1. Situation géographique de la région
La Région de Ziguinchor se situe entre la latitude 12°20’-13° Nord et 16°-16°50’ de longitude Ouest. Située au Sud-ouest du Sénégal, c’est la région la plus méridionale du pays. Elle forme avec les régions de Kolda et Sédhiou la Région Naturelles de la Casamance. Elle est limitée au Nord par la république de Gambie et la nouvelle région de Sédhiou, au Sud par la République de Guinée Bissau, à l’Est par la région de Kolda et à l’ouest par l’Océan Atlantique. Le relief de la région est relativement plat avec des tableaux ne dépassant pas 50m. L’estuaire du fleuve Casamance s’étire sur 300 km à l’intérieur des terres. On y distingue 3 zones :
la zone nord qui correspond à une partie du département de Bignona : c’est la zone la moins arrosée avec un climat soudano – guinéen, on y trouve des sols ferrugineux ainsi que des sols ferralitiques sur lesquels pousse la savane boisée ;
La zone ouest qui regroupe une autre partie du département de Bignona et tout le département d’Oussouye : elle est bien arrosée et les sols hydro morphes rencontrés favorisent une végétation de mangrove.
La zone sud – ouest qui correspond au département de Ziguinchor, connaît des précipitations très abondantes. On y trouve une forêt avec des espèces très variées, des fromagers et une multitude d’arbres fruitiers.
SOURCE : Plan National d'Aménagement du territoire (1985), Carte du couvert végétal, projet USAID/RSI No 685-0233, République du Sénégal
2. Hydrographie
Le réseau hydrographique est très développé avec d’innombrable marigots ou bolong qui découpe la zone du delta en iles plus ou moins marécageuses le principal cours d’eau, le fleuve Casamance long de 300km est seulement navigable jusqu’à quelques km en amont de Ziguinchor situé presque à l’embouchure les affluents les plus importants sont constitués par le Soungrougrou(140km), les marigots de Baila, de Bignona de Niassa de Kamebeul bolong et de Guidel la superficie du bassin drainé est d’environ 20150km2 comprenant les grands sous bassins de Baila(130km2) de bignona750 km2 de Kamebeul 700km2 de Guidel 130km2 et d’Agnack 133km2 avec des volumes variables de 30 à 280 million de m3/an :le fleuve Casamance long de 350km est souvent bordés par des mangrove et envahi par les eaux marines jusqu’à 200km de son embouchure(Dianamalari à Sédhiou). Ainsi le problème majeur du fleuve Casamance est sa salinité. Elle est en moins de 19mg/l en octobre et 37 mg en juin Pendant les années pluvieuses la salinité tombe jusqu’en 3mg en octobre. La région possède également d’importante ressource en eau souterraine de bonne qualité mais l’exploitation de cette ressource souterraine a généralement été limité du fait de la satisfaction en eau fournit par des puits traditionnels.
La région est à prédominance agricole.
La culture de riz indigène est la plus pratiquée. Bien que la variété de riz africaine, Oryza glaberrima Steud soit originaire de l'Afrique de l'Ouest, une riziculture substantielle n'a commencé au Sénégal qu'après l'introduction du riz asiatique (O. sativa L.), probablement vers le XVIe siècle. On distingue la culture de riz dit de montagne’ sur les terres de plateau et les rizières de bas-fonds, longeant les bolong et les mangroves. Comme la culture de riz, une sorte d’aquaculture extensive dans les bassins longeant les rizières est une activité ancestrale. Cette pisciculture reste une activité réservée aux cultivateurs des rizières. En plus, le déficit pluviométrique a provoqué une salinisation des eaux de surface et des aquifères.
Phénomène aggravé par une importante évaporation, passée de 1 936 mm en 1986 à 2 786mm actuellement. A cette dégradation s’ajoute celle de l’acidification des sols de bas-fond principaux facteurs de dégradation du paysage en Casamance et de l’appauvrissement de la biodiversité. Cette situation est aggravée par le fait que les années avec une haute pluviosité (plus de 2 000 mm) étaient assez fréquentes avant 1970 et non existantes après.
Parallèlement, la fréquence des années avec moins de 1 000 mm de pluie a augmenté. Ces circonstances donnent moins de possibilités à la nature de se recouvrir après une période de sécheresse extrême. Actuellement nous pouvons constater une certaine hausse à partir de
1996 avec une moyenne de 1 364,5 mm, mais l’année catastrophique 2002 avec 795,8 mm a fortement fait plonger cette moyenne.
La dégradation de la mangrove, estimée à 0,8%/an, se répercute négativement sur les productions diverses de cet écosystème, notamment de l'aire de développement et de cueillette des huîtres, crevettes, poissons, et cetera. Le potentiel en produits halieutiques de la pêche continentale est évalué à 100 tonnes/an par kilomètre côtier (Charles- Dominique : 1994). Les débarquements moyens annuels de 1988 à 1992 s’élèvent à 1 650 tonnes de crevettes, 7 428 tonnes de poissons lagunaires, 4 004 tonnes de poissons marins, 1000 tonnes d’huîtres et 10 tonnes de crabes (cf. Diouf PS et al.1991)
La Casamance est la région la plus au sud du Sénégal, c’est aussi celle qui a le caractère tropical le plus marqué, notamment avec les amplitudes thermiques saisonnières les plus faibles.
La Casamance est un petit fleuve avec un vaste estuaire de 220km. La faiblesse de débit d’étiage, surtout depuis ces dernières années pendant lesquelles la pluviométrie a été assez faible, modifie le fonctionnement de l’estuaire lors de la saison sèche. Pendant cette période et lors des saisons humides à faible pluviométrie, les apports en eaux continentales ne compensent plus l’évaporation. La partie avale du fleuve fonctionne alors comme un estuaire inverse.
En conséquence l’écosystème devient sur salé perturbant la croissance de la mangrove et la survie de nombreuses espèces végétales ou animales. La zone où le maximum de salinité est atteint (oscille suivant l’importance des apports en eaux douce), se situe entre 150 et 200 km de l’embouchure.
3..Le climat
Le climat du Sénégal est du type sahélo-soudaniens, comme beaucoup de régions littorales, il se caractérise par une alternance plus ou moins marquée de saisons chaude et froide dont les caractéristiques sont suffisamment différentes pour qu’elles influent sur le choix des espèces et des filières d’élevage.
La zone de la Casamance se caractérise par un climat tropical assez humide marqué par les caractéristiques suivantes :
Des températures minimales record pouvant atteindre exceptionnellement 12 °C en Décembre et en moyenne de 17°C à la même période.
La saison de pluies s’étendant de Mai à Novembre avec pour ces deux derniers mois des précipitations très faibles, malgré le caractère nettement tropical de la région, on note une absence de risques cycloniques.
Les vents
Trois flux influencent les conditions météorologiques au Sénégal :
Les alizés
Au niveau du littoral, notamment entre Saint-Louis et Dakar, le long de la cote font baisser les températures. L’alizé maritime est issu de l’anticyclone des acores, de direction nord-est ; il amène
Une forte humidité
Une certaine fraicheur en hiver,
Une faible amplitude thermique diurne.
Il influence une frange côtière qui s’amenuise au sud avec la remontée de la mousson, mais qui se maintient pendant presque toute l’année au nord du cap vert.
L’harmattan
Provenant de l’alizé issu de l’anticyclone de Sainte-Hélène dans l’Atlantique sud. En raison de son long parcours maritime elle se caractérise par :
Une forte humidité.
Une faible amplitude thermique
Des températures généralement plus élevées que celles de l’alizé maritime.
3.1. Précipitations
Le climat est de type Soudano-guinéen : chaud, avec une température moyenne de 27°C, et humide. La Casamance est la région la plus arrosée du Sénégal, avec une précipitation moyenne à Ziguinchor de 1 390,4 mm pendant l’époque 1918-2003. Du début des années soixante-dix, la pluviométrie annuelle a diminué d’une façon catastrophique. Dans la période 1970-1995 la pluviométrie annuelle était 1 135,7 mm, ce qui est 25,37% plus basse que la pluviométrie moyenne de 1 521,8 mm pendant l’époque 1918-1969 (Figure 2). Avant 1970, les années avec une précipitation plus haute que 2 000 mm étaient assez fréquentes tandis qu'après 1970 seul 1978 atteignait 1 512,1 mm. Nous pouvons noter une hausse de 22,16% à partir de 1996 avec une moyenne de 1 387,4 mm. Parallèlement, la fréquence des années avec moins de 1 000 mm de pluie a augmenté, donnant moins de possibilités à la nature de se recouvrir après une époque de sécheresse extrême.
