"Le chant de l'Alleluia retentit aujourd'hui de façon plus solennelle que jamais ! C'est le deuxième Dimanche de Pâques. C'est le Dimanche "in albis", la fête des vêtements blancs de notre Baptême. C'est le Dimanche de la Divine Miséricorde, comme nous l'avons chanté dans le Psaume 117: "Rendez grâce à Yahvé, car il est bon, car éternel est son amour !..."."
Cardinal Angelo Sodano, Solennité de la Divine Miséricorde, dimanche "in albis", 3 avril 2005
Le dimanche "in albis" n'est momentanément plus assuré.
Lors de la messe de 11h du dimanche 11 avril 2021, chaque baptisé de l'année écoulée a été représenté par un lumignon au pied de l'autel. Toute la paroisse fut invitée à prier pour ces baptisés, leurs familles, leurs parents, les parrains et les marraines qui les accompagnent sur leur chemin de foi. Les baptisés de l'année écoulée ont été invités à venir vêtus de blanc !
A la fin de la messe, tous les lumignons furent emportés par les paroissiens qui ont souhaité continuer de prier pour un(e) baptisé(e), que ce soit un bébé, un enfant, un adolescent ou un adulte de notre paroisse.
Nous souhaitions vraiment que chaque lumignon trouve un coin prière et une maison où quelqu'un prierait pour la croissance dans la foi de la personne dont le nom est sur la bougie. Nous avons été très touchés de l'enthousiasme de chacun pour prendre part à cette communauté de prière, cette communion paroissiale où nous prions les uns pour les autres !
Chers frères et sœurs, bonjour!
Nous savons que chaque dimanche, nous faisons mémoire de la résurrection du Seigneur Jésus, mais en cette période après Pâques, le dimanche revêt une signification encore plus "illuminante". Dans la tradition de l’Eglise, ce dimanche, le premier après Pâques, était appelé «in albis». Qu’est-ce que cela signifie ? L’expression entendait rappeler le rite qu’accomplissaient ceux qui avaient reçu le baptême lors de la Veillée pascale. A chacun d’eux était remis un vêtement blanc — «alba», blanc — pour indiquer leur nouvelle dignité d’enfants de Dieu. On fait cela encore aujourd’hui: on offre aux nouveau-nés un petit vêtement symbolique, tandis que les adultes en revêtent un vrai, comme nous l’avons vu lors de la veillée pascale. Et par le passé ce vêtement blanc était porté pendant une semaine, jusqu’à ce dimanche, et c’est de là que dérive le nom in albis deponendis, qui signifie le dimanche où l’on enlève le vêtement blanc. Et ainsi, une fois le vêtement blanc enlevé, les néophytes commençaient leur nouvelle vie en Christ et dans l’Eglise.
Il y a autre chose. Lors du jubilé de l’an 2000, saint Jean-Paul II a établi que ce dimanche serait consacré à la Divine miséricorde. C’est vrai, cela a été une belle intuition: c’est l’Esprit Saint qui l’a inspiré. Il y a quelques mois, nous avons conclu le jubilé extraordinaire de la miséricorde et ce dimanche nous invite à reprendre avec force la grâce qui vient de la miséricorde de Dieu. L’Evangile d’aujourd’hui est le récit de l’apparition du Christ ressuscité aux disciples réunis au cénacle (cf. Jn 20, 19-31). Saint Jean écrit que Jésus, après avoir salué ses disciples, leur dit: «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie». Ayant parlé ainsi, il fit le geste de souffler sur eux et il ajouta: «Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis» (vv. 21-23). C’est le sens de la miséricorde, que l’on présente précisément le jour de la résurrection de Jésus comme pardon des péchés. Jésus ressuscité a transmis à son Eglise, comme première tâche, sa propre mission d’apporter à tous l’annonce concrète du pardon. Telle est la première tâche: annoncer le pardon. Ce signe visible de sa miséricorde contient en lui la paix du cœur et la joie de la rencontre renouvelée avec le Seigneur.
La miséricorde à la lumière de Pâques se laisse percevoir comme une véritable forme de connaissance. Et cela est important: la miséricorde est une véritable forme de connaissance. Nous savons que l’on peut connaître à travers de nombreuses formes. On connaît à travers les sens, on connaît à travers l’intuition, à travers la raison et d’autres formes encore. Et bien, l’on peut connaître également à travers l’expérience de la miséricorde, parce que la miséricorde ouvre la porte de l’esprit pour mieux comprendre le mystère de Dieu et de notre existence personnelle. La miséricorde nous fait comprendre que la violence, la rancœur, la vengeance n’ont aucun sens, et la première victime est celui qui vit de ces sentiments, parce qu’il se prive de sa dignité. La miséricorde ouvre également la porte du cœur et permet d’exprimer la proximité en particulier à tous ceux qui sont seuls et exclus, parce qu’elle les fait se sentir frères et enfants d’un seul Père. Elle favorise la reconnaissance de ceux qui ont besoin de consolation et fait trouver des paroles adaptées pour réconforter.
Frères et sœurs, la miséricorde réchauffe le cœur et le rend sensible aux besoins de nos frères, à travers le partage et la participation. La miséricorde, en définitive, nous engage tous à être des instruments de justice, de réconciliation et de paix. N’oublions jamais que la miséricorde est la clé de voûte de la vie de foi et la forme concrète par laquelle nous donnons de la visibilité à la résurrection de Jésus.
Que Marie, la Mère de la Miséricorde, nous aide à croire et à vivre tout cela avec joie.
REGINA CÆLI | Place Saint-Pierre | Dimanche 23 avril 2017 | Pape François