Attenante à la seigneurie de Sablonnières et indépendante de cette dernière, celle du Jarriel (aujourd'hui, Le Jariel) appartenait avant 1789 aux Célestins de Paris, puissant ordre religieux établi au sein de la capitale depuis 1352 et qui se constitua dans la région un patrimoine foncier considérable.
Blason des Célestins
« D'azur à une croix d'argent, enlacée d'un S d'or et accostée de deux fleurs de lys du même »
La consistance de cette seigneurie du temps des Célestins est bien connue ; en revanche, ses origines sont plus obscures.
Il est difficile de déterminer l'époque à laquelle la seigneurie du Jariel a été créée. Dans sa Notice historique sur Sablonnières-en-Brie, Bazin avait conjecturé que les terres et essarts « près de Sablonnières » que Robert de Sablonnières avait légués aux Templiers à la fin du XIIe siècle (supra) se situaient au Jariel. Toutefois, aucune source templière connue ne permet de le confirmer et le seul argument avancé par cet auteur en ce sens semble devoir être réfuté. (1)
Sur l'origine de la présence la seigneurie du Jariel dans le patrimoine des Célestins de Paris, qu'il constatait à partir du XVIe siècle, le même historien s'est contenté d'affirmer qu'ils l'avaient probablement reçue en donation de la part du roi de France, sans présenter aucun élément en ce sens. Or, nous en avons découvert un peu plus sur la provenance de cette seigneurie qui a été constituée par la réunion de deux fiefs dont l'acquisition s'est faite en deux temps au XVe siècle, à savoir la seigneurie du Jarriel-en-Brye proprement dite et le fief du Petit Jarriel.
Pour tenter de trouver une trace de la seigneurie du Jariel parmi les nombreux biens que possédaient les Célestins, il était indispensable de se pencher sur la déclaration de leur temporel qu'il firent en 1373. Or, cet inventaire officiel, dont le texte a été reproduit par Hippolyte Cocheris dans son édition de l'Histoire de la ville et de tout le diocèse de Parie de l'abbé Leboeuf, ne mentionne pas de biens au Jariel (2), ce qui signifie qu'ils ont été acquis postérieurement.
Cependant, Cocheris donne à la suite une liste des réductions, effectuées en 1436, des fondations faites aux Célestins de Paris depuis leur établissement, dont les lignes suivantes doivent retenir l'attention : « Fundatio duarum missarum quotidianarum pro dominis Ludovico comite de Stampis, Johanne, fratre ejus, ac domina Maria, eorum matre. Pro qua fundatione primitus habuimus cc libras turonenses redituales, admortizatas in terra et pertinentiis de Monglat et Angerre in Brya. Quam terram per cambium tradidimus domino Philippo de Savoysi, et inde habuimus ab ipso et domino Karolo filio suo terras de Mormans et du Jarriel en Brye, de consensu prefatorum fundatorum prout plenius potest in litteris dicte commutationis. Qui reditus a longo tempore nil valuerunt nec sperantur valere in futuro ; et ideo ad tempus obmittitur eorum fundatio. Verumtamen quotienscumque reditus prefate fundationis provenient pro quota secundum quod plus vel minus valuerint, misse prefate celebrabuntur, habendo respectum ad principalem fundationem » (3). Ce passage peut être traduit ainsi : « Fondation de deux messes quotidiennes pour le seigneur Louis comte d'Etampes, Jean son frère et dame Marie leur mère. Pour laquelle fondation nous avions d'abord 200 livres tournois de rentes, amorties sur les terres et appartenances de Monglat et Augers-en-Brie. Lesquelles terres avons cédées par voie d'échange au seigneur Philippe de Savoisy, et de là nous avons eu de lui et du seigneur Charles son fils les terres de Mormant et du Jarriel-en-Brie ... ». Il fournit deux informations importantes : d'une part, les Célestins étaient déjà propriétaires du Jariel en 1436 ; d'autre part, ils l'avaient acquis de la famille de Savoisy.
Confirmation en est donnée par des lettres de la prévôté de Paris en date du 14 décembre 1415 (4) entérinant un accord passé devant notaires entre Charles de Savoisy (5) et les Célestins de Paris aux fins de mettre un terme à un litige qui les opposait depuis plusieurs années. Les religieux, qui entendaient être payés d'une somme qu'ils disaient leur être due à titre de reliquat et d'arrérages d'une rente perpétuelle assise sur la seigneurie de Montglat (paroisse de Cerneux) qui appartenait auparavant à feu Philippe de Savoisy, avaient, faute pour son fils et héritier Charles d'avoir assis et fait amortir cette rente à leur profit, fait saisir la terre de Montglat et ses autres biens. Afin d'obtenir la mainlevée sur ces possessions, Savoisy accepta, « pour la bonne amour et dévotion qu'il avait et a, à ladite église des Célestins de Paris », de leur abandonner notamment la seigneurie du Jariel dont il était également propriétaire. Les parties s'accordèrent en ce sens (6) et s'estimèrent quittes. Aux termes de cet accord, Savoisy devait faire amortir * à ses frais la terre du Jariel au profit des acquéreurs, mais probablement négligea-t-il de le faire puisque sa fille Isabeau et son époux y furent condamnés le 20 juillet 1454. (7)
Philippe de Savoisy était un chevalier originaire de Bourgogne et possédait plusieurs fiefs. Après avoir servi en Normandie en 1356 et à Nevers en 1359, il fut capitaine et châtelain de Melun en 1364. Trois ans plus tard, il acheta la seigneurie de Montmirail qu'il conserva jusqu'en 1371. Plusieurs fois gratifié par le roi de France pour services rendus, il occupa aussi de hauts offices : concierge du palais royal de Paris en 1358, premier chambellan de Charles V, puis souverain maître d'hôtel de la reine Isabeau de Bavière de 1396 à sa mort survenue en 1398.
Charles de Savoisy était né vers 1368. Il avait été élevé aux côtés du roi Charles VI qui l'avait nommé chevalier d'honneur en 1386, puis son chambellan en 1388. Il avait servi en Italie auprès de Louis d'Anjou, s'était ensuite attaché au frère du roi, le duc d'Orléans et avait pris part en 1398 à l'expédition menée dans le Périgord contre les comtes locaux que le roi avait destitués au profit du duc. Charles de Savoisy était aussi connu pour ses prouesses dans les lices, qui l'avaient amené à partir tournoyer en Angleterre en 1400. Toutefois, son prestige avait ensuite été terni par des violences commises par ses gens. D'abord, en janvier 1403, plusieurs de ses écuyers et valets avaient roué de coups un procureur du roi. Contraint de rester à Paris, il avait obtenu des lettres de rémission grâce à l'intervention du duc d'Orléans. Puis, en juillet 1404, ses serviteurs avaient traversé avec leurs chevaux une procession de l'Université et, ayant été repoussés par des écoliers, étaient revenus à la charge avec du renfort et des armes, blessant à nouveau plusieurs participants. Pour ces faits dont la gravité dissuada le duc de lui apporter une nouvelle fois son soutien, Savoisy avait été condamné, le 22 août 1404, au dédommagement de l'Université, à la fondation de deux chapelles et à la démolition de son hôtel de la rue du Petit Marais. Le roi l'avait de son côté exclu de son hôtel et privé de tous ses offices. Ayant alors quitté le royaume, il avait fait armer à Marseille deux galères et, avec des équipages fournis par Louis d'Anjou, comte de Provence, s'était emparé d'un vaisseau sarrasin et d'un important butin.
