Le but est de dresser le profil d’une entreprise.
Il faut donc prendre en compte :
- Le secteur d’activité
- Le statut de l’entreprise
- La stratégie de l’entreprise
I] La méthodologie
Objectifs du diagnostic financier
L’analyse financière repose sur des normes. Celles-ci permettent de porter un jugement de valeur sur la santé d’une entreprise.
On cherche à apprécier plusieurs aspects :
- La capacité bénéficiaire
- La progression de l’activité et des résultats
- Le risque financier
- L’équilibre financier
- L’autonomie
On résume l’analyse en quatre grandes questions :
- La solvabilité : qui relève de l’approche patrimoniale
- La performance : qui relève de l’analyse du résultat
- La croissance : qui relève d’une vision dynamique
- Les risques
Les utilisateurs de l’analyse financière
En fonction de la personne qui mène l’analyse, les objectifs seront appréciés de manière différente. Ex : diagnostic interne ou externe
On distingue plusieurs grands utilisateurs :
- Les gestionnaires : cherchent de l’information pour prévoir et décider
- Les investisseurs : cherchent de l’information pour maximiser leur rémunération
- Les prêteurs : cherchent de l’information pour garantir la liquidité (à court terme) et la solvabilité (à long terme)
- Les salariés : cherchent de l’information pour la participation (financière ou à la gestion)
- Les partenaires : cherchent de l’information pour vérifier la viabilité. Ex : conclusion d’un contrat d’approvisionnement à long terme
La démarche
Il faut réaliser un diagnostic général :
- SWOT
- Environnement
- Positionnement
- Chaîne de valeur
- Compétitivité (…)
Il faut réaliser un diagnostic financier :
- Etude statique du bilan : bilan fonctionnel et financier
- Etude dynamique du bilan : tableaux de financement et flux
- Analyse du compte de résultat : SIG et ratios
II] Analyse de la structure financière
Dans une optique de comptabilité consolidée, il y a primauté du Bilan sur le Compte de Résultat car ce qui compte c’est la structure du groupe.
De plus, le fondement de l’analyse de la structure repose sur la juste valeur.
Analyse par le bilan liquidité
Actifs non courants
Actifs courants FR liquidité
Capitaux propres
Dettes de long et moyen terme
Dettes de court terme
Analyse par le bilan fonctionnel
Immobilisations
Actif circulant d’exploitation
Capitaux permanents
Dettes d’exploitation
Cela permet de mettre en valeur le Fonds de Roulement, le Besoin en Fonds de Roulement (BFRE et BFRHE) ainsi que la Trésorerie Nette.
Analyse par le bilan pool de fonds
Emplois industriels et commerciaux
- Immobilisations nettes
- BFRE
Actif circulant d’exploitation
- Immobilisations financières
- Disponibilités et VMP
Capitaux permanents
- Capitaux propres
- Amortissement et provisions
Dettes d’exploitation
- Dettes de long et moyen terme
- Dettes de court terme
Endettement net
Ratios
Rotation des actifs : CA / Immobilisations corporelles « productives »
Autonomie financière : Capitaux propres consolidés / Total du passif (doit dépasser 20 ou 25 %)
Degré d’intégration du groupe : Capitaux propres part minoritaire / Capitaux propres consolidés
Capacité de remboursement : Emprunt LMT / Marge brute d’autofinancement (< à 3 ou 4 ans)
Gearing (endettement net) : Endettement net / Capitaux propres consolidés
Endettement : Frais financiers / Excédent brut d’exploitation
III] Spécificités des comptes consolidés
L’inadaptation des approches fonctionnelles
Les retraitements sont inutiles. Ils entraînent même des risques d’erreurs.
Quand les comptes sont consolidés, les analyses sont spécifiques :
- Analyse dans une optique d’achat
Ex : Zinzins, fonds d’investissement
- Analyse dans une optique spéculative
Ex : Trader, hedge fund
- Analyse dans une optique de placement
Ex : gestion de portefeuille pour les investisseurs en bourse
Plusieurs points sont à prendre en compte :
- Le droit financier applicable (réglementation boursière et droit des sociétés, contrats …)
- Les variations du périmètre de consolidation
- Les prix de cession internes
- La fiscalité applicable
- Le taux de change
- Le secteur d’activité
- Les évolutions dans le temps
Les réglementations possibles en France : on peut se référer au règlement CRC 99 ou au référentiel IFRS (pour un groupe côté en bourse). Mais les différences sont de moins en moins marquées.
Le périmètre de consolidation
Il faut inclure certaines sociétés dans la comptabilité :
- En cas de contrôle exclusif : intégration globale
- En cas de contrôle conjoint : intégration proportionnelle
- En cas de contrôle notable : mise en équivalence
Les variations de périmètre : les acquisitions et les cessions doivent apparaître dans l’Annexe.
Il existe des exclusions précises : acquisitions temporaires, activités non-significatives ou marginales.
Il faut tenir compte des entités ad hoc : les sociétés créées pour gérer une opération spécifique. Ex : Special Purpose Vehicle
Plusieurs points comportent des difficultés d’appréciation :
- Le goodwill
- Les devises (prise en compte du taux de change clôture/historique/moyen ?)
- La fiscalité différée
Conclusion :
Dépassement des lectures financières classiques du bilan. Analyse de grands groupes mondialisés.
Référence :
BACHY, Bruno & SION, Michel : Analyse financière des comptes consolidés, Dunod, 2ème édition, 2009