Le climat présente un cycle saisonnier très contrasté avec une longue saison sèche à laquelle succède une courte saison pluvieuse, plus de la moitié des précipitations se concentrant entre juillet et septembre. En outre, les pluviométries accusent une nette régression, passant de 1 522 mm en 1918-69 à 1 189,5 mm en 1970-2003. Cette baisse de pluviosité est l’un des principaux facteurs de dégradation du paysage en Casamance et de l’appauvrissement de la biodiversité. Cette situation est aggravée par le fait que les années avec une haute pluviosité (plus de 2 000 mm) étaient assez fréquentes avant 1970 et non existantes après.
Parallèlement, la fréquence des années avec moins de 1 000 mm de pluie a augmenté. Ces circonstances donnent moins de possibilités à la nature de se recouvrir après une période de sécheresse extrême. Actuellement nous pouvons constater une certaine hausse à partir de 1996 avec une moyenne de 1 364,5 mm, mais l’année catastrophique 2002 avec 795,8 mm a fortement fait plonger cette moyenne.
La dégradation de la mangrove, estimée à 0,8%/an, se répercute négativement sur les productions diverses de cet écosystème, notamment de l'aire de développement et de cueillette des huîtres, crevettes, poissons, etc. Le potentiel en produits halieutiques de la pêche continentale est évalué à 100 tonnes/an par kilomètre côtier (Charles- Dominique : 1994). Les débarquements moyens annuels de 1988 à 1992 s’élèvent à 1 650
Tonnes de crevettes, 7 428 tonnes de poissons lagunaires, 4 004 tonnes de poissons marins, 1
000 tonnes d’huîtres et 10 tonnes de crabes (cf. Diouf PS et al. 1991)
Figure 2 .Source: Graphique basé sur les données fournies par les stations météorologiques de Ziguinchor.
En 1980 la pluie annuelle était la plus basse avec 699 mm. Dans les années sèches, les pluies commencent 1 á 2 mois plus tard que dans des années humides. En conséquence, la saison de pluie est beaucoup plus courte dans les années sèches.
C’est clair qu’une réduction de la pluie annuelle moyenne de 32% doit avoir des fortes conséquences sur l’écologie et sur la production agricole. Bien qu’on ait eu toujours des années sèches, les années consécutives avec des pluies abondantes sont devenues de plus en plus rares. L’écosystème estuarien de la Casamance a besoin des époques pluvieuses pour maintenir sa diversité et sa productivité. Aujourd’hui, plusieurs paramètres indiquent la dégradation du milieu estuarien.
Figure 3. Source: Graphique basé sur les données fournies par la Station météorologique de Ziguinchor (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles).
En se basant sur des critères pluviométriques on distingue deux saisons :
· Une saison de pluies, de juin à octobre, avec une importance des précipitations plus marquée du sud au nord ;
· Une saison sèche, de novembre à mai, avec des températures comprises entre22°C et 30°C, et des variations importantes entre le littoral et l’intérieur.
Saison sèche
La saison dite sèche n’est vraiment sèche qu’à l’intérieur ; tandis que sur le littoral, qui bénéficie d’une humidité relative élevée, la saison est précisément non pluvieuse.
Au cours de la saison sèche, des précipitations ont lieu, mais sont généralement faibles, voire insignifiantes en dehors d’épisodes exceptionnels,
La saison des pluies
La saison des pluies ou hivernage débute au Sud Est du Sénégal en avril avec l’arrivée de la mousson qui envahit progressivement le pays. Les pluies augmentent jusqu’ au mois d’aout où elles culminent. En Septembre on note une forte diminution mais redeviennent extrêmement forte en octobre.
Les précipitations sont à relier à deux phénomènes :
Les lignes de grains balaient le territoire d’est en ouest. Les pluies sont essentiellement orageuses accompagnées de rafales de vent. Elles marquent le début et la fin de la saison des pluies dans le sud du pays, mais elles constituent pour la quasi-totalité du territoire la source essentielle des précipitations.
La partie active de l’équateur météorologique, dont l’ascendance de l’air humide se refroidissant en altitude se condense pour donner de fortes précipitations.
D’une manière générale, les précipitations décroissent du sud vers le nord :
Ziguinchor ; 1250mm de pluie par an,
Kaolack; 610mm
Linguére; 414mm
Podor; 220mm
Cette différenciation en latitude confirme le caractère aléatoire de la pluviométrie dans la moitié septentrionale du pays.
Toute fois, le climat du Sénégal, comme celui de tous les pays sahélo-soudaniens, se caractérise par une grande variabilité des précipitations d’une année à l’autre (source service météorologique national).
3.2. La température de la surface
L’une des caractéristiques les plus déterminants pour le succès d’un élevage et la température de l’eau. La vitesse de croissance est en effet proportionnelle à la température du milieu ambiant. Si en besoin, les écarts de températures avec ce dernier sont parfois de quelques degrés, sur le littoral ou en estuaire, le milieu présente un profil thermique plus stable, en général en conformité avec les observations océanographiques.
Sur les cotés Sénégalaises ; si la moyenne saisonnière est comprise entre 23 °C et 25 °C les écarts entre les mois les plus chauds et les plus froids sont importants.
4.. La salinité de surface
La salinité de l’eau de mer présente le long du littoral est de l’ordre de 36mg/litre soit parfaitement compatible avec un projet aquacole Toutefois l’évaporation provoquée par un fort ensoleillement et le vent provoquera dans les bassins et quelle qu’un soit la forme ou le mode d’exploitation, un accroissement sensible pouvant en plein été dépasser 45mg/l si le site est localisé à quelques km de l’embouchure (cas de plusieurs d’entre eux dans le Sine Saloum et la Casamance. La Casamance est une rivière dont la quantité en eau douce transportée annuellement dépend uniquement de la pluviométrie. Elle est dotée d’une vaste zone estuarienne et draine un bassin versant d’environ 14 000 km2 (Diouf 1987). Les courants des marées sont beaucoup plus importants que le débit de l’eau douce (2500 m3 contre 100 m3 à Ziguinchor). A cause de la petite contribution de l’eau douce aux mouvements de l’eau dans l’estuaire et tenant compte d’une évapotranspiration qui est plus grande que la précipitation, la salinité annuelle moyenne monte d’amont à aval. Des grandes surfaces ont une salinité de plus de 70 pour mille durant une grande période de l’année. La situation de l’estuaire de la Casamance est unique en Afrique. Seulement en Amérique Latine on trouve 2 estuaires identiques. Pendant l’hivernage (saison des pluies) la salinité diminue graduellement, et elle monte á une concentration plus haute que la salinité normale du milieu estuarien (36 °/°°) pendant la saison sèche.
Durant la période humide antérieure à 1970, un équilibre dynamique s’était établi entre d’une part l’accumulation des sels dans le milieu par les apports depuis la mer et l’évaporation au cours de la saison sèche, et d’autre par l’élimination de ces sels par les pluies d’hivernage. Cet équilibre se traduisait par un niveau moyen de salinité permettant la croissance des palétuviers et la riziculture dans les mangroves dessalées temporairement en hivernage. Depuis le début de la phase de sécheresse en 1970, le lessivage des sels par les pluies a décru, tandis que la période d’évaporation s’allongeait avec la saison sèche. Ainsi, la salinité de surface est accrue d’aval en amont (Le Brusq 1986).
Figure4. Source: Graphique basé sur les données fournies par l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles.
o Rapport pluie mensuelle - salinité pendant l’époque 1997-2000 à Ziguinchor
5. L’acidité. .
Figure 5. Source: Graphique basé sur les données fournies par l’Institut Sénégalais des Recherches Agricoles.
Rapport pluviométrie - surface cultivée en riz dans la région de Ziguinchor 1986-1996
v Localisation géographique
Le département a une superficie de 891 Km² et il est considéré comme étant le plus petit du Sénégal. L’arrondissement de Loudia Wolof compte deux communautés rurales (Oukout et M’Lomp). Il couvre une superficie de 517 km². La Communauté Rurale de M’Lomp étant la CR la plus vaste avec 337 km², occupe 65,18% de la surface de l’arrondissement et 37,82% de celle du département.
v Situation de la CR dans l’arrondissement
Elle est limitée au Nord par le fleuve Casamance qui la relie avec le département de Bignona, au Sud par la CR d’Ouckout, à l’Ouest par la CR de Diembering et à l’Est par le Département de Ziguinchor.
v Bref historique de la CR
Suite à la poussée des Mandingues de l'empire du Mali durant leur conquête de l'Ouest, au XIVème siècle, et de celle du Gaabou au nord de la Guinée, au XVIème siècle; il eut une migration, des Diolas, le long des fleuves Gambie et Casamance
Pendant trois siècles , les Diolas mirent à profit leur excellente connaissance de ce territoire pour s'isoler des étrangers qui ne représentaient à leurs yeux que violence et mort.
