VILLAPOURÇON

(Nièvre)


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-Cartes IGN au 1/25000e 2825 ouest, St Léger-sous-Beuvray et 2725 est St Honoré-les-Bains.

 

Accès :

  • depuis St Honoré-les-Bains, par la D299 jusqu'à Sanglier, puis la D227 jusqu'à Villapourçon, distance 14 km.
  • depuis Moulins-Engilbert, par la D18 (direction Autun) jusqu'aux Bourbas, puis la D227, distance 14 km.
  • depuis Château-Chinon par la D27 jusqu'à la Croix des cerisiers, puis la D18, direction Moulins-Engilbert, et au bout d'un kilomètre, un chemin sur la droite mène au bourg de Villapourçon, distance 22 km.

Ces trois voies d'accès sont trois véritables chemins touristiques pénétrant en plein cœur du Morvan, où le village de Villapourçon occupe une cuvette ouverte vers l'ouest dans une vaste clairière dominée au nord par les Bois de la Gravelle, à l'est par le Mont Preneley, au sud par la Forêt de Chatillon.

Toutes trois méritent donc d'être parcourues lentement (elles révèlent des points de vue admirables) en voiture, et mieux encore en vélo.

 

Villapourçon est une très vaste commune, comptant de nombreux hameaux dont les principaux sont au nord les Marceaux, à l'est Rangère, le Puits, Petiton, le Foudon, au sud Avaux, les Bourbas, la Ruchette, Montserin, Sanglier, le Mousseau, et à l'ouest Fragny et Cussy. Tous ces hameaux sont maintenant constitués essentiellement de résidences secondaires, puisque Villapourçon n'est peuplé au total que de 575 habitants (plus de 3000 à la fin XIXe siècle). Comme son nom l'indique, Villapourçon était, aux premiers siècles de notre ère, une villa installée dans les défrichements de la forêt morvandelle, dont les possesseurs s'adonnaient principalement à l'élevage des porcs. La commune voisine de Préporché a sans aucun doute la même origine.

 

Les vestiges antiques abondent sur le territoire de Villapourçon. La voie d'Autun à Saint-Honoré contournait le Mont Beuvray par le nord. On peut la suivre à partir du Puits, hameau à 4 km au sud-est du bourg de Villapourçon. St Honoré devait attirer de nombreux visiteurs autunois. Cette route revêtait donc une grande importance. Elle constitue aujourd'hui un agréable chemin, presque entièrement forestier, du Puits à Sanglier (se munir, pour plus de sûreté, des deux cartes IGN ci-dessus indiquées, car le chemin n'est pas balisé). Au carrefour du Puits, on prend la D27 en direction de Luzy et au bout de 100 mètres environ, après l'ancienne école à l'architecture bien typique, un sentier sur la droite (cote 600) qui va longer sur un kilomètre la D27 : c'est la voie romaine, encore large et bien empierrée par endroits. Au hameau du Foudon, la voie antique se dédouble sur un kilomètre, en obliquant vers l'ouest. Il est préférable de prendre la branche située le plus au sud, qui est la plus élevée. Elle se confond jusqu'à la cote 577 avec le chemin qui mène au hameau du Haut de l'Arche, d'où la vue panoramique est magnifique. Au point 577, il faut prendre le chemin de terre, peu caractéristique d'une voie ancienne, qui descend jusqu'en lisière de la Forêt de Chatillon. On continue ensuite ce chemin qui porte sur la carte le nom "Chemin Pavé", Il forme limite entre les communes de Villapourçon et Larochemillay. On pourra voir, en certains passages, le hérisson en pierres dressées de la voie romaine, et les bordures aux ornières creusées dans la pierre. Entre les points 544 et 482, le chemin est bordé de part et d'autre de nombreux monticules et excavations qui sont les vestiges de l'exploitation, à l'époque protohistorique, du minerai de fer alimentant les ateliers des artisans métallurgistes de Bibracte. A l'époque moderne (fin XIXe siècle) cette exploitation a été reprise un peu plus bas, vers le nord: ce sont les mines de la Ruchette ("ancienne carrière de fer" sur les cartes IGN). On en voit encore de nombreux blocs de quartz pyriteux oxydés, partiellement dégagés des galeries d'exploitation.

