Danse thérapie

La danse-thérapie, qu’est-ce que c’est ?

En danse-thérapie, le corps devient l'instrument à partir duquel on apprend à être bien dans sa peau, à sortir de sa tête, à retrouver l'énergie de l'enfant. La danse-thérapie vise la prise de conscience de soi et la libération de tensions et de blocages inscrits dans la mémoire du corps. Sur le plan physique, elle améliore la circulation, la coordination et le tonus musculaire. Sur le plan mental et émotif, elle renforce l'affirmation de soi, ravive les capacités intellectuelles et la créativité, et permet de rencontrer des émotions parfois difficiles à exprimer verbalement : colère, frustration, sentiment d'isolement, etc.

La danse-thérapie est une pratique plurielle, qui engage d’emblée plusieurs champs : il s’agit avant tout d’un art, qui a pour particularité d’engager le corps, qui soutient un travail de mise en forme et d’expression, et qui, à ce titre, implique un travail psychique et de relation. C’est cet ensemble qui confère à la danse-thérapie sa place particulière dans un processus thérapeutique et/ou de construction de soi pour être plus percutant au quotidien dans son action professionnelle. On ne connaît pas de sociétés sans danse, pas plus qu’on ne connaît de société sans art. L’art constitue, dès l’origine semble-t-il, un mode essentiel de connaissance, de formalisation et d’expression. Avant d’être communication, il est une façon de se poser comme être présent, sensible aux formes du monde, et les rejouant à sa façon. Il nous constitue, au même titre que le langage verbal et la pensée discursive. Le langage esthétique fait appel à des formes – masses, volumes, rythmes, intensités, intervalles… – qui font écho au processus-même de structuration du jeune enfant. La sensibilité esthétique, loin d’être confinée au pré-verbal ou au pré-logique, soutient toute une part du fonctionnement psychique, en particulier l’aspiration transcendante de chaque être, son besoin de se relier à l‘autre, à autrui, au monde. La danse accomplit depuis toujours une fonction de lien social, horizontal avec les contemporains, mais aussi vertical avec un monde plus impalpable, comme c’est le cas des danses sacrées. Du point de vue anthropologique, elle soigne en retissant un réseau de significations, en insérant le danseur dans un système de valeurs, en le référant à des mythes, en le nourrissant des symboles qui structurent un groupe donné. La danse-thérapie puise à cette fonction intégrative de la danse, en ouvrant l’espace de la ritualité, en proposant les outils d’une expression symbolique propre par le biais du geste personnel et des chorégraphies de groupe. En proposant un cadre de symbolisation, elle est outil de canalisation pulsionnelle au sein d’un espace-temps ritualisé et cadré. La danse est aussi un média qui déploie et structure l’imaginaire en lui fournissant un cadre d’expression au sein duquel la créativité peut être sollicitée et mise en œuvre, c’est à dire aboutir à la création, individuelle ou collective, nourrie d’un parcours personnel. Enfin, les danses traditionnelles nous démontrent que la danse accomplit une fonction sociale de première importance, en permettant de jouer au sein du groupe différentes positions, d’assumer divers rôles.

S’il s’agit bien en danse-thérapie de soutenir une structuration de la personne, cette construction est aussi celle du corps. En effet, il ne s’agit pas seulement d’user de son corps pour se mouvoir, mais bien de le mettre en place.

La danse-thérapie est donc aussi construction du corps, de ses structures, ce qui renvoie aux sensations de soi, comme être sensoriel et moteur, au dialogue tonique et gestuel avec autrui.

D'où vient la danse-thérapie ?

Une des origines date du 15 éme siècle lorsque les maîtres à danser italiens préconisaient une danse : La Tarentelle, où l'on dansait pour expulser le mauvais, transmuter le sauvage en soi, relier le féminin au masculin, incarner la grâce de l'un dans le multiple.

Ce mouvement a été développé en 1960 par des américaines : Troody Scoope et Marian Chace qui ont fondé l'association américaine de danse-thérapie.

Notre pionnière française est Rose Gaetner qui a travaillé à Paris à partir de 1956 avec des enfants autistes.

Une thérapie dynamique

Une séance de danse-thérapie se déroule individuellement ou en groupe, dans un lieu qui ressemble plutôt à un studio de danse qu'à un cabinet de thérapeute. À la première rencontre, le thérapeute cherche à définir les motifs et les objectifs de la démarche, puis il enchaîne avec la danse et le mouvement. Les mouvements peuvent être improvisés ou non et varient selon le style du thérapeute. La musique n'est pas toujours présente; en groupe, elle peut être un élément rassembleur, mais le silence favorise la recherche du rythme en soi.

