J 16 : Dimanche 18 novembre 2012
6 heures : pas une bête au trou d'eau. Nous petit-déjeunons aussitôt avant de prendre la route dès 7 h 45.
Objectif : rallier Halali en faisant un maximum de détours afin qu'aucun recoin du parc (ou presque !) ne nous échappe. On espère notamment voir des éléphants des savanes, en général très nombreux et faciles à observer à Etosha.
Il a plu cette nuit et le ciel en porte encore les traces ce matin. Le fond de l'air s'en ressent aussi, seulement 22 petits degrés, on respire !
Premier détour vers le Pan pour voir à quoi ressemble cette lagune asséchée. Elle a un petit air de prés salés du Mont St Michel !
Entre Pan et Aus, je passe sous silence les dizaines de zèbres, de springboks, de koudous qui croisent notre route… des scènes devenues tellement courantes qu'on en serait presque blasés.
A ce stade, on voudrait faire des rencontres plus rares, plus marquantes, plus extraordinaires. A quand les éléphants ou les léopards ?
Les animaux qui suivent ne font pas partie des plus impressionnants mais ont tous quelque chose de singulier et à ce compte-là méritent qu'on s'y intéresse.
Classé "moyennement difficile à voir" par l'auteur de "Compagnon de safari", le ratel... ici en train de rechercher la proie qui vient de lui échapper.
Passant presque inaperçue dans l'univers des grands animaux, une tortue terrestre (de Marsh) ou Pelomedusa subrufa, reconnaissable à sa carapace plate. Sa mauvaise odeur aide à éloigner les prédateurs.
Encore plus insolite, ce caméléon… traversant tranquillement la piste de son pas chaloupé. Incroyable quand on sait la difficulté qu'on a eue à en dénicher à Madagascar !
Enfin, une petite antilope au nom bucolique de Raphicère champêtre (ou Steenbok) à ne pas confondre avec le dik-dik de Damara, l'une des plus petites antilopes du monde. Même si le steenbok est assez commun, c'est la première fois que nous en voyons un d'aussi près.
Puis, en prenant la déviation de Salvadora, ce n'est pas la rareté des animaux qui crée l'événement mais leur nombre. Nous assistons en effet au plus grand rassemblement de zèbres que nous ayons pu voir à Etosha, sans doute une bonne centaine.
Mais pourquoi sont-ils si nombreux ici ? Peut-être pour entourer ce petit zébreau ?
En tout cas, c'est l'occasion pour nous de photographier ces individus sous toutes les coutures.
Etosha, c'est aussi le paradis des oiseaux, un régal pour des ornithologues bien équipés. Petit florilège pour débutants.
g à d : guêpier, autour chanteur et rollier à longs brins
Ces rencontres successives nous amènent à Halali sur le coup de midi.
Le Rest Camp est du même style que le précédent, la chambre bien plus grande mais la salle de bains ridiculement petite. Avec frigo et climatisation, l'ensemble affiche un très bon rapport qualité/prix. A la différence d'Okaukuejo, Halali est presque vide.
Aujourd'hui pas de bain dans la piscine, on préfère rester sous la clim'. A 15 h 30, bien reposés, on poursuit notre quête à la recherche d'animaux.
La végétation autour de Halali est très différente de celle plus à l'ouest, composée ici essentiellement de bush de mopane, terminalia et combretum d'où émergent quelques inselbergs dolomitiques.
Bref, un environnement de sous-bois touffu où apercevoir des animaux à distance se révèle quasiment impossible. D'abord un peu déçus, nous ne tardons pas à apprécier le côté excitant de cette quête en milieu dense où chaque virage peut nous réserver une surprise ! Nous restons à l'affût !
Soudain, après une dizaine de kilomètres, nous tombons nez à nez avec quatre girafes toutes aussi surprises que nous. Les voir d'aussi près et sans s'y attendre procure une émotion différente de celle qu'on peut ressentir en les côtoyant de loin au trou d'eau.
Mais la rencontre qui engendrera le plus d'excitation, c'est celle de deux hyènes tachetées… sous les fenêtres de notre voiture. Impressionnantes surtout quand on sait qu'elles peuvent abattre des proies de la taille des buffles. Pas très rassurée, je garde un doigt sur le bouton de fermeture des vitres… au cas où, pendant qu'Hervé shoote.
La suite de la soirée sera encore plus magique !
Une fois rentrés au camp, nous courons au point d'eau. Les premiers spectateurs ont déjà pris les meilleures places de cet espace aménagé en gradins, à la manière d'un théâtre antique. Les acteurs se font encore désirer, la scène est vide.
Ni vraiment patients ni vraiment contemplatifs, nous décidons de revenir plus tard, vers 19 heures pour le coucher du soleil.
C'est aussi à ce moment-là que les acteurs choisissent d'investir la scène.
D'abord en solo puis en duo… sur fond de soleil couchant.
Chut ! Après un long moment de contemplation, nous nous éclipsons sur la pointe des pieds… avec plein de paillettes d'or dans les yeux !