Les trois ingrédients d'une dissertation réussie :
1. Avant tout, une attitude philosophique, questionnante, curieuse, qui interroge
2. Des connaissances précises
3. La maîtrise de la méthode
I. Méthodologie de l'écrit : la dissertation philosophique
La dissertation philosophique n’est ni un essai de pure réflexion personnelle, ni une contribution réelle à l’histoire érudite de la philosophie.
Ce que l’on attend, c’est une connaissance, même sommaire (aux niveaux élémentaires), et de plus en plus précise de l’histoire de la philosophie, non pas pour elle-même, mais au service d’une réflexion philosophique censée être inédite. On espère une prise de position intelligente, pas un exposé exhaustif de ce qui a déjà été pensé.
Ses composants sont
quelques traversées de po:sitions d'auteurs, présentées comme si on les découvrait
des définitions précises, des distinctions subtiles, des oppositions franches, des conceptualisations
des objections, des paradoxes, des identifcations de contradictions, des problèmes
-1 . Comment rater sa dissertation
0. Principes généraux de la dissertation
1. Analyser un sujet au brouillon
2. Poblématiser et bâtir le plan
3. Rédiger un développement construit
4. Faire des transitions et conclure
Ultimes conseils avant l'épreuve :
INTRODUCTION
Ne cherchez pas nécessairement à définir les mots les uns après les autres, (même si on peut vous conseiller cela dans d'autres matières). Demandez-vous plutôt : pourquoi cette question se pose-t-elle, quelle est sa nécessité et sa logique ? En quoi est-elle importante et pertinente, que veut-elle dire ?
N'entendez pas la question comme un prétexte ou une occasion scolaire pour réciter le programme de l’année. Prenez-la comme une question de philosophie générale.
DEVELOPPEMENT
N'adoptez pas la posture d'un spectateur qui constate ce que les autres ont pensé mais celle d'un apprenti philosophe qui discute avec les autres philosophes, qui intervient dans la discussion.
Usez (voire abusez) de définitions et de reformulations, pour rassurer un lecteur qui se demanderait constamment "qu'est-ce que vous entendez exactement par là ?" Ne vous contenez pas de tenir un propos, précisez-en le sens.
Ne vous servez pas des auteurs comme des autorités qui illustreraient ou valideraient ce qui a été déjà dit (ex: "c'est ce que dit Descartes quand il affirmr...") mais comme des points de repère qui vous aident à progresser.
Ecrivez pour un lecteur bienveillant mais pas nécessairement très savant : il est prêt à vous suivre et tout à fait disposé à vous comprendre à condition que vous lui expliquiez bien et que vous argumentiez.
CONCLUSION
Montrez que vou avez abouti, sinon à une réponse, du moins à des éléments de réponse, et qu’il y a un progrès par rapport à l’introduction.
II. Les khôlles
Exemple d'une khôlle sur le sujet "L'ennui" ->
III. L'oral de l'ENS Lyon : "Approches des sciences humaines"
• Durée de l’épreuve : 1 h de préparation ; 25 minutes devant le jury (10 min. d'exposé, 15 min. d'entretien avec le jury).
• Nature de l’épreuve : le candidat tire au sort un texte extrait d'un des 4 ouvrages au programme. Il dispose de l’ouvrage d’où est tiré l’extrait, ainsi que des usuels (notamment un dictionnaire des noms communs et des noms propres).
1. L’exposé dure 10minutes et se compose de 3 parties :
a/ Une introduction situe l’auteur·e et le texte dans l’économie générale de l’ouvrage puis dégage l’idée principale, et très rapidement les grandes étapes de la démonstration « sans compromettre l’intérêt du commentaire proprement dit et « consommer de précieuses minutes » (2-3 minutes)
b/ Une analyse explicative revient sur le détail de l’argumentation et explique de façon ordonnée le sens global du texte (le plan transversal n’est pas formellement interdit, mais il n’est pas conseillé). Elle doit se montrer attentive non seulement à l’argumentation, mais aussi aux modes d’argumentation (les différents registres, le choix des exemples, l’articulation logique) et enfin aux enjeux de méthode, à la façon dont certaines notions clés sont articulées dans l’œuvre (4-5 minutes)
c/ Une ouverture originale et personnelle qui peut s’orienter dans plusieurs directions. Elle peut examiner un des enjeux de l’extrait, mais aussi réfléchir plus en recul sur la thèse et la démarche de l’auteur (attention cependant aux ouvertures « plaquées »). Elle peut bien sûr, si cela s’y prête, mettre en regard deux œuvres du programme, mais aussi montrer d’autres perspectives que celle de l’auteur·e, ce qui n’implique pas nécessairement de contester la thèse proposée. Le jury insiste sur son importance dans la maîtrise du temps alloué pour cette première partie. De plus, c’est souvent sur cette étape que le jury s’appuie pour aider le ou la candidat·e à rebondir dans l’entretien (environ 3 minutes)
2. L’entretien de 15 minutes est une étape essentielle de l’épreuve : il s’agit donc de maintenir un haut degré de concentration. Les questions ont pour but de corriger favorablement l’évaluation de la première partie de l’épreuve. Elles peuvent porter à la fois sur la compréhension de l’extrait (demande de clarification d’un aspect du texte, d’un mot ou d’une expression, retour sur la construction du passage, vérification du degré de maîtrise de l’ouvrage dans son ensemble), et sur l’élaboration personnelle du candidat. Dans l’idéal, il prend la forme d’une conversation à bâtons rompus et peut se révéler un moment fructueux pour tous.
Voir le rapport de jury 2021, le rapport de jury 2022 et le rapport de jury 2023.