Là où la lumière ne s’aventure pas, où les racines du monde se mêlent à la pierre, vivent les enfants de la nuit : les Drows. Nul ne s’accorde sur leur origine véritable. Certains disent qu’ils furent jadis des Elfes, bannis et déchus pour avoir défié les dieux. D’autres prétendent qu’ils naquirent de l’union interdite entre l’ombre et la chair, façonnés par une divinité oubliée. Ce qui est certain, c’est que leur peuple porte à jamais la marque des ténèbres. Leurs yeux, luisant comme des braises dans l’obscurité, percent les ténèbres où d’autres sont aveugles. Leur peau, sombre comme l’onyx, semble avoir bu la lumière elle-même. Leur chevelure, pâle comme la cendre ou argentée comme la lune, tranche avec la nuit qui les entoure. Ils sont maîtres des souterrains, des cavernes sans fin et des cités forgées dans la roche noire, où règnent les échos de leurs chants funèbres et les intrigues de leurs maisons rivales. Leur réputation, au fil des âges, inspira crainte et fascination. On raconte que leur magie est aussi redoutable que leurs lames, qu’ils tissent les arcanes comme d’autres manient le fer. Leur société, bâtie sur la ruse et la force, a engendré des lignées de prêtresses, de sorciers et de guerriers, tous guidés par l’ambition et la survie. Pourtant, tous les Drows ne sont pas prisonniers de leur sombre héritage. Certains cherchent à échapper aux chaînes de leur peuple et à lever les yeux vers les étoiles qu’ils n’ont jamais vues. Mais cela reste rare, car la nuit est jalouse de ses enfants, et peu peuvent fuir son emprise. Ainsi parlent les légendes : les Drows sont les fils et filles de l’ombre, magnifiques et terribles, porteurs d’un héritage que nul autre peuple n’ose réclamer.