La voie antique rejoint à Sanglier la D227 et la coupe. Elle se dirige sur St Honoré-les-Bains. Jusqu'à la Queudre, elle ne se confond pas avec la D299 mais la borde au sud, un peu en contrebas, par les hameaux de Certiaux, le Presnay, les Foissats, le Niret. C'est sur toute sa longueur, du Puits à St Honoré, un chemin qui peut être parcouru à pied ou en VTT. Ou Puits à Sanglier, le parcours fait 7 à 8 km.

 

Depuis Sanglier, une intéressante variante consiste à redescendre environ sur 800 mètres la D277 puis, juste avant Montserin, obliquer vers la gauche pour gagner le hameau du Mousseau, continuer au nord-nord-ouest vers le Moulin de Fragny, poursuivre au nord sur le hameau de Cussy, d'où l'on peut parvenir jusqu'au vallon sauvage et encaissé du ruisseau de la Maria. Celui-ci n'étant toutefois longé qu'épisodiquement par un sentier, il est préférable de regagner le bourg de Villapourçon par les Rates et le Champ Creux. Ce trajet, le long duquel on découvre sans cesse des panoramas nouveaux (14 km environ), nécessite obligatoirement la consultation permanente des cartes IGN au 1/25000e, certains sentiers pouvant être modifiés par les travaux forestiers. Tout au long de ce parcours, on verra le Moulin de Fragny, sur la Oragne, qui fut, au XIXe siècle, le théâtre d'un crime fameux dont l'épilogue fut la condamnation à mort de huit bandits, exécutés à Château-Chinon devant plus de quatre mille spectateurs surexcités.

 

Tout près de Fragny, quelques centaines de mètres à l'ouest du bourg, la ferme de la Courbasse évoque la présence d'une ancienne maison forte dont on voit encore une tour, très modifiée, et un bâtiment du XVe ou XVIe siècle maintenant à usage de grange.

 

Le très agréable hameau de Cussy s'étend autour de son château moderne, situé un peu en contrebas. Le long du ruisseau de la Maria, on peut encore voir les ruines du vieux moulin de Faulin. Entre Cussy et les Rates, au bord du ruisseau de l'Espérance, était autrefois un mégalithe à légendes dit "Maison du Bon Saint Martin", soit-disant dolmen, malheureusement presque entièrement recouvert de pierrailles.

 

Deux circuits de promenades beaucoup plus courts, et balisés, peuvent être parcourus. Le circuit du barrage de Rangère conduit à ce plan d'eau, établi sur les sources de la Oragne, et fermé par un barrage au-dessus d'un ancien moulin ruiné. Il permet de voir le hameau des Marceaux, berceau d'une grande famille morvandelle, ayant encore des descendants dans tous les villages voisins, et le château des Moines, château moderne d'où l'on jouit d'une vue exceptionnelle sur le Nivernais. Le départ est au bourg. Ce circuit s'articule au hameau de Oragne sur le second trajet, dit circuit de l'Etang qui, à partir du D18, fait une boucle par le hameau de Pompie et le petit étang du ruisseau de la Oragne. Ces deux sentiers se raccordent au GR de Pays "Tour du Morvan" et au GR 13.

 

Le bourg de Villapourçon a pour seul monument son église, dédiée à Saint Symphorien, martyr autunois. Jusqu'à la Révolution, la paroisse de Villapourçon, bien qu'enclavée dans le diocèse de Nevers, faisait partie du diocèse d'Autun. Cette église, détruite en 1570 par suite des guerres de Religion, a été reconstruite au XIXe siècle. Elle est formée d'une grande nef de plan rectangulaire, plafonnée et coupée au fond par une lourde tribune rustique. La tour du clocher est accolée extérieurement à la nef, le long de son mur nord et à l'extrémité ouest de celui-ci, près de l'entrée principale. La nef se termine à l'est par un chœur et une abside semi-circulaire surélevés, précédés de chaque côté par deux chapelles carrées, plafonnées, formant transept. Tout l'intérieur de l'église est enduit et peint à neuf. Le mobilier comprend une très belle Pieta en bois polychrome, XVIIe s. (MH), une Vierge à l'Enfant en bois avec des traces de polychromie, très vermoulue (XVe s. ?), un Christ en croix, en bois polychrome, XVIIe s., un petit St Jean-Baptiste en bois, XVIIIe s., une chaire à prêcher, XVIIIe s., et un curieux bénitier en pierre.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007