Le village est très ancien et remonte sans doute au moins à l'époque gallo-romaine. Il est possible que l'emplacement corresponde à l'antique Ibliodurum (mot d'origine celte qu'on pourrait traduire par "place de l'épervier"), station fréquentée près de la voie romaine.
Reliant Reims à Metz, le tracé de cette route, parfois incertain, suit une belle ligne droite au Sud du village. La présence de la voie romaine a naturellement généré la construction de villas à proximité. Plusieurs emplacements d'habitations rurales de l'époque gallo-romaine sont recensées dans les villages avoisinants et il peut arriver de voir affleurer des traces dans les champs labourés (tuiles...), mais aucun vestige gallo-romain important n'a été mis à jour sur le ban de la commune, si ce n'est la présence de la voie romaine.
Ibliodurum est un village étape situé sur cette voie, mais il est difficile à localiser précisément, peut-être entre Saint Marcel et Vionville, ou même plus loin. Une borne milliaire de cette époque a été retrouvée en 1874, elle est maintenant au musée de la Cour d'Or à Metz. Cette borne était dédiée à l'empereur Nerva et datée de 97 de notre ère. Mais aucun autre vestige n'ayant été découvert sur la commune, cette hypothèse d'une station routière à l'emplacement même de Saint Marcel reste pour le moins douteuse...
Ancienne seigneurie remontant à l'époque des carolingiens, autour d'une abbaye fondée en 749 par Chrodegang, évêque de Metz, la Terre de Gorze comprend une vingtaine de villages, dont Saint Marcel et la ferme de Villers aux bois. Elle est totalement indépendante jusqu'en 1661, date de son rattachement à la France lors du traité de Vincennes, signé le 28 février 1661 entre le duc de Lorraine Charles IV et Mazarin pour le roi de France Louis XIV.
L'abbaye de Gorze aura un rayonnement extraordinaire pendant plusieurs siècles par le travail de ses moines sur le chant liturgique. Le chant gorzien devient vite le chant messin (cantilena metensis) et sera adopté comme chant liturgique officiel de l'église sous le nom de chant grégorien, en hommage au pape Grégoire le Grand. Naturellement, ces origines sont très difficiles à valider et plusieurs autres hypothèses sont émises actuellement par les spécialistes...
Curieux monument que cette croix des soldats, à la lisière d'un bois près du hameau de Caulre, qui mentionne la mort de trois soldats napoléoniens, "victimes de la retraite de 1814". Autrefois en bois, elle a été remplacée récemment par une croix en pierre, provenant d'une tombe abandonnée. Sur l'arrière, on peut lire "ici repose la dépouille de ... décédée le 26 ... 1909, à l'âge de 60 ans...". Plusieurs graffitis ont été gravés (1916, 1911...)
Après la désastreuse campagne de Russie en 1812, les armées napoléoniennes se replient peu à peu vers la France. En 1813, une coalition se met en place contre Napoléon 1er, regroupant les armées de la Russie, de l'Angleterre, de la Prusse, et bientôt de l'Autriche et d'autres états. Les alliés repoussent progressivement l'armée napoléonienne vers Paris, et entre décembre 1813 et avril 1814, Napoléon tente d'arrêter cette invasion des coalisés. En janvier 1814, depuis Francfort, Blücher marche vers la Lorraine. Le 25 janvier, les coalisés ont dépassé Verdun et Blücher n'est plus qu'à 150 km de Paris.
C'est sans doute au cours de cette avancée des troupes coalisées, que cette croix a été érigée, maintenant le souvenir d'une armée napoléonienne en échec, et présageant la fin proche de l'empire...
Durant toute l'année 1814 les armées des alliés vont progresser jusque Paris. Malgré quelques victoires, Napoléon subira sa dernière défaite à Waterloo en juin 1815, avant d'être exilé à Sainte Hélène. L'empire sera remplacé par une monarchie constitutionnelle dirigée par Louis XVIII, jusqu'à la révolution de 1830...
