Introduction à la philosophie française pour le public non francophone
graduate
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Découverte de la philosophie à travers l’étude d’extraits d’un texte majeur
Lecture à haute voix
Idées générales du texte
Sélection des phrases clefs
Explication des mots et tournures
Discussion
Quelques penseurs du XXème siècle
(1) L’évolution de la vie : Henri Bergson (1859-1941)
· Contre le formalisme d’Immanuel Kant (1724-1804)
· Contre l’intellectualisme qui prétend accéder au réel par l’intelligence seule
· Contre le positivisme et de scientisme qui ne jurent que par les sciences
· Influencé par la psychologie moderne
· Une philosophie vitaliste
· Intuition
· Durée, liberté, mémoire
· L’élan vital
· Morale, religion, art
Henri Bergson, « De la durée en général», L’Évolution créatrice, 1909
(2) Tableau théorique d’une société libre : Simone Weil (1909-1943)
· Une vie brève et intense : mysticisme, philosophie, et politique
· Influence de Karl Marx (1818-1883)
· Entièrement dédiée à la cause des déracinés, infortunés, et exploités de ce monde : les « esclaves »
· En révolte permanente contre tous les totalitarismes (fasciste, bourgeois, ou communiste)
· Vision platonicienne, où le vrai relève de la Beauté et de la Vérité
· Une vue « déiste » du monde, informée par les lectures des grands textes (la Bible, Homère, les Upanishads de la religion hindoue, pensée chinoise etc.)
· Rejet du Dieu vengeur et sanguinaire de l’Ancien Testament au profit de l’idée d’amour du prochain du Nouveau Testament
· Critique de la technique : un outil d’oppression, mais qui peut également devenir un moyen de libération pour les travailleurs
· Intensité spirituelle qui lui fait développer un sens de l’amour du prochain
Simone Weil, L’Enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, 1943
(3) Création et révolution : Albert Camus (1913-1960)
· Militant et résistant
· Le témoin engagé
· Prix Nobel
· Écrivain, philosophe, romancier, essayiste, dramaturge, poète, cinéaste, et journaliste
· Proche des courants libertaires, dans les combats moraux faisant suite à la deuxième guerre mondiale
· Humanisme
· Prises de position d’un esprit indépendant
· Une des plus hautes consciences morales du XXe siècle qui s’est forgée au cœur même des drames de ce siècle
· La pensée philosophique et la forme littéraire sont très proches chez Camus
· Le refus de tout système
· L'injustice et le mal sur la terre font que tout se passe sur la terre comme si Dieu n'existait pas
· L’absence d’un Dieu qui établit les valeurs conduit à l’absurde
· Contre toute idéologie, qu’elle se repose sur le passé ou qu’elle s’affirme dans un avenir inexistant
· La révolte permet de donner un sens à la réalité humaine par-delà l’idéologie et l’absurdité d’une vie sans Dieu
Albert Camus, L'homme révolté, 1951
(4) Exprimer l’inexprimable à l’infini : Vladimir Jankélévitch (1903-1985)
· Une personnalité unique dans sa façon de transmettre sa pensée
· Ne pense pas en termes de « système » mais plutôt de façon « paradoxale »
· Pense la morale dans le « faire » et le « vécu » plutôt que le « dire »
· Un regard nouveau sur la musique des XIXème et XXème siècles
· Un philosophe très engagé
Métaphysique : le « je ne sais quoi » et le « presque rien »
Philosophie première (1953)
· Comme Bergson, un philosophe du « devenir »
· Penser « l’instant » dans le « pas encore » et le « jamais plus »
(mort, liberté, intention, intuition, acte, amour, création)
· L’instant insaisissable : un « presque rien » qui laisse sur son passage le charme d’un « je ne sais quoi » renouvelé
· Une pensée du « je ne sais quoi » inspirée du mystique espagnol Juan de Yepes Álvarez (Saint Jean de la Croix, 1542-1591)
Morale : le mystère qui fait le bien
Le paradoxe de la morale (1933)
La Mauvaise conscience (1933)
· On sait que l’on doit faire du bien mais on ne sait pas quoi exactement ni comment
· L'intention dont la fin est infinie doit se concrétiser dans un acte aux moyens limités, ce qui entraine des compromis
· Fragilité de la morale : un « je ne sais quoi » qui peut à tout moment basculer dans « l’impureté », mais qui peut trouver une réponse dans « l’amour »
Esthétique : l'ineffable de la musique
· Passionné de musique, pianiste, et musicologue
· De nombreux ouvrages sur la musique et ses compositeurs, parmi lesquels Gabriel Fauré (1945-1924), Maurice Ravel (1875-1937), Igor Stravinsky (1982-1971), Claude Debussy (1862-1918)
· Paradoxes de la musique : un « presque-rien » temporel dont l’existence est pourtant essentielle ; expression de la «plénitude exaltante de l'être » et de la nature « irrévocable » de la vie ; une « mélodie éphémère » qui devient éternelle face à la mort et au désespoir
Vladimir Jankélévitch, La Musique et l’ineffable, 1961
Gabriel Fauré, Après un Rêve. Pour violon (ou violoncelle ou alto) et piano (1877):
https://www.youtube.com/watch?v=XTOkWD6xvTI
(5) Fidélité créatrice : Gabriel Marcel (1889-1973)
Philosophe, dramaturge, musicien, « existentialiste » chrétien
https://www.youtube.com/watch?v=snNPlT8fx84
Philosophie
· L'être humain découvre l’existence comme engagée dans un monde tout en étant limitée par ce monde
· Toute spéculation pour penser l’existence est inappropriée : l’existence ne peut se réduire au mot ou au concept déterminé ; il est difficile de penser autrui
· Distinction entre problème et mystère
· L'existence relève du « mystère » : elle ne peut pas être saisie par un système de pensée
· Critique du cogito de Descartes, lequel ignore la «co-présence» ou l'«intersubjectivité» ; le «je pense» cartésien ne peut pas penser le rapport à autrui de façon interpersonnelle et concrète
· Se connaître exige que l’on passe par autrui
· Une pensée faisant écho à Emmanuel Lévinas (1906-1995), Martin Buber (1878-1965), et Karl Jaspers (1983-1969)
· Marcel s’identifie à un « socratisme » chrétien plus qu’à un « existentialisme » chrétien
· Thèmes clés : liberté ; disponibilité ; don ; participation ; fidélité créatrice ; exigence ; présence ; confiance ; espérance ; amour ; mort
Gabriel Marcel, Homo Viator, Prolégomènes à une métaphysique de l'espérance, 1944