FACHIN

(Nièvre)


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 - Cartes IGN au 1/25000e 2824 ouest Arleuf – Haut Folin et 2724 est Château-Chinon.

 

- Accès : depuis Château-Chinon, prendre la D27 qui se détache de la D978 à la sortie sud de Château-Chinon. La D27 conduit à Luzy. A 8 km de Château-Chinon, prendre à gauche la D177 qui mène au bourg de Fachin. Si l'on poursuit la D27 sur 3 km supplémentaires on arrive aux Buteaux, principal hameau de Fachin.

 

Fachin est une toute petite commune (120 habitants au recensement de 1990) de création récente. Elle a été formée en 1872 par détachement, au détriment des communes limitrophes, de hameaux éloignés de leur chef-lieu communal ce qui, à l'époque, posait des problèmes en raison des difficultés de communication : obligation scolaire, démarches administratives ou religieuses. Ainsi Fachin, les Morvans et la Come furent détachés de Château-Chinon-Campagne, les Buteaux furent détachés de Villapourçon. Les Carnés, les Joies et le Chatelet, qui devaient grossir la nouvelle commune, restèrent finalement rattachés à Arleuf. De ce fait, Fachin, sans passé collectif, forme une commune assez peu homogène, dont les deux principaux hameaux, Fachin proprement dit et les Buteaux, à peu près d'égale importance et distants de deux kilomètres, n'ont pas grands liens entre eux.

 

Fachin forme toutefois une très belle commune, au capital touristique tout à fait remarquable. Nous sommes ici dans le véritable haut Morvan, celui des forêts et des ruisseaux d'eaux vives, le Morvan historique des bûcherons et des flotteurs, non encore pollué par les déchets de la civilisation urbaine. Les bonnes routes qui traversent la commune et favorisent le tourisme, D27 de Château-Chinon à Luzy et D177 d'Arleuf à Fachin, sont de création relativement récente. Le chemin de fer ne fit qu'effleurer la commune sans la pénétrer. Le "tacot" d'Autun à Château-Chinon, mis en service au tout début du XXe siècle (et abandonné juste avant la guerre 1939-45) avait une gare "Fachin-le Chatelet" installée sur le territoire d'Arleuf, laquelle gare a conservé toutes ses caractéristiques de bonne vieille gare rurale (sauf le chemin de fer !).

 

Fachin est limité à l'est par l'Yonne et à l'ouest par la vaste forêt de la Gravelle. Au sud, la forêt de Chalençon, traversée par la voie gallo-romaine de Bibracte à Château-Chinon, culmine à 796 m par les roches de Suize, énorme couronnement de quartz laiteux comportant de nombreuses géodes de quartz hyalin. Ces roches ont donné lieu à de multiples légendes. On y a vu les ruines d'une ville antique. On y a vu aussi l'œuvre du diable et le rendez-vous des sorcières. La plus grosse roche, dont la forme rappelle vaguement celle d'un siège, s'appelait "Chaise à Butheau" (du nom du hameau voisin). L'Yonne coule à quelques centaines de mètres, au bas des pentes est de la forêt de Chalençon. Au pied ouest, près des Champs Suize, sur la voie romaine, un ruisseau prend sa source, le ruisseau de Faulin, qui va grossir la Dragne, sous-affluent de la Loire. La crête des roches de Suize limite donc les deux bassins versants, Seine et Loire, et une légende raconte que des fées ont voulu autrefois faire passer les eaux de l'Yonne à la Loire, à travers la forêt de Chalençon, en creusant une énorme tranchée entre les deux vallées : c'est la tranchée des Mittets, aujourd'hui disparue (les Mittets est le nom d'une ferme abandonnée, sur la commune voisine de Glux). Cette légende peut être en rapport avec une ancienne exploitation de carrières (celle des roches de Suize) ou la construction de la voie romaine. Cette région de Fachin est riche en effet de vestiges antiques. Aux Buteaux, où l'on a trouvé des monnaies romaines, existaient jadis une chapelle dédiée à St Marc et une fontaine sacrée.

 

Aujourd'hui, Fachin et ses forêts sont parcourus de sentiers balisés pour la promenade. Plusieurs gîtes ruraux, une aire de camping, des restaurants, sont prêts à accueillir les amoureux de la nature sauvage et belle du vrai Morvan.

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007