Économie, sociologie, philosophie

Mes travaux s'articulent autour de trois axes : l'étude de la notion de performativité des théories économiques, la philosophie économique et l'histoire de la pensée économique. 



Performativité. La notion de performativité, si elle provient de la philosophie du langage de John Austin, a été exploitée depuis les années 1990 au sein de la sociologie économique. Cette récupération, entamée depuis les travaux de Michel Callon, a donné naissance à une vaste littérature dont l'objectif est l'étude de la manière dont les théories économiques participent à la construction du monde social. Si les marchés sont socialement construits, c'est aussi parce que les théories économiques renseignent l'élaboration de dispositifs sociotechniques créant les conditions de l'acte marchand. Le cas d’école en la matière est le rôle des équations de Black-Scholes-Merton dans la constitution des marchés financiers dans les années 1960-70. Ces équations, fruits d’intenses recherches académiques, doivent permettre d’évaluer le prix « normal » des options d’achat ou de vente sur les marchés : en obervant quelques paramètres clefs (prix du sous-jacent, prix de l’option, volatilité) le modèle calcule un prix correspondant à une représentation standard du marché, ancrée dans l’hypothèse d’efficience informationnelle. Non seulement ces équations ont été utilisées par les courtiers, mais elles ont fini par intégrer les dispositifs de cotation eux-mêmes : sur les marchés financiers, les cours sont calculés à partir de celles-ci. Un modèle économique appelle à la réalité un marché qu’il est en premier lieu censé décrire.

Mes travaux se sont orientés vers un questionnement vis-à-vis de la pertinence heuristique de la notion de performativité. Ma thèse est l'occasion d'une discussion approfondie des théories performativistes, discussion menant à proposer une nouvelle manière d'aborder le phénomène performatif.


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Épistémologie économique.  parallèlement à la notion de performativité, mes travaux s'orientent vers la philosophie économique au sens large. Je m'intéresse tout particulièrement aux fondements ontologiques des théories économiques et aux relations que ces derniers entretiennent avec les différents types de modélisation. Les questions du réductionnisme (de l'individualisme méthodologique) et du statut épistémologique et ontologique des phénomènes macro sociaux sont au coeur de mes centres d'intérêt. 


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Histoire de la pensée économique. Mes travaux en histoire de la pensée économique s'orientent aujourd'hui dans deux directions. Premièrement, l'histoire de la pensée économique et de l'expertise économique sous le régime de Vichy. Je travaille sur ce sujet avec François Allisson (Université de Lausanne), Cléo Chassonery-Zaïgouche (Université de Lausanne), Raphaël Fèvre (Université de Lausanne) et Tom Juille (Université de Nice), dans le cadre du projet "Economic, Discipline et Expertise sous Vichy" (EDEV). Secondement, j'entame avec François Allisson (Centre Walras-Pareto) un travail sur l'histoire du marxisme anglo-saxon, et plus particulièrement sur les apports du marxisme politique.