Alors que la France avait déclaré la guerre à l'Angleterre, il avait rallié en 1405 le port de La Rochelle d'où, accompagnant une flotte castillane, il était allé attaquer les cotes anglaises.
Après avoir obtenu le pardon du roi, il avait été admis en ses conseils en 1406 et nommé Grand bouteiller de France en mai 1407. Homme de guerre avant tout, il avait entre temps regagné La Rochelle pour prendre part à une attaque des cotes de la Guyenne anglaise et se trouvait en 1408 capitaine de Bar-sur-Seine. En 1410, son mariage avec une riche héritière, Yolande de Rosemach, accrut sa fortune qui comprenait déjà plusieurs domaines en Brie. Il fut ensuite au siège de Bourges en 1412 puis, en 1415, à la bataille d'Azincourt où il fut capturé. Après avoir payé une lourde rançon, il recouvra la liberté et regagna Paris.
Blason des Savoisy
« Chevronné d'or et de gueules, à la bordure engrelée et componée d'argent et d'azur »
Généalogie de la famille de Savoisy :
Cliquer ici
Les lettres de 1415 indiquent aussi que Charles de Savoisy était propriétaire de la seigneurie du Jariel pour l'avoir achetée à feue Catherine de Courances. Cette information est corroborée par d'autres lettres de la prévôté de Paris du 29 février 1411 (8) relatant, près de dix ans après, la cession qui lui en fut faite le 21 octobre 1401, au prix de 2 500 livres* tournois, par « madame Catherine de Courtramblay, dame de Courances, de Cély et du Jarriel-en-Brie », sous réserve de l'usufruit viager de cette dernière (c'est donc seulement au décès de la dame que Charles de Savoisy en devint pleinement propriétaire).
A cette occasion, la venderesse déclarait qu'elle avait elle-même acquis le Jariel pendant son mariage, mais sans préciser quand exactement, ni de qui. On sait seulement, tant par ces lettres que par un aveu et dénombrement qu'elle en rendit le 3 décembre 1397 (9), qu'elle tenait cette seigneurie en foi et hommage de Gaucher de Thourotte et de son épouse (10) à cause de l'hôtel de Champcenest.
Catherine de Courtramblay avait été mariée à Jean Mousseau, « chevalier, seigneur de la ville de Courance en la chastellenie de la Ferté Aleps ». Devenue veuve entre 1372 et 1377, c'est peut-être par besoin qu'elle vendit le Jariel comme elle avait cédé plus tôt le fief de Courances. (11)
Le 2 décembre 1486, les Célestins agrandirent leur domaine en achetant pour 18 écus d'or le fief du Petit Jarriel qui consistait en quelques censives* situées au-dessus du Grand Jarriel qui leur appartenait déjà. Le vendeur, nommé Jehan Albert, avait le titre d'écuyer et demeurait à Boitron (12). Il avait lui-même acquis ce fief avant 1469 de Jehanne Lagrasse, veuve de Jehan de Saintyon. (13)
Comme celle de Sablonnières, la seigneurie du Jarriel comprenait plusieurs censives* et droits seigneuriaux.
En 1397, d'après le dénombrement qui en fut fait, elle se composait de :
- l'hôtel du Jarriel avec ses jardins, le tout d'une contenance d'environ 3 arpents* ;
- environ 9 arpents* et demi de vigne dont 2 arpents en façon et le reste en savart ;
- environ 153 arpents* de bois (15 au Bois de la Garenne, au Bois des Jarries et aux haies d'alentour, environ 24 au Bois du Ru, environ 25 au Bois de la Loge, environ 24 au bois Garlot dessus le Foucheroy, environ 14 au bois des Hantes, le bois de la Ronce pour 24, environ 10 au bois du champ Thurmerel, environ 3 au bois de la Nootte vers Montchevrel, environ 8 au bois des Hayes Driart, 6 aux Hayes Driart et en Lissarton) ;
- environ 10 arpents* de bois et de savarts en la vigne Hissot, aux champs Guayet et aux bois d'alentour ;
- environ 161 arpents* de terre (dont 16 environ au champ dessous la vigne du Jariel, 9 au champ Landry, au Chaillot et autres lieux, 9 aux pièces sur Morin, 20 au champ dessus la garenne et dessous Marlande, 60 à Coupigny et 20 à la Noue) ;
- plusieurs pièces de pré (2 arpents* environ à la Noue, le pré sous le Moutier de Sablonnières, 24 arpents et demi aux prés des Plés et autres lieux) ;
- un jardin d'environ un arpent* à la Noe ;
- la moitié de l'étang de la Noue Profonde, soit environ 4 arpents* ;
- une portion de la rivière à partir du colombier de la motte ;
- le vivier de Crèvecœur contenant environ 4 arpents* « ci comme il se comporte à tout le moulin de la chaussée et le vieux moulin dessus et les salnoves ci comme il se comportent » ;
- environ 4 livres* de cens* payées la Saint-Rémi, portant lods et ventes* sur amende ;
- la taille* d'environ 60 arpents* d'héritages que tiennent plusieurs personnes à taille selon la valeur de ces biens ;
- environ 24 serfs, tant hommes que femmes, taillables à volonté selon leur faculté ;
- la mainmorte* et le formariage* perçus sur ces serfs ;
- environ 6 setiers* d'avoine de coutume payés à Noël, avec 6 chefs de poulaille et environ 20 setiers* en argent, le tout sur amende, portant lods et ventes* ;
- la haute, moyenne et basse justice en tous les lieux ci-dessus.
