LUZY

(Nièvre)


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- Cartes IGN 1/25000e 2826 ouest Luzy, 2726 est Grury, 2725 est Saint-Honoré-les-Bains, 2825 ouest Saint-Léger-sous-Beuvray.

 

Luzy, chef-lieu de canton de 2470 habitants se situe au pied sud du massif beuvraysien, à l'ouverture des vallées de l'Alène et de la Somme. Cette situation a fait de Luzy, dès son origine, un important carrefour. S'y croisent la N81, en direction d'Autun (34 km), de Decize et Nevers (78 km) ; la D973 en direction de Bourbon-Lancy (28 km) ; la D985 en direction de St Honoré-les-Bains, Moulins-Engilbert et de Toulon-sur-Arroux, Charolles. Son équipement touristique, hôtels, restaurants, camping, piscine, tennis, en fait un centre idéal de vacances dans le Morvan, et le point de départ de nombreuses et agréables randonnées.

 

La ville de Luzy conserve quelques témoignages de son antiquité dans l'implantation de ses rues autour d'un château-fort aujourd'hui disparu, dont subsistent quelques traces de murailles et une grosse tour, dite "Tour des Barons" au sommet de la cité. Cette tour, dont les restaurations successives ont fait perdre presque tous ses caractères médiévaux, est aménagée par la municipalité comme dépôt des fouilles archéologiques et salle d'expositions temporaires. De forme légèrement ovoïde, elle est éclairée sur les trois niveaux de baies modernes et surmontée d'une toiture conique coiffée d'un clocheton.

Plusieurs ruelles convergent vers cette tour, notamment la rue du Donjon, ruelle médiévale typique, avec montée en escalier de pierres usées par la trace des pas.

 

Il est difficile de juger de l'origine de ces fortifications. Les travaux d'urbanisation et de voirie du XIXe siècle, notamment la démolition de l'ancienne église paroissiale St Pierre, dont l'emplacement devait être assez proche de celui de l'actuelle église, ont révélé l'existence de constructions gallo-romaines. Les troubles consécutifs aux invasions, puis les luttes féodales du Moyen Age ont sans aucun doute nécessité la mise en état de défense de l'important carrefour de Luzy, siège d'une puissante baronnie. Les principales constructions religieuses, aujourd'hui disparues: église St Pierre, église Notre-Dame, hôpital St Jacques, prieuré St André, semblent avoir été édifiées au XIIe siècle. Cette époque est donc celle d'un grand essor et d'une transformation des structures urbaines plus anciennes, sinon d'une reconstruction quasi générale. Il est donc très vraisemblable que le château ait également été construit ou restauré à cette époque. Il était ceinturé de murailles de deux mètres d'épaisseur, défendu par huit grosses tours et ses fossés étaient alimentés par l'Alène, qui forme une demi-boucle autour de la ville.

 

L'église St Pierre a été construite en 1884, sur l'emplacement du cimetière de l'ancienne église. Son mobilier comprend une très jolie petite statue en pierre de la Vierge, du XVe siècle et de facture locale, dite "Vierge de Palluau", du nom de la maladrerie où elle se

trouvait autrefois. Figure également au mobilier de l'église un tableau de Laurent de Lahyre, 1642, représentant une Vierge à l'Enfant.

 

L'hôtel de ville est une belle construction du XVIe ou XVIIe siècle, ancien hôtel particulier restauré aux XIXe et XXe siècles et acquis par la municipalité en 1866 pour en faire la maison commune. Avec les murs, la ville de Luzy acquit le mobilier, comprenant une série de tapisseries de la manufacture d'Aubusson, exposées dans la salle d'honneur de la mairie et visibles aux heures d'ouverture de celle-ci. Ces tapisseries (MH), évoquent le drame biblique d'Esther, lequel bénéficia d'une certaine notoriété grâce à la tragédie qu'en fit Racine en 1689. On peut donc les dater de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.

 

Montarmin, à 1 km 500 au sud-est du bourg de Luzy, proche de l'Alène et de la D985, présente les vestiges d'une maison forte médiévale dont ne subsiste qu'une grosse tour carrée du XVe siècle, insérée dans une exploitation agricole.

Monteuillon, à 500 mètres de Montarmin, de l'autre côté de la D985, est un château moderne qui a succédé à une maison forte médiévale de même époque que Montarmin. Celle-ci a disparu, mais on peut encore voir la motte, située au nord du château actuel, en bordure nord de la voie ferrée Etang-Cercy-la-Tour, près d'un ruisseau affluent de l'Alène qui remplissait ses fossés.

 

Mazilles, en bordure nord de la D228, à 2 km 300 au nord-est du bourg de Luzy, est un château bâti sur les ruines d'une autre maison forte dont subsiste encore une tour. Avant le château, une villa gallo-romaine se serait élevée sur ce site. La légende prétend même que Saint Germain, le futur évêque de Paris au VIe siècle, serait né et aurait été élevé dans cette villa.

 

Le Mont Dône, à l'extrémité nord-est de la commune, prolonge vers le sud le massif beuvraysien dont il est coupé par un col emprunté par la N81, la voie ferrée Etang–Cercy-la-Tour et avant elles la voie romaine Autun-Fours-Decize. Le Mont Dône se prolonge lui-même vers le sud par un plissement emprunté par un chemin de crête proto-historique dit "chemin des foires du Beuvray" formant limite entre les départements de la Nièvre et de la Saône-et-Loire. C'est actuellement le GR13, c'était autrefois une voie gauloise Bibracte Mont Dardon. Le Mont Dône - altitude 513 m -surplombe de 200 mètres le col où l'Alène prend sa source. Pour y accéder, il faut suivre le balisage du GR13 qui passe un peu au-dessous du sommet, sur le versant est. Depuis le GR13, on trouvera un sentier qui conduit vers ce sommet. Sur la carte IGN, il est fait mention d'un dolmen. Ce ne sont que des rochers que l'érosion a déchaussés et modelés. Le sommet du Mont Dône, dit aussi "Montagne du Châtelet" est une structure défensive d'époque très ancienne. Le sommet, aplani, se présente comme une plate-forme d'environ 150 mètres de long sur 100 mètres de large, établie sur une terrasse elliptique un peu plus longue, orientée d'est en ouest. La plate-forme est entourée d'un rempart de terre bordé extérieurement d'un fossé. Dans la partie est de cette enceinte se trouvent les rochers qui ont donné naissance à la légende du dolmen. Ils sont creusés sur la face supérieure de bassins de diverses dimensions (phénomènes d'érosion), comme le sont de nombreuses roches granitiques de la région, notamment à Uchon. Il ne faut pas y voir les vestiges d'un prétendu "culte druidique". La partie ouest de la plate-forme est bordée d'un second rempart paraissant traverser tout le plateau sommital du nord au sud.

Le mobilier recueilli lors de différents sondages n'est pas suffisant pour dater ce petit camp de hauteur établi au long de l'un des chemins d'accès à Bibracte, sur une position d'observation remarquable. Il va d'un aiguisoir en jadéite d'époque néolithique à quelques tessons et fragments d'outils médiévaux, dénotant sinon une occupation, du moins un passage et donc une utilisation du chemin des foires du Beuvray à toutes les époques.

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007