Blues
Comme sur un chemin sans écueil,
l'aiguille de diamant arpente le sillon
Le 45 tours égraine son blues,
Les doigts pincent les cordes,
La voix pleure, implore ,pardonne
déniche l'émotion, au fond de l'âme
C'est l'hypnose collective
les têtes dandinent, suivent le rythme en douceur
Les esprits s'embrument,flottent avec la musique
les volutes s'échappent des gorges,
se disputent le passage avec l'alcool
Les yeux se ferment ,le noir accompagne
ce moment de mélancolie,des mains se joignent
les regards sur l'épaule scrutent le vide,
les corps sont des fantômes transparents et sans voix
qui flottent dans un espace réservé ,
SVP, ne pas déranger
L'impasse des roses
Dans la rue des rosiers, j'aime à me promener
Les doigts dans vos doigts, je parle aux passants
Heureux de vivre, le regard vers le ciel
comme le bleu de vos yeux, ou est ce un rêve?
La douleur intense a parcouru mon bras
l'épine d'une rose a éveillé mes sens
Une autre sur ma joue, et vos doigts se sont défaits
Vous avez glissé tout au long de moi, inexorablement
j'ai tenté de vous agripper, en vain
vos beaux yeux bleus cachés sous vos paupières fermées, à jamais
la rue est devenue impasse dans mon crane
elle s'arrête la ou votre sourire s'est fermé
me laissant là tel un marbre sans sculpteur
un tableau sans peintre, stoppé dans le temps, pour l'éternité.
un drame
Illusion perdue
L'illusion erre et s'écarte
L'espoir la recherche dans le champ du regret,
en vain!
Un poète perturbé par ce remue ménage
crayon en main, se mêle à ce charivari
veut coûte que coûte les réconcilier.
Mais l'illusion s’éloigne de plus en plus
jusqu'à devenir un petit point noir
si petit qu'on ne le vit plus
Notre infortuné barde s'allongea face au ciel
cherchant une inspiration inespérée
Le crayon resta immobile
pas un tressaillement au bout des doigts
Se remettre debout et continuer sa quête
pour une tentative de rapprochement
entre l'espoir et l'illusion
Après une longue marche vers un horizon
qui recule plus on avance,
notre scribe s'arrêta subitement , tendit sa main
vers une branche et ne cueillit que l'illusion