Actions et sabotages

Actions et sabotages

Les francs-Tireurs et Partisans, avec le peu de moyens dont ils disposaient, obtenaient des résultats satisfaisants dans leurs actions courageuses : expéditions punitives contre la milice et les collaborateurs, déraillement de trains, coups de mains pour s'approprier ravitaillement, armement et munitions...

Première mission réussie

A peine installés, nos trois Ardennais sont invités par Latran et Roger, deux anciens du groupe "Chant du départ", à accomplir leur première action de sabotage. Il s'agit de la voie ferrée Valence-Grenoble, près du tunnel de Vinay. Très vite ils dévalent les 500 m de dénivellation par le sentier bien connu des deux anciens pour rejoindre la route de Vorcière. Ils franchissent le pont de l'Isère et longent la voie gardée par des requis. Sans trop de résistance, ceux-ci sont "gentiment" neutralisés et enfermées dans une cabane de cantonnier. A l'entrée du tunnel, endroit propice pour gagner en efficacité, Latran et Roger laissent nos Ardennais déboulonner et dissocier les rails à l'aide d'un tire-fond et d'une clé à éclisse. Ils ont cinq minutes pour faire le travail. Leur tâche accomplie, ils reprennent tous ensemble le chemin de la base avec mille précautions et la peur au ventre, surtout au passage du pont qu'ils craignent sous surveillance. Trempés de sueur malgré le froid par l'effort de la remontée, ils arrivent enfin à la Lia. Soudain, un vacarme de ferrailles se heurtant et se fracassant inonde la vallée. C'est le train qui vient de dérailler. Il est près de 22 heures. Félicitations, congratulations, la première mission a été une réussite totale.

Trois autres sabotages furent réalisés sur cette même voie par le groupe réparti en équipes de 4 hommes désignées à tour de rôle. Les ordres étaient transmis par une autorité que seul le chef du groupe connaissait et qu'il rencontrait une fois par semaine dans un lieu ignoré des exécutants.

Le temps des attentats

Quelques jours après leur première action, Gaby et Roger commettent un attentat contre un teinturier de Vinay suspecté de collaboration. La victime sera seulement blessée. Sans plus attendre, ils sont de nouveau désignés pour se rendre à vélo à la mairie de Beauvoir pour "s'approvisionner" en tickets d'alimentation. Devant le bâtiment, une file de civils s'est formée et les gens manifestent discrètement de la sympathie envers ces hardis terroristes tout de même audacieux pour commettre un tel acte en plein jour.

Lundi 20 décembre 1943 à midi, Gaby est sur le pont de l'Isère. Il doit abattre le maire de Vinay, accusé de collaboration. Quelques instants plus tard, "le Crabe" est tué (c'était le surnom donné au maire à cause de ses grosses mains). Le groupe gagne en matériel, grâce à un coup de main à Rivier où une auto est saisie chez un particulier. C'est ensuite un pistolet automatique 9 mm au cours d'une action chez un capitaine de la milice absent de son domicile. Il est attribué à Gaby qui a enfin sa première arme à titre personnel.

Une intervention décisive

Fin décembre, à Saint Marcellin, Roger et Gaby reçoivent la mission d'exécuter un garagiste collaborateur. Au moment où les maquisards pénètrent dans son domicile, le garagiste referme violemment la porte sur Roger et coince le canon de sa mitraillette. En tentant de se dégager, Roger lâche accidentellement une rafale qui blesse l'homme mais qui manque aussi d'atteindre un gosse assis sur le sol. Cette intervention qui a failli mal tourner refroidit l'ardeur belliqueuse de nos deux volontaires. Ce fut la dernière action menée par Gaby avec les FTP de la Lia.

Début de janvier 1944 à Saint Etienne de Saint Geoirs, deux opérations de récupération de bons d'essence et de tabac sont facilitées par la coopération du buraliste. "La chance était avec nous ce jour-là. Nous avions évité de justesse la rencontre avec un convoi allemand qui passait par hasard juste à la fin de notre opération" se rappelle Gaby.

Déménagement

Entre temps à la fin novembre, le groupe été passé à douze hommes. C'était suffisant pour mener à bien les actions envisagées. La Lia devenait trop inconfortable pour l'hiver. De plus, l'utilisation de la voiture réquisitionnée obligeait à trouver un refuge à proximité d'une route. Fin décembre, l'effectif repassa à neuf hommes à cause des mutations. Nos trois Ardennais sont toujours là. La ferme "Les Belles", entre la Lia et le bourg de Malleval convenait très bien. La route en lacets descend vers le bourg en passant par le moulin. Elle mène, à travers les gorges du Nan, à Cognin, lieu le plus fréquenté des ravitaillements. Le groupe s'installe dans l'un des bâtiments inoccupés que compose la ferme. Le détachement change de chef et les missions deviennent plus rares. Néanmoins vers le 15 janvier, au cours d'un nouveau déraillement provoqué par les maquisards, ils récupèrent des caisses de bouteilles de Chartreuse qu'ils échangent contre du ravitaillement. Enfin le 26 janvier, ils déclenchent une course poursuite contre un milicien de Vinay, mais cette fois, ils ne réussiront pas à le neutraliser.

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