Puisque j'ai eu l'occasion de me faire les dents sur la recherche dans les archives de la Seine-Maritime en étudiant l'origine de la propriété, et après avoir découvert que les archives d'état-civil sont disponibles sur internet, je me suis dit que c'était peut être aussi le cas en Mayenne. Gagné, les mayennais ne sont pas en retard et mettent leurs archives d'état civil (ou les registres paroissiaux avant la révolution) en ligne à cette adresse : http://www.lamayenne.fr/fr/Archives53/Archives-en-ligne.
J'ai donc commencé par rechercher dans le petit village de La Pallu où mon père est né, c'est rapide ! Très rapidement, nos ancêtres sont localisés à St Calais du Désert, charmant village voisin de La Pallu (5 kilomètres).
En parcourant l'ensemble des registres de St Calais du Désert, j'ai pu remonter la filiation du nom BRON, jusqu'à 1614, plus ancien registre disponible.
Conclusion : la famille BRON est originaire de St Calais du Désert depuis le XVIème siècle au moins. Notre plus lointain ancêtre attesté est Jean BRON.
C'est probablement lui qui est nommé comme parrain d'une fille Poullain en 1615.
"Le dix neuvième jour de janvier 1615...."
Globalement, mes ancêtres sont issus de la Mayenne et de l'Orne côté paternel et Eure-et-Loir, Essonne et Loiret côté maternel.
Pour découvrir l'arbre généalogique de la famille BRON-BARILLAUX (construit essentiellement autour de la transmission du nom), consulter :Arbre généalogique BRON_1.pdf
Si le document apparait trop petit, chercher la loupe dans les outils !
Ou bien celui-ci plus détaillé pour la famille BRON Arbre généalogique BRON.pdf
L'éventail de choix des prénoms se limite à une liste restreinte, avec dans les meilleures places Julien, Marie et Barbe !
La mortalité infantile est assez effrayante : si on prend le cas du mariage de Julien BRON et Renée POISSON en 1696 (en bas de la page 2), ils ont eu au moins 8 enfants (je ne suis pas sûr d'avoir tout trouvé...), la première, Marie, est forcément décédée avant l'âge de six ans puisqu'une autre Marie est née en 1703, pour mourir un an plus tard. Louise a peut-être survécu, je ne l'ai pas retrouvée par la suite. Julien est mort à 5 ans, Anne à 18 ans, Marie Magdeleine vivra une semaine et le deuxième Julien un mois. Seule Marthe laissera sa trace dans la postérité en épousant Julien Le Meusnier, et ils auront 5 enfants.
Il y a certainement des erreurs ou des inexactitudes dans cet arbre généalogique compte tenu des nombreuses homonymies (la manie d'utiliser toujours les mêmes prénoms, y compris chez les cousins...), l'utilisation d'un deuxième prénom est très tardive, et la référence aux parents n'est pas systématique. Par exemple dans les actes de décès, on se contente de nommer la personne décédée sans autre précision sinon parfois son âge, très approximatif (on lit de temps en temps "plus de cent ans"...) La confrontation avec les dates réelles, quand on les connait montre parfois 10 ans d'écart.
D'ailleurs, même aux mariages, alors que les parents vivent toujours, l'âge des époux quand il est précisé, l'est de façon approximative "environ 20 ans".... On ne mémorisait donc pas les dates de naissance, tout simplement.
Notez qu'il y a des lacunes car des registres entiers sont très difficilement lisibles (les vicaires chargés de les remplir n'avaient pas tous la même application au travail, les photos sont parfois mauvaises, et les souris ont pris leur part) et il manque des décennies complètes.
Pour les plus curieux, voir l'ensemble des données généalogiques que j'ai reconstituer ici : https://gw.geneanet.org/pbron
QUELQUES DESTINS SINGULIERS :
Pour ce qui est de la noblesse, point de "Chevallier de BRON", nos ancêtres étaient certainement de modestes cultivateurs et ne sauront signer leur nom que très tard. Mais la famille ne se limite pas au patronyme et d'autres branches révèlent des personnages plus élevés socialement.
L'explorateur Jules Dumont-d'Urville est un lointain cousin, puisque son grand père est un de nos ancêtres :Parenté Dumont-dUrville - Tabesse.pdf
J'ai aussi trouvé une lignée prestigieuse pour Hélène, ma première épouse regrettée : sa grand-mère paternelle, Céline Filoche, a des ancêtres manifestement fortunés au 17ème siècle, notamment avec le mariage de Mathieu de Saint-Patrice et Gabrielle Despres (qui semble une maîtresse femme qui se serait séparée de son époux...). Si le père de Gabrielle Despres a le titre de Sieur de la Foucaudière, son mari Mathieu de Saint Patrice est fils de Guillaume, lui-même fils bâtard mais reconnu par son père René de la Motte-Fouquet.
Or la famille de la Motte-Fouquet semble être une des plus ancienne de Normandie, si la source que j’ai trouvée est fiable, ces gens là sont de riches et nobles seigneurs dont on peut remonter la généalogie jusqu’au XIIIème siècle.