Pour créer un climat de confiance et de complicité et favoriser la prise de conscience de son corps et de l'environnement, certains thérapeutes utilisent divers objets, parfois insolites, comme un ballon d'un mètre de diamètre! La danse-thérapie permet de redécouvrir son anatomie et fait remonter une foule de sensations, de sentiments et de pensées. À la fin de la séance, on peut discuter des découvertes et des sensations ressenties pendant le travail corporel. Ces échanges peuvent mener à des prises de conscience et orienter les prochaines étapes de la démarche.

Des racines profondes

Depuis toujours, la danse fait partie des rituels de guérison et de célébration des cultures traditionnelles. Dans notre société, la thérapie par la danse est apparue au cours des années 1940. Elle répondait, entre autres, au besoin de trouver une approche non verbale pour traiter les patients souffrant de troubles psychiatriques. Divers pionniers ont créé leurs propres méthodes inspirées de différentes approches du mouvement corporel.

En 1966, la mise sur pied de l'American Dance Therapy Association a permis aux danse-thérapeutes d'obtenir une reconnaissance professionnelle. Depuis, l'association réglemente les normes de formation en danse-thérapie et regroupe des professionnels répartis dans 47 pays.

Source : Passeport Santé

La tangothérapie

Le tango, l’une des danses les plus sensuelles au monde, serait aussi un instrument de choix pour régler des problèmes de santé physique ou mentale. « Quand on danse le tango, on oublie ses problèmes. Et danser peut même aider à les résoudre » , croit le médecin Frederico Trossero.

Le psychologue argentin a ainsi mis en place des ateliers de tangothérapie en Argentine. C’est là qu’il accueille des personnes avec des problèmes de dépendance et de santé mentale tels phobies, schizophrénie et attaques de panique, mais également des couples et des adolescents.

Activité physique, lien social, maîtrise de soi, sentiment de compétence. « Le tango peut nous apprendre beaucoup sur nous-mêmes et sur notre rapport à l’autre. C’est l’une des belles métaphores des rapports humains », relève France Joyal, auteure du livre Tango, corps à corps culturel.

C’est pourquoi cet illustre pas de deux intéresse aujourd’hui de nombreux chercheurs à travers le monde. Sociologues, psychologues, anthropologues ou encore experts en géomatique — qui sont souvent aussi des danseurs de tango — y étudient la maîtrise de l’espace, l’esthétisme, le sens de l’équilibre, la communication ou encore les rapports de couples de manière tangible.

Une personne timide aura tendance à éviter l’enlacement. L’obsessif, plus rigide, contrôlera ses mouvements. Celle atteinte de troubles obsessifs compulsifs voudra éviter de toucher le partenaire. « À l’aide d’exercices, nous leur apprenons — très lentement — à se familiariser au contact de l’autre et à habiter leur corps », explique Federico Trossero.

Cette classe de tango un peu spéciale comprend de la danse, mais également une thérapie de groupe. Cette coulisse permettra l’interprétation de ce qui se passe en classe grâce aux commentaires et aux prises de parole placés sous la gouverne d’un intervenant qualifié.

L’objectif principal vise le mieux-être des personnes avec elles-mêmes et les autres. «C’est le bercement du bébé. Un contact qui stimule la production d’un neurotransmetteur — ocytocine — à la fois calmant et favorisant l’attachement », explique le psychologue argentin. Il détaille d’ailleurs son expérience dans un livre, Tango terapia (Coquena Edicion, 2006).

Cette thérapie douce fait des émules : des ateliers d’initiation à la tangothérapie se donnent aujourd’hui à Paris et ailleurs. Une association internationale de tangothérapie a même été lancée en 2008. Le succès réside, comme les bonnes recettes, dans l’essence même de cette danse sociale empreinte de liberté et de tendresse.

Car faire quelques pas de danse étroitement enlacés procurerait beaucoup de bien au corps comme à l’âme. « C’est un gros câlin entre deux personnes qui marchent. Le tango combine de nombreux bienfaits sans que les gens s’en rendent compte », souligne même le psychologue François Terreault.

Sans compter que faire de l’activité physique régulière raffermit les muscles, améliore l’équilibre et s’avère bénéfique pour la santé mentale. Plein de bonnes raisons de commencer l’apprentissage du tango...

Source : Article de Agence Science Presse

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