Lorsqu'elle fut vendue à Charles de Savoisy en 1401, elle se composait ainsi :
- un hôtel, cour, grange, colombiers, jardins, clos de vigne et autres appartenances ;
- le moulin de Crèvecœur qui rapportait habituellement 3 muids*, mais qui était alors baillé à cens* pour seulement 60 sols* ;
- la grange de Coupigny avec 64 arpents* de pré, baillée à 2 nuids* et demi de grain ;
- la grange du Plessier, baillée à 5 setiers* de grain ;
- 80 arpents* de terre arable ;
- 26 autres arpents* de terre ;
- 39 arpents* et demi de pré dont une pièce de 5 arpents située sous le Moutier de Sablonnières et 1 arpent et demi près du vivier de la Noue Profonde ;
- l'étang de Crèvecœur, contenant environ 3 arpents* ;
- les « sauvonniers » dudit étang, baillés à cens pour 25 sols* ;
- les Bois de la Garenne comprenant 5 arpents* de hauts bois ;
- environ 203 arpents et 21 quartiers* de bois ;
- une garenne située entre le Morin et le ru d'Avaleau, valant 60 sols* par an ;
- 3 mailles* de cens* « reçus chacun an le jour Saint-Rémi portant les ventes et amendes de sept sols* six deniers* » ;
- 18 sols* de cens* reçus le même jour à Hondevilliers à peine d'amende ;
- divers droits pécunaires de coutume* perçus annuellement sur chaque hostise*, et payables à la Saint Rémi, à la Saint martin d'hiver, à la Saint-André, le lendemain de Noël, à la Pentecôte et à la Saint Pere, à peine d'amende ;
- le tonlieu* et fouage* qui valait annuellement 10 sols*, sur amende de 60 sols* ou environ ;
- 14 setiers* et un pichet d'avoine ou environ de coutume reçus le lendemain de Noël ;
- 4 chapons de coutume reçus le lendemain de Noël, sur amende, et 19 gelines et demie, un quart et le tiers d'une geline ou environ ;
- 15 livres de taille* due par environ 32 serfs, hommes et femmes (étant ajouté qu'environ 40 jeunes enfants, hommes et femmes de l'hôtel n'étaient plus taillés) ;
- 10 livres de droits de mainmorte* et de formariage* ;
- les corvées de chevaux et de bras, dues en mars et en août, pouvant valoir 100 sols* ;
- 12 livres de concession des droits de justice au Jariel et à Hondevilliers ;
- une rente annuelle de 4 setiers* de grain sur deux particuliers ;
- différents biens situés hors de la paroisse de Sablonnières : la moitié du moulin d'Hondevilliers qui rapportait 30 sols* ; la grange de Grand-Marché, baillée à 4 setiers l'an ; celles de Villiers et de La Trétoire, qui étaient à présent « en désert » ; celle des Bordes, baillée à 3 muids* de blé et 22 sols 6 deniers de rente ; l'étang des Bordes contenant environ 8 arpents* d'eau et un autre de 3 arpents ; les hôtel et grange d'Hondevilliers, avec 60 arpents de terre et 10 arpents de pré, valant 26 setiers* par an. (14)
En 1415, les biens fonciers situés au Jariel étaient :
- l'accin et pourprins* du Jariel, avec d'environ 96 arpents* de terre, et environ 9 arpents* de prés « dont il en y a cinq arpents* à deux herbes et quatre arpents* à une herbe » ;
- environ 23 arpents* et demi de pré ;
- un étang en Noue profonde avec l'herbage et le retrait de l'étang ;
- un autre étang contenant un arpent* et demi « à tout la masure du vieux moulin assis sur la chaussée dudit étang » ;
- environ 149 arpent* de bois dont 9 en une seule pièce ;
- environ 9 arpents* de haut bois ;
- le « fonds à la coutume de Champagne » ;
D'autres biens bâtis en dépendant se trouvaient toujours à Hondevilliers (un hôtel, cour, étables, jardin et accin* avec environ 80 arpents* de terre arable et 6 arpents de prés) mais aussi à Coupigny (une masure avec cour, jardin et accin*, avec environ 80 arpents de terres et 3 arpents* et demi de prés).
Les droits liés à la seigneurie étaient les suivants :
- De « menus cens » qui s'élevaient au total à environ 19 livres* 7 sols*, payés à différents jours de l'année (environ 10 livres à la Saint-Rémi, 12 deniers* à la Saint-Martin, 18 sols* à la Saint-André, environ 7 livres 10 sols le lendemain de Noël avec douze chefs de poulaille, 16 sols à la Pentecôte et 2 sols le jour de Saint-Père) ;
- 10 setiers* d'avoine de coutume payés le lendemain de Noël ;
- 60 sols* de taille réelle due sur des étangs, terres et prés, portant lods et ventes* sous amende ;
- la taille* personnelle payée par plusieurs « hommes et femmes de corps taillables », c'est-à-dire serfs ;
- les droits de mainmorte* et de formariage* ;
- les droits de « tonnil » (tonlieu*) et reyage (réage) ;
- le droit de pêcherie ;
- la haute, moyenne et basse justice en tous lieux qui en dépendaient. (15)
On notera que contrairement à d'autres ordres religieux qui avaient renoncé au servage (qui était la condition naturelle des peuples des campagnes dans la Champagne du XIIIe siècle), les Célestins avaient encore des serfs en ce tout début de XVe siècle. Même si elle avait acquis certains droits, cette population paysanne située au niveau le plus bas de la société laïque demeurait de condition peu enviable. Cultivant une terre sans pouvoir la quitter quitter, le serf ne pouvait transmettre ses biens personnels à ses enfants que moyennant le paiement par ces derniers du droit de mainmorte* et n'était autorisé à épouser une serve d'une autre seigneurie qu'en payant le droit de formariage*. Son seigneur percevait en outre la taille* annuelle sur ses revenus. Au siècle suivant, on ne parle plus de serfs, ces derniers ayant probablement pu racheter leur liberté.
On observera par ailleurs que l'hôtel du Jariel et ses dépendances faisaient déjà à cette époque l'objet d'une exploitation agricole. Les Archives nationales conservent un bail du 10 novembre 1487, par lequel les Célestins donnèrent en location leur maison et leurs terres du Jariel à un laboureur nommé Jehan Crespin demeurant dans le diocèse d'Amiens. Ce bail était consenti pour une durée de 18 ans avec effet au jour de la Saint-Martin. Il concernait d'une part « l'hôtel, maison, grange, étables, fournil, cour, jardins, accin* et pourprins* du Jariel » dont les religieux se réservaient toutefois leur chambre et chapelle, une autre chambre et un grenier jouxtant cette chapelle et la moitié des fruits des jardins qu'ils s'engageaient à cueillir, d'autre part environ 60 arpents* de terre arable, 8 arpents de prés, herbages et pâturages. Le preneur s'engageait à labourer, cultiver et exploiter ces biens moyennant un fermage annuel de 2 muids de blé froment à 12 deniers* tournois le setier* et 1 muid* d'avoine, le tout à la mesure du Jariel et portable annuellement le jour de la Saint-Martin d'hiver, dans les greniers des Célestins, au Jariel ou à l'Ile. Le fermier était expressément autorisé à élever chaque année 12 pourceaux dans les bois des Célestins sans rien leur en devoir. En même temps, était conclu un bail à cheptel par lequel le fermier louait, à compter de la Chandeleur, 18 vaches à lait et 4 suivants moyennant une redevance annuelle de 4 sols* parisis par vache adulte et de 2 sols par génisse, le tout pour 9 années au terme desquelles les parties devaient se partager les bêtes et leur croît. (16)
En une centaine d'années, la seigneurie s'est ensuite étendue. Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, il s'agissait toujours de la ferme du Jariel et de quelques habitations établies aux alentours (le noyau primitif), mais aussi de la ferme du Rousset, de celle de Marlande (17), de celle de la Chenée et du moulin Rayer.
