Journées européenne du patrimoine 2024
Samedi 21 et dimanche 22 septembre
10h-12h / 14h-19h
Château La Palanque
30 avenue de la Garonne, 33440 Saint-Louis-de-Montferrand
Visite guidée et exposition d'archives présentant les demeures et châteaux viticoles des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles bordant la Garonne, dans les communes d'Ambès et de Saint-Louis-de-Montferrand. …
Visite guidée et exposition d'archives présentant les demeures et châteaux viticoles des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles bordant la Garonne, sur les communes d'Ambès et de Saint-Louis-de-Montferrand. Ne manquez pas la rencontre des écrivaines de la table ronde, qui se tiendra dans l'orangerie de La Palanque le dimanche 22 septembre, de 14h30 à 16h sur le thème de l'engagement de l'auteur face à son temps et son environnement.
Rencontre avec le Cercle Littéraire des Ecrivaines de la Table Ronde.
Perrine Austry, Sandrine Biyi, Lysiane Rolland
Thème abordé :
L’ECRIVAIN, SON ENVIRONNEMENT, SON ENGAGEMENT
Remerciements pour l’accueil de Caroline Lampre par Lysiane.
Présentation des écrivaines (par elles –même),du Cercle et de ses membres, de ses buts, ses missions, ses valeurs par Sandrine et Lysiane
-Présentation de Pierres d’Ambès, les amis de Piétru
"Les amis de Piétru-Pierres d'Ambès", est en sommeil depuis 2005. On utilise le nom de l'association pour rappeler une expérience de 20 ans de combats pour le droit de l'environnement mis à mal sur la presqu'ile d'Ambès, mais l'association n'a pas vocation à reprendre d'autres initiatives, sinon celles relevant d'un rappel mémoriel.
-Débat et prise de parole.
1- Sandrine :
- Parler à la journée mondiale du livre de l'UNESCO qui souvent la rattache à l'environnement et avec l'éducation essentielle
-Historique des écrivains ayant lutté et luttant encore pour l'environnement. Un devoir, un droit absolu…Encore faut-il savoir lire.
Depuis toujours l’écrivain qui se nourrit de son environnement, le défend.
Ex :
Pierre de Ronsard et la forêt de Gastine.
"Quiconque aura premier la main embesongnée à te couper forest, d'une dure cognée, qu'il puisse s'enferrer de son propre baston, et sente en l'estomac la fail d'Erischton"
Trop gourmands, nous détruisons les forêts et les ressources naturelles et donc le genre humain en nous affamant. Merci Ronsard, vieux grigou
Jules Verne et son île mystérieuse, Jean Giono et L'homme qui plantait des arbres (1955), Les racines du Ciel de Romain Gary où le héros Morel décide de s'engager pour la protection des éléphants en Afrique. Ce livre a eu le Goncourt 56.
" Il ne faut pas choisir ce qu'on défend:La nature ou l'humanité, les hommes ou les chiens. Non; il faut s'attaquer au fond du problème: la protection du droit d'exister"
Extrait de lecture. Les racines du Ciel (Sandrine)
2-Perrine :
- Mais l'on trouve également George Sand et la forêt de Fontainebleau,
Extrait de lecture (Perrine)
3-Lysiane :
Les écrivains s'engagent, ils sont pléthores
Pour l’environnement mais pas que ; Leurs convictions profondes et le moteur de leur écriture. Comment écrire sans conviction ?
Près de nous, Jean Balde, vit sa maison et son cher parc défigurés par un pylone électrique dont elle a fait une nouvelle « Le pylône et la maison ».
-François Mauriac, qui de son Malagar préservé, prit position dans tous les conflits que ce soit le Maroc, l’Algérie, l’Espagne et bien sûr la guerre 40-45.
-Hugo, dont l’œuvre entière est un pamphlet contre la misère, les privilèges, les discriminations ainsi que Jaurès, Camus.
Ailleurs :
- Heminguay : Au-delà de l’écrivain magistral son « Pour qui sonne le glas » témoigne de la guerre civile d’Espagne.
- Darwich : Sa poésie s’élève et on ne fait pas taire la poésie, jamais ! Elle est plus forte que les armes, si elle ne tue pas, elle crée un espace au-dessus des bassesses humaines qui impose le respect.
Dénuée d’attaches sociétales ou politiques,la voix de l’artiste porte haut car elle est vraie, c’est le prix à payer pour toute créativité, toute fonction liée à l’art qui est révolutionnaire ou n’est pas, nous dit André Breton ! La créativité ne peut exister en zone trouble ou opaque !
Extrait de lecture (Lysiane) : Lettre de Fred Vargas.
Au delà de l'engagement, l'écriture doit démontrer qu'il est essentiel de déconstruire le mythe de la croissance afin de préserver la vie. Evoquons sans commune mesure, le combat de Paul Watson où des écrivains, comme Stéphane Bern, ont signé la pétition de remise en liberté?
Les écrits doivent persuader que la défense de l'environnement n'est pas que politique mais est, avant tout, une question de bon sens.
4-Perrine :
- Intervention sur l’envoi des tapuscrits par mail aux maisons d’éditions. Une prise de conscience ? Une mode ?
