LA CELLE-EN-MORVAN

(Saône-et-Loire)


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- Carte IGN 1/25000e 2824 est Lucenay-L’Évêque

- Accès par la D 978 Autun – Château-Chinon.

 

La commune de la Celle-en-Morvan se situe à une dizaine de km au nord-ouest d’Autun, à l’extrémité de la plaine de l’Arroux et au débouché des vallées de la Canche et de la Chaloire qui descendent du haut Morvan.

La « celle » est un terme médiéval désignant la cellule d’un ermite. L’une des plus anciennes mentions de la Celle-en-Morvan évoque une «  celle sancti mederici » : celle de Saint Merry, né au VIIe siècle dans une noble famille éduenne, abbé de l’abbaye de Saint-Martin d’Autun qui se retira comme ermite, mais qu’on vint rechercher ; il partit pour Paris où il mourut dans une grande réputation de sainteté. Il donna son nom à une paroisse de Paris. Sa retraite en Morvan devait se trouver à proximité de l’église de la Celle, au flanc de la montagne, où se trouve une « fontaine Saint Merry », recherchée autrefois pour accorder la fécondité aux femmes stériles.

 

L’église

Elle est sous le vocable de Saint Aignan, évêque d’Orléans. La voie romaine d’Autun à Orléans passait à la Celle. C’est sans doute ce lien direct qui explique ce culte. L’église se compose d’une nef de plan rectangulaire et d’un chœur à abside surmonté d’une tour clocher carrée datant du XIe siècle. C’est la partie ancienne de l’édifice. La nef a été agrandie et remaniée en 1847. La chapelle et la sacristie sont de 1847 et 1851. L’abside fut reconstruite en 1891 par l’architecte Louis Lagoutte. La statuaire en bois est intéressante : un Christ en croix (MH), une statue de Saint Aignan vêtu de la chape, une statue de Sainte Anne avec la Vierge debout (XVIe s.) un Saint Sébastien (XVIIe s.) et le bas-relief représentant Saint Aignan, provenant de l’ancien retable du maître autel.

 

En venant d’Autun après avoir franchi la rivière et avant de pénétrer dans le bourg, sur la gauche, la façade du château de la Vesvre présente la sobre élégance des belles demeures du XVIIIe s. Il a succédé à une maison forte médiévale, puissante forteresse entourée de fossés alimentés par les eaux d’un petit affluent de la rivière de la Celle. Ses murs d’enceinte étaient défendus par onze tours dont on aperçoit quelques vestiges depuis la route. En 1363, il fut assailli par une bande de brigands, les « Ecorcheurs », qui s’en emparèrent. Retranchés dans cette forteresse, ils terrorisaient les populations environnantes. Faute de pouvoir les anéantir par la force, il fallut négocier leur départ à prix d’or. Aussitôt après, sur ordre du duc de Bourgogne, le château fut démantelé afin d’éviter leur retour.

 

A l’extrémité du bassin d’Autun et au seuil des gorges donnant accès sur le haut Morvan bien abrité au nord et à l’ouest par les montagnes boisées de Glenne et de Roussillon, la Celle jouit d’une position exceptionnellement favorable qui en fait un lieu de repos idéal et le point de départ de nombreuses excursions.

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007