MONTHELON

(Saône-et-Loire)


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-Carte au 1/25000e IGN 2825 est Autun.

 

-Accès depuis Autun, 6 km : prendre la N81, direction Luzy et à 4 km d'Autun sur la droite la D3.

 

Commune rurale bordée par l'Arroux, entre Autun et les premiers contreforts du Morvan, Monthelon fait partie de l'espace suburbain d'Autun dès l'époque gallo-romaine. Son territoire est traversé par la voie Chalon-Bibracte-Decize, sur laquelle s'embranche le raccordement joignant Autun à la voie Bibracte-Gergovie.

 

Les vestiges gallo-romains découverts à Monthelon sont très nombreux:

 

- le bourg et son église sont bâtis sur un habitat,

- une grande villa, existait près de Chantal, avec marbres, piscine, hypocaustes, mosaïques,

- à la limite sud-ouest de la commune, dominant le confluent du Méchet et de l'Arroux, une butte fortifiée surveillait le carrefour de deux routes antiques et le passage à gué de l'Arroux, à Chevannes.

 

A l'époque médiévale, l'importance de Monthelon s'est maintenue. A Lée, une motte féodale de 40 m sur 30 m, entourée de fossés profonds est le berceau de la famille seigneuriale de Montholon. L'un de ses membres les plus célèbres fut le général de Montholon, comte de Lée, aide de camp de Napoléon 1er. Il fut le seul de ses généraux à l'accompagner en exil à Sainte-Hélène, où il demeura jusqu'à la mort de l'Empereur.

La motte de Lée, à un kilomètre au sud de l'église, fut abandonnée au XVe siècle. Une nouvelle maison forte fut construite au nord du bourg. Connu sous le nom de "château de Sainte Jeanne de Chantal", elle était autrefois protégée par quatre tours et des fossés alimentés par l'eau de la Celle. Il reste un très beau corps de logis, typique des constructions seigneuriales de l'Autunois au XVe siècle, avec galerie couverte s'ouvrant sur la cour à l'étage, au couchant, deux tours rondes accolées à l'est, et une chapelle jouxtant le bâtiment principal au nord. La seigneurie de Monthelon fut acquise en 1547 par Christophe de Rabutin, ancêtre des Rabutin-Chantal et des Bussy-Rabutin. Son petit-fils, également prénommé Christophe, épousa en 1592 Jeanne-Françoise Frémyot. A sa mort, Jeanne resta au château de Monthelon et se consacra à l'éducation de ses enfants et au soulagement de toutes les misères de la paroisse. Le souvenir de ses bontés reste très vif. De nos jours l'anniversaire de sa fête, en août, est l'occasion d'un pèlerinage qui conduit chaque année de nombreux fidèles venus prier sur les lieux où elle passa une partie de sa vie. Jeanne de Chantal fit la connaissance de Saint François de Sales, évêque de Genève qui devint son directeur de conscience. C'est sous son impulsion qu'elle décida de fonder l'ordre de la Visitation. Dès qu'elle eut achevé l'éducation de ses enfants, elle se retira à Annecy où Saint François de Sales avait donné une maison pour la nouvelle communauté. Une des premières maisons du nouvel ordre fut établie à Autun. Jeanne de Chantal mourut en 1641 et fut canonisée en 1769. Elle était la grand-mère de la marquise de Sévigné.

Le château de Monthelon porte les armes des Rabutin, sculptés en relief au-dessus de la porte principale de la façade, entourées du collier de St Michel, avec cette fière et âpre devise: "Virescit vulnere virtus", la vertu s'accroît dans les épreuves.

 

L'église de Monthelon conserve une partie romane : le chœur et l'abside d'un ancien édifice, qui forment le bras droit du transept de l'église actuelle avec des colonnes de granit ornées de chapiteaux à décoration très simple, fin XIe siècle.

Deux souvenirs demeurent, de l'époque de Sainte Jeanne de Chantal: dans la partie ancienne de l'église, deux panneaux de la chaire d'où Saint François de Sales a prêché. A côté, on peut voir une curieuse roue en bois, entourée de clochettes. Cet objets, que l'on retrouve dans certaines églises de Savoie, auraient été apportés par Saint François. L'église de Monthelon possède également une statue en bois de Sainte Jeanne, oeuvre de Delvaux en 1957.

L'église fut primitivement sous le vocable de Saint Eptade, saint local qui mourut abbé de Cervon dans la Nièvre. Elle passa ensuite sous celui de Saint Barthélémy. Ces deux saints ont la particularité d'être invoqués contre les orages et la foudre. Tous deux se fêtent le 24 août. On mit donc ultérieurement à celle même date Sainte Jeanne de Chantal, actuelle patronne de la paroisse. Il existait autrefois une fontaine dédiée à Saint Barthélémy. On s'y rendait pour guérir de la fièvre ou pour demander la pluie par temps de sécheresse. On voit encore les vestiges de cette fontaine, déjà fréquentée à l'époque gallo-romaine, à 1500 mètres à l'ouest du bourg.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007