En 1645, le portugais Gonçalo Gamboa Ayala fonda le comptoir de Ziguinchor. Ainsi, la traite des esclaves dont la capture fut confiée aux ethnies belliqueuses, devint l'une des activités les plus lucratives permises par la navigabilité du fleuve. C'est ainsi que les Diolas furent pourchassés jusqu'en Basse-Casamance par les Mandingues.
L'ile de Karabane, située sur le fleuve Casamance, fut un comptoir important à l'époque coloniale. Des plages magnifiques, une ancienne église portugaise et un cimetière où fut érigée la tombe du Capitaine Protêt y existent.
Le relief est généralement plat. Le long du fleuve a niveau pareil à celui de la mer.
Les principaux types de sols rencontrés sont :
La salinisation progressive des sols et les problèmes de gestion des terres constituent un handicap aux perspectives de développement régional.
Aussi des programmes sont aujourd’hui développés, de façon communautaire par des villages entiers, pour réhabiliter et/ou construire des digues de protection au niveau des vallées pour lutter contre l’avancée de la langue salée. Au plan de l’occupation, il y a:
Les plateaux: C’est la zone d’implantation des villages: Elle est propice à la culture de riz de plateau, de l’arachide, du niébé, du mil et sorgho, du maïs, etc.
Les bas-fonds ou vallées: Ils sont plus bas que les plateaux et se caractérisent par un peuplement moins dense. Ils constituent un réservoir d’accumulation des eaux de pluie, ce qui les rend plus aptes à la riziculture inondée et au maraîchage en saison sèche. Dans la Zone nous avons les imbrications entre zone de mangrove de tanne et de riziére comme à Eloudia.
La mangrove:
Elle occupe, le plus souvent, l’aval des vallées; ce qui favorise, à cause du déficit pluviométrique, l’avancée de la langue salée sur les terres initialement cultivées. Les palétuviers, espèce exotique s’y développent.
2.1.2. Climat
Le climat soudano-guineén qui règne dans la communauté rurale lui offre de larges possibilités dans l’agriculture, l’élevage et la foresterie. La saison des pluies dure de juin à octobre et c’est la période habituelle pour l’activité agricole traditionnelle, essentiellement la riziculture. La saison sèche va de novembre à mai et permet de pratiquer d’autres activités agricoles, notamment le maraîchage et des activités traditionnelles comme la récolte du vin de palme (bunuk). La pêche s’exerce pendant toute l’année compte tenue des contraintes météorologiques exceptionnellement fortes pendant certaines périodes de l’hivernage ou époque humide.
La période fraîche va de novembre à avril et on constate un climat chaud de Mai à Octobre avec plus de 27º de moyenne pendant la journée et une humidité qui dépasse les 75%.
La pluviométrie est changeante d’année en année. Pendant les cinq dernières années, des hivernages copieux ont succédé à d’autres plutôt insuffisants. Ainsi, celles de 1999, de 2001 et de 2003 ont été des années de forte pluviométrie par rappot à celles des années 2000 et 2002 qui étaient plutôt faibles et notamment celle de 2002.
La végétation est très abondante et est composée de grandes espèces: fromagers, caïlcédrats, tombereaux blancs, palmiers à huiles, des arbes à lianes etc. Le tapis herbacé est bien garni et varié et sert de pâture au cheptel. Le communauté rurale compte plusieurs forêts classées et plusieurs bosquets sacrés jonchant les zones d’habitation. Les forêts classées les plus importantes sont les suivantes :
1)- La forêt classée de Ouckout: 360 ha
2)- la forêt classée de Boukitingho: 700 ha
3)- la forêt classée de Djimoune: 80 ha
4)- la forêt classée de Kahème: 94 ha
5)- la forêt classée de Diantène: 285 ha
La CR Mlomp est bordée par le fleuve Casamance (Nord) et est infiltrée par les bolongs (Nord-Est et Ouest). Les marigots, qui sont des prolongations de la marée des principaux bolongs, sont très présents dans l’ensemble de la CR et constituent la première cause de la montée de la langue salée qui affecte les terres et notamment les rizières.
Le niveau des nappes phréatiques change selon la position géographique du village, mais dans l’ensemble de la CR, il s’agit, de nappes considérées comme superficielles, et qui se trouvent entre 4 et 15 mètres de profondeur. Les villages proches du fleuve ou des bolongs bénéficient de nappes moins profondes mais risquent de trouver de l’eau salée si le forage des puits descend trop ou pas assez, ou de contaminer plus facilement la nappe avec les résidus. Les nappes se situent dans ce cas en moyenne à 4-5 mètres de profondeur en période sèche.
Concernant les villages situés à l’intérieur, la nappe se trouve normalement à 14-15 mètres de profondeur en période sèche. L’hivernage peut, cependant, faire remonter de quelques mètres le niveau de la nappe.
La population appartient à l’ethnie joola, et plus particulièrement au sous-groupe Esulalu du groupe joola-casa. Quelques instituteurs ou des familles de commerçants, venus récemment, appartiennent à d’autres ethnies du Sénégal ou de Guinée.
La population se répartit entre les ethnies joola (67,5%), Sérères (14,1%), Wolofs (6,5%), Peulhs (5%), Fankfs (4,9%) et autres (2%). Les habitants parlent le diola (leur langue maternelle pour la plupart) ainsi que le wolof (la langue dominante au Sénégal) et certains le français, la langue enseignée à l’école. La population est principalement de religion animiste avec une large minorité de chrétiens et quelques musulmans.
L'unité de résidence est le ménage qui abrite une famille de 10 personnes en moyenne. La répartition par âge fait apparaître une population trés jeune avec 19% de la population qui a moins de 10 ans, 47% moins de 20 ans et 63% moins de 30 ans. Pour 50 ans et plus on a une estimation qui tourne autour de 15%. On a contrairement à la situation nationale une dominance des hommes avec 52% contre 48% de femmes.
La CR de Mlomp compte dix neuf (19) villages traditionnels parmi lesquels cinq (5) seront des petits centres ruraux de plus de 1.000 habitants à l’horizon 2015 et qui concentreront 68,2 % de la population totale de la CR contre trois (3) actuellement avec 44% de la population environs. Le seul village de Elinkine concentre 25% de la population actuelle.
Mais en réalité, il existe vingt cinq villages administratifs dans la CR, si l’on considère les quartiers situés dans certains villages traditionnels comme des villages administratifs à part entière. Les petites localités de moins de 500 habitants représenteront plus de 57,9 % des villages administratifs ce qui n’est pas favorable à la réalisation des infrastructures communautaires.
Le RGPH III indique, pour la CR de Mlomp en 2003, une population de 7 489 personnes avec une moyenne de 7,2 personnes par ménage et un taux de croissance de 2,1 % par an. Or, la population de la CR est déjà estimée à 15 121habitants en 2009. Toute planification doit prendre en compte la croissance rapide de la population de Elinkine constituée essentiellement de pécheurs immigrés. En effet la population immigré représente pour 1/7 de la population de Elinkine et est composée de Ghanaéenne et de pêcheurs Saint Louisiens en majorité.
Mais le village a subi une forte perte avec l’immigration clandestine vers l’Espagne. Lieu de Départ, le village de Elinkine a vu une chute de sa population de prés de 20%, comparativement, à celle estimée avant ce fléau.
La composition ethnique de Elinkine a fortement évolué, ces dernières années. Si à l’origine les premiers habitants étaient majoritairement des diolas de l’autre côté du fleuve, les premières vagues de pêcheurs ont amené beaucoup des Sérères qui sont, actuellement, majoritaire dans le village. Avant, d’autres pêcheurs, venus d’autres parties du Sénégal et d’autres pays de la côte ouest de l’Afrique se sont implantés à Elinkine pour exercer leur métier. Le mélange culturel d’Elinkine donne à ce village une spécificité culturelle et sociale.
La population locale est généralement sédentaire. Les mouvements de population en dehors de la CR se font souvent pour des raisons scolaires et touristiques dans de rares cas (périodiquement).
