LA TAGNIERE

(Saône-et-Loire)


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- Cartes IGN 2826 est Toulon-sur-Arroux et 2825 est Autun.

 

- Accès : depuis Étang-sur-Arroux, prendre la D994 en direction de Toulon-sur-Arroux. A environ 3 km d'Etang, tourner à gauche (sud-est) pour prendre la D224 (10 km 500). On peut également gagner la Tagnière depuis Mesvres, par la D228 jusqu'à la Chapelle-sous-Uchon, puis la D256. Il s'agit là de l'ancien tracé Autun-Toulon, route refaite au XVIIIe siècle et particulièrement pittoresque (11 km).

 

Le village de la Tagnière est situé dans une cuvette entourée des hauteurs du massif d'Uchon, s'ouvrant sur une vallée où coule le ruisseau de la Planche, affluent de l'Arroux. Son nom n'a sans doute aucun rapport avec celui du repaire d'une bête sauvage. Il viendrait plutôt du gallo-romain "Stagneria" qui évoque un lieu parsemé d'étangs. Ceux-ci sont nombreux sur tout le territoire de la commune, barrant les ruisseaux qui convergent vers la vallée.

 

La Tagnière était, depuis le Moyen Age, une agglomération importante, commerçante et bourgeoise, qui eut jusqu'à 1061 habitants en 1896 (274 en 1990). Les habitations du bourg témoignent encore de cette prospérité. Au centre de la place principale s'élève une haute tour quadrangulaire, solidement construite en belles pierres de granit, sorte de donjon d'une forteresse disparue, et qui fut utilisée à la fin du XVIe siècle par les protestants. Ils y établirent leur "prêche" lorsqu'ils furent chassés d'Autun. La place publique entourant la tour est bordée de confortables maisons dont les caractéristiques indiquent le XVIe siècle. Elles ont des ouvertures ornées de linteaux à accolades ou de jambages moulurés.

L'église Saint André de la Tagnière est bâtie sur un socle rocheux qui émerge dans le petit parc entourant l'édifice et qui a remplacé l'ancien cimetière. On le voit particulièrement sur le côté nord surplombant le ruisseau de la Tagnière. L'abside voûtée en cul de four et la travée de chœur sont du XIe siècle, la nef rectangulaire est du XIIe, les chapelles latérales, au nord et au sud de la nef, sont du XVIe, le porche, avec son clocher, et le berceau de la nef sont de la fin du XIXe siècle. Extérieurement, l'abside est empâtée dans un massif droit, et la nef est bordée d'une corniche ornée de modillons dont quelques uns sont sculptés. L'église a été intérieurement repeinte, mettant en valeur un mobilier de grande qualité :

- dans la chapelle méridionale, Vierge en majesté, portant l'Enfant Jésus sur le genou droit, dite "Notre Dame de Bay", du nom de la chapelle d'un hameau près d'une fontaine sacrée. Elle est en bois polychrome, fin XVe (MH).

- dans la chapelle nord : Vierge à l'Enfant, bois polychrome, XIVe s. (MH) ; Sainte Radegonde en moniale, avec livre et crosse, bois polychrome, XVe s. (MH) ; Sainte Madeleine, bois polychrome, XVIe s. (MH) ; Sainte Barbe, bois polychrome, XVe s. (MH) ; Saint André, bois doré, XIXe s. ; Saint Sébastien, bois polychrome, XVIIe s.

- dans la nef, côté nord, tableau du XVIIIe s. représentant Saint Jérôme agenouillé devant un crucifix.

- dans le chœur, autel XVIIIe s., décoré de placages de marbre, et retable du XVIIe s. orné d'une toile peinte représentant la Vierge et l'Enfant.

- sur la place, au sud de l'église, calvaire avec le Christ en croix et un ange à ses pieds,

œuvre d'un sculpteur local, Goutorbe, au XIXe siècle.

 

Trélague : château situé à 500 mètres au sud du bourg. Propriété privée, qu'on aperçoit à travers les arbres depuis la D47, derrière un étang. Ce château comporte un donjon médiéval, et un corps de logis du XVIe siècle restauré au début du XXe siècle.

Champignolle : château à 900 mètres au nord-ouest du bourg, visible depuis la D224 et mieux encore sur sa façade ouest, par le chemin qui le contourne à partir de la D224, dès la sortie du bourg. C'est une très belle construction du XVIIe siècle, rénovée au XIXe, bâtie sur un site castrai plus ancien. Les façades et toitures sont classées MH.

La Bussière : château situé au nord de la commune, dans la vallée de l'Arroux. Propriété privée, très peu visible depuis la D224, construite au XVIIe siècle sur une ancienne motte féodale.

 

Etangs et sites naturels: la Tagnière était le pays des étangs. Ils sont encore nombreux: l'étang des Barres, les deux étangs de Trélague ; quelques menus étangs près de Champignolle, Monfeurton, les Bertiers, la Bussière ; le plus vaste et le plus beau, 750 mètres de long sur 200 mètres de large, l'étang d'Aizy, s'étend entre les deux routes venant d'Etang et de Mesvres. La pêche est possible. Un moulin, dont les bâtiments sont du XVIIIe siècle, a été construit en contrebas de la digue.

 

A l'est de la commune, en bordure de la D275 venant d'Uchon, "la Terrasse", dénommée également "Camp des Romains", dans le Bois des Crots, est un plateau sommital circulaire d'environ 200 mètres de diamètre entouré d'une enceinte grossière. C'était un lieu où l'on rendait la justice au Moyen Age. On y voit quelques énormes blocs erratiques de granit, où l'érosion a creusé des cuvettes, interprétées dans le passé comme des "pierres à sacrifices". A 800 mètres au nord-ouest de la Terrasse, un autre bloc, la "Pierre qui croule", est situé presque au sommet du massif. Un chemin balisé y conduit depuis la D275. La Pierre qui croule est un monument naturel semblable à celui que l'on trouve sur la commune de Dettey. Il s'agit d'un bloc de granit grossièrement arrondi, faisant environ 8 m 50 de périmètre, se trouvant en équilibre sur un socle plat.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007