Certains membres de la famille étaient mêmes des proches du roi Charles VI, l’un d’eux était chambellan du roi, et est mort dans une bataille contre les anglais, le père de son gendre, lui, est mort à la bataille d’Azincourt, que du beau monde !
La source des informations et ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5457310x/f205.image
Autre personnage qui a pris modestement part à la grande histoire :
Ancêtre du côté de ma mère, Pierre François Chrisostome Renault est né le 12 janvier 1780 à La Chapelle D’Aunainville (28), il s’est marié le 13 fructidor an VI (30/08/1798) à Santeuil (28) avec Marie Catherine Greard.
La mariage a dû être spectaculaire car le même jour se sont mariés Marie Anne Aimable Greard (sœur de notre aïeule) avec Joseph Couvret, et aussi Jean Léger Greard (frère de notre aïeule), avec Marie Henriette Catherine Renault, sœur de notre Aïeul !
Tous ces gens sont des journaliers, paysans travaillant la terre.
Mais Pierre Renault va avoir l’occasion de voir du pays : enrôlé dans l’armée impériale, il va embarquer à Brest en 1803 et ne reverra jamais les siens.
Voici le texte inscrit dans les registres de La Chapelle d’Aunainville :
“Décès porté au registre de la Chapelle en 1811 : "Le conseil d'administration du 15è régiment d'infanterie de ligne certifie que le nommé Renault (Pierre François) ... 1,65m, cheveux et sourcils noirs, front rond, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, visage rond, conscrit de l'an VIII a été reçu sous les drapeaux le 12 pluviôse an XI, a été signalé au registre matriculé sous le n°1245, incorporé au 89è régiment de ligne à la suite du combat donné à Santo Domingo le 6 février 1806, étant à bord du vaisseau l'Impérial et qu'il est mort à l'affaire du général Ferrand à Santo Domingo le 7 novembre 1808 ainsi qui est constaté par la mutation transmise par les sous officiers rentrés du détachement de Santo Domingo le 25 février 1810. En foi de quoi nous avons délivré le présent à Brest le 4 mai 1811”
Notre ancêtre a donc embarqué sur la vaisseau l’Impérial, magnifique vaisseau 3 ponts 118 canons, un des fleurons de la marine française. Mais le fier navire ne résistera pas aux assaillants anglais lors de la bataille de Santo Domingo en 1806 (dans les Antilles), on peut lire le récit de cette tragique aventure (avec des accents de Tintin et le secret de la Licorne) ici :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Impérial_(1803)
Notre ancêtre va survivre à cette tragédie, et va continuer ses jours à St Domingue, occupé par la France. Mais la rébellion menace, et le 7 novembre 1808, la bataille de Palo Hindaco sera fatale à la France... et à Pierre Renault qui avait heureusement assuré sa descendance avec sa fille Anne.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Palo_Hincado
Des normands aussi côté maternel
Simon Tuffier est né vers 1676 à Saint-Germain de la Coudre dans l'Orne, il épouse Marguerite Marie en 1701, celle-ci meurt en 1705 après lui avoir donné deux enfants, Jean qui meurt en 1710 et Marguerite, qui meurt en 1707. Simon Tuffier quitte sa Normandie pour La Chapelle d'Aunainville, Eure-et-Loir, à 100 kilomètres de là. Il se remarie le 25 mai 1710 (avant la mort de son fils Jean) avec Barbe Mazurier "tous deux veufs et domestiques de Mr l'abbé du Rossay de Dillonvilliers, hameau de cette paroisse [de la Chapelle d'Aunainville], laquelle célébration de mariage j'ay fait au lit du dit Truffier malade, la chose requérant célérité", célérité justifiée par la future naissance de Geneviève, le 27 juillet 1710 ! Simon Tuffier survivra à sa maladie puisque d'autres enfants suivront en 1712, 1713 et 1715, dont Simon qui participera à mon ascendance maternelle en Eure-et-Loir en étant le grand-père de Pierre Renault évoqué juste avant.
Changeons de famille pour s'intéresser à celle de Martine mon épouse. Fils d'un maître perruquier de Rouen, Louis Jean Baptiste Prévost est né à Rouen le 4 mai 1781, il aura cinq enfants curieusement dispersés sur le territoire français :
Rose Olive Gabrielle née le 14/08/1815 à Dijon
Joséphine Louise Victoire née le 10/07/1819 à Melun
Louis Auguste né le 01/11/1820 à Dunkerke
Légère Brigite née le 28/06/1822 à Salins-les-Bains (Jura)
Jean Nicolas né le 28/04/1824 à Paris
Tous avec la même femme, quoique non mariés. Il était maître de musique et sa compagne, Rose Olive Arthaud, couturière, tous deux parcouraient la France avec une troupe de théâtre.
Le 22 décembre 1825, Louis vient d'être nommé chef d'orchestre au théâtre d'Elbeuf, il épouse Rose à Elbeuf et reconnait la paternité des cinq enfants.