La plupart des habitants de la ceinture Sud de la CR sont des musulmans, tandis que ceux de la ceinture Est sont des animistes et des chrétiens.
Tableau de Zonage de la communauté rurale
La communauté rurale compte 19 villages traditionnels qu’on peut élargir en 25 si on considère comme villages certains quartiers. Les similitudes culturelles ont été à l’origine de la distribution des villages en zone. Mais le fait de la non dépendance à la même royauté et la situation écologique ont conduit à un découpage en sous zone pour faciliter le prisme sur la réalité locale.
La zone I est habitée par une population constituée de diola pratiquement (presque 100%) et la similitude culturelle entre les différents villages s’est maintenue jusqu’à présent. Par contre dans la zone II, nous avons noté la présence d’autres groupes ethniques à l’image des Ghanaéen, des peuls/Toucouleurs, des manding, et des Wolof.
L’activité économique prédominante est la riziculture, accompagnée de la pêche dans les bolongs (autoconsommation principale). Puis, il y a la récolte du bunuk (vin de palme, très consommé par les Joola non musulmans) et l’activité maraîchère qui démarre timidement depuis deux décennies. La salinisation des terres est un problème commun aux villages ainsi que la détérioration de l’ancien barrage nommé Kassalu qui a pour objet la protection des rizières contre les dégâts du bétail. Le Kassalu devient une longue ligne de protection qui entoure la totalité des villages.
Le restant des villages de la CR, ceux qui géographiquement forment une ceinture extérieure de la communauté rurale, ont été peuplés progressivement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par des immigrants d’autres zones du pays.
3.1.1.1 Agriculture
L’alimentation des populations dans la CR de Mlomp est traditionnellement basée sur le riz, ce qui en fait la principale production. Environ 90% des producteurs s’adonnent à la riziculture et le reste au Maïs, à l’arrachide et au manioc. Il faut noter un développement du maraichage en saison sèche entrepris par les femmes
La riziculture en pays joola occupe 90% de l’activité agricole.
Les activités d’entraide et de solidarité ponctuent les différents moments du cycle de production durant lesquels les paysans sont à la fois agriculteurs et éleveurs. Les pépinières se préparent en juin et juillet tandis que les labours des rizières ont lieu durant les pluies entre août et septembre. Le repiquage est une tâche réalisée, principalement, par des femmes mais les hommes y participent aussi tandis que les labours des rizières est une activité d’hommes. Pour le transport des récoltes toute la famille participe. Le riz est stocké dans le grenier familial et est destiné à la consommation du ménage.
Les modes de tenure foncière sont restés traditionnels et restent dominés par les pratiques diola qui veulent que la terre soit la propriété de la famille, avec une affectation par ménage, et ensuite le chef de ménage procéde à la redistribution pour les femmes ; ces dernières n’ont pas un droit de propriété mais celui d’usage qui prend souvent fin en cas de divorce. Il n’est pas rare aussi que la femme ait des terres que ses parents lui ont cedées. La production rizicole subit une baisse constante depuis plusieurs décennies à cause de :
D’autres handicaps importants, dans le domaine de l’agriculture, sont le manque d’infrastructures adéquates aussi bien pour l’exploitation que pour la conservation et l’écoulement.
Les infrastructures exigent aussi de lourds investissements surtout dans l’hydraulique et dans les clôtures à cause de la divagation du bétail dans la CR. Dans certains cas, les producteurs individuels protègent leurs jardins avec des clôtures traditionnelles mais celles-ci sont facilement détruites par les bovins qui sont attirés par l’odeur des légumes. La gestion inefficace des exploitations génère une détérioration des infrastructures en place, une difficulté d’accès aux intrants, notamment les semences et les produits phytosanitaires.
Cependant, l’agriculture de la CR de Mlomp est en train de se diversifier surtout grâce à l’effort des femmes et de certains producteurs dans le domaine du maraîchage et de l’arboriculture fruitière. Ces productions qui sont encore loin d’être constantes et organisées, deviennent de plus en plus importantes et mobilisent une bonne partie de la population active surtout pendant la saison sèche. Le matériel agricole est encore de type traditionnel; Il est composé essentiellement du Kadiandou.
La main d’oeuvre familiale est suffissante en nombre, mais dans toute la zone de Oussouye, le calendrier scolaire ne facilite guère une bonne mobilisation de celle-ci.
Au plan de l’innovation, il faut noter, de plus en plus, l’utilisation d’engrais minéraux dans les cultures avec les subventions et distributions faites pendant ces derniéres années. D’autre part, avec une pluviometrie bonne et des terres encore fértiles, il est possible de bouster ce secteur à travers une généralisation de la culture de contre saison et une diversification des cultures grace à une amélioration de la maîtrise de l’eau.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.1.2 Elevage
C’est un élevage traditionnel qui est pratiqué dans la CR de Mlomp. Les bovins, destinés à la consommation lors des grandes fêtes et cérémonies (deuils, circoncisions), sont gardés en troupeau par village ou par quartier. En dehors de l’élevage des bovins, on trouve de nombreux éleveurs de poulets, de porcs et de chèvres. Cet élevage domestique, très répandu, est destiné à l’autoconsommation (surtout les porcs et les poulets). L’élevage de porcs y est trés développé mais, reste peu valorisé malgré une forte présences de ces derniers dans les concessions.
Ainsi une amélioration de la gestion du cheptel à travers un accés aux produits vétérinaires, au crédit, à l'encadrement technique des éleveurs, des abreuvoirs et une bonne organisation des eleveurs et une réduction du vol de bétail, devraient faire de ce secteur, un levier important de croissance pour la communauté rurale
Estimation du cheptel de la CR
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.1.3 Agroforesterie
La CR de Mlomp ne présente pas encore de situations trop dégradées mais l’absence de prise de mesures pourrait avoir des conséquences irréversibles.
En effet, plusieurs facteurs contribuent à cette dégradation comme la salinisation des terres, l’érosion fluviale ou pluviale et les habitudes des populations, que ce soit à propos des forêts, des mangroves ou des bolongs. Les palétuviers sont, de plus, en plus utilisés non seulement pour la cuisine mais surtout pour le plafonnage des maisons.
La forêt connaît d’ailleurs une agréssion, de plus en plus, inquiétante car les populations y prélevent le bois pour la cuisine, les charpentes de maison et les branches pour la confection de clôtures.
La coupe abusive et les feux de brousse sont les deux dangers majeurs qui menacent l’existence de la forêt de la CR, sans compter la chasse abusive. Cette situation vis-à-vis de l’environnement est, en partie, le résultat de la disparition de la tradition Diola ; Celle-ci se vaut une attitude protectrice des forêts ; néanmoins, le manque de moyens financiers, techniques (substitution difficile) et la une perte de « sensibilité environnementale » encourage à coup sùr ce comportement. Dans ce contexte une forte impulsion d’actions de formations et de sensibilisation devrait être retrouvée par la voie de campagnes permanentes.
En effet, avec un potentiel de plusieurs forêts classées (voir ci-dessus) la communauté rurale de Mlomp est l’une des plus pourvue du département de Oussouye. Le service des eaux et forêt manque de moyens et son personnel réduit à un seul agent rend les choses encore plus difficile. En plus on a l’insécurité dans la région qui ne facilite pas des actions de répréssion en direction des populations.
Malgré une pluviométrie en relative hausse, la montée de la langue salée et les changements climatiques perturbent la répartition des eaux dans le temps et constituent les deux principaux éléments de précarisation à travers la salinisation des terres en plus de l’érosion fluviale.
En ce qui concerne l’arboriculture, il est au cœur de la stratégie de stabilisation des ménages. Mais avec l’attaque des mouches sur les fruits telsque les mangues (en particullier) et la divagation animale dans les vergers de bannaneraie, ce volet est relativement délaissé malgré l’avantage qu’offre la zone en termes de :
ü Croyances favorables à la préservation des ressources forestiéres
ü maîtrise des techniques arboricoles et d’expériences
ü pluviomêtrie en reprise
Tableau de synthèse des contraintes
3.1.1.4 Pêche
Dans la CR de Mlomp, la pêche dite commerciale, en plein essor, se concentre surtout sur le site de Elinkine qui est devenu l’un des premiers ports de pêche de la région de Ziguinchor. Il attire en effet de nombreux pêcheurs venant d’autres régions du Sénégal voire d’autres pays d’Afrique occidentale. Pointe St Georges est un site de pêche très fréquenté durant une période de l’année.
