Le Mont Beuvray


- Carte IGN 2825 ouest St Léger-sous-Beuvray.

- Accès depuis Château-Chinon, Autun, Etang-sur-Arroux, St Honoré-les-Bains, Moulins-Engilbert

Nous proposons tout d'abord la découverte extérieure du site par un parcours du "périphérique" beuvraysien. Ce parcours, sur bonne routes, étroites et sinueuses, d'environ 28 km, peut se faire en voiture, à allure modérée et en ménageant tous les arrêts nécessaires, ou en vélo, les côtes n'excédant pas les forces d'un randonneur moyen. Une telle promenade donnera un aperçu du Beuvray sous tous ses angles, mettant bien en évidence son aspect de "retranchement" par rapport aux montagnes voisines.

En partant de St Léger-sous-Beuvray par la 03 direction Moulins-Engilbert, au bout d'un kilomètre, on laisse la 03 pour prendre sur la gauche un chemin en direction de Larochemillay. Cette charmante route fait découvrir les pentes sud-est du Beuvray. On traverse une forêt (ne pas prendre le chemin sur la gauche dirigé sur Poil) dont on sort devant le château de Pierrefitte. Nous sommes au pied des pentes sud du Beuvray. Au "Crot des Hates", notre chemin arrive sur la 0507. Il faut abandonner la direction Larochemillay, tourner à droite et remonter la vallée qui suit le cours du ruisseau de la Roche. On passe devant le moulin de Montvernot, on laisse sur la droite le chemin dirigé sur Vieilles-Maisons et on attaque la côte la plus raide du parcours (pour les cyclistes, 8 % en moyenne sur 2 km), traversant le hameau de Petiton pour arriver sur la 027. Il faut tourner à droite, direction Château-Chinon. C'est sur ce point haut que l'on a une des plus belles vues sur le Beuvray.

Arrivé au hameau du Puits, il faut tourner à droite pour prendre la D18 direction St Léger. Cette route descend par de larges boucles sur le col de I'Echenault au nord du Beuvray. Continuer la 018 jusqu'à St Léger. Cette route est très pittoresque. Elle passe à flanc des pentes est du Beuvray par le Rebout, le Poirier-au-Chien, I'Ane et Corlon. Pour les piétons et les VTT, on peut conseiller un trajet plus court, plus adapté à la randonnée, et serrant de plus près le Mont Beuvray. Il nécessite impérativement l'utilisation de la carte St Léger-sous-Beuvray au 1/25000e. Nous conseillerons de partir de la Chazotte, à 2 km 500 de St Léger, le long du chemin dégagé de la 03 qui tend sur Larochemillay. De la Chazotte, on se dirige vers l'ouest, au sud des Jours, puis le long de la châtaigneraie de Montmoret (vue superbe sur la vallée de la Braconne). Suivre ensuite le GR 13 sur environ 600 mètres, passer au sud de la ferme des Mou as, redescendre vers Pierrefitte et remonter vers les Praies et Montodué. Montodué est un charmant hameau (très belle vue sur la vallée de la Roche), d'où il est possible de monter au Beuvray par le "Pas de I'Ane", pierre portant la marque de l'un des sabots de l'âne de Saint Martin. Nous ne prendrons pas ce chemin, mais nous continuerons en direction de Montvernot. Après la dernière maison de Montodué, prendre le second chemin sur la droite. Il se dirige sur le ruisseau de Malvaux. Avant de parvenir au ruisseau, on remarquera la taille des rochers exécutée sur plusieurs dizaines de mètres pour permettre le passage du chemin. Plusieurs aiguilles rocheuses le surplombent : ce sont les "clochers de Malvaux". Après avoir franchi le ruisseau, redescendre le long de sa rive droite jusqu'au GR13 que l'on traverse pour repartir au nord en direction du hameau des "Vieilles Maisons". Après les Vieilles Maisons, on franchit le ruisseau de la Fontaine St Pierre et ons'engage dans une profonde vallée en suivant un chemin dont quelques traces de pavage et ornières creusées dans le roc attestent l'antiquité, près de l'endroit où il traverse le ruisseau venant de la fontaine de l'Ecluse. Le chemin passe devant les ruines du Moulin de la Chautte et rejoint le col de I'Echenault. A partir de I'Echenault, nous devrons suivre la D18 et la D3 sur 4 km, jusqu'à I'Ane, où un chemin nous ramènera au point de départ de la Chazotte. L'ensemble du parcours fait environ 16 km et suit généralement des chemins anciens considérés comme contemporains de Bibracte.

