Exercice fondamental, gestuelle codifiée, une forme, « Taolu » en Chinois ou « Kata » en Japonnais, est un enchaînement ou suite de mouvements (martiaux), codifiés et préétablis, les formes déterminent les racines techniques et permettent également la transmission du savoir.
Contrairement a la plupart des autres arts martiaux, les formes du Wing Chun ne sont pas des combats imaginaires contre plusieurs adversaires avec des grands mouvements esthétiques et spectaculaires. En Wing Chun la pratique des formes est d’avantage basée sur la répétition de gestes simples codifiés, exécutés de manière fluide et relaxe. Les trois premières formes (à mains nues) du Wing Chun comprennent toutes les techniques, les concepts et principes du style. Ces formes du Wing Chun contiennent des suites de gestes précis, qui mélangés entre eux, donnent des séquences combinables à l’infini. La pratique régulière et sérieuse des formes est indispensable à la compréhension, la pratique et l’application du Wing Chun.
- La première forme est appelée Siu Nim Tao (小念頭), ou "Tao de la petite idée". C'est une forme statique qui enseigne à l'élève une position stable et une bonne structure corporelle. Elle résume aussi les bases du Wing Chun en privilégiant la relaxation, la précision des angles des articulations et la respiration abdominale pour travailler le Tan Tien.
- La deuxième forme du Wing Chun s'appelle Chum Kiu (尋橋), ou "établir le pont". C'est l'apprentissage de la liaison entre soi et l'adversaire. C'est une forme qui permet de travailler les déplacements du corps, les axes, les rotations et la structure du corps en mouvement afin d'établir le contact avec l'assaillant.
- La troisième forme du Wing Chun s'appelle Biu Jee (鏢指), ou "les doigts qui percent". C'est une forme de niveau supérieur qui regroupe des techniques d'attaques avancées. C'est le travail de la force irradiante, libérée au bout des doigts dans des postures ultimes.
- Il existe une quatrième forme Mook Yan Chong sur le mannequin de bois (Mook Jonk). Cette dernière reprend 108 techniques et principes des trois premières formes. C'est une mise en application et en mouvement sur le mannequin, permettant ainsi d'affiner les angles d'attaque et la précision couplé à la puissance et la vitesse.
- La cinquième forme est l'apprentissage du Luk Dim Boon Kwan en Cantonnais. Parfois l'orthographe suivante est trouvée : Luk Dim Boon Kwun. Les Anglophones le nomment Dragon Pole ou Six and Half Point Pole (Traduction littérale). En Français, nous l'appelons Bâton long. Le but premier de l’entrainement au bâton long n’est pas son utilisation en tant qu’arme. Il vise plus à développer la structure du pratiquant. En tant qu’arme, il permet de tirer profit de sa longueur. Des mouvements linéaires sont utilisés pour l’attaque, tandis que des mouvements circulaires minimaux assurent la défense. Il apprend au pratiquant à puiser sa force dans le sol, à utiliser l’alignement du corps correct pour générer un maximum de puissance sans excès de force brute, malgré le poids du bâton.
- La sixième forme considérée comme la plus avancée utilise les couteaux papillon, ou Baat Jaam Do. La pratique des couteaux papillon utilisent les mêmes principes de mouvement qu’un combattant à mains nues. En Wing Chun, ils sont considérés comme une extension des mains du pratiquants. Ils permettent d’approfondir les mécanismes du Wing Chun, avec quelques ajouts notoires : les rotations des lames pendant un mouvement, et des déplacements plus amples. Ce sont des couteaux d'à peu près la taille d'un avant-bras, muni d'un seul côté tranchant. Traditionnellement, la lame des Baat Jaam Do est aiguisée que sur 50% de sa longueur, du milieu au pointu. La lame est laissée non tranchante du milieu à la garde afin de pouvoir porter des attaques non mortelles, ou de bloquer des armes métalliques sans émousser son tranchant. Ils étaient faits sur mesure. Chaque longueur de lame était étudiée pour un pratiquant. Elle allait de son poignet à son coude afin d’optimiser la maniabilité de l’arme.