- La ferme du Jariel et ses dépendances ont été décrites de nouveau en détail dans le Terrier de la seigneurie d’Hondevilliers dressé le 13 novembre 1519 (18). Ce document précise que Pierre et Loys Desescoutes, Pierre Darbise et Pierre Legouge à cause de leurs femmes, ainsi que Pierre et Denis Desescoutes (19) comme tuteurs des filles mineures dudit Pierre et de Marion Jacquet leur mère, tenaient ensemble la ferme du Jariel, consistant en « ung manoir nommé le Jarriel ainsi qu’il se comporte en maisons granche estables cour jardin le tout contenant dix arpents* cinquante huit perches* tenant d'une part au chemin de la plastriere d'autre part au chemin du petit Jarriel a Sablonnières du bout a la Garenne et a denis des escoutes et d'autre bout aux douze arpens dessoubz le champ de la vigne », ainsi que 99 arpents 42 perches de terres et 10 arpents de pré en plusieurs pièces :
« Item dix neuf arpens* vingt six perches de terre assis a la Longue Raye tenant d'une part au chemin de Hondevilliers a Rebetz d'autre part aux hoirs jehan de bray du bout au chemin de la plastriere et d'autre bout aux hoirs Denis Breton.
Item ung arpent* trente six perches de terre audict carré tenant d'une part a ladicte ferme et autres dautre part a denis breton dun bout au chemin de la plastriere et dautre bout a la vesve jehan de bray.
Item six arpens* soixante treize perches* de terre assis au champ dit les cinq arpens tenant dune part a la vesve deniset breton et dautre part a une petite ruelle descendant au chasteau Regnard dun bout a Loys et pernot breton et dautre bout au chemin de la plastriere.
Item vingt deux arpents* et ung quartier* de terre assis au champ des grands champs tenant dune part au chemin de la plastriere dautre part a denis des escoutes berthelemy de gouy et alardin breton dun bout a ladite ruelle et dautre bout a la garenne.
Item quarante ung arpent* soixante douze perches* de terre assis au patiz tenant dune part au ru davalot dautre part a ladite garenne et a ladicte ferme et aultres dun bout a Jehan boutat et dautre bout a alardin breton berthelemy de gouy et pernot breton.
Item trois arpents* seize perches* de terre assis es longues raye tenant dune part aux hoirs jacob breton dautre aux hoirs jehan de bray le jeune dun bout a la rue et dautre bout a ladite ferme.
Item quatre arpens* trois quartiers* dix neuf perches assis aux charmois tenant dune part au chemin de la plastriere dautre aux hoirs jacob breton dun bout a denis des escoutes et dautre bout au chemin de la petite merlande a la grande.
Item dix arpents* de pré assis es prez des ples tenant dune part au ru davalot dautre part aux celestins du bout a la riviere du petit morain et dautre bout a jehan boutat et regne messant ». (20)
Le manoir en question était le siège de l'hôtel seigneurial lorsque les officiers des Célestins y étaient de passage et le lieu de paiement des droits seigneuriaux dus à ces derniers. Si on ignore sa forme et sa consistance exacte, le document de 1519 mentionne une chambre de plaids, le « plaidoyé » et également une chapelle et des prisons qui restaient la propriété des Célestins. Un bail du 26 mars 1680 mentionne à nouveau une geôle en laquelle le fermier était tenu de recevoir, garder et nourrir tout prisonnier qui lui était amené (21). Chaque année se tenaient des plaids au cours desquels les affaires locales étaient jugées et les règles rappelées, comme les interdictions de traverser la forêt d'Haute-Roche ou de s'y rendre avec serpe ou cognée à peine de 3 livres d'amende, ou cette de posséder plus d'un caprin et de le laisser divaguer à peine qu'il soit tué en réparation des préjudices causés.
La location des bâtiments et des terres constitua pendant plusieurs siècles une source de revenus pour les Célestins (22). Le Livre terrier ou cartulaire de la seigneurie, justice haute, moyenne et basse d’Hondevilliers, appartenant à MM. les révérends et vénérables religieux prieur et couvent des Célestins de Paris nous apprend que les redevances étaient payables annuellement le jour de saint Martin d’hiver, sur peine de 7 sols* et 6 deniers* tournois d’amende. (23)
En 1680, la ferme était louée à Noël Closier moyennant un loyer annuel de 400 livres*, des fournitures de biens (12 gerbes de paille de seigle) et des prestations de services (6 journées de chariot avec chevaux et harnais, réception et nourriture des bailleurs ou de leurs gens le jour de la recette, mise à leur disposition d'une salle à cet effet, réception et garde des prisonniers dont il a déjà été parlé). Au XVIIIe siècle, elle dépendait du vaste domaine de l'Ile-en-Brie qui comprenait aussi d'autres fermes de la région appartenant aux Célestins de Paris (ferme de la Cour d'Orly à Orly-sur-Morin, celles de la Grosse Maison, de Flagny et de Stagny à Hondevilliers, celle de la Fosse Arbois à Bassevelle, celle de la Garenne à Serris, de Mémorant à Perthes, ferme de l'Isle...). (24)
Le 23 janvier 1762, l'ensemble des revenus de la seigneurie de l'Ile-en-Brie fut affermé pour neuf ans à un marchand de Verneuil-au-Perche nommé Duval chargé de louer les biens à différents exploitants. La ferme du Jariel était alors tenue par Louis Delétain et sa femme Denise Lhoste depuis mars 1753, moyennant un fermage de 900 livres* (25). Elle passa le 31 janvier 1776 à Jacques Delétain et son épouse Denise Lhoste en vertu d'un bail reçu par Maître Colin, notaire à Nogent-l'Artaud, et qui, arrivé à terme le 1er juillet 1785, fut continué jusqu’à la récolte de 1789.
Entre temps, l'ordre des Célestins avait été supprimé et l'administration de ses biens confiée à un régisseur en 1779. A la veille de la Révolution, il s'agissait d'un nommé Gabriel-Louis Gambart qui, le 22 juin 1789, reloua la ferme du Jariel aux époux Delétain pour 9 ans, moyennant un fermage révisé à 2 400 livres payables pour moitié au 1er janvier et autre moitié au 1er juillet. A cette époque, la ferme consistait « en logis et bâtiments pour le fermier appartenances et dépendances d'iceux, jardin, clos, terres labourables, prés et bois contenant ensemble deux cent et dix arpents* » (26). Sa superficie totale, qui n'avait pas changé en 1680 (120 arpents), avait été considérablement augmentée en un siècle. On observera aussi qu'à cette époque, il n'était plus question de geôles ni d'accueil de prisonniers, le bail prévoyant seulement l'obligation pour le fermier d'héberger à ses frais les personnes que l'administrateur enverrait sur place pour constater les réparations à effectuer ou pour d'autres affaires.
Le 27 février 1790, l'administrateur déclarait aux commissaires de la Révolution les revenus provenant des biens des « ci-devant religieux Célestins » et notamment ceux de leurs possessions au Jariel (27). La ferme fut vendue comme bien national le 3 janvier 1791 et adjugée à son fermier Jacques Delétain pour 45 500 livres. (28)
- La ferme du Rousset a été également citée et décrite dans l'inventaire de 1519. Tenue en indivis par Nicolas Doriat, Jehan Doriat l'aîné, Jehan Doriat le jeune, Jehan Larminot à cause de sa femme, Guillot Larminot, Bastien de Gouy et Jean Larminot comme tuteur des mineurs Jacques et Loys Doriat, elle comprenait « Ung pourprins* auquel a maison granche estables masures court jardin et terres le lieu ainsy quil se comporte assis audit lieu du Roussay le tout contenant vingt quatre arpens* et demy dix huit perches* tant pre que terre » (29), auxquels s'ajoutaient 41 arpents 46 perches de terres et de prés :
« Item depuis le chemin de la branche en tenant au long du chemin de la plastriere du coste devers les prez pate … vers la forciere de la not profonde dix sept arpens* un quartier* tenant au long des prez pate dautre part au chemin de la plastriere dun bout devers le roussay au chemin de la branche et dautre bout devers ladite not aux seigneurs.
