MOULINS-ENGILBERT

(Nièvre)


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- Cartes IGN 1/25000e 2724 est Château-Chinon et 2725 est Saint-Honoré-les-Bains.

 

Accès : depuis Château-Chinon, prendre la D978 direction Nevers, et à 5 km, tourner à gauche pour prendre la D37 qui conduit à Moulins-Engilbert (distance depuis Château-Chinon 21 km). Depuis St Honoré-les-Bains, prendre la D985, distance 11 km.

 

Moulins-Engilbert est un gros bourg (1743 habitants au recensement de 1990) anciennement fortifié, bâti au confluent de deux petites rivières, le Garat et le Guignon, à la limite du Morvan et du Nivernais.

 

Le château dominant la ville a été construit au XIII siècle par les comtes de Nevers. Antérieurement, le site avait été occupé par les gallo-romains. Les murs d'enceinte, avec cinq grosses tours, entourent une terrasse surélevée où l'on pénètre par une porterie réaménagée au XVe siècle. Cette terrasse devait servir de basse cour et recevoir les bâtiments communs et la chapelle. On y voit les restes d'une citerne. Au sommet était le donjon dont subsistent de beaux vestiges autour d'une petite place aménagée en square, au milieu de laquelle est un puits très profond. Le donjon paraît être des XIVe-XVe siècles. Cette forteresse a été conquise par Charles le Téméraire en 1474, reprise par Louis XI en 1475 et détruite par un incendie en 1525. Il est peu probable qu'elle ait survécu à cette dernière infortune et en tous cas pas à la destruction de la ville par les troupes de l'amiral de Coligny en 1570.

 

La ville de Moulins-Engilbert est bâtie sur les pentes sud et ouest de la butte du château. Elle présente un bel ensemble urbain du XVIe siècle, autrefois entouré de ses propres remparts, et limité par les deux rivières formant une boucle autour de la ville, avec leurs nombreux moulins qui ont donné leur nom à la cité. La visite peut se faire à partir du Champ de Foire, vaste place sur laquelle on a toutes facilités pour se garer. En sortant de la place, prendre la rue des Fossés qui, comme son nom l'indique, suit les limites des anciennes murailles, et se diriger sur la gauche, vers la mairie. On aperçoit les tours et les façades arrières des maisons construites sur les remparts. Arrivé devant la mairie, bel immeuble XVIIe, il faut aller découvrir à droite de la maison de retraite, l'ancien couvent des Ursulines fondé en 1635. C'est un très bel ensemble immobilier, construit en 1715, avec une chapelle dont la façade est ornée d'un porche à fronton brisé. Face à la chapelle, il faut suivre la rue St Antoine et la rue du Château. Cette petite rue longe la base des remparts du château et permet de voir plusieurs tours. Elle conduit jusqu'à l'entrée du château. Avant de pénétrer dans l'église ou le château, on peut terminer la visite de la ville en redescendant vers la rue Sallonnyer et la place Lafayette en contournant le chevet de l'église. On voit sur la gauche la "maison des Chanoines", avec son magnifique portail aux piédroits moulurés à triple accolade, qui communique avec l'ancien grenier à sel, flanqué, sur la place Lafayette, d'une tour à trois pans (aujourd'hui bureau de tabac). Devant l'église se trouve la belle façade XVIIIe siècle de l'hôtel Sallonnyer. Les Sallonnyer furent l'une des plus grandes familles du Morvan, à l'origine du flottage.

 

