UCHON

(Saône-et-Loire)


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- Cartes IGN 1/25000e 2825 est Autun et 2826 est Toulon-sur-Arroux.

 

- Accès : depuis Etang-sur-Arroux, prendre la D994 direction Toulon-sur-Arroux, puis à 1 km 500 d'Etang, la D275 sur la gauche, direction la Chapelle-sous-Uchon, puis à la Chapelle, la D228 (8 km 500). On peut également prendre la D61 d'Etang à Mesvres, et de Mesvres prendre la D228.

 

L'église Saint Roch est bâtie sur le socle granitique dont elle suit la pente, ce qu'on ne peut manquer de constater lorsqu'on pénètre dans l'édifice. Ce n'est cependant pas cette caractéristique géologique qui lui vaut le patronage de Saint Roch, car primitivement elle était dédiée à Saint Sébastien, et elle était probablement la chapelle castrale des seigneurs d'Uchon, dont le donjon en ruines apparaît à quelques mètres dans les frondaisons. Il existait une autre église, ou chapelle Saint Roch, située à 250 mètres au nord-ouest de l'église actuelle, en bordure ouest de la D228, au croisement d'un chemin qui descend vers Cassard et les Serteaux. Un calvaire en pierre marque son emplacement. Une maison rustique lui fait face, derrière laquelle se trouve l'énorme rocher dit "de la Grenouille".

 

L'église d'Uchon se compose d'une nef rectangulaire romane, d'une large travée sous clocher et d'un choeur sans abside, voûté d'ogives, de style gothique flamboyant. La travée sous clocher s'ouvre sur la nef par une arcade en plein cintre et sur le chœur par un arc triomphal. La nef est plafonnée. Le maître-autel en pierre est décoré d'un retable à arcatures flamboyantes, que l'on a scié en deux pour laisser place, au centre, à un tabernacle en bois. A gauche de l'autel, on voit dans le mur du fond une niche à accolade, et un cul de lampe en pierre décoré d'un phylactère sur lequel on lit cette devise : "Endure et espère". L'autel latéral gauche, en pierre, est orné d'un retable gothique à quatre arcades flamboyantes, toutes différentes et garnies d'attributs divers : étoiles, blasons, soleil et lune... L'autel latéral droit, en pierre du XVIe siècle, est décoré d'un retable nu, encadré par une moulure. Sur le mur voisin, on voit la trace d'un œil de bœuf muré et une crédence ogivale en pierre sculptée.

 

La statuaire est remarquable :

 

- Vierge couronnée, portant l'Enfant Jésus, nu, sur son bras droit, bois polychrome, XVIe s. (ISMH),

- Sainte Barbe, bois polychrome, XVe s. (MH),

- Sainte Madeleine, bois polychrome, tenant un livre et un vase à parfum, XVIe s.

- Saint Christophe portant l'Enfant, bois, XVe s.,

- Notre Dame de Pitié, bois polychrome, XVIe s.,

- Notre Dame à l'Enfant, bois polychrome, fin XVIIIe s.

 

Il faudrait y ajouter six autres statues en bois polychrome, volées en 1973 : Saint Michel Archange, XVe-XVIe ; Saint Antoine, XVe ; Sainte Geneviève, XVe-XVIe ; Saint Jean-Baptiste, XVe-XVIe ; Saint Roch, XVIe; Saint Sébastien, XVIIe. Cette qualité et cette abondance artistique correspondent à une période de prospérité de la baronnie d'Uchon. La tradition veut qu'elles aient été les œuvres de moines du prieuré d'Uchon.

 

L'oratoire de Belle Croix se trouve en contrebas et à 100 mètres de l'église, le long de la D228. C'est un petit édicule bâti en gros moellons de granit sur un socle rocheux proéminent. Entièrement ouvert, il était simplement destiné à abriter des intempéries l'autel où le prêtre célébrait la messe. Saint Sébastien, dont la fête est le 20 janvier, et Saint Roch, dont la fête est le 16 août, étaient autrefois les saints les plus invoqués contre la "peste". Au XVIe siècle, cette "peste" endémique dans nos campagnes causait une mortalité considérable. Presque tous les dix ans, à la suite de mauvaises récoltes et d'intempéries exceptionnelles, la misère s'aggravait et provoquait une recrudescence de la maladie. On implorait alors la miséricorde divine. Les deux sanctuaires d'Uchon, réputés détenir des reliques de Saint Roch et de Saint Sébastien, devinrent des centres de pèlerinages, mais comme ils étaient très exigus, on jugea préférable de célébrer la messe en plein air. C'est pourquoi, au XVIe siècle, on édifia entre les deux églises l'oratoire dit de "Belle Croix". Lors de la grande peste de 1628, le chapitre de la cathédrale d'Autun organisa une procession générale, qui se rendit à Uchon, le 22 mai 1628. On décompta 1359 pèlerins. D'autres pèlerinages étaient ainsi organisés depuis les villes voisines, notamment Montcenis et Arnay-le-Duc.