La construction de deux usines de glace à Elinkine va améliorer les conditions de travail des acteurs de la pêche de cette zone.
La pêche dans les bolongs, activité traditionnelle et pratiquée dans les autres villages de la CR, devient de plus en plus marginale en raison de la surexploitation de ces bolongs.
Le systéme d’exploitation est en évolution. En effet, il y a une tendance à la modernisation de la pêche portée surtout par les alloctone. Dans les villages où la pêche continue d’être une activité plutôt destinée à l’autoconsommation et non pas au commerce, la raréfaction des ressources est aujourd’hui vécue comme un drame à la base de tensions qui minent ce secteur. Les autochtones ont des difficultés pour avoir les moyens de se lancer dans la pêche commerciale à cause du coût élevé des pirogues équipées
Tableau : situation de la pêche
Du taleau, il ressort une tendance à la baisse de la production, qui est selon le service de pêche encoré, plus important, ces deux derniéres années. De plus en plus, la pêche se fait en haute mer et souvent dans les eaux de la Guinéen Bissau. Contrairement à beaucoup de zone de pêche, la production dans la zone est destinée majoritairement à la transformation. Certes, la pêche reste un levier important de croissance mais elle nécessite, actuellement, des mesures fortes de regénération et une meilleur gestión de la ressource
Tableau de synthèse des contraintes
3.1.2.1 Artisanat
L’artisanat est de type traditionnel et avec l’atout que constitue le tourisme dans la Communauté rurale, il pouvait se développer.
Mais avec la crise dans le tourisme, depuis une dizaine d’années et la faible ouverture culturelle de la population locale, on assiste à la disparition de celui-ci. Actuellement l’artisanat est presque inexistant et les seules illustrations des anciennes richesses artisanales ou architecturales sont les quelques maisons à étages qui restent à Mlomp. Pourtant, une reprise de l’artisanat pourrait constituer un moyen d’attraction pour les touristes indépendants ou même pour ceux qui logent aux hôtels du Cap et qui peuvent faire des excursions qui permettraient aussi aux restaurateurs et campement villageois de se développer.
Synthèse des contraintes et hypothèses de solutions:
3.1.2.2 Industries
Le parc industriel de la communauté rurale se compose d’une (1) usine de glace à Elinkine, de seize (16) décortiqueuses dont deux (2) sont non fonctionnelles et de trois (3) moulins à riz dont un (1) non fonctionnel. A côté de ces unités, il y a les deux (2) stations d’essence de Elinkine pour l’approvisionnement des pirogues en carburant.
L’activité industrielle est faible. Pourtant avec le potentiel halieutique et forestier, l’élevage des bovins et surtout celui des porc, la production fruitière et maraîchère, on dispose de possibilités de transformation et de génération de plus-values non négligeabes pour les producteurs.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.2.3 Energie et mines
Au niveau de la Communauté Rurale, seul loudia Oulof, siége de la sous préfecture qui est électrifié. Dans les autres villages, nous avons l’éclairage solaire (Mlomp, pointe Saint George, Kagnoute et Elinkine). L’absence d’electricité à Elinkine cause de sérieux problémes pour le développement de cette localité et freine les activités économique (campement, fabrique de glace, station d’essence). Actuellement, la seule issue est recours à des groupes éléctrogéne, au pétrôle, etc. D’autre part on a un début d’intégration du solaire dans certaines maisons au niveau de Mlomp.
Mais le solaire dans les localités soufre de probléme d’entretien ce qui fait que, actuellement, la plupart des lampes sont en panne. Les principales ressources utilisées dans la communauté rurale demeurent le pétrôle et le bois comme combustible. Avec le potentiel qu’offre la communauté rurale dans les secteurs de la pêche, du tourisme, il faut dire que la non électrification constitue une contrainte majeure au développement de celle-ci.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.3 Secteur tertiaire
3.1.3.1 Commerce
Au plan infrastucturel, la situation du commerce dans la CR de Mlomp est assez particulière. Sur une centaine de boutiques on a plus de 60% à Elinkine. Cette concentration est liée au poids économique de cette localité qui avec la dynamique autour de la pêche constitue un point de convergence.
A coté des boutiques, il y a une dizaine de marchés non aménagés et le quai de pêche d’Elinkine Mais, le secteur du commerce souffre beaucoup de la situation d’enclavement interne de la communauté rurale. En dehors de la piste Oussouye – Mlomp – Elinkine en construction et celle d’Oussouye-Loudia Wolof-Santhiaba (en latérite), l’état des routes et des pistes et le manque de moyens de transport fluvial ou maritime constituent un handicap lourd pour le développement de la communauté rurale.
D’autre part, l’absence de marché avec soucks rend difficile le développement du commerce et par la même occasion, les ressources du conseil rural.
On retrouve cette situation dans l’écoulement des produits. Les difficultés du secteur du commerce des produits de la communauté rurale freine le développement d’autres secteurs. Le cas de la pêche est tout à fait démonstratif de cette contrainte. Si les routes étaient en bon état et si les moyens étaient à disposition pour l’écoulement des produits, certainement, une grande partie des produits halieutiques serait destinée à la consommation à l’état frais et non pas à la transformation. A la limite, il serait destiné à une transformation différente du poisson sec, très appréciée par les populations, qui pourrait permettre aux pêcheurs d’augmenter leurs revenus. Le même cas peut s’appliquer aux productions liées à l’élevage et à l’agriculture.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.3.2 Transports et communications
Le secteur du transport et de la communication est en évolution dans la communaté rurale. Il faut noter une bonne couverture téléphonique du reseau mobile même si la qualité reste à désirer. Du point de vue du fixe, il y a des améloroations à apporter, en effet seules quatre (4) localités sont touchées.
De gros villages comme Mlomp, Elinkine sont des centres potentiels de développement du réseau fixe. D’autre part, avec le dynamisme de la pêche, et les opportunuités par rapport au développement du tourisme, la communauté rurale dispose d’importants atouts pour une amélioration des conditions de transport et de communication.
Au plan du transport, même avec l’aménagement de la boucle Oussouye-Mlomp-Elinkine en cours de réalisation, il reste beaucoup à faire car l’état des routes et pistes est tout à fait pitoyable et beaucoup de transporteurs refusent de prendre les axes routiers de la CR.Ceci rend les déplacements des populations et les évacuations sanitaires extrêmement compliqués.
Les moyens fluviaux publics sont inexistants et pourtant cela aurait pu etre une solution pratique pour certains villages proches des bolongs ou du fleuve. Il en est de même pour la reprise de l’escale de Carabane sur la liaison maritime entre la région Sud et Dakar.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.3.3 Epargne et crédit
La situation du secteur d’épargne et de credit dans la communauté rurale constitue un frein au développement des volets économiques et surtout productifs. Les populations expriment, régulièrement, leurs difficultés à accéder aux financements privés.
Au niveau local, il n’y a pas de systéme financier de proximité. Dans toute la communauté rurale, malgré le potentiel qu’offre Elinkine, on a une seule annonce d’installation d’UMCEC. Dans ce contexte, le financement des activités économiques qui est dépendant de projets financés sous forme de crédit, crédit et subvention, subvention avec apport propre, de la part des organes de l’Etat, partenaires nationaux ou étrangers, intéressés au développement de la CR, crédits obtenus auprès des institutions traditionnelles d’épargne et crédit, n’est pas assuré. Le GRDR a mis en place un fond de credit à l’échelle départementale et la caisse de Credit Mutuel du sénégal essaient de corriger ce gap.
Ces différentes voies sont souvent complexes et difficiles d’accès pour les populations. Elles exigent de s’approcher des partenaires financiers (ou leurs intermédiaires) qui sont souvent intéressés par des investissements communautaires, d’une part et d’autre part, de connaître les procédures d’introduction de demande et les systémes de garantie mise en œuvre.
Les populations sont en général hors des circuits d’information, concernant la présence de tel ou tel partenaire et quand elles réussissent à prendre contact, la complexité des dossiers de requête et les procédures proposées dissuadent souvent le requérant.
La deuxième voie exige des garanties souvent impossibles à fournir par les populations . Ainsi, des taux d’intérêt parfois trop élevés et des conditions de remboursement peu adaptées aux besoins découragent les promoteurs.
Pourtant, une grande partie des activités économiques à lancer ou relancer ne nécessite pas d’investissements lourds.Toutefois, de petits crédits seraient suffisants pour permettre aux producteurs d’avancer.
