passe ici, difficile de tirer des bords.
Ensuite, au prés, avec du vent et du soleil, c'est une belle journée de voile; je peux apprécier les qualités du bateau, qui passe bien dans une mer formée, et remonte bien au prés.
Mouillage dans une crique au sud de Svanöya, Kvalstadbukta; le guide est un peu optimiste, les possibilités d'accostage sont limitées, et il faut mouiller dans au moins 10 m d'eau.
31 mai de Kvalstadbukta à Florø
Peu de vent au départ, il forcira dans la journée; comme il fait beau et même un peu chaud, il y a peut-être un effet de brise thermique renforcé par le relief.
Il vaut mieux arriver de jour (ce n'est pas difficile en ce moment, il n'y a presque plus de nuit) dans les parages de Florø, c'est très mal pavé et il y a beaucoup de courants.
1 juin à Florø
Belle marina, et wifi gratuit à l'Office du Tourisme; je reste ici avant la dernière étape de la première partie du voyage, puisque dans quelques jours, je ne serai plus seul, mon ami Alain va me rejoindre à Alesünd pour m'accompagner jusqu'au Spitzberg.
2 juin de Florø à Maloy
Le temps est couvert, il pleut même parfois; je passe par les fjords, le vent est très perturbé par le relief, c'est une navigation de lac, alternant les rafales à 35 nds, et les calmes plats.
Il ne reste que 1000miles en ligne droite jusqu'à Longyearbyen.
3 juin de Maloy à Alesünd
Temps couvert, vent de l'arrière, ce ne sont pas les meilleures conditions pour passer le fameux « Statt Landet », Cap Horn local tellement redouté qu'il avait été envisagé de creuser un tunnel pour que les bateaux puissent l'éviter!
En effet, la mer est très désagréable, la houle se reflète sur la côte, le vent est contre le courant, pas difficile d'imaginer que ça doit être épouvantable par gros temps; j'ai retrouvé à Aalesünd l'équipage fort sympathique de l' « Embellie » , Ovni 385 de St Malo, qui eux sont passés au large, venant directement de Bergen, et qui n'ont pas éprouvé les mêmes conditions.
(J'avais déjà eu l'occasion de croiser la route de cet équipage en 2003, je revenais des Lofoten, et eux y allaient; nous étions 2 ovni 32, et n'avions pu échanger que quelques mots sur la VHF; c'est en parcourant un blog sur le Spitzberg que nous nous sommes rendu compte que nous avions le même projet pour cette année, et avons cette fois pu passer un moment ensemble).
Ensuite, pas de difficultés, à l'arrivée à Aalesund un doute : le phare à l'entrée du port, côté tribord, est rouge... de quoi vous mettre dans l'embarras si la visibilité n'est pas bonne; en approchant, on aperçoit un petit lumignon vert, ouf le doute est levé!
La route en venant du sud :
Je suis donc arrivé un peu en avance à Aalesund, Alain arrive dimanche, et nous continuerons ensemble la deuxième partie du voyage.
Un peu de tourisme en attendant :
Zoom sur le port :
Même les Vikings se sont motorisés.