Pour visiter l'oppidum de Bibracte, comprendre l'organisation de la ville gauloise et les fouilles, il est indispensable de suivre les visites guidées. Mais peut-être aurez-vous envie de revenir et de vous promener partout, à votre rythme, de voir ce qu'on ne vous montre pas, ce qui vous fera rêver, des rochers extraordinaires, des sources bouillonnantes, des souches tourmentées bordant des parcelles ou des chemins disparus ?

Vous pouvez choisir de parcourir le Beuvray par des voies autres que les routes goudronnées.
Plusieurs sont possibles :

- Depuis le carrefour de I'Echenault, au nord du Beuvray, un chemin (le GR 13) vous fera accéder à l'oppidum par la "Porte de l'Ecluse" qui s'ouvre dans les remparts près d'une source aujourd'hui captée. Au Moyen Age, les frères du couvent des Cordeliers y avaient installé un moulin. Ce chemin d'accès est l'une des principales voies antiques : vous lui verrez par endroits une emprise conservée de plus de 4 mètres ; il est partout solide, empierré, et de pente régulière.

- Entre le col du Rebout et le Poirier-au-Chien, au sud de la vallée de la Côme Chaudron, un chemin s'engage en direction du sud-ouest. Vous arriverez près de la Fontaine St-Martin, sous la Terrasse, le long des remparts.

- Depuis le Poirier-au-Chien, le GR 131 vous conduit au même point. Si vous avez le temps, nous suggérons de prendre le GR 131 depuis la Boutière, juste au nord de St Léger-sous-Beuvray (6 km environ). Ne cherchez pas la Fontaine St Martin : ce fut autrefois et jusqu'au début du XXe siècle, un lieu de pèlerinage fréquenté. Il n'en reste qu'un vague bourbier à gauche du chemin, en montant. Sa position sur la carte IGN est inexacte.

- Depuis Montodué, au sud-ouest du Beuvray, un chemin gagne une ligne de crête pour monter au "Pas de I'Ane". Ce "pas", une roche à cupule, rappelle un épisode de la vie de Saint Martin, poursuivi par les païens, alors qu'il venait de bousculer un "temple d'idoles" de Bibracte. Pour le sauver, sa monture franchit d'un seul bond la vallée de Malvaux. Il lui fallut un tel élan que la roche, servant de point d'appui, garde l'empreinte du sabot. Côté chemin, la roche n'est pas très haute, mais côté vallée, dans les sapins, elle forme un amas de plusieurs mètres de hauteur. La coutume était autrefois de déposer dans le "pas" une pièce de monnaie. Le donateur rendait ses maux. Mais seul le passant vraiment nécessiteux pouvait s'approprier l'offrande ; dans le cas contraire, il prenait, avec la pièce, la maladie ou le malheur de celui qui l'avait offerte à Saint Martin. Du "Pas de I'Ane", un chemin, large et plat, conduit vers l'est jusqu'à la D274 (chemin de descente des voitures). On peut le remonter quelques centaines de mètres et prendre sur la droite, ensuite, un sentier qui mènera jusqu'à la Terrasse.

- Depuis Montodué, au nord des dernières maisons, on peut également prendre le chemin taillé dans le roc dont nous avons parlé plus haut. Il faut alors, lorsqu'on a franchi le ruisseau de Malvaux, le remonter jusqu'à ce que le chemin le traverse à nouveau (cote 570) et reparte sur l'autre rive. Il faut faire attention à bien monter ce chemin jusqu'au replat du Pas de I'Ane (cote 633) et ne pas tourner avant.