Et nous?
- Pouvons-nous écrire n'importe où?
5- Sandrine :
Pour ma part, oui. Je peux écrire partout tant que j'ai de la musique à écouter dans mon casque qui m'isole du monde. Un environnement propice, la Nature +++ et surtout plus que tout, la solitude avec mon chien.
5-Lysiane :
- Aujourd’hui nous sommes à la Palanque , un lieu qui m’est connu et aimé comme tout Saint Louis de Montferrand, mon village natal . Je l’ai vu être bien malmené durant mon adolescence : Constructions anarchiques en bord de Garonne, industries l’entourant de plus en plus, certaines classées Seveso. Saint Louis est entouré et on sait aujourd’hui les conséquences d’un tel environnement :
-La terre autour d’Everituble est amiantée pour longtemps, combien de morts parmi la population ? Les maisons construites en dépit du bon sens ont dû être démolies.
Et se discute un projet nouveau, de l’autre côté de l’eau !
Je suis écrivaine et du collectif aujourd’hui présent. Mais je bascule vers la défense de ces rives que je ne veux pas voir abîmer plus encore !
Présentation de l'association "Pierres d'Ambès"
Trois amis, scandalisés par l’état d’abandon du château Piétru édifié pour le marquis de la Colonilla qui fit construire le célèbre château Margaux, créent en 1985 l’association « Les amis de Piétru » pour mener campagne pour sa sauvegarde. Les médias se font l’écho des dossiers d’archive constitués par Philippe Ducamin et Daniel Galy (Sud-Ouest, Antenne 2…)
La veille de la signature du classement en tant que monument historique du château Piétru par le Préfet de Gironde, le Port Autonome de Bordeaux le rase dans la nuit en dépits des plus élémentaires règles de droit. Bien que cet acte de vandalisme fasse scandale le Port Autonome de Bordeaux poursuit sa politique destructrice des demeures en bordure de la Garonne. Puynormant, La Menaude, Branne, et Alty pourtant inscrit sur l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques font les frais de cette politique désastreuses que rien ne semble pouvoir arrêter. L’association intente un procès pour destruction de son objet et n’obtiendra pas le franc symbolique demandé… Illustration du pot de fer contre le pot de terre.
Toutefois l’association qui s’installe à la conciergerie de La Palanque élargi son champs d’action pour la sauvegarde du patrimoine architectural, historique et naturel de toute la presqu’île d’Ambès sous le nom « des amis de Piétru-Pierres d’Ambès ». Caroline Lampre rejoint la petite équipe militante qui comptera parmi ses membres la plupart des propriétaires des demeures historiques de la presqu’île. Des écrivains marquent leur solidarité par des mentions dans leurs ouvrages comme Bernard Manciet (Le golfe de Gascogne), jean Dethier (La modernité, une appellation à contrôler), Louis Réau (Histoire du Vandalisme), Henri de Grandmaison (journal d’un bordelais) des auteurs locaux comme Lysiane Roland (Demeures) et Jeanne Bouny (Ma presqu’île).
Les actions de vigilance de l’association toujours relayés pas les médias (TF1, FR3, Sud-Ouest, l’Express, Que Choisir, Les cahiers de l’Entre deux mer et bien d’autres encore…) mettent l’accent sur les risques technologiques générés pas les installations SEVESO, la préservation des champs d’expansion des crues en aval de la métropole, la préservation de la ressource en eau de la nappe profonde de l’éocène, et l’établissement d’une zone de protection du patrimoine architectural et paysager sur Saint Louis de Montferrand, se traduisent pas des avancées partielles.
Un Secrétariat Permanent de Prévention des Pollutions et des Risques Industriels (S3PI) est créé, un Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) voit enfin le jour, l’agence de l’eau Adour Garonne demande l’arrêt des prélèvements industriels dans la nappe éocène, les captages d’eau devront désormais se faire dans les étangs des gravières, le Château Saint Barbe est inscrit sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Enfin Pierres d’Ambès, agréée pour la protection de l’environnement, dénonce en justice et freine des aménagements réalisés en toute illégalité par le Port Autonome de Bordeaux sur la grande palu de Sabarège entre La Palanque et Alty. Parallèlement, en tant que personne publique associée aux révisions du Plan Local d’Urbanisme puis du schéma Directeur de la métropole l’association demande expressément la prise en considération des risques naturels et technologiques, de la diversité des paysages et de ses monuments architecturaux, comme des espaces naturels sensibles.
Ces points seront dénoncés en justice par Pierres d’Ambès en 2005, année qui marque la fin de 20 ans de luttes pour le respect du droit de l’environnement. D’autres associations environnementales prenant le relais, « Les amis de Piétru-Pierres d’Ambès » s’est mise en retrait. Et si aujourd’hui son nom est utilisé dans ce nouveau combat contre l’installation d’une raffinerie SEVESO en face de la Palanque, sur une zone hautement inondable, c’est pour rappeler humblement que cette nouvelle aberration environnementale s’inscrit dans une histoire peu glorieuse des aménagements du Port de Bordeaux, en manque de projets de développement, et prêt à sacrifier un estuaire encore préservé sur l’autel de retombées financières à très court terme.
Daniel Galy