ARLEUF

(Nièvre)


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Carte IGN 1/25000e 2824 ouest Arleuf – Haut-Folin

 

- Accès : par la D978. Château-Chinon 9 km, Autun 28 km.

 

Arleuf occupe une clairière au milieu des forêts du Morvan : forêt du Grand Montarnu au sud, Bois de Fragny à l’est, forêts d’Anost au nord. A l’ouest, l’Yonne borde la commune. Arleuf se trouve sur les pentes nord du massif du Folin, surplombant de 270 m la vallée de l’Yonne à l’ouest et celle de la Canche à l’est sur la commune de Roussillon. La ligne de partage des eaux entre les bassins de la Seine et de la Loire tranche la commune suivant une ligne nord-sud. Sur cette ligne, la D978 culmine à 674 m.

 

Cette situation implique un climat relativement rigoureux. Le nom même d’Arleuf provient de son qualificatif : Aridus locus, dans les chartes médiévales. Cependant, Arleuf révèle être un lieu de passage et de séjour à toutes les époques de l’histoire et de la préhistoire : au seuil de la vallée de l’Yonne, c’est en même temps le col qui permet de passer de la plaine de l’Arroux au Bazois. Les archéologues y ont trouvé de nombreux témoignages de présences humaines à l’époque néolithique, et surtout à l’époque gallo-romaine. Une voie gallo-romaine d’Autun à Orléans par Château-Chinon et Entrains traversait la commune, comme le fait la D978, mais avec un tracé un peu plus au nord. Une autre voie, de Bibracte à Alésia, coupait la précédente. Près du carrefour de ces deux voies une petite agglomération s’était édifiée. C’était l’ancêtre de l’actuel Arleuf.

 

Le théâtre des Bardiaux

Nos aïeux gallo-romains étaient amateurs de spectacles de théâtre. Le théâtre était probablement non seulement le lieu d’activités distractives, mais aussi celui d’assemblées populaires, à caractère civique ou religieux. Attestaient la présence aux Bardiaux d’un site gallo-romain des découvertes de tuiles et monnaies. Le mérite revient au docteur Olivier et à son équipe de fouille d’avoir mis au jour un petit théâtre rural bâti près du croisement des deux grandes voies. Ce théâtre (MH) a été construit selon un plan semi circulaire, sur une pente orientée vers le sud-ouest. Avec une façade de 45 m de longueur, un rayon de 32 mètres, il devait pouvoir accueillir environ 700 personnes : les spectateurs étaient installés sur des structures légères établies sur des gradins en terre. Le mobilier permet de dater son utilisation sur environ 150 ans à partir du second siècle. Autour du théâtre, les substructions de plusieurs bâtiments ont été découvertes.

 

Le « canal » du Touron

A 2 km 500 au nord-est du théâtre des Bardiaux, le long de la voie Bibracte-Alésia, entre cette dernière et la D177, se trouve un étrange ouvrage. C’est une immense tranchée, mesurant plus de 50 mètres de longueur, une vingtaine de mètres de largeur et 10 à 12 mètres de profondeur. Elle a été utilisée au cours des derniers siècles comme retenue d’eau. La voie d’Alésia elle-même sert de chaussée à cette sorte d’étang artificiel, qui s’écoule en direction de l’ouest, vers l’Yonne. Mais il pourrait aussi s’écouler vers l’est, par le ruisseau des Malpeines, sur la rivières de la Celle , bassin versant de la Loire. Le canal se trouve en effet sur la ligne de partage des eaux. Comme un canal supposé romain (long d’une dizaine de kilomètres), capte les eaux de la Celle pour les amener sous les murs d’Autun, on a pensé que le « canal » du Touron était également un ouvrage gallo-romain destiné à renforcer le débit de la Celle en lui apportant les eaux du Haut Morvan. Le percement du côté de l’Yonne ne serait intervenu que beaucoup plus tard dans le but d’apporter une eau supplémentaire pour le flottage du bois jusqu’à l’Yonne.

Aux abords du canal du Touron, et spécialement au nord de celui-ci, en direction de la commune d’Anost, la voie Bibracte-Alésia constitue un itinéraire de promenade agréable. On ne manquera pas de remarquer, en plusieurs endroits, qu’elle a maintenu une emprise d’au moins huit mètres avec deux fossés latéraux encore bien marqués. A l’arrivée vers la limite communale d’Anost, on trouve à nouveau, sur le côté ouest, une tranchée de dimensions moindres que le canal du Touron, mais néanmoins imposantes. Elle pouvait capter les eaux d’une puissante source toute proche. Une suite de fossés emmène finalement cette réserve jusqu’au canal du Touron.