Une des solutions pour toute cette gamme d’activités à financer, à appuyer, à encourager, passerait par la promotion de l’épargne et du crédit à travers un système assez simple, proche des populations et solidaire. Plusieurs expériences de microfinance existent dans le pays et dans la Région et un déploiement de celle-ci dans la Communauté Rurale devrait passer par l’implication d’organisations expérimentées dans ce domaine afin de trouver la meilleure forme d’exploitation de cette nouvelle source de financements.
Avec un secteur pêche dynamique, un maraîchage en forte croissance et des potentialités agricoles, accompagner ces activités par un systéme d’épargne et de crédit adapté serait bénéfique pour cette localité.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.3.4 Tourisme
La communaté rurale de Mlomp qui jouxte celle Djembering a vécu une période de développement du tourisme durant les années 80 et début 90. Actuellement la situation du secteur est en décadence pour plusieurs raisons. La principale est la crise qui mine la région depuis plus de vingt cinq ans.
L’espoir de ces années de boum touristique a vu le développement d’infrastructures touristiques notament un (1) l’hôtel et quatre (4) campements dont un n’est plus fonctionnel.
Ces réceptifs sont presque toujours vides surtout ces derniéres années avec les fermetures au cap et la crise qui frappe air Sénégal. A coté de ces infrastructures, il se développe un chapelet (une trentaine) de bars restaurants qui sont, plus, fréquentés par les locaux.
A ces facteurs exogénes s’ajoutent la mauvaise urbanisation d’Elinkine, le surpeuplement, la situation de l’hygiène publique (environnement insalubre) qui aujourd’hui encore affectent le développement du secteur et la reprise de l’activité touristique du village. Les touristes passent par Elinkine pour aller à Carabane mais n’y séjournent jamais.
L’enclavement et les mauvaises communications routières ou fluviales constituent une autre cause d’entrave à la reprise du tourisme, de même que la non électrification.
Cependant, les problèmes liés au tourisme ne se régleront pas seulement avec une augmentation des attractions de la zone . Il faut, nécessairement instaurer une paix durable et la combinée avec une vraie promotion de la destination Casamance de la part des « tours opérateurs » et le changement d’avis sur les voyages en Casamance de la part de certains guides et gouvernements étrangers .
Une concertation à plusieurs niveaux s’avère nécessaire, si l’on désire développer le potentiel touristique de la région que sont la végétation, le balnéaire et la culture locale et les sites historiques.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.4.1 Education
Situation des équipements éducatifs (école élémentaire, daaras, école franco- arabe, école arabe, classe d’alphabétisation)
Niveau de fonctionnalité
Dans la communauté rurale, le taux de scolarisation au cycle élémentaire est assez satisfaisant, il avoisine les 80% mais l’abandon progressif des études est encore aujourd’hui un important handicap au niveau de la CR. Cet abandon est de plus en plus évident à partir du cycle moyen et secondaire et très considérable au cycle supérieur. D’autre part, il semblerait que les populations n’attachent pas trop d’importance à la scolarisation des filles ; les préserver des grossesses précoces en serait une des raisons ; mais le manque de moyens financiers au sein des familles justifierait aussi le non maintien des enfants à l’école.
Les infrastructures éducatives de la CR sont insuffisantes aussi bien au niveau du cycle élémentaire, moyen que secondaire. Malgré la politique de création des écoles de proximité, il n’en demeure pas moins que des élèves parcourent d’énorme distances pour assurer leur scolarité. Par contre, on note quand meme une amélioration dans le secteur car au niveau des écoles existantes il y a moins d’abris provisoires.
Tableau de synthèse des principales contraintes
3.1.4.2 Santé et Action Sociale
La situation de la santé dans la CR Mlomp n’est pas mauvaise car selon les normes OMS pour un meilleur traitement des populations, il faut un infirmier et /ou matrone pour 5.000 habitants ; alors qu’à Mlomp, la situation actuelle est de 1 infirmier pour moins de 3000 habitants. S’agissant des médecins, seul l’Hôpital d’Oussouye compte un médecin qui doit couvrir et surveiller la santé de plus de 40.000 personnes alors que le ratio souhaitable est de 10.000 habitants par médecin selon l’OMS. Néanmoins, on note la présence d’une sage femme à Elinkine.
Malgré les problèmes ci –cités, il s’y ajoute celui de l’enclavement de la CR constituant une difficulté de poids dans le volet de la santé. Le mauvais état des routes et pistes, l’insiffusance des structures de santé, le manque de communications téléphoniques, augmentent considérablement les risques d’une évacuation de malade.
Finalement, les infrastructures existantes ne sont pas bien entretenues et manquent souvent d’équipements, de matériels ou de médicaments nécessaires à leurs fonctionnements. La sensibilisation des populations et notamment des comités de santé, à propos de l’entretien des infrastructures de santé, de leur appropriation et des recettes de soins doivent être une des priorités pour la pérennité d’un système de santé de qualité.
Cette situation particulière à la CR de Mlomp pourrait étre la meme dans l’ensemble du département où persistent des pathologies habituelles que sont le paludisme, les maladies cardio-vasculaire, l’apparution de la tuberculeuse etc. Cependant, pour remédier à cette situation, il faut des campagnes de sensibilisation pour assurer la prévention qui est souhaitable, surtout concernant les enfants. L’accent doit étre mis sur les maladies qui n’ont pas de vaccins à l’instar du paludisme qui continue à faire de plus en plus des ravages.
En plus de ces pathologies, il faut souligner que la communauté rurale est une zone à risque concernant le IST/SIDA du fait du développement touristique.
Synthèses des Principales Contraintes et des Hyppothèses de Solutions
3.1.4.3 Jeunesse, Sports, Culture et Loisirs
La CR Mlomp maintient, historiquement, une culture assez riche, notamment dans l’Esúlalu, malgré une diminution des activités sportives et culturelles intervillageoises et une dégradation de l’identité culturelle qui risque de faire disparaître cette importante richesse. Cependant la lutte traditionnelle en fin d’hivernage, la grande fête du Kamagnen (fête de la récolte), les cérémonies traditionnelles comme le bukut, etc, continuent à etre célébrer chaque année ou à chaque période convenue.
Il est à signalé la présence de troupes culturelles qui souvent manque de moyens et avec la décadence du secteur touristique n’existent que de nom. La CR compte seize (16) terrains de footbal non aménagés, un (1) musée et une quinzaine de foyers, parmi lesquels neuf (9) sont opérationnels
Evidemment , la jeunesse est une des principales raisons de cette dynamique culturelle assez riche mais en déclin . Le principal handicap de la jeunesse c’est le chômage qui les force à émigrer vers Dakar ou autres grandes villes du pays ou l’extérieur.
En dehors des activités traditionnelles, la jeunesse pratique le sport et les activités de loisir comme les représentations théâtrales ou les traditionnels bals qui leur permettent de récolter des fonds pour le soutien des ASC. Souvent, l’absence d’infrastructures, de moyens et de promoteurs empeche de redynamiser davantage cette jeunesse qui a un très fort potentiel..
Synthèse des principales contraintes et des hypothèses de solutions
3.1.4.4 Hydraulique
Au point de vue des infrastructures d’approvisionnement en eau potable, la Communauté Rurale dispose de beaucoup de puits dont une cinquantaine sont de type moderne.
Les localités de Loudia Wolof, de Mlomp et de Pointe St Georges disposent de forages. Celui de Loudia Wolof, actuellement en panne est entrain d’être réhabilité par la DHR (programme OPEP) avec la construction d’un château d’eau et l’extension du réseau. Le forage de Mlomp a un débit très faible et la réalisation d’un nouveau forage est indispensable afin de couvrir les besoins en eau des villages polarisés et de rentabiliser les infrastructures hydrauliques déjà mises en place.
Caractéristiques des réseaux Adduction Eaux Multi Village
La Communauté Rurale compte plus de deux cent (2OO) puits fonctionnels dont une cinquantaine de puits modernes. Actuellement, les besoins en eau potable des populations de la CR sont presque satisfaits.
Le taux d’accès à l’eau potable de la communauté rurale de Mlomp est de 91 %. Ce taux est supérieur au taux moyen du pays qui est de 48%. Le taux d’accès raisonnable de la communauté rurale de Mlomp est de 93 % grace à la présence de nombreux puits modernes dans presque toutes les localités sauf deux (Badjigui, Jikomol) qui utilisent encore des puits traditionnels. Ce taux est supérieur au taux de 64% calculé en moyenne nationale pour l’année 2004.