En 1870, la prétention d'un prince prussien à la succession du trône d'Espagne crée dans le milieu politique français des désaccords qui vont aboutir à une déclaration de guerre de la France contre la Prusse, le 19 juillet. L'armée française se déploie aux frontières de l'Est, les premiers conflits ont lieu à Spicheren en Moselle et à Woerth en Alsace le 6 août. Les prussiens prennent l'avantage, obligeant les français à se replier sur Metz. Napoléon III, affaibli par la maladie, confie le commandement des armées à BAZAINE, qui décide d'un repli vers Châlons. Mais les prussiens, plus rapides dans leurs déplacements, occupent Mars la Tour et empêchent la progression des troupes françaises. Une violente bataille oppose les deux camps à Rezonville le 16 août, le village de Saint Marcel est traversé par les armées prussiennes et la bataille se déroule près de la voie romaine.
Bazaine choisit alors de se replier sur le plateau entre Gravelotte et Rezonville. C'est là que se déroulera le 18 août une des plus sanglantes batailles de la guerre, faisant plus de 30 000 morts. L'issue du combat est incertaine et BAZAINE décide néanmoins de se replier sur Metz. L'armée du Rhin y subira un siège jusqu'au 27 octobre, date de la capitulation.
L'armée prussienne continue sa progression, la ville de Sedan capitule début septembre, et le siège de Paris commence le 20 septembre. En décembre, l'armée de la Loire est battue, la guerre est perdue...
Le 18 janvier 1871, l'empire allemand est proclamé dans la galerie des glaces du château de Versailles, en mars, les troupes allemandes défilent sur les Champs Elysées, et le 10 mai est signé le traité de Francfort, cédant l'Alsace et une Moselle redécoupée à l'état allemand. D'abord situé en Moselle, le village de Saint Marcel restera en France suite à cette modification des départements.
Le 16 août 1870, alors que l'armée prussienne installée à Mars la Tour essaie de progresser vers Gravelotte pour contraindre l'armée française à se replier sur Metz, les violents combats de Vionville et Rezonville ne donnent pas les résultats attendus, tant la mêlée est confuse. Vers 14h, Von Bredow lance sa cavalerie le long de la voie romaine, traversant les lignes françaises avec violence.
Mais la cavalerie de Forton, dissimulée derrière le bois de Villers, viendra s'interposer brutalement. Surprise et impuissante, la cavalerie prussienne fera demi-tour, traversera de nouveau les lignes françaises en subissant d'énormes pertes. Sur les 800 chevaux prussiens lancés dans cette offensive, à peine la moitié réussira à rejoindre ses lignes. Ce qu'on appellera plus tard "la chevauchée de la mort" restera comme un des derniers combats de cavalerie de l'histoire...
Bazaine ne saura pas profiter des différents avantages que son armée lui aura fourni cette journée du 16 août. Le soir même, toute l'armée française se repliera sur le plateau de Saint Hubert, laissant les prussiens rejoindre Gravelotte et Vernéville, avant la terrible bataille du 18 août...
Dans son ouvrage "Français et Allemands, histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871" publié en 1888, Dick de Lonlay décrit la journée du 17 août dans ces termes:
Bien que des milliers de blessés aient été évacués sur Metz, tous les villages de la contrée regorgent de victimes de la lutte de la veille. A Gravelotte, à Rezonville, à Saint-Marcel, à Butricourt, à Doncourt-en-Jarnisy, au dessus de presque toutes les portes, on a improvisé, avec une serviette blanche et deux bandes d'étoffe rouge le drapeau de la convention de Genève. La chaleur étant étouffante, les fenêtres sont ouvertes et on aperçoit couchés sur la paille, dans les salles basses, de nombreux blessés.
La proximité immédiate des combats de 1870 a provoqué à Saint Marcel des épreuves très dures, comme en témoigne Mr Bertrand, maire de la commune :
… Le 16, la bataille a commencé à 9 heures du matin et a duré jusqu’à 8 heures du soir. Les blessés ont commencé à arriver dans le village à 2 heures de l’après-midi et cela a duré jusqu’à 7 heures du matin du 17. À 5 heures du soir, je reçois l’ordre de l’intendant de requérir toutes les voitures de la commune et de tous les villages environnants. Les convois ont commencé immédiatement à se diriger sur Metz, ce qui a duré jusqu’au lendemain, à 10 heures du matin. À 11 heures, j’ai donné un reçu comme quoi il n’y avait plus de blessés à la commune. Un intendant m’a donné des instructions en me prévenant que je devais dresser un acte de décès pour chaque soldat mort sur le champ de bataille. Je me suis adressé à M. le général Changarnier (°1793, †1877, monarchiste, placé en retraite en 1852, membre du Quartier-Général de Napoléon III/Bazaine en 1870.) qui m’a dit que je n’avais qu’à me rendre sur le champ de bataille et à prendre de chaque homme le numéro du régiment et le numéro matricule, que l’on demanderait ces états à tous les maires.