 

Le château : on en voit les ruines, aménagées en théâtre de verdure, en face de l'église, de l'autre côté de la D228. L'ensemble église, château et oratoire de Belle-Croix constitue un site classé. Uchon était le siège d'une antique baronnie qui s'étendait sur plusieurs paroisses et dominait de nombreux fiefs. Son siège était ce château, difficile d'accès, bâti avant le XIIe siècle. Il n'en reste qu'un pan de mur étroit et haut d'une dizaine de mètres, vestige d'une ancienne cheminée. Comme dans de nombreux châteaux subsiste une légende de souterrain traversant la montagne. Des sondages ont permis de recueillir des traces d'occupation aux Xe, XIe et XIIIe siècle. La forteresse fut ruinée et incendiée au XIVe siècle, durant la guerre de Cent ans et ne fut jamais relevée.

 

Le Prieuré, en bordure de l'étang du Prieuré, à 3 km au sud-est du bourg, occupait l'emplacement des quelques maisons qui portent son nom. Une ancienne écurie n'est autre que l'antique chapelle. On lui voit une fenêtre ogivale à demi murée. Ce prieuré, fondé en 1188 par les seigneurs d'Uchon sous le vocable de Saint Jean l'Evangéliste, fut florissant au XIIIe siècle. Il disparut peu avant la Révolution.

 

Sites naturels :

 

Les étangs : ils sont nombreux sur le territoire de la commune d'Uchon. L'étang de Vauvillard, entre Uchon et le Sautot, est celui dont l'accès est le plus aisé. Il mesure 400 m sur 300 m. Il reçoit les eaux d'un autre étang, l'étang Neuf, situé en plein bois, à 1 km au sud-ouest. On y accède par un sentier, à partir de la Croix de Messire Jean (devant l'Hôtel Bernard) sur la D275 (route d'Uchon à la Tagnière).

En aval de Vauvillard, le trop plein s'évacue par une vallée étroite et raide le long de laquelle on trouve successivement le Moulin de la Rivière et l'étang du Moulin, très petite pièce d'eau au milieu de la forêt, et encore en aval, l'étang de la Ravière, à l'orée du bois et à la tête d'une vallée et d'un bon chemin qui descend en pente douce et très directement sur Toulongeon et Mesvres. L'accès à l'étang du Moulin et à l'étang de la Ravière se fait à partir d'Uchon, par un sentier que l'on trouve de part et d'autre du croisement de la D228 et de la D275. Au sud de la commune, on atteint le double étang du Prieuré par un chemin qui s'embranche en direction du sud sur la D228 à 500 mètres au sud-est de l'étang de Vauvillard. Depuis l'étang du Prieuré, un sentier conduit en direction du nord-ouest vers l'étang Neuf.

 

Après les étangs, les roches remarquables, aux profils fantastiques, leurs entassements, tous chargés de légendes, attirent de nombreux visiteurs. Les plus beaux rochers, ceux dont l'accès est également le plus aisé, forment le site dit du "Carnaval". On y parvient à partir de la D275, à 1 km au sud-est du bourg, par le chemin bordant le terrain de la balise aérienne. Une table d'orientation permet le repérage de l'immense panorama qui se développe à l'horizon : le Mont Jeu, le Mont Beuvray, la vallée de l'Arroux et plus loin, par temps clair, la chaîne des monts d'Auvergne. Tout à côté, des masses de rochers, soit isolés, soit groupés, s'entassent sur des centaines de mètres, depuis le sommet de la colline jusqu'à son pied. Vu des hauteurs voisines, le spectacle est impressionnant. Certains groupes de pierres présentent des formes tourmentées qui évoquent des personnages, des scènes de vie. On croit reconnaître Napoléon, le Sphinx, un lapin, un champignon, la tour crénelée d'un château... Certains ont donné naissance à des légendes et des superstitions. C'est ainsi qu'on a la "Griffe du Diable", rocher arrondi de 3 m de hauteur et de 12 mètres de périmètre strié de haut en bas de profondes rainures parallèles. Il se présente au sommet d'un entassement de plusieurs étages de rocher dans lesquels s'ouvre une profonde cavité que l'on dit avoir été habitée autrefois par une sorcière. Dans les mêmes parages, on rencontre "le Trépied", la "Chambre des fées", le "Salon du Diable", la "Grotte à Mandrin", la "Pierre qui croule". Beaucoup de ces pierres présentent à leur sommet un ou plusieurs bassins, généralement circulaires, parfois ovales. Il s'agit d'un phénomène d'érosion en boule. Ces bassins ont des dimensions allant de dix centimètres à un mètre de diamètre. Leur profondeur varie de quelques centimètres jusqu'à vingt à trente centimètres pour les plus grands. Le fond est plat ou légèrement arrondi. La légende les interprétait autrefois comme des "écuelles de fées". Quelques-uns présentent des canaux d'écoulement de l'un à l'autre ou vers l'extérieur. Il existe plus d'une centaine de ces bassins sur les roches d'Uchon, mais on rencontre ce phénomène, avec une moindre densité, sur bien des rochers granitiques du Morvan.

 

Dans le Bois de la Ravière, et le long du chemin qui descend au Moulin de la Rivière (départ du sentier sur la D228 près de la mairie), on trouvera la "Chambre des Bois", entassement rocheux ménageant une caverne qui passe pour avoir abrité des voleurs et des déserteurs durant la Révolution. On en trouvera, isolées ou groupées, dans presque tous les bois du massif d'Uchon, notamment en suivant le GR 131, de la Certenue à la Tagnière. 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007