SAINT-HONORÉ-LES-BAINS

(Nièvre)


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- Carte IGN 1/25000e 2725 est Saint-Honoré-les-Bains.

 

- Accès : Saint Honoré se trouve à 22 km au nord-ouest de Luzy par la D985 et à 11 km de Moulins-Engilbert par la D37 (direction Decize) puis la D985.

 

Cité romaine réputée pour ses thermes - c'est l'Aquae Nisinei de la table de Peutinger - St Honoré-les-Bains occupe, avec Préporché, une vaste clairière dans les forêts morvandelles à l'ouest des monts du Morvan. C'est au long de la voie protohistorique Bibracte-Decize que l'agglomération gallo-romaine s'est édifiée, autour de sources dont les eaux sulfurées et arsenicales attiraient de nombreux malades. Dès le milieu du 1er siècle avant J.-C., une exploitation rationnelle du site a été réalisée. Des thermes étaient construits, richement ornés de marbres, avec sept puits de captage. Des résidences et des hôtelleries devaient recevoir les malades venus des villes voisines. St Honoré devint un carrefour. Une voie se dirigeait sur Onlay et Château-Chinon, une autre sur Moulins-Engilbert, une troisième sur Bourbon-Lancy, autre cité thermale gallo-romaine, outre la voie de Bibracte, par Tussy, la Queudre et Sanglier (approximativement la D299) et son prolongement sur Decize par Cercy-la- Tour. La prospérité des thermes de St Honoré-les- Bains dura jusqu'aux invasions du bas-Empire. Celles-ci ruinèrent les installations, qui ne furent jamais réparées, les populations étant dispersées.

 

Au XIIe siècle, des moines bénédictins de la Charité-sur-Loire créèrent un prieuré sous l'invocation de St Honoré. Ce fut l'origine du nouveau village. Les moines aménagèrent un étang sur les anciens thermes. Cependant, les paysans des environs venaient toujours soulager leurs douleurs ou soigner des maladies de peau dans la boue de cet étang. Dès la Révolution, des médecins s'intéressèrent au site de St Honoré, et à partir de 1820 on commença à dégager les vestiges des installations antiques, sous la direction du marquis d'Espeuilles. On mit au jour les anciennes piscines recouvertes de marbre blanc et plusieurs centaines de monnaies romaines, offrandes probables d'anciens malades. Les médecins redécouvrirent les vertus thérapeutiques des eaux de St Honoré et Antoine-Théodore d'Espeuilles créa la station thermale qui put à nouveau fonctionner après une interruption de plus de quatorze siècles. C'est ainsi que nous avons maintenant un établissement thermal moderne au milieu d'un parc magnifique et des structures d'accueil permettant de recevoir plus de 5000 curistes par an. Les sources exploitées actuellement débitent 800 000 litres d'eau par jour, à une température de 24 à 29°, permettant de traiter de nombreuses affections d'origine inflammatoire ou allergique, telles que l'asthme et l'emphysème, notamment des enfants, les affections ORL et rhumatologiques.

 

D'autres vestiges d'époque gallo-romaine ont été découverts à St Honoré. Lors des travaux de reconstruction de l'église paroissiale St Loup, une statuette de divinité en argent (IIe ou IIIe siècle) a été mise au jour. Elle se trouve au Musée Royal de Mariemont, en Belgique. Sur le site voisin du cimetière, on a trouvé des monnaies gauloises, des fibules et quantité de poteries laissant supposer l'existence d'une petite officine de fabrication. Dans le bourg même, à l'occasion de travaux de réparations, plusieurs puits romains ont été découverts, des céramiques, outils, monnaies, et une figurine en terre blanche de l'Allier. Enfin, au hameau de Tussy, à 2 km à l'est du bourg, sur la route de Bibracte, une riche villa a été fouillée. Elle a donné des bétons, hypocaustes, marbres, mosaïques, enduits peints et des céramiques attestant une occupation jusqu'au haut Moyen-Age.

 

La Vieille Montagne est une hauteur, aujourd'hui boisée, à 2 km 500 au sud-est du bourg. Détachée des hauteurs voisines, elle culmine à 556 mètres, dominant de 300 mètres la plaine de St Honoré. On y accède par la D502, entre le Niret et Sémelay. Le sommet est tout proche de cette route. Un sentier balisé conduit au sommet. La Vieille Montagne passe pour avoir été un poste avancé de Bibracte, que l'on voit parfaitement depuis le sommet, ainsi que toute la campagne voisine. Très tôt, un puissant château féodal y a été édifié. On voit encore les restes de son mur d'enceinte, d'environ 200 mètres de périmètre, entouré d'un profond fossé, et les vestiges de trois des quatre tours d'angles. Le quart nord-est constituait le donjon, le restant la basse cour. L'accès se faisait par le sud. Ce château fut probablement détruit au XIVe siècle, comme les autres châteaux de hauteur de la région, Touleur, Glenne, Roussillon, durant les troubles consécutifs à la guerre de Cent ans.

 

La Montagne succéda à la "Vieille Montagne". Une maison forte du XVe siècle, remaniée à plusieurs reprises, fut finalement remplacée par un château moderne construit vers 1780 sous la direction de l'architecte J.B. Caristie. Le château de la Montagne est situé tout près du bourg, à la sortie sud-est de St Honoré, mais ne se voit pas de la route, car il est caché par un parc boisé. On peut cependant le visiter, sans aucune difficulté, avec l'accord du propriétaire, M. le marquis d'Espeuilles, qui organise des visites guidées. L'intérieur et le mobilier du château sont tout à fait remarquables et méritent la visite : boiseries, plafonds, vitraux de Diderot-Anglade, faïences de Bourg-la-Reine, bibliothèque, escalier, meubles, terre cuite de Rouillard, etc. L'équipement touristique de St Honoré est à la hauteur de sa réputation: hôtels-restaurants, nombreuses possibilités de locations, gîtes ruraux, camping, casino, tennis, piscine découverte, centre équestre et de nombreux circuits de randonnée pédestre et équestre dans les bois et sur les collines entourant St Honoré.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007