Le Wing Chun ou Ving Tsun est l’un des styles de Kung Fu (prononcé Gong Fu) les plus abouti du sud de la Chine. Comme tous les autres domaines du savoir, ce dernier à une histoire. Celle-ci reflète à la fois les bouleversements dans les représentations de l’art du combat, les progrès de l’instrumentation et des techniques, ainsi que l’évolution des théories physiques, anatomiques et physiologiques.
Trop souvent de nombreux styles laissent une large part à l’improvisation lors du contact avec un adversaire. Le Wing Chun, qui signifie littéralement « espoir pour le futur », mais aussi « printemps radieux », représente dans l’histoire du Kung Fu l’une des premières méthodes étudiant d’un point de vue scientifique les limites biomécaniques du corps humain au moment de l’attaque.
C’est une fusion des meilleures connaissances martiales de l’époque. S’appuyant sur les principes géométriques de la prise du centre, identiques à ceux étudiés dans l’art de l’escrime. Il n’y a aucune place dans cet art pour le hasard ou les choses abstraites.
Développé au XVIIe siècle par deux femmes, le Wing Chun s’inspire plutôt de la non force. Il utilise la déviation de la force exercée par l’adversaire, mais également l’interception couplée à une attaque simultanée, plutôt qu’un système classique de blocage – esquive, suivie d’une contre attaque. Toute attaque et tout contre sont basés sur des principes et des lois scientifiques qui leur concèdent une logique et une objectivité implacable.
Cinq des plus grands maîtres de la Chine : Jee Sin, Miao Hin, Fung Do Tak, Pak Mei et Ng Mui prennent l’habitude de se réunir dans une salle du temple de Shaolin du Sud.
Désirant concevoir une méthode de combat plus efficace et plus pragmatique ils mettent alors en commun les meilleurs techniques de leur style respectif. Ils fusionnent alors les techniques des styles du Dragon, du Tigre, du Serpent et de la Grue Blanche selon de nouveaux principes.
Ils énoncent ainsi les lois physiques du mouvement, le chemin des connections nerveuses à l’intérieur du corps (réflexes neuro-sensitif) et les principes de la prise du centre qui restent encore valable aujourd’hui.
En 1768, le temple de la petite fôret, respecté jusqu’alors, fut incendié, les moines et les maîtres décimés. Réfugiée dans un temple de la Grue Blanche, sur le mont Tai Leung, également appelé le mont Chai Har, une none nommée Ng Mui consacre tout son temps à l’élaboration de la suite logique du style. Ne disposant pas de la force physique des hommes, elle orientera son style vers des techniques permettant d’utiliser la force de ses adversaires.
Parallèlement, Yim Wing Chun est une jeune femme native de Canton. Lorsque son père se retrouve accusé d’un crime, cette dernière quitte Canton pour le mont Tai Leung où elle fait la connaissance de la nonne Ng Mui.
Prise de sympathie pour le père et sa fille, celle-ci décide de les aider et prend Wing Chun avec elle pour la former à ce nouveau style, qui porte, depuis, le nom de la jeune femme.
Wong Shun Leung, né le 8 juin 1935 à Hong Kong et mort le 28 janvier 1997 à Hong Kong, est un pratiquant chinois d'arts martiaux. Il étudia le wing chun auprès de Yip Man.
Très développé à Hong Kong et Taïwan, le Wing Chun a bénéficié au XXe siècle d'une rapide expansion en Europe et aux USA, en raison notamment de la notoriété de l'acteur Bruce Lee dont un des maîtres fut Ip Man et de méthodes modernes d'enseignement. Le style a connu un boom médiatique notamment lors de la sortie du film «Yip Man» en 2008 qui contribua à faire connaître le style et plus récemment encore avec le film «The Grandmaster» sorti en 2013.