L'église St Jean-Baptiste a été édifiée, au début du XVIe siècle, sur les bases de l'église précédente, du XIVe siècle, dont subsiste la crypte. Elle est composée d'une nef de quatre travées sur laquelle s'ouvrent au nord trois chapelles et au sud un collatéral. Le chœur est constitué d'une travée sous clocher, suivie d'une seconde travée et d'une abside à trois pans soutenue par des contreforts. Les travées de la nef, du chœur et des collatéraux ainsi que les chapelles sont voûtées d'ogives. Deux portes donnent accès à l'église, l'une s'ouvrant sur la nef, l'autre sur le bas-côté. Au-dessus de cette dernière sont les armes de Philippe de Moulins, secrétaire des rois Charles V et Charles VI, évêque de Noyon et fondateur de la première église, vers la fin du XIVe siècle. Dans la première chapelle, à gauche, sont les fonts baptismaux (MH) en pierre, du début du XVIe siècle, présentant un riche décor sculpté. A côté, se trouve la pierre tombale d'Albert de Grandrye (MH) mort en 1538, avec la silhouette gravée au trait de son cadavre. Dans le seconde chapelle, on voit une statue en bois polychrome de Saint Eloi ferrant un cheval (MH). Dans la même chapelle, une toile du XVIIIe siècle représente l'apôtre Saint Jean en train de rédiger son évangile; c'est une œuvre locale, de Charles Sallonyer de la Motte. Fait également partie du patrimoine de l'église une huile sur toile du XVIIIe siècle représentant l'apparition du Christ à Marie-Madeleine. Il faut voir enfin le vitrail du début du XVIe siècle (MH) représentant le jugement dernier, placé au tympan de la baie axiale du chœur.

 

Commagny

 

A 2 km 500 au sud-ouest de Moulins-Engilbert, Commagny, autrefois paroisse, aujourd'hui simple hameau, surplombe la D37 dans la direction de Cercy-la-Tour et Decize.

 

Commagny était le siège d'un prieuré fondé au VIIIe siècle par les moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, sous le vocable de Saint Laurent. L'église du prieuré (MH), dédiée à Saint Hilaire, a été édifiée au XIIe siècle. C'est une des plus belles églises romanes de la région. Sa grande nef de plan rectangulaire, non voûtée, laisse voir une charpente remarquable. Le transept est formé d'une croisée couverte d'une coupole sur trompes et de deux bras voûtés en berceau transversal plein cintre. Le chœur comprend une travée voûtée en berceau plein cintre flanqué de deux chapelles voûtées d'arêtes. Il est suivi d'une abside voûtée en cul-de-four, les deux chapelles latérales du chœur étant elles-mêmes suivies d'absidioles également en cul-de-four. La croisée du transept porte le clocher massif éclairé sur trois étages, au premier sur chaque face par une baie plein cintre aujourd'hui murée, au second par deux baies et au troisième par quatre baies, jumelées deux à deux et séparées par des colonnettes. Dans l'abside, la travée de chœur et le carré du transept, les chapiteaux sont ornés de feuillages, d'animaux et de personnages divers. L'autel principal est orné d'un retable XVIIIe en bois polychrome. L'absidiole nord conserve un autel de pierre du XVe siècle. Les bâtiments prieuraux, propriété privée, comportent une maison massive, du XVe siècle, avec fenêtres à meneaux et accolades et une haute tour d'angle tronconique (l'église n'est ouverte en permanence que durant l'été). Le hameau de

 

Commagny possède un certain nombre d'autres maisons des XVe-XVIe siècles, dépendances monastiques, dont l'une, dite "cellier des moines", à 200 mètres au sud de l'église, et une ancienne fontaine à pèlerinages, dédiée à St Gevras, le long du chemin joignant le prieuré à la D37.

 

Villaine

A 3 km au sud-est de Moulins-Engilbert, le long d'un petit chemin se détachant vers le sud de la D295, le hameau de Villaine possède une maison forte avec une tour-porche carrée à assommoirs du XVe siècle.

 

Marry

Ce château médiéval reconstruit au XVIIIe sur un important site gallo-romain, à 5 km au sud de Moulins-Engilbert, le long de la D985 conduisant à St Honoré-les-Bains est inaccessible. On peut toutefois admirer depuis la route les bâtiments du moulin de Marry, sur la Dragne, à 300 mètres au sud du château, ainsi que les culées du pont romain qui franchissait la rivière et la levée de la voie antique aboutissant à cet ancien pont.

 

Charmois

C'est en ce lieu que se situe le "camp romain", à 2 km 500 au nord-ouest de Moulins-Engilbert, juste au nord du Bois des Sauves et au sud de l'Etang du Loup, connu sous le nom de "camp de Boux". Il s'agit d'une terrasse surélevée par rapport aux terres voisines, légèrement trapézoïdale, de 107 mètres sur 69 mètres, bordée de talus et fossés. On y a trouvé tuiles et monnaies romaines au XIXe siècle. Le terrain est actuellement en pré.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007