L'église de Saint Marcel a subi plusieurs reconstructions, dont la dernière date de 1828. Le clocher est plus ancien, il est daté de 1766, et plusieurs pierres témoignent que l'édifice a souvent été remanié, reconstruit ou restauré dans le passé.
Au dessus de l'entrée, on peut remarquer une inscription: "Celui qui habite dans les cieux réside en ce saint lieu et en est le protecteur." Sous cette phrase se trouvent des caractères difficiles à lire et à interpréter, peut-être une allusion au deuxième livre des Machabées. Une belle coquille de Saint Jacques orne le tout.
Sur le mur latéral gauche du chœur, un ancien retable d'autel a été apposé. Sculpté de fort belle manière dans une pierre calcaire, il représente un Christ en croix, accompagné des douze apôtres, tous placés dans des niches surmontées de dais gothiques.
On peut reconnaître certains apôtres grâce aux attributs qui sont représentés: Matthieu et son épée, Jean et son calice au serpent, Pierre et une clef, André et sa croix en X...
De très belle facture, alliant finesse et précision, cette sculpture pourrait dater du XVème ou XVIème siècle. Elle devait sans doute faire partie de l'autel de l'église, et au gré des travaux de restauration, elle a ensuite été placée sur un mur extérieur côté cimetière. Dans son ouvrage "Mars la Tour et son monument national", publié en 1893, Emile BADEL constatait avec regret qu'elle n'était pas à sa place et proposait qu'on la déplace à l'intérieur de l'église. C'est ce qui a été fait quelques années plus tard...
Sur le mur extérieur du chevet de l'église est encastrée une émouvante pierre tombale datée de 1664. On peut y lire: "Ci gît Henriette de MARS, fille à Messir François de MARS, chevalier seigneur de Vazelle, Viller et autres lieux, laquelle trois jours après sa naissance alla à Dieu le 10 septembre 1664". Sous l'inscription sont figurées les armoiries de la famille.
Près de l'église se trouve un monument datant probablement du début du XIXème siècle, représentant une croix. Quatre saints sont représentés en bas relief sur chaque face du monument. Sur la façade, on reconnaît un Saint Michel ailé, avec sa balance, son armure et son glaive.
Sur la base du monument, on peut lire des inscriptions consacrées à la famille de Jean François Louis METHLIN (1791-1864), propriétaire et cultivateur de la ferme de Caulre, et dont le père, François MATHELIN ou METHLIN (1737-1809) était également admodiataire de Caulre. Jean François Louis METHLIN était marié à Marie DELATTE, originaire de Woippy.
Inscription visible sur le devant du monument: "Au pied de ce monument est placé le corps de Daniel METHLIN, ce vertueux jeune homme fut par sa bonne conduite (...) sa courte carrière (...) de satisfaction pour ses parents. Il mourut le 17 décembre 1835 à l'âge de (...) ans".
Inscription sur le côté droit du monument: "Au pied de ce monument est placé le corps de Jean Louis METHLIN, ce bon et estimable fils fut édifiant durant sa vie pleine de vertus, qui honore son souvenir. Il mourut le 29 décembre 1835 à l'âge de 18 ans".
Autre inscription, sur la gauche du monument: "Au pied de ce monument repose le corps de Marie Anne METHLIN. Elle fut douée des plus précieuses vertus dont elle donna l'exemple et qui firent l'ornement de ses jours, couronnés par une fin édifiante. Il plut à Dieu d'enlever ce vrai modèle de son sexe le 8 février 1836, à l'âge de ... ans"
Datés de 1902 et de 1927, les vitraux sont l’œuvre de Emmanuel Champigneulles de Bar le Duc (vitraux de 1902) et de Michel Thiria de Metz (vitraux de 1927). Ils portent les armoiries de la famille De Carrey d'Asnières, dont on retrouve un bel ensemble de tombes dans le cimetière et qui est sans doute la famille commanditaire des vitraux, dont la plupart représente des scènes bibliques ou évangéliques.
De tous les "saints Marcel" qu'on peut dénombrer dans l'histoire de l'église (sept ou huit...), il est un peu délicat de savoir lequel correspond à notre village. Un vitrail de l'église lui est consacré. Représenté sans barbe, avec une tiare, une férule papale et un livre, tout laisse à penser qu'il s'agit de Saint Marcel pape. Il est possible également que ce soit Saint Marcel évêque de Paris, souvent représenté imberbe mais avec une crosse et une mitre.
Marcel 1er est né à Rome en 255. Après avoir exercé un rôle important dans l'église romaine après 305, il devient pape en 308. Mais il est vite banni de Rome par l'empereur Maxence et meurt en 309. Il est vénéré comme saint par l'église catholique et sa fête est traditionnellement célébrée le 16 janvier. Certains récits mentionnent qu'il aurait été condamné par Maxence à soigner les chevaux, raison pour laquelle il serait devenu le saint patron des palefreniers.
Celui qui fut un des grands évêques de Paris naquit dans une humble famille, près du Petit-Pont, non loin de l'emplacement actuel de Notre-Dame. L'histoire retient de saint Marcel qu'il présida le concile qui se réunit à Paris en 360-361. Les évêques des Gaules y proclamèrent solennellement leur foi en la divinité du Christ telle que l'avait définie le premier concile de Nicée en 325. L'administration romaine n'existe pratiquement plus, ébranlée par les invasions barbares. Saint Marcel prend le relais des institutions défaillantes. Il s'oppose aux bandes armées, il assainit les marais des bords de la Bièvre, il est proche des petites gens qui sont encore païens pour la plupart. "La vitalité de Paris et de son Église, dans les siècles qui suivent, repose en grande partie sur son œuvre."
Neuvième évêque de Paris, sa fête est célébrée le 1er novembre. Une église porte le nom de cet évêque, mort en 436, qui avait lui-même choisi, pour lieu de sépulture, un emplacement situé à l'angle sud que forment aujourd'hui le boulevard Saint-Marcel et l'avenue des Gobelins.
Comme sur beaucoup de monuments, de murs ou de différents supports d'architecture, il est fréquent d'observer des graffitis, comme si le passant voulait laisser la trace de son passage sur les lieux... Ces écritures sont souvent des témoignages intéressants, comme sur la base du clocher, où on peut en voir plusieurs, dont une qui est datée du 17 septembre 1786 et signée "DP". On peut remarquer une ancienne façon d'écrire septembre : 7bre.
La paroisse de Saint Marcel fait partie du regroupement de paroisses Sainte Claire en Jarnisy, elle compte 36 communes et il est possible de trouver plus de détails sur son site internet.