ÉTANG-SUR-ARROUX

(Saône-et-Loire)


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- Cartes IGN 2825 est Autun et 2825 ouest Saint-Léger

 

- Accès : depuis Autun (17 km) par la N81 et la D994.

 

Étang-sur-Arroux est depuis l’antiquité, un carrefour, un lieu de passage et de séjour, aux confluents de la Braconne et du Mesvrin avec l’Arroux.

 

L’Arroux prend sa source en Côte d’Or, près d’Arnay-le-Duc, et se jette dans la Loire à Digoin. A Étang, il forme déjà une grosse rivière, qui atteint par endroits cinquante mètres de large. Si la rivière n’est pas trop difficile à franchir en été, il n’en va pas de même à la mauvaise saison, son débit étant très rapide. Jusqu’au XIXe siècle, on franchissait l’Arroux à gué durant la bonne saison et par un bac pendant la mauvaise.

 

Étang-sur-Arroux, de par sa position au débouché de plusieurs vallées, était un point de passage obligé, mais cependant pas très facile. Comme son nom l’indique, la prairie des bords d’Arroux était marécageuse et les ruisseaux qui la traversent étaient barrés pour constituer plusieurs étangs qui ont subsisté jusqu’au XIXe siècle.

 

Les gués de l’Arroux revêtaient donc une très grande importance. Le plus connu était le gué de la Perrière, à un kilomètre au nord du pont actuel. Son passage n’est plus guère visible. Le chemin qui le franchissait venait de Bibracte et se dirigeait par la vallée du Mesvrin vers Chalon-sur Saône, port des Eduens. Cette grande voie protohistorique croisait, à la sortie du gué, rive gauche, une voie latérale à l’Arroux qui devint à l’époque romaine la voie d’Autun à la Loire par Toulon. C’est dire l’importance que revêtait le gué de la Perrière. Il était surplombé d’un château sur la rive gauche au Moyen Age. Quelques vestiges, une base de tour, dans les taillis couronnent le site. Des recherches opérées au XIXe siècle par Bulliot ont permis de constater que la forteresse médiévale succédait à un ouvrage gallo-romain. Une statuette en bronze d’un homme accroupi tenant sous chaque bras un poisson à tête de bélier (au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye), des monnaies gauloises et romaines, un petit sanglier de bronze, attestent de l’antiquité du site. Au Moyen Age, une chapelle avait été construite en ces lieux. C’était un lieu de fêtes et de pèlerinages.

 

Derrière la butte de la Perrière, à la Roche Mouron, existent d’anciennes carrières de granit. Elles ont été exploitées jusqu’au milieu du XXe siècle, mais le début de l’exploitation remonte à l’époque romaine. Ce granit est une excellente pierre de taille, dont on retrouve la trace dans bon nombre de constructions gallo-romaines de la région autunoise. Les carrières primitives étaient en bordure nord du chemin qui va de la perrière à Runchy, à peu près en face du chemin qui descend à Mont Gauchon, avant le hameau de Montoy. L’exploitation a progressivement reculé vers le nord, les derniers fronts de taille se trouvant en bordure du versant ouest de la montagne.

 

Au Moyen Age, Etang était une grosse paroisse, dotée d’une église romane, démolie à la fin du XIXe siècle. Elle se trouvait à l’emplacement de l’église actuelle ; son sol même a du être préservé, puisqu’on y voit des dalles de sépultures antérieures à la reconstruction. Le seul mobilier ancien conservé est une peinture sur toile du XVIIe siècle, représentant la déposition de la Croix, copie d’une œuvre de Ribalta (M.H.).

 

Sur la rive gauche de l’Arroux, la chapelle Saint Michel de la Perrière servait de chapelle de secours lorsque par suite du mauvais temps la population habitant sur cette rive ne pouvait traverser la rivière. Aussi cette chapelle était-elle entourée d’un cimetière.

 

Le château voisin de la Perrière se composait d’un corps de logis carré flanqué de quatre tours d’angles. Sa destruction semble remonter à l’époque des guerres de religion. En face du château, une « grotte de Lourdes » et un chemin de croix en plein air ont été aménagés dans un petit parc boisé après la guerre 1914-1918. Ce nouveau lieu de pèlerinages a attiré de nombreux fidèles, comme en témoignent les ex-voto qui tapissent la grotte.

 

Sur la rive droite de l’Arroux, la principale seigneurie était celle de Savigny, alors dénommée Savigny-l’Étang, en raison de l’existence d’un étang alimenté par la Braconne. Savigny possédait un château à deux tours attesté au XIIIe siècle. Les vestiges de ces deux tours sont visibles dans les constructions d’une exploitation agricole, à deux kilomètres et demi à l’ouest du bourg d’Étang. On y accède par un bon chemin qui s’embranche sur la D262, en lisière du bois de Chassagne, sur la gauche en partant en direction de la N81 et de la Comelle. Le château de Savigny fut probablement ruiné, comme celui de la Perrière, à l’époque des guerres de religion. Les bâtiments de la ferme conservent de nombreux éléments du XVIe siècle.

 

A un kilomètre au nord d’Étang, proche du gué de la Perrière, le petit fief de la Goulenne présente une belle maison classique, du XVIIIe siècle, incorporant des éléments plus anciens, puisque l’existence de la seigneurie est attestée depuis le XIVe siècle. Une chapelle dédiée à Saint Jacques accompagnait le château.

 

Étang s’enorgueillit de quelques belles constructions du XIXe siècle : le château de Vaux, à 4 km500 au sud-ouest du bourg, Fougerette, à 1 km 500 au sud-est. Toutefois, ces châteaux, actuellement habités et édifiés au milieu de parcs, ne sont pas accessibles et très peu visibles.

 

Étang-sur-Arroux, point de départ pour les randonnées à travers le Morvan, est un centre de repos, est particulièrement accueillant pour les touristes : hôtels et restaurants réputés, camping et loisir assurés, pêche à la ligne, promenades, tennis…

 

© Roland Niaux, 09 février 1994

Publication électronique : 2006-2007