Le taux de desserte en eau potable est de 51% pour l’ensemble de la CR. Par conséquent, Elinkine qui devrait etre servi par le forage de Loudia tarde à voir la canalisation d’adduction en eau potable.
Le cheptel a besoin pour son abreuvement, surtout en saison sèche, environ 114 m3 d’eau par jour. Par contre, les ouvrages de captage existants ne pourront pas satisfaire les besoins en eau au cheptel. D’où l’aménagement des mares pastorales et la construction d’autres ouvrages de captage s’avèrent nécessaire afin de satisfaire les besoins en eau des animaux.
Le forage de Mlomp est géré par un comité de gestion dont les compétences sont
Limitées, mais aussi le sysème d’exhaure connait des pannes fréquentes. Tandis que celui de Loudia Wolof est géré par une ASUFOR dument formée et détenant des outils de gestion adéquats.
Synthèse des contraintes et hypothèses de solutions
3.1.4.5 Assainissement
La situation de l’hygiène publique et de l’assainissement dans la CR de Mlomp est de plus en plus mauvaise. Les populations créent d’une part des dépots d’ordures désordonnés ; et d’autre part, il manque des infrastructures valables tels que les caniveaux, les fosses septiques, les latrines, les dépôts d’ordures etc. Le cas d’Elinkine est particulièrement grave puisque les mauvaises habitudes des populations consistant à jeter les ordures un peu partout et le séchage du poisson à l’intérieur du village pollue l’atmosphère mais aussi constitue un facteur supplémentaire de risque.
Tableau: inventaire des infrastructures d’assainissement
Selon le PEPAM à Mlomp 87% des ménages disposent de latrines traditionnelles qui sont, pour la plupart, dans un mauvais état avec 7% de latrines à fosse ventilée par contre 6% des ménages n’ont pas de latrines. Il est urgent de construire des latrines modernes dans cette communauté rurale pour plusieurs raisons :
- Nappes phréatiques peu profondes qui facilitent la contamination des puits ;
- Sols sablonneux (dans les villages placés à côté des bolongs ou du fleuve) qui favorisent l’infiltration rapide des eaux usées qui peuvent contaminer les nappes phréatiques peu profondes.
En prenant en compte les données avancés par le PEPAM, le taux moyen d’équipement des ménages en système individuel d’assainissement des excrétas est de 7%; ce qui est en dessous de la moyenne nationale qui est de 17%.
Une partie des infrastructures socio-économiques de la CR ne disposent pas d’édicules adéquats d’évacuation des excrétas. Toutefois, quelques infrastructures sanitaires (postes de santé nouvellement construits) et établissements scolaires (appui par l’UNICEF), disposent d’édicules fonctionnels mais leur construction ne répond pas aux normes retenues par le PEPAM.
Synthèse des contraintes et des hypothèses de solutions
La communauté rurale de Mlomp à l’image de l’ensemble du département de Oussouye se particularise par le dynamisme des groupements de promotion économique. Il y a une trentaine de GPF répartis dans les villages de la communauté rurale. Les groupements occupent une place importante dans l’économie du département. Cette économie s’accentue, en fin d’hivernage, plus particulièrement, dans la production maraichage par les femmes.
Elles s’adonnent à cette exploitation dès la fin des récoltes de riz. Leur l’encadrement est assuré par la FADDO et l’AJAEDO qui appuient également les GPF dans l’installation d’infrastructures (clôtures en grillage, puits avec motopompes ou panneaux solaires pour l’amélioration du système d’exhaure), la dotation de petit matériel d’exploitation ) interviennent également dans l’appui-conseil.
Les femmes à travers les GPF sont très actives au niveau social, culturel et politique. En dehors des structures villageoises comme les GPF, une association fédérative dénommée JIITO(AGPFMK) s’est crée l’année passée. Cette association de promotion féminine embrasse 20 GPF de la Communauté Rurale.
D’autre part, en dehors des endroits de culte ou sont célébrés les fétiches et réservés aux femmes, celles-ci ne disposent d’aucune infrastructure destinée à leurs activités sociales, culturelles ou éducatives, comme les foyers es jeunes.
L’approvisionnement d’équipements destinés à alléger les charges des femmes ou la construction d’infrastructures destinées aux femmes, serait tout à fait souhaitable et nécessaire mais ces investissements n’auront pas toute l’efficacité requise sans une transformation progressive de la distribution des tâches dans le foyer.
Synthèse des contraintes et des hypothèses de solutions
3.2.2 Les Groupements d’Intérêt Economique (GIE)
Dans la communauté rurale on a une quinzaine de GIE dans les villages sans tenir compte d’Elinkine. Au niveau de Elinkine, on a plusieurs GIE qui sont actifs dans le commerce, le tourisme, et surtout la pêche. Dans les autres villages les GIE sont connus dans le domaine agricole et du tourisme mais timidement dans le secteur de la pêche. A côté des GIE on a une dizaine de coopératives qui s’activent surtout dans le secteur de la pêche.
Synthèse des contraintes et des hypothèses de solutions
La communauté rurale de Mlomp, malgré la suprématie de la religion animiste s’y développement des foyers d’organisations religieuses de type «confrérique musulman et chrétien surtout autour de Elinkine. Elles ont pour objectif de faire la promotion socio-religieuse de leurs membres.
C’est des organisations de solidarité et d’entraide dont les actions sont plus marquées lors des «gamous» à la gloire du prophète Mohammed (Paix et Salut sur Lui) pour le cas des «tidianes».et du Magal pour Les «mourides». On les retrouve dans la plupart des villages musulmans et au niveau des foyers de migration comme Elinkine.
A l’image de ceux musulmanes, nous avons des organisations catholiques dont l’action est centrée sur l’animation des chorales et le soutien à des oeuvres de charités en relation directe avec les eglises et/ou une Chapel.
Ces organisations tirent leur forcé dans la foi qui anime ses membres. D’autre part, avec les ressources issues de donation et/ ou de cotisation elles sont promotrices d’actions de solidarité pour le bénéfice des membres et parfois même d’autres personnes.
Les problèmes communs à ces Associations résident sur la non capitalisation des acquis et la gestion non formelle des affaires
Avec le retour des congrès, l’espoir renait après dix ans d’abandon à cause du conflit qui avait mis la région en létargie. La richesse des conclusions issues du congrès, nous démontrent une vraie dynamique villageois et salué par les populations des deux villages.
Synthèse des difficultés et des contraintes
La communauté rurale dispose de neuf (9) commissions dont les plus dynamiques sont : la commission domaniale, environnementale, éducative, santé et financière. En plus, pour un besoin de cohérence, il y a aussi un cadre de concertation. Ces différentes instances souffrent de non fonctionnalité bien que la mise en place de l’équipe issue des derniéres éléctions fut effective.
Au plan des ressources, l’essentiel, de celles de la communauté rurale sont des fonds de dotation qui servent au fonctionnement.
Ceci dit, même si d’autres partenaires travaillent avec des conditions de financement moins contraignantes, l’exigence d’un apport propre est toujours présente et nécessaire. Le conseil de Mlomp doit faire un effort pour augmenter ses ressources financières. Ces dernières peuvent se générer à partir des activités économiques existantes dans la CR (notamment la pêche) par la voie des taxes rurales, d’un lotissement progressif des villages, de gestion d’insertions publicitaires mises sur routes et pistes (infrastructures de tourisme) , de mise en place de marchés hébdomadaires et de gestion des futures infrastructures commerciales publiques ou à partir de certains services prêtés aux populations. Comme première étape, une politique « ferme » de recouvrement des taxes rurales s’avère indispensable.
Dans le cadre de la gestion de la collectivité locale, on note une forte amélioration de la collaboration entre conseillers, conseil rural et chefs de village même si, il existe des confusions de rôle qui sont souvent dues à une méconnaissance et d’un désir du conseil rural de conformer à la tradition dans un souci d’atténuation des tensions.
Ce contexte demande une concertation entre les concernés qui progréssivement devrons clarifier la séparation des pouvoirs et des rôles pour une franche collaboration qui serait sans doute, très fructueuse, pour la gestion et la bonne gouvernance.
Cette bonne gouvernance exige aussi, en dehors de tout ce qui est déjà relaté ci-dessus, une transparence et une grande ouverture du conseil Rural, une ferme volonté des elus Locaux de s’ouvrir à toute la communauté.
