POIL

(Nièvre)


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- Carte IGN 1/25000e 2825 ouest St Léger-sous-Beuvray.

 

- Accès : la commune de Poil est limitée au sud par la N81, entre Autun et Luzy. A 21 km

d'Autun ou 13 km de Luzy, la D192 s'embranche sur la N81 et conduit au bourg, à 2 km 500.

 

La commune de Poil s'étend au sud du Mont Beuvray. La rivière dite "la Braconne", issue de la Fontaine St Martin du Beuvray et la N81 forment limite entre Nièvre et Saône-et-Loire, autrefois entre Nivernais et Bourgogne.

 

Si la paroisse est très ancienne, la commune est de formation récente. Poil a été définitivement érigée en commune en 1860, par détachement de la commune voisine de Larochemillay.

 

L'antiquité gallo-romaine a laissé de nombreuses traces sur le territoire de Poil. Au nord-ouest de la commune, au pied même du Beuvray, une petite agglomération, villa ou vicus, s'étendait autour des lieux dits Montchenis, le Quart du Bois, le Carzot, Montantaume. Dès le XIXe siècle, on notait la présence de tuiles, céramiques, marbres, fragments de colonnes, hypocaustes. Des sondages opérés en 1985-86 ont permis de préciser la présence d'un riche habitat avec thermes et d'une exploitation métallurgique, dont le mobilier permet de dater l'occupation à une date voisine de l'abandon de Bibracte. Une motte médiévale fut ensuite installée à proximité du site, à Montantaume, le long du chemin allant de la Courbette, sur la D192, à Pierrefite. On en voit encore l'emprise et les fossés, à côté de la ferme actuelle.

 

A l'autre extrémité de la commune, au sud-est, en bordure nord (250 mètres) de la N81, on aperçoit une autre motte, au lieu-dit Lagué (autrefois la Guette). C'est une butte tronconique, faisant environ 40 mètres de diamètre à la base, 20 mètres au sommet et 10 à 12 mètres de hauteur, actuellement couverte d'arbres et d'arbustes. Elle a été considérée à tort par les archéologues du XIXe siècle comme un tumulus. L'importante voie romaine d'Autun à Decize passait à proximité. Des fouilles ont permis de découvrir dans ses flancs de nombreuses monnaies romaines du IVe siècle, et à 200 mètres un four souterrain construit en moellons. Enfin, quatre stèles funéraires gallo-romaines ont été sorties de terre près du hameau de Corcelles, le long de la petite route de Poil à St Léger-sous-Beuvray par Concley. La propriétaire les a remises au musée lapidaire d'Autun.

 

Lire à ce sujet: Une stèle funéraire sur la commune de Poil 

 

L'église Saint-Romain a été construite au début du XIIe siècle. De cette époque demeurent l'abside, le chœur et le clocher. Les deux chapelles latérales sont du XVIe siècle et la nef a été reconstruite au cours du XIXe siècle. La nef comporte cinq travées. Elle est formée d'une partie centrale et de deux bas-côtés séparés par des colonnes en granit, avec fausses voûtes en berceau plein cintre. Le chœur est constitué d'une travée rectiligne sous clocher flanquée de deux chapelles formant transept. Il est suivi d'une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. La tour carrée du clocher est éclairée, à l'étage des cloches, par des baies géminées en plein cintre, séparées par des colonnettes à chapiteaux décorés, sur les faces nord, est et sud. Côté ouest, une seule baie domine l'arête du toit de la nef. La toiture du clocher vient d'être recouverte d'esseaunes (tuiles de châtaignier). Les deux chapelles du transept étaient des chapelles seigneuriales ; celle du côté nord est voûtée d'ogives ; celle du sud, un peu plus petite, est plafonnée et utilisée comme sacristie. Cette église a conservé tout son décor intérieur préconciliaire, peintures murales du chœur, de l'abside, des chapelles, des arcades XIXe siècle, ainsi que le mobilier: vases, bougeoirs, lustres et statuaire sulpicienne. Le cimetière qui entourait l'église a été relevé et nettoyé sauf quelques tombes de personnalités locales.

 

Les châteaux de Poil

 

La commune est remarquablement pourvue en châteaux, dont aucun n'est très ancien et qui, étant tous habités, ne sont pas visitables, mais peuvent néanmoins être admirés de plus ou moins loin.

 

- Le Mousseau est le plus proche du bourg : 750 mètres au nord-ouest de l'église. C'est depuis le chemin de Poil à St Léger-sous-Beuvray, vers le hameau de Corcelle, que l'on a la plus belle vue. Il s'agit d'un manoir du XVe siècle, dont subsistent deux tours découronnées séparées du corps de logis reconstruit probablement au début du XVIIIe siècle. C'était autrefois une puissante seigneurie, dont l'existence est attestée depuis le XIVe siècle.

- Concley : le château est à 3 km au nord du bourg. On l'aperçoit dans les arbres, le long du chemin de Poil à St Léger-sous-Beuvray. Construit à la fin du XVIIIe siècle, il a pris la suite d'un édifice plus ancien.

- Pierrefite, à 5 km au nord-ouest du bourg, le long du chemin de St Léger-sous-Beuvray à Larochemillay, est un château bâti au début du XXe siècle, dans le style chalet. Il ne semble pas y avoir eu de château précédemment, quoique la terre de Pierrefite ait été un fief attesté depuis le XVIe siècle. Sa situation, au sud du Beuvray et le long d'une des voies de Bibracte à la Loire, et son nom (Petra ficta, pierre dressée), qui évoque la présence ancienne d'un menhir ou d'une borne remarquable, témoignent de l'antiquité du site.

- Ettevaux, à l'ouest de la commune, le long de la D192 de Poil à Larochemillay et à la limite de ces deux communes, est une belle construction du XVIIIe siècle, édifiée sur un château beaucoup plus ancien. C'est le plus visible des châteaux de Poil, de par sa situation en bordure de route, encore que son plus bel aspect soit caché par le parc boisé.

- Villette a également été construit sur une ancienne maison forte, à 1500 mètres à l'ouest du bourg, sur une pente dominant le chemin de Poil à Millay. Son nom pourrait évoquer une ancienne villa gallo-romaine. L'actuel château est une belle construction du XVIIIe siècle, très classique, avec jardins à la française en terrasse.

- Thil est situé à 2 km 500 au sud-ouest du bourg, le long de la voie protohistorique des "foires du Beuvray", et commande le col entre le Mont Dône et le Bois de Manizot, passage de la Bourgogne au Nivernais. Son importance passée fut donc certainement considérable. Il ne reste que peu d'éléments du château ancien, dont l'existence est attestée au XVe siècle, mais qui est beaucoup plus vieux. Le logis actuel, restauré, n'en représente qu'une partie, mais on peut voir, dans une tour intégrée dans ce bâtiment, des ouvertures en meurtrières indiquant le XIIe siècle, des pièces voûtées et des parois en torchis probablement de même époque. La cour attenante, en terrasse, est soutenue par un mur extrêmement haut ; un bâtiment à usage agricole, un peu plus bas, repose sur des caves imposantes. Tout cela laisse supposer l'existence ancienne d'une forteresse de premier plan.

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007