La magie du co-développement ?
Quand je me replonge dans cette intervention, les premières images qui me reviennent sont celles de la réunion de « kick off ».
C’était encore un peu le Covid et je me demande si nous ne portions pas de masques !
En tout cas l’ambiance n’était pas 100% positive dans mon souvenir. Le groupe en face de moi a déjà connu un coach et ils n’en ont pas gardé un souvenir impérissable. Ce sont des choses qui arrivent.
Le consultant qui favorise mon entrée en scène souligne à quel point je suis un type vachement bien, qui a les pieds dans le concret et qui sait faire avancer les choses. J’observe des réactions favorables et mitigées. Pas d’hostilité c’est déjà ça mais bon, un certain nombre de participant.e.s en ont vu d’autres.
Je prends à mon tour la parole. Quelques questions qui chatouillent mais justement, pas de piques réelles.
Les images suivantes sont celles des séances de co-développement que je vais animer pour faire bouger et / ou renforcer la posture managériale des différentes personnes de cette entreprise. Passés les premiers instants de surprise ou de tâtonnements (genre : je n’ai pas de sujet à proposer), tous vont s’y mettre. Le cadre est clair, la confidentialité des échanges est préservée, et les sujets viennent plus facilement à la table.
Le groupe s’attache à retirer de ces séances les enseignements à partager avec le comité de direction de l’entreprise comme avec tous ceux et celles qui n’ont pas fait partie du groupe. Le travail va donc dépasser le cadre initialement prévu et va s’installer pendant quelques années et intégrer un nombre croissant de managers.
Lorsqu’un groupe d’une vingtaine de managers sort du programme, il passe le relais à un nouveau groupe. Je vais accompagner les générations, « promos » successives ainsi désignées, à s’organiser tout au long de l’année afin de faire vivre plusieurs séances de co-développement en parallèle, chacune réunissant de 4 à 5 participants.
Dans l’affaire je joue le rôle du facilitateur et je veille au respect des quelques règles qui permettent à une séance de travail en co-développement de produire ses effets. Chaque séance met en présence en effet trois rôles : l’animateur (moi), le client (chaque participant le sera à tour de rôle), les consultants (les participants lorsqu’ils ne sont pas dans le rôle du client)
Chaque « client »vient avec son sujet (pas de touristes), chacun a le temps de l’exposer, de formuler une demande.
Dans un premier temps, les consultants se concentrent sur le seul questionnement pour creuser la demande et le sujet mis sur la table. Ils s’interdisent d’émettre une recommandation ou de poser une question qui ressemblerait déjà une solution. J’y veille.
Après cette phase d’exposition / questionnement, le porteur du sujet s’isole, assiste à l’échange que les « consultants » vont avoir sur son sujet. Il écoute sans pouvoir intervenir. Il adopte une attitude de « montée au balcon » et ne fait qu’écouter.
Une fois la réflexion terminée, le groupe de consultants présente au client les résultats auxquels ils sont parvenus, éventuellement les recommandations si le client en a demandées. Puis le client conclut en exprimant ce qu’il retient, garde ou laisse de côté dans ce que les consultants viennent de lui présenter.
Le groupe passe ensuite au client suivant.
Les échanges menés vont être tellement riches qu’au bout de trois années le groupe de cette troisième année va souhaiter formaliser et publier un « guide du routard du management » qui va reprendre les très nombreux apports collectés au gré des multiples séances.
Comme quelques-uns se forment à l’animation de ce type de séances pour que le travail perdure, je vais donc finir (avec regret, mais c’est le jeu) par les laisser continuer leur route.
So long !