Les corps d’armée ont commencé à se retirer sur Vernéville et Amanvillers vers 8 heures du matin. À midi, un exprès vint me dire qu’il y avait 1500 blessés français à Villers-aux- Bois, qui dépend de Saint-Marcel, et qui étaient restés sans médecins, sans infirmiers et sans vivres. Je l’ignorais quand j’ai signé le reçu. J’ai donc de suite écrit une lettre et envoyé un exprès au Quartier Général qui était à Vernéville, mais je n’ai reçu aucune réponse, et n’ayant ni médecins, ni infirmiers, je me suis empressé d’envoyer des hommes et des femmes pour panser ces malheureux et leur donner à manger. On a immédiatement tué une vache et les habitants ont fourni du pain. Les femmes qui se sont le plus dévouées pour panser les blessés sont: MMmes Baron et Lemoine, de Villers-aux-Bois; MMmes Bertrand, Camut, veuve François et Mlle Hennequin de Saint-Marcel.
Dans l’après-midi du 17, je me suis assuré qu’il y avait du monde pour soulager les blessés et me suis transporté sur le champ de bataille avec des hommes et une voiture pour ramasser les morts; je me suis assuré du numéro du régiment et du matricule et ai réuni tous ces morts dans une grande fosse, près du village.
Le 18 au matin, je suis parti avec deux hommes, et une voiture à l’ambulance de Villers-aux-Bois. C’était navrant de voir l’état dans lequel étaient ces pauvres malheureux; il y en avait plein les maisons, les cours, les granges, le hangar et les jardins, jusque dans les fossés. Nous avons chargé 21 corps morts. On a pansé les blessés jusqu’au 20, date de l’arrivée de l’ambulance prussienne. J’ai ensuite mis à disposition de l’ambulance deux hommes pour enterrer les morts. Ces hommes sont Baron et Alexandre, ils ont tout enterré et d’autres hommes ont fait les fosses. Deux voitures ont été fournies pour conduire les blessés, aussitôt qu’ils pouvaient le supporter.
Il fallait cinq à six femmes par semaine pour laver le linge, ce qui était le plus dur pour un petit village comme Saint-Marcel, surtout que le directeur de l’ambulance a persisté à faire laver tous les linges dans la cuisine du château et sur les tables. J’y suis entré plusieurs fois, c’était une vraie peste. Ces pauvres femmes étaient obligées de se boucher le nez en dernier lieu: il y a deux femmes qui sont mortes victimes de leur dévouement.
Ce qui nous rendait encore plus tristes, c’est qu’on ne pouvait rien donner à ces malheureux, parce que le 18 août, jour de la bataille de Saint-Privat, le village de Saint-Marcel a été pillé entièrement, en fait de nourriture et de bestiaux. Les habitants ont été onze jours sans pain.
Le 20 août, il est arrivé un corps de 10 000 hommes qui a bivouaqué sur le territoire de Saint-Marcel pendant dix jours. Les habitants étaient ruinés de leur nourriture, la cavalerie a ruiné le fourrage et l’eau; il n’y avait plus qu’une source, on a placé des factionnaires pour empêcher les gens d’y aller.
Le 1er octobre, il est arrivé des magasins de fourrage et de vivres à Caulre (dépendance de Saint-Marcel), qui sont restés jusqu’à la fin de l’occupation, il y avait une grange qui était en construction, ils ont démoli la charpente et l’ont enlevée, puis les pluies ont détrempé les murs, il est tombé une pointe de pignon sur un de leurs magasins qui a brisé beaucoup de tonneaux d’eau-de-vie. De peur que le reste du mur ne les écrase, ils ont renversé les bâtiments totalement et brûlé les restes de la charpente qui n’avaient pas été enlevés. Le propriétaire en a été quitte en la faisant reconstruire en 1871.