Item six arpents* de terre assis au long du chemin de la plastriere du cote devers la forciere de la marlande tenant dune part a jehan larminot dautre part a la terre de Resbetz dun bout au chemin de la plastriere et dautre bout aux hoirs jehan de bray.
Item ung arpent* et demy treize perches* et demy de terre assis sur la not profonde tenant dune part a ladite forciere de la not dautre part au chemin de la plastriere du bout et dautre ausdits religieux celestins.
Item neuf arpens* quatre vingt dix perches* de terre entre les prez paté et les prez choppe tenant dune part et dautre ausdits religieux celestins bailleurs.
Item audessoubz de la forciere des prez choppe quatre arpens* trois perches* de terre tenant de toutes pars ausdits religieux celestins bailleurs.
Item dix quartiers* quinze perches* de terre assis pres lestang carre tenant de toutes pars ausdits celestins bailleurs ». (30)
A cette époque, la ferme rapportait annuellement aux Célestins 2 deniers parisis, 13 septiers* de blé et 6 d'avoine au titre des droits de directe, outre le montant du fermage.
- Le moulin de Sablonnières, situé sur le ru d'Avaleau (d'où son autre nom de moulin d'Avalot) consistait, en 1519, en « une maison et molin à bled contenant trois travees les estables court jardin vigne pré et terre le tout contenant neuf arpens* vingt neuf 29 perches ou environ » (31). Il était exploité à cette date par un nommé Jehan Boutat moyennant un loyer de 94 sols* 24 deniers*. Plus tard, les religieux le cédèrent. Il devint une possession du marquis de Sablonnières dans la seigneurie du Jariel, pour moitié dans un premier temps, puis en totalité suite à l'acquisition faite le 6 octobre 1692 de son co-propriétaire Denis Rayer (qui lui avait donné le nom de moulin Rayer). Ses nouveaux propriétaires le faisaient toujours exploiter par un meunier. En 1724, il comprenait les bâtiments, 2 arpents en terre, jardin, chenevière et 6 arpents de pré. Il était affermé pour 200 boisseaux de blé et 200 livres en argent. (32)
Le censier de 1519 indique aussi que les Célestins avaient concédé au nommé Pierre Charpentier « le sault et cours de l'eau de la rivière du petit morin... pour en iceluy sault et cours d'eau faire construire et edifier tant de molins et tels que bon lui semblera, sur une ou deux roues mises audit sault et cours d'eau, excepte molin a bled » (33). Pour cette prérogative, qui était assortie d'un droit de pêche, le censitaire payait chaque année 11 deniers* 50 sols*, un boisseau* et demi d'avoine, un quart de poule et une demi-rame de papier. Il semble ainsi qu'ait existé à Sablonnières, pendant une partie du XVIe siècle, une papeterie dont on ne trouve aucune trace sinon cinq documents trouvés dans les archives des Célestins et datant de 1530 (qui serait l'année de fondation de cet établissement) à 1585. (34)
- La ferme de Merlande (aujourd'hui Marlande) dont l'existence semble plus récente, comprenait au XVIIIe siècle une portion de bâtiments - dont le surplus appartenait en propre au fermier - ainsi que 50 arpents* de terres labourables, 6 arpents* de pré, 75 perches* de pâture, 5 arpents* de bois taillis. Elle aussi devint une possession du seigneur de Sablonnières : d'après une déclaration à terrier du 30 novembre 1724 faite aux Célestins par le marquis de Maupeou, elle était exploitée par Joseph Gutel (35), fermier du marquis et procurait à celui-ci un fermage de 193 livres* 4 sols* 5 deniers* en argent et 100 boisseaux* de blé sur lequel 48 boisseaux* revenaient aux Célestins pour acquit d'une rente seigneuriale sur le moulin de Sablonnières situé dans leur censive* (en outre, le fermier leur devait 10,5 boisseaux* de blé, 3 boisseaux* 2 picotins* d'avoine et 9 livres 12 sols* pour cens* et rentes seigneuriales).
- La seigneurie du Jariel semble avoir aussi compris, bien que le terrier de 1519 ne les mentionne pas, le hameau de La Chenée et la ferme du même nom qui s'y trouvait au début du XVIIIe siècle. Un acte notarié du 25 octobre 1722 concerne une maison sise « au hameau de la Chenée seigneurie du Jarriel paroisse de Sablonnières » (36) et un autre du 16 mars 1720 précise que la ferme de la Chenée, située dans ladite seigneurie, comprenait « sept bouges* de logis ou environ couverts de tuile, chambre servant de cuisine avec four et cheminée, chambres hautes, écurie, grange, étable, bergerie, cour close de murailles devant avec pertuis et grande porte cochère, jardin derrière fermé en pierre sèche et en bois » (37). Concession des seigneurs de Sablonnnières dans la seigneurie du Jariel, elle est mentionnée dans le compte de 1768 cité par Bazin, comme comprenant « bâtiments, 15 arpents* de terre labourable, 3 arpents de pré, 1 arpent de hayes, buissons, et 3 arpents de pâture » (38). En 1789, elle était tenue par Alexis Moreau en vertu d'un bail du 25 mai 1760 et produisait 4 boisseaux de blé et autant d'avoine.
- Elle comprenait aussi, comme le montrent les planches du terrier de la seigneurie Sablonnières « pour la partie du Jariel y attachée », la partie du hameau du Vautron située au nord de la rue du Not. Diverses terres étaient aussi comprises dans cette seigneurie, notamment au lieu-dit Le Not, bordé par un chemin conduisant de La Chenée au Vautron (39). Comme la Chenée, la partie du Vautron en question se trouvait dans la partie du Jariel rattachée à la seigneurie de Sablonnières.
Les Célestins de Paris conservèrent leurs fiefs et cens à Sablonnières jusqu'à la Révolution. En 1790, leurs biens furent confisqués pour être vendus comme biens nationaux. Le Bois de l'Herminat qui leur appartenait aussi fut vendu le 12 thermidor an IV (30 juillet 1796). (40)
Dans le ressort de la seigneurie du Jariel, où l'on observait la coutume de Paris, la justice était administrée par un bailli* nommé par les Célestins. On trouve la trace de quatre de ces officiers qui étaient aussi baillis d'Hondevilliers et de Flagny-le-Petit : Robert Piédefer en 1529 (41), Denis Janvier demeurant à Sablonnières en 1585 (42), Michel Coqu qui demeurait à Hondevilliers et avait aussi le titre de maire des Bordes et prévôt de la Cour d'Orly en 1658 (43), puis François Louis Rayer dans les années 1710. Les affaires judiciaires portées devant la juridiction du bailli faisaient aussi intervenir divers auxiliaires tel le nommé Lancien cité dans les registres paroissiaux de 1740 comme « praticien de la partie du Jariel appartenant au marquis de Maupeou ». Les Célestins avaient aussi leur procureur fiscal (Nicolas Rayer cité dans les registres paroissiaux en 1639, 1645, 1652, 1653, 1654, 1656 et décédé en 1657) et un clerc tabellion juré chargé de recevoir les actes (Anthoine Rayer en 1585) (44). Les jugements rendus en première instance ressortissaient immédiatement du châtelet de Paris. (45)
D'autres fonctions spécifiques liées à la gestion foncière sont identifiées à partir du XVIIe siècle : celle d'un garde-bois assurant la police des forêts dépendant de la seigneurie (Blattier en 1656) et celle d'un admodiateur, officier chargé d'affermer les terres (Nicolas Lyonnet demeurant au Jariel et décédé en 1779).