 

La Tournelle

Le château de la Tournelle est actuellement une entreprise industrielle. Le marquisat de la Tournelle était, avant la Révolution, l’une des plus belles et des plus prestigieuses seigneuries du Morvan. Au Moyen-âge, cette seigneurie avait son siège dans un château bâti sur une motte au sud du château actuel. Motte, talus et fossés demeurent visibles comme seuls vestiges de la forteresse oubliée. Éventrée au début du XXe siècle par les terrassements d’installations de la ligne du « tacot » (petit chemin de fer départemental joignant Autun à Château-Chinon, abandonné avant la guerre 39-45) ; elle a livré des témoignages d’une occupation gallo-romaine antérieure à la seigneurie féodale.

 

Beauregard : c’est une autre motte qui, elle aussi, a donné des vestiges gallo-romains autant que médiévaux. Elle était bâtie sur un à-pic bordant le ruisseau qui draine jusqu’à l’Yonne la clairière d’Arleuf, à 1500 mètres au sud-ouest du théâtre des Bardiaux, au nord de la D978. Située actuellement dans un bois de résineux, elle est aussi protégée par fossé et talus.

 

Les Cloiseaux, lieu dit également « Chaintre du Clou » : troisième motte, gallo-romaine et médiévale comme les précédentes, située à 750 mètres au nord du hameau des Pasquelins et à 300 mètres à l’est de la D177. En grande partie détruite par les travaux forestiers, on peut cependant encore deviner son emprise et ses fossés alimentés par un ruisseau tout proche.

 

L’église d’Arleuf est un édifice construit au début du XXe siècle, sur un site intéressant. L’église précédente, en partie romane, sous le vocable de Saint Pierre-aux-Liens, a été démolie vers 1900. En 1904, des fouilles sur son emplacement ont mis au jour deux sarcophages de grès. Ont été rapportées, dans l’église actuelle, la plaque en marbre du mausolée de Simon-Pierre Sautereau, riche bourgeois d’Arleuf décédé en 1768, qui fut un promoteur actif du flottage en Morvan, et deux statues de St Pierre, en bois polychrome, des XVIe et XVIIe siècles. Tout à côté de l’église était une fontaine où l’on se livrait à des pratiques superstitieuses, maintenant oubliées.

 

Promenades

La commune d’Arleuf offre de vastes possibilités de promenades et de loisirs. La forêt du Grand Montarnu prolonge le massif du Folin, avec ses nombreux sentiers balisés, pistes de ski de fond pour l’hiver, avec accès depuis l’étang de Preperny sur la D500 ou depuis le hameau des Pasquelins sur la D978.

La voie gauloise Bibracte-Alésia, depuis la route forestière de la Proie, sous le Haut Folin, jusqu’au hameau des Blandins, constitue avec le Passage du Pichu, sur le ruisseau de Preperny, une promenade de 4 km dans un environnement partiuclièrement agreste.

Le long de la D177, entre Arleuf et le Chatelet, le cours du ruisseau de la Motte, avec la cascade de Voucoux, sur le côté ouest de la route, est à parcourir. Côté opposé, l’ancienne ligne du « tacot » traverse des carrières dans lesquelles on lui a taillé un passage en force. Un peu plus loin, en arrivant sur la D197 à la limite de Fachin, l’Étang d’Yonne reconstitue l’un des anciens étangs du flottage des bois sur l’Yonne.

Au sud du hameau des Pasquelins et de la D978, la route forestière contourne les roches dites de Pouilly, vestiges impressionnants d’anciennes exploitations de carrières. Pouilly est un hameau abandonné et ruiné, à peu de distance à l’ouest des rochers.

La bordure ouest d’Arleuf est limitée sur 8 km par le cours de l’Yonne, que suit sur la rive droite la D197. Sur ce parcours se trouve, du sud au nord, le hameau des Carnés, la forêt d’Evilly, le hameau du Chatelet avec sa gare demeurée intacte, l’étang d’Yonne, la forêt de Volyzy et ses carrières, la pisciculture de Vermenou et l’arrivée sur la D978 à Pont-Charreau.

 

Liens :

 

-  Beauregard 

 

-  Archéologie contemporaine du flottage des bois sur l'Yonne

 

La motte dans l'évolution des structures défensives

 

 

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007