Dans cette perspective et avec l’appui de l’ARD, un cadre de concertation a été mis en place. Cette instance qui se veut un cadre de cohérence et de promotion de la concertation d’une part et d’autre part d’appui au conseil rural dans la gestion du quotidien comporte treize (13) commisions. Ce cadre de concertation souffre de non fonctionnalité du fait de la faible appropriation de celui-ci par le conseil rurale et son président.
Synthèse des contraintes et hypothèses de solutions
Le CADL de Loudia dont fait partie la communauté rurale de Mlomp soufre d’une absence de personnel. En effet, il ne dispose que d’un agent technique d’agriculture qui fait office de chef de service aussi bien au niveau arrondissement que département et d’un agent technique des Eaux et forêts.
Au niveau équipement, il se caractérise par la vétustité des locaux à l’image de l’ensemble des CADL et les dotations allouées sont faibles et insufisants. Dans ce contexte, le partenariat signé avec le PNDL dévrait bouster les CADL. La sous- préfecture ,à l’image des locaux de la CADL ,est dans un piteux etat. Malgré cette situation on note un accompagnement des groupements de promotion féminine surtout par le CADL. Ceci est surtout du à la disponibilité des deux agents et du soutien du sous -prefet.
Synthèse des contraintes et hypothèses de solutions
Comme nous l’indique le tableau ci-joint, les acteurs de développement dans la Communauté Rurale de Mlomp sont actuellement assez variés et touchent plusieurs secteurs dont le plus dominant est l’agriculture.
Leurs cibes sont constituées, principalement, d’organisations féminines et des femmes qui s’activent dans les activités économiques que sont le maraîchage, l’allégement des taches entre autres et dans le domaine de la santé.
Pour ce qui est des projet et services techniques, on note laprésence de : PADERCA, l’ANRAC ; le PNDL. Cependant, les plus en vu sont :
Association des Jeunes Agriculteurs et Eleveurs du Département d’Oussouye (AJAEDO)
C’est une association qui a été créée depuis plus d’une vingtaine d’années. Elle œuvre pour la formation des populations dans les activités liées à l’agriculture et ’élevage. Son objectif principal est de fixer les populations dans leur village pour un développement local. Elle cible les jeunes, les GPFet les GIE. Il est un acteur incontournable dans l’accompagnement des GPF pour bouster la production maraîchére et soutenir les dynamiques dans le domaine du conseil agricole et de la santé
La fédération d’appui au développement du département d’Oussouye(FADDO)
C’est dans la même dynamique du CPAS que le FADDO a été fondé en collaboration avec le CPA (Centre de promotion Agricole de Mlomp) par les initiateurs du CPAS. La FADDO est basé à Oussouye. En effet, son objectif est plus large (échelle départementale).Il s’agit de réunir tous les acteurs de développement autour d’une synergie d’actions pour une intervention efficace et équilibrée dans l’ensemble du département.
Pour sortir le département de la pauvreté et contribuer au retour de la paix, la FADDO met en place des lignes d’investissements à travers des projets intégrés dans les activités génératrices de revenu, la santé, la culture, l’éducation, le renforcement des capacités des populations. Ces deux organisations avec l’appui de l’ANCAR ont permis pour l’année 2008 d’obtenir dans le cadre du maraîchage une production importante.
Tableau de la production 2008 dans le Département de Oussouye
Source AD CADL de Oussouye
Synthèse des difficultés et des contraintes
Le Groupe de Recherche et de Réalisation ( GRDR):
C’est une ONG française qui intervient dans la región depuis plusieurs années. Dans le département de Oussouye, il pilote un programme d’appui aux filiéres et a mis en place un point infos dans la communauté rurale et un fonds de credit au niveau départemantal. D’autre part, il conduit dans les villages des activités de soutien à la production rizicole par des aménagements agricole, la facilitation de stratégies d’accés aux intrants.
3.6 Analyse de la dimension conflit
La communauté rurale de Mlomp est l’une des zones les moins touchées par la crise qui sévit dans la région naturelle de la Casamance. Les cas observés jusque là sont deux (2) braquages et des vols de bétail. Cette particularité de la communauté rurale s’explique par une forte dominance des croyances traditionnelles des populations. Il est difficile de savoir si la zone a reçu des populations déplacées du fait de la tendance naturelle de celle-ci à accueillir les pêcheurs et autres populations de la région voire du pays et même de l’extérieur.
Au plan local, la communauté rurale est relativement stable. Les rares tensions qui s’y développent sont en générale les conflits agriculteurs –éleveurs ; ceux autour des questions fonciéres. Elles opposent souvent des familles et dans de rares cas des villages. Ces tensions à l’image du vécu par rapport à la crise Casamançaise sont toujours traitées localement en faisant recours aux mécanismes traditionnels centrés sur le chef de village et les notables et dans de rares cas autour des femmes et des bois sacrés
3.7 Analyse de la dmension environnementale et ses conséquences
L'environnement naturel de la communauté rurale en particulier et celui de la Casamance en général, bien que très riche, est fragile. La combinaison de la salinisation et le développement des feux de brousses en plus de l’exploitation des ligneux pour les besoins de cuisson et de charbon de bois constituent une menace qui pourraient hâter la sahélisation de la zone.
Depuis peu de temps, l’apparution de l’érosion dans la zone pose de graves problèmes sur la préservation de la fertilité des sols. La problématique de la disparition de la mangrove du fait des coupes abusives et de l’effet de la salinisation consistitue un danger pour la préservation de la biodiversité , de l’écosystéme mangrove dans la communauté rurale.
Concernant les ressources halieutiques, le non respect des normes techniques et la surexploitation des ressources sont à la base de la raréfaction du poisson dans cette zone. En effet, depuis quelques année,s les pêcheurs sont obligés de faire les hautes mers pour trouver du poisson, les bolongs sont de moins en moins pourvus.
Or, bien gérées, ces ressources naturelles peut etre une source de richesse pour toute la population locale à court et long terme. Il est important de définir rapidement une stratégie de gestion durable de ces ressources.
Au plan agricole on constate la baisse de la production et des revenus de la population. Les dégradations majeures, qui sont décrites plus en détail ci-dessous, portent sur :
- L’appauvrissement des sols par suite d'une érosion éolienne et/ou hydrique intense, mais aussi, dans les zones littorales, par la salinisation et l'acidification (développement des «tannes» au détriment des mangroves);
- la dégradation des formations forestières, les impacts de la sécheresse aggravés par les défrichements, les feux de brousse, etc., la pratique de la surexploitation des ressources forestières pour la production de charbon de bois ;
- la perte de la biodiversité et les dégradations estuariennes, particulièrement les mangroves qui sont des zones d’habitats naturels écologiquement sensibles
Les femmes apportent un concours substantiel largement équivalent à celui des hommes dans la culture du riz; notamment la femme sème, repique, récolte, bat et vanne et à cela s’ajoute que sur le plan religieux et culturel, les femmes ont une place qui leur est réservée car étant les gardiennes des pratiques qui garantisse au groupe stabilité en terme de prospérité matérielle et physique (venue des pluies, fécondité, santé des enfants etc).
Mais au niveau de la prise de decisión dans sur les questions fonciéres elles sont souvent laissé en rade, de même que dans les instances de décisions aussi bien des ménages que de la communauté.
Au plan économique, leur poids peu croitre mais, elles sont, aujourd’hui encore, prises par des activités domestiques qui occupent tout leur temps (pratique traditionnelle de riziculture, battage manuel duriz, recherche de bois dans les forêt, puisage de l’eau, etc).
Au plan organisationnel, il y a une réelle dynamique de prise en charge du dévelopement de la communauté rurale. En effet à travers elles, il y a une impulsion de la culture maraîchére sous l’appui de la FADDO et du GRDR. Par contre au niveau de l’allégement des taches du fait de la faiblesse des infrastructures de prise en charge de la promotion féminine, il reste beaucoup à faire.
Au niveau de la pêche, elles sont faiblement présentes dans le domaine de la commercialisation des produits de pêche du fait souvent des difficultés d’accés aux ressources financiéres.
Leur présence est, fortement, remarquée dans le cadre du petit commerce sans que l’impact économique soit visible car les moyens financiers sont souvent faibles. Dans ce contexte, un renforcement de la dynamique autour du maraîchage par un appui à la commercialisation, soutenu par une politique d’équipement qui contribut à l’allégement des taches ménagére, devraient ouvrir d’autres pistes pour réduire la pauvreté des femmes
Eco-Rurale pour la Formation et le Développement Local (ER.F.D.L)
Maison des Anciens Combattants près du Lycée Aline Sitoé DIATTA – Oussouye – Sénégal
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