________
(1) Bazin s'appuyait sur un manuscrit vendu à Londres en 1856, faisant état de l'excommunication en 1242 d'un nommé Arnold de Saurer pour « violences commises dans la maison de Sablonière appartenant aux Templiers ». Or, rien ne permet d'affirmer que cet établissement templier se situait dans notre commune. En effet, il ne faut pas perdre de vue que les Templiers avaient établi vers 1200 une commanderie à Montreuil-aux-Lions en un lieu nommé La Sablonnière, ou Sablonnière. D'ailleurs, lorsqu'il fut vendu, le document de 1242 faisait partie d'un lot (Catalogue of the highly interesting and valuable of historical manuscripts and autograph letters of the late Francis Moore..., Londres, Puttick and Simpson, 1856, n° 347) comprenant aussi un compte de la commanderie de Moisy, à laquelle celle de La Sablonnière fut rattachée en 1357.(2) Tome 3, Paris, Durand, 1867, p. 452. D'après cet inventaire, les Célestins de Paris possédaient les biens immobiliers suivants : leur monastère et plusieurs maisons à Paris, deux arpents et demi de vigne à Dablon-sur-Saine (Ablon-sur-Seine), trois arpents de pré à Dravel-sur-Saine (Draveil), un hôtel et cent arpents de terre à Bondoffle (Bondouffle), plusieurs maisons à Corboeil (Corbeil), vingt livres parisis de rente à Berelle-en-Trie (Bezalles), un hôtel à Chanoy, un hôtel, plusieurs terres et vingt-quatre arpents de bois à Sarris (Serris), plusieurs maisons à Orliens (Orléans) et un pressoir, terres et vignes à Lairez (Lorrez-le-Bocage ?). (3) Op. cit., p. 459, d'après un manuscrit du XVe siècle intitulé Reductio fundationum monasterii celestinorum de Parisius ; Molinier (Auguste), Les obituaires français au Moyen Âge, Paris, Imprimerie nationale, 1890, p. 300-325. Le manuscrit, sur parchemin, est conservé à la Bibliothèque Mazarine (ms. 3330, f° 7).(4) Archives nationales, S 3776 A dossier 1, n° 3.(5) Charles de Savoisy, chevalier et seigneur de Saillenay (Seignelay) fut, comme son père Philippe de Savoisy, grand-échanson de France. Il mourut vers 1420. Sa fille Isabeau avait épousé Louis « Blanchet » d’Estouteville.(6) Elles avaient déjà conclu un accord identique le 28 février 1411 (Archives nationales, S 3776 A dossier 1, n° 2) mais avaient dû le réitérer car les deux notaires qui l'aveient reçu étaient décédés avant d'en avoir délivré les actes.(7) ANSELME (le Père), Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, t. 8, Paris, 1733, p. 551.(8) Archives nationales, S 3776 A dossier 1, n° 2.(9) Archives nationales, S 3776 A dossier 1, n° 5. (10) Chevalier et seigneur de Chastelier, Gaucher de Thourote (mort entre 1414 et 1416) avait épousé Jeanne de Montmorency.(11) BOULAY (abbé L.), La seigneurie de Courances, in Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais, tome 11, 1893, pp. 331-334 et 362). L'auteur reproduit des lettres patentes accordées par le roi Charles V le 19 décembre 1372 en faveur de Jehan Mousseau et mentionne un acte de foi et hommage du 15 juillet 1377 rendu à sa veuve.(12) Peut-être apparenté à Jehanne Albert, épouse de Nicolas de Cullant, sieur de Busserolles en partie, demeurant aussi à Boitron vers 1500 (Archives départementales de Seine-et-Marne, E 807). (13) L'acte de 1486 (Archives nationales, S 3776 A doss. 1, n° 9) indique que l'acquisition du Petit Jariel par Jehan Albert se trouvait mentionnée dans des lettres de la prévôté de Paris en date du 20 juin 1469. (14) Nous proposons une transcription intégrale de ce document.(15) Archives nationales, S 3776 A doss. 1, n° 3.(16) Archives nationales, S 3776 A doss. 1, n° 11.(17) En 1718, la ferme de Marlande, mouvant de la seigneurie des Célestins, appartenait à la famille Désécoutes qui la louait à un fermier nommé Rayer (acte de constitution de procureur aux fins de transaction en forme de partage, passé à Paris le 24 février 1718 - coll. D. L.).(18) Archives départementales de Seine-et-Marne, H 311.(19) La famille Désécoutes était présente au Jariel depuis au moins le XVe siècle. En 1494, Pierre des Escouttes, laboureur demeurant à Nogent-l'Artaud y détenait des biens (Archives nationales, S 3776 A dossier 1). En 1535, Louis et Denis y habitaient toujours (id. et dossier 2).(20) Item dix-neuf arpents vingt-six perches de terre assis à la Longue Raye, tenant d'une part au chemin de Hondevilliers à Rebais, d'autre part aux hoirs Jehan de Bray, du bout au chemin de la Plâtrière et d'autre bout aux hoirs Denis Breton. Item un arpent trente-six perches de terre audit carré, tenant d'une part à ladite ferme et autres, d'autre part à Denis Breton, d'un bout au chemin de la Plâtrière et d'autre bout à la veuve Jehan de Bray. Item six arpents soixante treize perches de terre assis au champ dit les Cinq Arpents, tenant dune part à la veuve Deniset Breton et, d'autre part, à une petite ruelle descendant au château Regnard, d'un bout à Loys et Pernot Breton et, d'autre bout, au chemin de la Plâtrière. Item vingt-deux arpents et un quartier de terre assis au champ des Grands Champs, tenant dune part au chemin de la Plâtrière, d'autre part à Denis Désécoutes, Barthélémy de Gouy et Alardin Breton, d'un bout à ladite ruelle et, d'autre bout, à la garenne. Item quarante-un arpent soixante-douze perches de terre assis au pâtis, tenant d'une part au ru d'Avaleau, d'autre part à ladite garenne et à ladite ferme et autres, d'un bout à Jehan Boutat et, d'autre bout, à Alardin Breton, Barthélémy de Gouy et Pernot Breton. Item trois arpents seize perches de terre assis es Longues Raies, tenant d'une part aux hoirs Jacob Breton, d'autre aux hoirs Jehan de Bray le jeune, d'un bout à la rue et d'autre bout à ladite ferme. Item quatre arpents trois quartiers dix-neuf perches assis aux Charmois, tenant d'une part au chemin de la Plâtrière, d'autre aux hoirs Jacob Breton, d'un bout à Denis Desécoutes et, d'autre bout, au chemin de la Petite Marlande à la Grande. Item dix arpents de pré assis es Prés des Plés, tenant d'une part au ru d'Avaleau, d'autre part aux Célestins, du bout à la rivière du Petit Morin et, d'autre bout, à Jehan Boutat et René Messant. (21) Le document précise que le fermier devait fournir quotidiennement à chaque détenu 12 sols de pain et d'eau. Au titre de ces fonctions, il pouvait prétendre aux droits de geôle et aux frais taxés par le juge pour garde et nourriture.(22) Un Censier de Jariel de 1412 est conservé par les Archives nationales (S. 3842). En 1519, 128 censitaires payaient une redevance annuelle de 72 septiers de blé, 50 d'avoine, 5 poules et demie et le tiers des fruits (Bazin, op. cit., p. 52).