Le centre culturel congolais venait à peine d'ouvrir ses portes au public lorsque nous y avons été chaleureusement accueillis pour une petite introduction aux activités qui y sont organisées. Outre les expositions qui y sont présentées, la visite est également intéressante du fait qu'il se trouve installé sur les lieux d'une ancienne écluse - dont il reste des traces - installée sur la Senne, la rivière sur les rives de laquelle s'est construite Bruxelles.
Durant nos rencontres, les membres du groupe ont produit quelques textes, que nous vous proposons de lire ici...
L’écume de toute une indifférence tant inhumaine, brille, me fait haleter, pâlir.
Je pense repartir, revenir au café qui casque au palais, dangereux, bien que la soupe immense des gens marchant m’emporte dans un passage.
Le lait bout, roule blanc, jaune, verni… feu.
Svetlana Derouane, mots piochés dans une liste de mots imposés
Si le tram 51 était un animal...
Un poulain – pour son rythme alternant accélérations et freinages, ainsi que pour son allure attachante, différente de celle d’un cheval.
Un ver de terre : Long, segmenté et résilient, il continue toujours d’avancer.
Un écureuil – en raison des espaces verts qu’il traverse.
Un serpent – pour son parcours sinueux à travers la ville.
Une anguille – pour l’électricité et son lien avec l’eau, longeant le canal.
Un éléphant – imposant, gris, et on voyage à l’intérieur de son "ventre".
Un chien : Fidèle et omniprésent, s’arrêtant souvent, partout.
Un renard : Urbain et adaptable, il se faufile partout en ville, comme le tram.
Un chat : Curieux et discret, il explore et se glisse partout.
Un guépard/Marsupilami : Rapide, agile, symbolisant la liberté, avec une allure jaune distinctive et une "queue" qui traîne.
Des rats mutants : Urbain, mais capable de s'adapter à différents environnements, traversant des réalités diverses comme le tram.
Un chameau : Évoquant une caravane chargée de passagers et de marchandises qui montent et descendent tout au long du trajet.
Un trajet en tram 51, c’est comme si Toots Thielemans voyageait avec un bus mauve qui danse.
Svetlana et Luc, sous la forme d’un cadavre exquis
Que dire du tram 51 ?
Qu’il déverse plusieurs quartiers d’Uccle, de Forest voire de Molenbeek. Ce qui me permet, favorise de si belles rencontres.
Certes cela demande, exige un certain désir afin de se protéger de mésintelligences entre humains totalement étrangers les uns aux autres.
Svetlana Derouane, 5 mots imposés
Si le tram 51 était un pays
Le Chili : Long, étroit, reliant le nord au sud.
Rome : Abondance d’espaces verts et vues panoramiques sur des quartiers variés.
Le monde : Diversité des paysages et des personnes.
Le Portugal (Lisbonne) : Réminiscence des anciens trams de Bruxelles.
Les USA : Par sa diversité de population et ses trams grimpant des pentes.
Disneyland (USA) : Propice aux rêveries et à l’évasion pendant le voyage.
Istanbul : Pour la foule et les couleurs.
La Belgique : "Le trammeke" pour son caractère typiquement belge, abondant et convivial.
Naples : Référence au « tram ‘a mure », un terme napolitain désignant les premiers ascenseurs à rails, devenu une expression pour qualifier une personne rigide ou inflexible.
Le chouc-couch : Pour son allure bringuebalante et chaotique.
Un trajet en tram 51, c’est comme si Tintin jouait avec un vélo bleu céruléen qui pédale.
Svetlana et Luc, sous la forme d’un cadavre exquis
Des beaux quartiers ucclois, le tram 51 nous emmène vers ceux plus populaires d’autres communes mais ils ne sont pas pour autant dénués d’intérêt car ce trajet permet des rencontres orphelines de mésintelligence et qui par là déversent en moi un bien-être joyeux, revitalisant.
Svetlana Derouane, 5 mots imposés
Si le tram 51 était un membre de la famille
Un grand-père : Un lien intergénérationnel qui subsiste et relie les générations.
Un père : Ouvert et rassembleur, comme un tram accueillant de nombreuses personnes.
Une mère : On s’y sent en sécurité, comme sur ses genoux dans l’enfance.
Un adolescent : Parfois distrait et inattentif, oubliant les besoins des usagers (poussettes, personnes âgées).
Un frère : Prêt à aider ou non selon l’humeur, indépendant et imprévisible.
Une belle-mère (ou belle-fille) : Source de petits agacements, comme dans le tram où des situations gênantes peuvent survenir (manque de courtoisie, encombrement).
Le véhicule se dandinait dans tous les sens. Les rails devenaient un peu vieux et devaient sans doute être remplacés. Elle se tenait debout dans la foule qui n’avait pas pu s’asseoir. C’était l’heure de pointe. Il y avait toujours beaucoup de monde après la fermeture des écoles. Elle avait fait ses courses et, avec le charriot qu’elle devait tirer, elle portait aussi d’autres paquets qu’elle avait un peu de mal à transporter tellement il y avait du monde dans ce tram. Elle arrivait à l’arrêt qu’elle devait atteindre. Elle bouscula un peu la foule des passagers pour avancer vers la sortie. Elle descendit du tram et fut instantanément émerveillée.
Luc Demol, fin du texte imposée
Le tram 51 déverse sur la chaussée tous ses occupants. Nous voilà contraints de traverser moults quartiers pour pallier ce changement. Mais cela nous octroie des rencontres chaleureuses qui centrent la conversation sur la mésintelligence.
Svetlana Derouane, 5 mots imposés
Je suis nul ! J’halète et je m’emporte. Je bous, inhumain, passage vague en pierre dans la foule immense des gens qui bougent et s’entassent dans ce grand tram rouge.
L’indifférence pâlit en blanc la ville qui s’emporte plus que le lait qui bout.
Luc Demol, mots piochés dans une liste de mots imposés