Le 5 septembre, il était aussi arrivé 7000 hommes dans la commune, loger chez les habitants; il y avait des maisons qui en avaient 500 et c’est seulement ceux-là qui ont apporté la peste dans le village; il n’y a pas de maux qu’ils n’aient fait endurer aux habitants: la prison et la schlague. Ils sont partis le 1er octobre. Après cela, il nous est arrivé une colonne de 250 voitures de convoyeurs qui sont restés jusqu’au 1er novembre.
Ceux-là ont mangé le reste des râteliers et des mangeoires; après ceux-là, nous avons eu encore quelques logements jusque vers le mois de janvier. Ensuite, c’était les contributions et les réquisitions.
En somme, ils ont laissé le village de Saint-Marcel, sans pain, sans eau et sans bois. Il n’a manqué dans le village que l’incendie. Ce qui prouve que le village a été épuisé, c’est le chiffre de 300 201 fr (trois cent mille deux cent un), que la commission cantonale a adopté pour les pertes des habitants dans une commune de 36 habitants (ménages).
Bertrand, maire de la commune de Saint-Marcel, l’Est Républicain du lundi 18 août 1890.
Avant 1870, la commune de Saint Marcel était en Moselle. Suite au traité de Francfort signé le 10 mai 1871, les départements de Lorraine sont redécoupés avant la cession de la Moselle et de l'Alsace à l'état allemand. En particulier en raison de son sous-sol riche en minerai de fer, toute la partie nord-ouest de la Moselle est rattachée à la Meurthe, qui devient la Meurthe et Moselle. D'autre part, toute la partie nord-est de la Meurthe est rattachée à la Moselle. Enfin, une petite partie des Vosges est rattachée au Bas-Rhin.
Depuis cette époque, Saint Marcel fait partie du département de la Meurthe et Moselle. Village frontière, les limites du pays y ont été renforcées en marquant les bornes séparant la Moselle de la Meurthe et Moselle par un "F" côté français, et par un "D" côté allemand (Deutschland). Après la victoire française de 1918 et le retour de la Moselle à la France, la plupart des "D" des bornes de frontière ont été effacés en les martelant. Certaines bornes, trop loin des accès habituels, ont été oubliées...
Le seul monument prussien qui garde un souvenir des évènements de 1870 est la tombe de soldats, près de l'entrée du cimetière.
La pierre tombale mentionne le nom de quatre militaires prussiens: Kinz et Sander (morts à Saint Marcel en 1870), ainsi que Kössner et un sous-officier inconnu (morts à Saint Marcel, respectivement le 26 et le 27 octobre 1870).
D'après le rapport présenté au président de la République en 1873 par Emile de Marcère, ministre de l'intérieur, plus de 220 soldats français et allemands ont été provisoirement inhumés dans des terrains particuliers sur la commune. Une centaine de corps ont été ensuite transférés dans la crypte du monument de Mars la Tour, tandis que les autres ont été ensevelis dans une concession devant le cimetière, protégée par une clôture en fer, qui a disparu depuis.
Après l'assassinat de Louis-Ferdinand à Sarajevo en juin 1914, les conflits s'enchaînent rapidement jusqu'à la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France le 3 août 1914. Dès le 6 août, des combats s'engagent près de Briey, puis Jarny. Le front se déplace rapidement vers l'Ouest sous la pression des troupes allemandes, et fin août, l'armée française commence à se replier à l'intérieur du pays. Le front va longtemps se fixer dans la région de Verdun.
Saint Marcel et les villages environnants vont alors vivre sous l'occupation allemande, en retrait de la ligne de front située près de Verdun et de Saint Mihiel. Le château de Moncel près de Jarny devient dès septembre le siège de l'état major allemand. En 1915, soucieux de préserver les ressources pour l'armée allemande, l'occupant décide d'envoyer vers la France toutes les "bouches inutiles", c'est la Croix Rouge qui est chargée d'organiser ce déplacement des populations vers le sud de la France. Quant aux jeunes valides, ils seront envoyés en déportation souvent dans des camps de travail en Allemagne...
Il faudra attendre l'entrée en guerre des États Unis en 1917 pour que la situation évolue. Les violents combats de septembre 1918 autour de Saint Mihiel provoquent le recul de l'armée allemande. La situation stratégique des voies ferrées autour de Jarny déclenche leur bombardement en septembre 1918 par les alliés afin d'affaiblir et de neutraliser l'ennemi. Au cours du mois d'octobre, l'offensive reprend, les allemands battent en retraite. L'armistice est alors signé et Jarny sera libéré quelques jours plus tard par le général Pershing. C'est la fin de la guerre et le début d'une lente reconstruction...
