Le taureau et l'escargot
Un beau taureau sur un champ verdoyant
paissait d'herbe en herbe paisiblement
fier de sa puissance
à l'évidence
Sa allure le rendant arrogant
et très pédant
Mais qu'est ce donc cette chose
qui ose
traîner sur ma prairie
-Mais qui est tu petit?
Comme toi je porte des cornes
et comme toi
au champ j'ai droit
-Petit impertinent
sais tu qui je suis
destiné aux arènes
et bientôt à la peine
devant un matador
qui veut ma mort
Je te remplace
mes cornes feront face
en retour je gagnerai un carré à jamais
aussitôt dit aussitôt fait
notre colimaçon se trouva sur la sable
face à une foule insatiable
Mais Il fut tellement lent
qu'il endormit ce moment
moralité la force et la célérité perdent pied face à la lenteur.
Et l'escargot fut maître de la plaine
Quatre moutons
Quatre moutons en goguette
De retour d’une fête
Quatre moutons égarés
Sans leur berger
L’un se mit à gémir
Qu’allons nous devenir
Il fait nuit il fait noir
Sur ce vilain trottoir
Arrive un cochon
Holà !polochons
Que faites vous sans chien
Et sans gardien
Nous sommes perdus
Et errons sans but
Depuis des heures
Quel malheur
Je connais un chemin
Dis le gredin
Voilà les quatre poires
Devant l’abattoir
Mais qui est tu lardon
Panurge est mon nom
moralité, avant de suivre un inconnu, assure toi de son blase, ça t’évitera des ennuis
Le pot de terre contre le
pot de fer
Dans une petite cour
Ou peut être une basse cour
Un pot de fer
Ne semblait s’en faire
Dés le réveil
Exposé au soleil
Et le soir couchant
Au gré du vent
Son voisin un pot de terre
Bien au contraire
S’ennuyait à mourir
Et désirait partir
Qui voudrait de toi
Dit le métal narquois
Au moindre choc
Tu brises ta coque
Moi je peux tomber
Juste un peu cabossé
Mais voilà qu’un manant
En recherche de récipient
Remarque notre balourd
Au fond de la cour
Se grille à son toucher
Au soleil toute la journée
Rend le fer ardent
et bien brûlant
D’un geste le jette au loin
Tel un vilain vaurien
Mais quelle aubaine
Voyant notre âme en peine
Que voilà mon sauveur
pour mes jolies fleurs
moralité : il n’y en a pas , c’est juste la revanche du pot de terre contre le pot de fer,
mais quand même il y en a une : Quand l’élégance prend le pas sur la puissance
Le piano et le violon
Mais pourquoi suis je renié
Au fond de ce misérable grenier
Se lamentait un piano plus très droit
Mon vernis passe de vie à trépas
Deux de mes touches noires
Délaissées dans un tiroir
Et cette cruelle poussière
Vraiment quelle misère
Soudain une voix grinçante
Un tantinet faiblissante
Je vous en prie
Je vous en supplie
Arrêtez cette sérénade
Et ces jérémiades
Vous insupportez
A longueur de journée
Croyez vous être le seul
Dans cet affligeant linceul
Premier violon à Varsovie
A Berlin, à Paris
Et vous les cabarets et les cafés
Vous me faites pitié
Me voici en votre présence
Quelle navrance
Avec une corde cassée
Et sans archet
Çà suffit vous deux
Le vaniteux et le grincheux
Tous les jours c'est ainsi
La chorale c'est fini
Le trombone énervé
Fait trembler l'assemblée
A présent
Place au silence
Moralité: rien ne sert de geindre, quand le passé est trop long, il ne reste rien pour l'avenir...
Le ventilo et l'éventail
Un ventilateur brasseur d'air
Vivait tranquillement sans s'en faire
Il tournait et retournait
Il ventait et se vantait
Gonflant ses hélices
Avec joie et délice
Se sentant nécessaire
Dans le déplacement d'air
Mais que voici au bout d'une main
Une espèce d'aigrefin
Fagoté de couleurs
De toro et de fleurs
Mais ou est ton effort
Bien installé dans ton confort
Le bras te guide et te balade
Quelle rigolade
Si le bras s’arrête
Tu t’arrêtes
Et toi mon ami prince du vent
Tu dépends du courant
Cette fameuse technique
Qu'on appelle électrique
Un bouton appuyé
Et te voilà ennuyé
Et pour la belle indécente
Ainsi que pour l'élégante
Je suis la bise discrète
Qui rafraîchit la fête
Toi gros balourd
Tu n'as rien de glamour
Tu finiras au tri
Pour vieilleries
Et moi au pire
Dans une boite à souvenir
moralité: la puissance ne vaut rien s'il elle dépend d'une main.