(23) Archives départementales de Seine-et-Marne, H 312 ; H 311. Si de nombreuses amendes étaient arbitraires, celles de 7 sols 6 deniers et de 60 sols étaient habituelles depuis le Moyen Âge. A cette époque, la première était très élevée et la seconde ruineuse. Au XIIIe siècle, les maisons des champs se vendaient de 60 sols à 6 livres et les terres arables de 20 à 30 sols d’arpent. A la fin de ce même siècle, 60 sols correspondaient au prix d’un muid* de blé (DOYEN, Recherches et Observations sur les lois féodales, p. 212).(24) Les Archives départementales de Seine-et-Marne conservent un Plan des seigneuries de l’Isle-en-Brie, de Flagny, d’Hondevilliers et du Jariel qui mentionne les bois et étang de l’Isle, la forêt d’Hauteroche, les étangs des Parts, des Bordes, des Brochets, de la Vieille-Chausée, des Auges, des Dames, de Merlande, l’Etang-neuf et l’Etang-carré, la fontaine aux Dames… (H 314). Les Archives nationales possèdent divers titres médiévaux de la ferme de Jariel en Brie, Roussel, Flagny, etc. (S. 3775-3776 et 3815).(25) Archives départementales de Seine-et-Marne, H 316 (Couvent des Célestins de Paris. Domaines. Baux à loyer des fermes, n° 13).(26 )Archives départementales de Seine-et-Marne, H 316 (Couvent des Célestins de Paris. Domaines. Baux à loyer des fermes, n° 41-i-S) ; Archives nationales, S 743.(27) Archives nationales, S. 3743 ; DELARC (Odon Jean Marie), L'église de Paris pendant la Révolution française 1789-1801, tome Ier, Paris, Desclée, De Brouwer et Cie, p. 238 ; LEBEUF (Jean) par COCHERIS (Hippolyte), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, tome III, Paris, Durand, 1867, p. 465.(28) Bazin, Op. cit., p. 55.(29) Un pourpris* auquel a maison, grange, étables, masures, cour, jardin et teres, le lieu ainsi qu'il se comporte, assis audit lieu du Rousset, le tout contenant vingt-quatre arpents et demi dix-huit perches, tant de pré que terre.(30) Item depuis le chemin de la Branche en tenant au long du chemin de la Plâtrière du côté devers les prés Pâté ... vers la forcière de la Noue Profonde, dix-sept arpents un quartier tenant au long des Prés Pâté, d'autre part au chemin de la Plâtrière d'un bout devers le Rousset au chemin de la Branche et, d'autre bout, devers ladite noue aux seigneurs. Item six arpents de terre assis au long du chemin de la plâtrière du côté devers la forcière de la Marlande, tenant d'une part à Jehan Larminot, d'autre part à la terre de Rebais, d'un bout au chemin de la Plâtrière et d'autre bout aux hoirs Jehan de Bray. Item un arpent et demi treize perches et demi de terre assis sur la Noue Profonde, tenant d'une part à ladite forcière de la Noue, d'autre part au chemin de la Plâtrière du bout et d'autre, auxdits religieux Célestins. Item neuf arpents quatre-vingt-dix perches de terre entre les Prés Paté et les Prés Choppé, tenant d'une part et d'autre auxdits religieux Célestins, bailleurs. Item au-dessous de la forcière des prés Choppé quatre arpents trois perches de terre tenant de toutes parts auxdits religieux Célestins, bailleurs. Item dix quartiers quinze perches de terre assis près l'étang Carré, tenant de toutes parts auxdits Célestins, bailleurs.(31) Une maison et moulin à blé contenant trois travées, les étables, cour, jardin, vigne, pré et terre, le tout contenant neuf arpents vingt-neuf perches ou environ.(32) Déclaration fournie le 30 novembre 1724 par le seigneur de Sablonnières aux Célestins – Archives départementales de Seine-et-Marne, E 740.(33) Le saut et cours de l'eau de la rivière du Petit Morin... pour, en ce saut et cours d'eau, faire construire et édifier tant de moulins et tels que bon lui semblera, sur une ou deux roues mises audit saut et cours d'eau, excepté moulin à blé.(34) STEIN (Henri), La papeterie du Jariel à Sablonnières (Seine-et-Marne) au XVIe siècle, in Le Bibliographe Moderne ; Courrier International des Bibliothèques, vol. XVIII, 1916, juillet-octobre, p. 167-172.(35) Archives départementales de Seine-et-Marne, E 740. Il s'agit peut-être de Joseph Gutel, laboureur, né à La Trétoire le 7 avril 1710 et décédé à Sablonnières le 11 mars 1774, marié en 1736 avec Marie Anne Lamiche qui lui donna douze enfants, puis, en 1774, avec Marie Larrede.(36) Archives départementales de Seine-et-Marne, 221 E 231, 1722, acte n° 22.(37) Archives départementales de Seine-et-Marne, 221 E 231, 1720, acte n° 18.(38) Op. cit., p. 39.(39) Il en est question dans plusieurs actes notariés (Archives départementales de Seine-et-Marne, 221 E 231, acte n° 12 du 16 mars 1721 portant sur 28 perches de pré « au lieu dit le Not Seigneurie du Jarriel » ; acte n° 14 du 10 avril 1721 : « c'est asçavoir au lieu dit le Not Seigneurie du Jarriel 55 perches de pré et hayes en hache tenant à la rue qui conduit de la Chenée à Montvautron »). Le Not est aussi cité dans une déclaration à terrier du 2 décembre 1774 faite aux Célestins seigneurs du Jariel (Archives départementales de Seine-et-Marne, E 1575).(40) BAZIN, Op. cit., p. 56.(41) Il était licencié es lois, avocat et conseiller pour le roi au Châtelet de Paris, seigneur de Combeaulx (Archives nationales, S 3775 A dossier 2, n° 9).(42) Denis Janvier était « praticien en cour laie » demeurant à Sablonnières (Reconnaissance de cens du 12 février 1553, Archives nationales, S 3775a, dossier 1, n° 1 ; donation mutuelle avec son épouse Marguerite Le Teigneulx, du 8 juillet 1560 – Archi. nat., Y//94-Y//103, fol. 318 V° ; donation à Denis Janvier, enfant trouvé, d'immeubles au Bois-Frémy, du 28 février 1577 – Archives nationales, Y//112-Y//118, fol. 152 ; donation à Denise, Marguerite et Louis de Compiègne, de la moitié de ses biens meubles et immeubles sis en la seigneurie de Sablonnières et celle du Jariel, du 12 janvier 1577 – Archives nationales, Y//112-Y//118, fol. 150 V°). En 1585, il est cité comme « praticien en cour laye, bailly général civil et criminel des bailliages, terres et seigneuryes du Jarriel, Hondevilliers et Flagny le Petit en Brye » (Archives nationales, S 3775a, dossier 2, n° 26).(43) Livre terrier ou cartulaire de la seigneurie, justice haute, moyenne et basse d’Hondevilliers, appartenant à MM. les révérends et vénérables religieux prieur et couvent des Célestins de Paris, Archives départementales de Saine-et-Marne, H 312). On appelait maire un bas justicier ou le détenteur de droits pécuniaires démembrés d'une seigneurie plus importante, autrement dit une sorte de seigneur sans terre. (44) Reconnaissance de cens du 16 juillet 1585 (Archives nationales, S 3775 A dossier 2, n° 26).(45) Code de l'Hôpital-général de Paris, Paris, Thiboust, 1786, p. 636.Accin : enclos.
