LA GRANDE-VERRIÈRE

(Saône-et-Loire)


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- Carte IGN 2825 est Autun, 2825 ouest Saint-Léger-sous-Beuvray, 2824 est Luchenay-L’Évêque, 2824 ouest Arleuf – Haut-Folin

 

- Accès depuis Autun par l’étroite vallée du Méchet. C’est d’abord la N81 (direction Luzy – Bourbon-Lancy) puis, à 54 km d’Autun, sur la droite, la D3 (distance 14 km).

 

La commune se nommait autrefois « Verrières-sous-Glenne », pour la différencier de Verrières-sous-Roussillon » (aujourd’hui la Petite-Verrière).

Verrières, dont la plus ancienne mention remonte au IXe siècle, évoque une industrie antique du verre, qui n’a pas laissé de trace autres que toponymiques.

La grande voie Chalon – Bibracte, le long de laquelle fut bâti Augustodunum, traverse le territoire de la Grande-Verrière.

A 1 km au sud de cette voie existait une villa romaine, au hameau du Buisson. On y a trouvé les vestiges d’un très riche habitat, avec des mosaïques. Elle n’est plus visible, néanmoins les promeneurs peuvent emprunter le chemin qui, se détachant au sud de la D296, à hauteur du hameau de Méchet, se dirige vers le Buisson. Après le Buisson, on peut poursuivre la promenade par ce même chemin, très probablement un très antique chemin, qui forme limite de commune avec Laizy, et qui rencontre le GR131 au nord de Crometey, lequel conduit jusqu’à Saint-léger-sous-Beuvray et Bibracte.

Le village de la Grande-Verrière est situé au pied sud-est de la butte de Glenne et à l’ouverture de deux vallées, proche du confluent du ruisseau des Vernottes et du Méchet. Son église romane a été remplacée en 1892 par une église néo-gothique. Face à l’entrée demeure un beau calvaire en granit, probablement celui de l’ancien cimetière qui jouxtait l’église. Deux statues en pierre, du XVe siècle, ornaient autrefois le sanctuaire, plus particulièrement la chapelle de la famille de Lagoutte. L’une d’elles, œuvre du célèbre sculpteur Jean de la Huerta, représente Sainte Marguerite, l’autre Saint Claude, évêque. On peut aujourd’hui les admirer au Musée Rolin d’Autun.

 

Le château de Verrière, dit aussi de Vouchot, est situé au nord de l’église. De construction très ancienne, il a été restauré au XVIIIe siècle. C’est sa façade nord-ouest, très classique, que l’on aperçoit depuis le chemin de la Grande-Verrière à Saint-Prix. La façade sud-est, donnant sur le parc, présente deux tours hexagonales et deux tours rondes.

 

Mais la principale défense du site résidait dans l’ancien château de Glenne, perché sur la butte rocheuse qui domine le village. Cette énorme masse composée principalement de quartz, brillant au soleil d’hiver lorsque la couverture végétale le laisse apparaître, est assez impressionnante. Il s’agit d’une défense de type éperon barré, composée d’un plateau, se rétrécissant vers le nord-est, avec des à-pics rocheux de tous côtés sauf au sud-ouest où le passage, parfois taillé dans le roc, est barré par un double fossé et des talus encore visibles par le S que forme le chemin d’accès.

La visite du site est facile et agréable, un bon chemin contourne le mont par le nord. On peut utiliser ce chemin en voiture depuis l’entrée nord-est du bourg de la Grande-Verrière, direction le Crot-au-Meunier et Chemardin. Après Chemardin où l’on devra laisser la voiture, on trouvera aisément le sentier d’accès avec la carte au 1/25000e de Saint-léger-sous-Beuvray. L’étroit plateau sommital est bordé de blocs de quartz laiteux formants de véritables défenses naturelles aux extrémités déchiquetées. L’extrémité nord-est supporte les ruines de l’ancien château féodal. Celui-ci était appuyé au nord-ouest et au sud-est sur la roche taillée constituant la base de ses parois. Le gros donjon, dont subsiste un pan de mur, est au sud-ouest. Les fossés ont encore de 5 à 20 mètres de profondeur et de 20 à 30 m de large. Le périmètre du fond de fossé fait approximativement 360 m. Ce fossé, immédiatement bordé de l’à-pic rocheux, rendait la position imprenable. Les quelques sondages opérés par Bulliot au XIXe siècle rendent compte d’une occupation du site à l’époque gallo-romaine. Le système de défense en éperon barré laisse supposer également une fréquentation protohistorique.

 

Glenne était une position formidable, un avant poste de Bibracte défendant l’accès à la capitale éduenne le long de la voie Chalon – Bibracte. Au Moyen Age, ce fut le siège d’une des plus puissantes châtellenies du Morvan, dépendant d’abord de l’évêque d’Autun, puis des ducs de Bourgogne. Sa destruction, comme celle des châteaux voisins défendant Bibracte : Roussillon, Touleur, la Vieille Montagne… semble remonter au début du XVe siècle, au moment des luttes entre Armagnacs et Bourguignons.

 

Les avancées de Glenne étaient elles-mêmes défendues par des châteaux de moindre importance, dont il ne reste plus grands vestiges. A 4 km à l’est de Glenne, la vallée du Méchet, suivie par la D3, est resserrée entre deux mamelons. Chacun était couronné d’une petite forteresse, aujourd’hui disparue, au nord le manoir du Pouriot, remplacé un peu plus bas par la villa au nom synonyme des Airelles, et au sud le château de Bouton. L’actuel Bouton, rebâti en 1832 au flanc de la colline et à l’orée du bois est une construction sobre et élégante jouissant, comme les Airelles, d’une vue magnifique sur la plaine d’Autun.

 

La voie romaine d’Autun à Bibracte ne suivait pas, mais traversait la vallée du Méchet et franchissait la barre montagneuse par le col de Vauteau (c’est l’actuel D926), évitant le bourg de la Grande-Verrière. Ce col était défendu par une autre forteresse médiévale, dont il ne reste que quelques ruines. On aperçoit, au milieu des bois, au sud de la route et au pied du col en venant d’Autun, les vestiges d’une tour couverte de lierre, d’où émergent quelques pièces de charpentes, la base des murs d’enceinte et les fossés. Les dernières constructions attestent le XVIe siècle.

 

Au nord de cette même voie romaine, un autre château se dresse au sommet du col, celui de Savilly. Il s’agit ici d’une construction du XIXe siècle.

 

Au nord de la commune, la forêt domaniale de Glenne et les bois voisins offrent de magnifiques possibilités de promenades. Le ruisseau des Vernottes, accessible à partir du bourg, est longé par un chemin qui donne accès au sommet, d’où des chemins de crête, à l’est comme à l’ouest, permettent de longues randonnées.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007