-On peut enfin monter au Beuvray depuis Montvernot par le GR 13. C'était autrefois la voie antique principale qui accédait à l'oppidum par les "Grandes Portes", dites aussi "Portes de Nevers". Malheureusement, les travaux forestiers et le débardage l'ont complètement dénaturé. Il faut toutefois remarquer son profil : ce chemin, depuis les remparts jusqu'au ruisseau, suit constamment une ligne de faîte. Lorsque le site n'était pas boisé, les voyageurs étaient donc toujours en vue et surveillés depuis les remparts. Une fois l'oppidum atteint, vous pouvez faire le tour des remparts. Un chemin de ronde a été aménagé, qui suit tantôt le talus au sommet du rempart, tantôt la base. Le parcours fait près de cinq kilomètres. Vous pourrez constater que le rempart ne tient pas toujours compte des courbes de niveau. Spécialement entre le chemin du Rebout (montée pour les voitures, 0274) et la fontaine Grenouillat, il coupe tout droit la vallée du ruisseau de la Côme Chaudron suivant une pente très forte. Il s'agit là des remparts principaux, ininterrompus, de Bibracte. En parcourant la forêt, on s'est aperçu qu'en plusieurs endroits, une seconde ligne de remparts, extérieure à la précédente, englobait une portion beaucoup plus vaste de la montagne. Ces seconds remparts, surtout au nord et à l'est, sont aussi nets et aussi monumentaux que les premiers. Les remparts principaux englobent environ 135 hectares. La partie enclose est composée de quatre hauteurs, au nord le Teureau de la Wivre (754 rn), à l'ouest le Teureau de la Roche (798 rn), au sud la Terrasse (809 rn au monument Bulliot), à l'est le Porrey, point culminant à 821 m.

Entre ces quatre hauteurs, quatre vallées s'ouvrent vers l'extérieur : la Côme Chaudron, entre la Wivre et le Porrey ; la Goutte au Prou (fontaine de l'Ecluse) entre la Wivre et la Roche Salvée ; la Goutte Dampierre (fontaine St Pierre) entre la Roche Salvée et la Terrasse ; la Braconne (fontaine St Martin) entre la Terrasse et le Porrey. D'autres vallées s'ouvrent vers le sud : Malvaux et Goutte Renard, mais elles sont extérieures aux remparts. La Roche de la Wivre forme un saillant à l'extrémité nord-ouest de l'oppidum. Son aspect déchiqueté (c'est un bloc de rhyolite finement porphyrique) a toujours frappé l'imagination : on y voit un siège, un pupitre, un bassin. On l'a appelée "Pierre aux harangues". C'est là, dit-on, que s'assemblait le peuple de Bibracte pour écouter ses chefs. Vercingétorix y aurait proclamé l'union des cités gauloises et la guerre contre César. Saint Martin y aurait annoncé l'Evangile. Moins poétiquement, c'est probablement ce qu'il reste d'une ancienne exploitation de la roche, des vestiges d'une carrière, d'où on a tiré des matériaux pour construire les maisons de Bibracte.

Il en va sans doute de même pour la Roche Salvée, qui domine les remparts ouest de l'oppidum. Toutefois, en amont de cette roche et autour du sommet du Teureau de la Roche, Bulliot a découvert au XIXe siècle des substructions de constructions gauloises. Juste derrière, vers le sud-est de la Roche, le "Parc aux Chevaux" abrite un quartier urbanisé de Bibracte.

La Terrasse, au sud de l'oppidum, est un terre-plein aménagé et taluté. On a voulu y voir le "camp de Marc Antoine", lorsque César, après sa victoire d'Alésia, occupa Bibracte. La simple visite des lieux met en évidence le caractère invraisemblable d'une telle assertion. Sa superficie n'aurait pas permis le campement d'une troupe importante. Il s'agit probablement d'une place publique, commerciale ou cultuelle. C'est sur son pourtour qu'a été édifié le fanum gallo-romain auquel a succédé la chapelle dédiée à Saint Martin. C'est là que s'installaient les étals des marchands médiévaux lors des grandes foires du Beuvray. Les sondages pratiqués n'ont pas révélé de constructions, mais une simple aire de circulation. Au nord-est de la Terrasse, s'élève le monument à l'archéologue autunois Bulliot et une table d'orientation. De là, on jouit d'une vue magnifique sur l'Autunois, le Mont Jeu, Uchon, Montceau et le Mont Saint-Vincent. En hiver, le matin et par temps clair, on peut même apercevoir le Mont Blanc se détacher au-dessus de la couche de brume.

Le Porrey, la plus élevée des quatre saillies du Beuvray, reste couvert de sa forêt de hêtres. Aucune fouille n'y a encore été pratiquée, mais les sondages opérés jusqu'à présent ne permettent pas d'y voir les traces d'une importante occupation humaine.