Présente déjà sur les cartes de Cassini (1750), la forêt communale est limitée au nord par la voie romaine. Elle était autrefois gérée en "taillis sous futaie", une sylviculture qui consistait à couper régulièrement le taillis en gardant quelques tiges de futaie (le plus souvent du chêne). Cette méthode maintenant abandonnée produisait un sous étage de rejets (le taillis) qu'on coupait tous les 10-15 ans pour produire du bois de chauffage, et un étage dominant d'arbres provenant de semis destinés au bois d’œuvre. Cette sylviculture prévoyait systématiquement une zone qu'on conservait dans l'état et qu'on appelait le quart en réserve ou le quart de réserve, cette mesure figurait déjà sur l'ordonnance de Colbert de 1669. Dans la forêt de Saint Marcel, il reste de cette sylviculture une borne de 1741 mentionnant le quart de réserve.
La gestion forestière actuelle pratique plutôt la méthode de "futaie régulière" (arbres issus de graines et constituant un peuplement plus homogène) ou de "futaie irrégulière" dans le but de mieux préserver la biodiversité et le paysage...
L'essentiel du sol de la commune est constitué d'une épaisse couche de jurassique moyen, datant d'environ 170 millions d'années. Il s'agit d'un sol calcaire, constitué par la compression de coquillages, dont on retrouve souvent les fossiles dans les terres labourées. Plus en profondeur se trouve une couche d'aalanéen qui porte en elle une importante proportion de minerai de fer que les sidérurgistes appelaient autrefois la "minette".
La "minette lorraine" est un minerai de fer assez pauvre (autour de 30%) ou ferriarénite, composé d’oolithes ferrugineux de formes ovoïdes, de coquilles marines, et d’un ciment carbonaté de couleur rouge (cas du minerai calcaire). Affleurant au pied de la côte de Moselle, la minette a été exploitée par des galeries horizontales près de la vallée, puis plus tard par des puits à l’intérieur du plateau calcaire.
Aucune mine de fer n'a jamais été construite à Saint Marcel, mais son sous-sol était peut-être inclus dans les concessions des mines voisines. Certaines archives font état de neuf demandes de concession en 1932 sur la commune de Saint Marcel, aucune n'ayant été accordée. On peut encore voir ici ou là, des bornes de concessions minières datant de cette époque. Elles sont recouvertes de métal et portent le nom de la commune.
Après un essor industriel exceptionnel, les mines de fer ont été fermées les unes après les autres. Depuis les années 1990, les eaux d'exhaure ont cessé d'être pompées et les mines se sont progressivement ennoyées. Mais dans certains puits, on a continué à prélever de l'eau pour alimenter les villages en eau potable. C'est le cas pour le Syndicat des Eaux du Soiron qui a puisé l'eau d'un puits de la mine du Paradis à Moineville dès 1956. Actuellement, près de 2 millions de m3 y sont prélevés chaque année.
Après avoir nourri une grande partie de la population du plateau, les mines de fer lui donnent maintenant à boire...
Au croisement de la rue de la Goulotte et de la rue Fontenelle, on peut voir un beau monument en pierre de Jaumont sur lequel une statue de la vierge est placée. Autrefois situé sur un terrain privé, lequel a été morcelé pour être vendu, et afin de ne pas compromettre le devenir du monument, une parcelle de 26 m2 a été cédée pour l'euro symbolique à la municipalité en juillet 2023.
Composé d'un socle où figurent plusieurs écritures, il est surmonté d'une colonne portant une croix, et surmontée d'un chapiteau corinthien aux feuilles d'acanthe finement sculptées sur lequel est posée la statue, dont la robe présente un plissé remarquablement réalisé. La croix est ornée de l'inscription INRI, d'une couronne d'épines et des clous de la passion. Il peut sembler étonnant de voir cette vierge avec des mains aussi ouvertes, ce qui n'est pas fréquent dans les représentations habituelles... Après la dernière guerre, la statue s'était trouvée amputée de ses deux avant bras. Il a été décidé à l'époque de la restaurer en utilisant le moulage des mains d'une gamine du village qui avait à peu près la même taille que la statue. C'est ce détail qui lui donne cette curieuse et originale attitude aux doigts écartés...