Amortir (une rente) : l'éteindre en dédommageant le créancier ; (une terre) : en éteindre les droits et revenus (notamment une rente dont elle sert d'assiette) en obtenant du roi, moyennant finance, des lettres d'amortissement ayant pour effet de la concéder à des gens de main-morte (notamment à une communauté religieuse) pour la placer hors du commerce.
Arpent : unité de surface.
Arrière-ban : service militaire dû au suzerain par ses vassaux.
Aubaine (droit d') : droit du seigneur de recueillir les biens d'un étranger (aubain) mort dans l'étendue de sa seigneurie*.
Aveu et dénombrement : déclaration écrite inventoriant et décrivant les terres constituant un fief, faite par le titulaire de ce fief à son suzerain lors de chaque mutation.
Bailli : officier de justice en charge d'un bailliage*.
Bailliage : juridiction connaissant en première instance de certaines affaires criminelles ou dans lesquelles des membres de la noblesse étaient en cause (à charge d'appel devant le parlement), et en appel des sentences des juridictions inférieures.
Ban : service militaire dû au roi par ses vassaux immédiats.
Banlieue : territoire soumis au pouvoir d'un seigneur autour d'une ville.
Boisseau : douzième de setier*.
Bouge : pièce.
Cens : redevance annuelle en argent ou en grains, due par tout propriétaire de biens fonciers (censive) situés dans l'étendue de la seigneurie*.
Censitaire : tenancier d'un bien foncier assujetti au cens.*
Châtellenie : circonscription développée autour d'un château-fort et contrôlée par un châtelain.
Confiscation (droit de) : droit pour le seigneur de réunir à sa seigneurie les biens des condamnés à mort.
Coutume (droit de) : droit en nature perçu annuellement par le seigneur sur certains propriétaires.
Denier : douzième de sol*.
Desssaisine (droit de-): droit payé au seigneur par le cédant d'un bien foncier dépendant de sa seigneurie*.
Douaire : portion de biens dont le mari réserve l'usufruit à son épouse dans le cas où celle-ci lui survivrait.
Fief : bien ou ensemble de biens immobiliers ou de revenus (très souvent une seigneurie*) concédés moyennant un service en vertu d'un contrat entre un suzerain (concédant) et un vassal (concessionnaire).
Foi : serment de fidélité du vassal envers son suzerain, généralement couplé avec l'hommage*.
Fondation de messes : contrat en vertu duquel un établissement religieux (église, monastère...) s'engageait à perpétuité à célébrer ou faire célébrer une ou plusieurs messes, à dates fixes, en la mémoire d'une personne en contrepartie d'un don.
Forcière : petite réserve d'eau utilisée comme vivier à poisson (avec les étangs et les fosses, elle garantissait l'approvisionnement en poisson les jours d'abstinence imposés par la religion).
Formariage : droit dû à son seigneur par son serf en cas de mariage avec une serve étrangère à la seigneurie*.
Fosse : petite retenue d'eau où l'on élevait du poisson (avec les étangs et les forcières*, elle garantissait l'approvisionnement en poisson les jours d'abstinence imposés par la religion).
Fouage : droit dû au seigneur, par foyer, sur les biens roturiers.
Greffe (droits de) : droits perçus sur les actes de la justice seigneuriale.
Hommage : conclusion ou renouvellement du lien vassalique unissant un seigneur à son suzerain.
Hostise : chaumière habitée par un serf (oste), moyennant redevance.
Lige (homme-) : vassal tenu envers son suzerain de l'assister en ses conseils, de le servir militairement sans limite de temps et de se soumettre à sa justice.
Livre : unité monétaire royale (à partir du XIIIe siècle, la livre tournois a progressivement remplacé la livre parisis avec laquelle elle coexistait, pour devenir l'unique monnaie de compte jusqu'en 1795).
Lods et ventes : droit perçu par le seigneur sur la mutation de biens fonciers situés dans sa seigneurie*.
Maille : petite monnaie.
Mine : demi-setier*.
Morte-main (ou mainmorte) : incapacité pour un serf de disposer de ses biens ; droit reconnu au seigneur de prendre les biens d'un serf décédé sans enfant, puis droit perçu par le seigneur sur ces biens.
Mouvance : dépendance, pour un fief.
Muid : unité de capacité utilisée pour les grains, de valeur variable selon les espèces, les époques et les lieux. Le muid de blé correspondait environ à 1,8 hectolitre et celui d'avoine à 3,7 hectolitres.
Perche : centième d'arpent*.
Picotin : mesure de capacité utilisée pour l'avoine donné aux chevaux et valant environ 2,5 litres.
Plaids : assemblée où se tenaient les audiences judiciaires.
Pourpri(n)s : enclos.
Quarteron (de paille) : vingt-cinq gerbes.
Quartier : quart d'arpent*.
Rachat ou Relief : droit de succession dû au seigneur par les héritiers de tout censitaire* décédé dans sa seigneurie*.
Saisine (droit de-) : droit payé au seigneur par l'acquéreur d'un bien foncier dépendant de sa seigneurie*.
Seigneurie : ensemble de biens fonciers, droits et redevances sur lesquels une personne (le seigneur) exerce un pouvoir économique et judiciaire.
Setier : unité de capacité utilisée pour les grains, de valeur variable selon les espèces, les époques et les lieux.
Sol : vingtième de livre*.
Sur-cens et rente : majoration du cens*.
Terrier (ou papier-) : registre du dénombrement et des déclarations des particuliers relevant d'une seigneurie, avec le détail des droits, cens * et rentes dus au seigneur pour chacune de leurs possessions foncières.
Tonlieu : droit perçu par le seigneur sur l'exposition des marchandises ou leur passage des rivières.