Représenter son (ou sa) polycule permet d'identifier les risques et les potentialités du réseau de relations. Avant de s'y mettre, il y a quelques questions à se poser :
Comment représenter chaque membre (selon son sexe, selon sa distance, son intensité à mes yeux...)?
Quelles relations y apparaissent (amoureuse, sexuelle, famille, amitié...)?
Jusqu'où dessiner les frontières (Uniquement les relations directes, les relations de mes relations, plus...)?
Quel objectif à cette carte (voir les méta relations? le réseau autour de la santé? identifier mes priorités? ...)
A partir d'exemples divers et variés croisés à droite et à gauche, j'ai recensé les informations qui suivent pour en tirer un modèle générique à adapter selon ses envies.
Les identités doivent être assez détaillées pour les liens directs, mais peuvent devenir des groupes ou des activités pour les métarelations. Par exemple, si vous fréquentez une personne qui a des activités libertines par ailleurs, il est intéressant de le noter, mais inutile de lister les personnes rencontrées dans ce cadre.
Parfois, on ne trouve que le nom, parce que cela est suffisant, parfois, une ou deux informations supplémentaires apparaissent en complément, selon les attentes de cette carte.
Selon les schémas, on trouve fréquemment:
Une illustration et/ou le nom pour identifier la personne ou le groupe (si cela représente un trouple, un autre couple ou du libertinage par exemple)
Le genre (homme, femme, non binaire...)
Le type de relation intime recherchée par cette personne (hétéro, homo, bi, platonique...)
Le mode de vie relationnelle (Monogame, Polyamoureux, Polyacceptant, Relation anarchique, Solopoly)
Niveau de connaissance de la personne (Déjà connectée, Rencontrée, Intérêt...)
Les liens qui unissent les identités sont vraiment le cœur de ce que vous voulez représenter, ils doivent donc être lisibles et clairs et ne doivent pas entrer en compétition avec les infos sur les identités, comme le niveau de connaissance par exemple qui peut apparaitre soit sur les identités, soit sur les liens.
Les liens peuvent aussi comporter des flèches indiquant des informations qui ne sont pas nécessairement symétriques.
Vous êtes libres d'utiliser des couleurs ou des formes de lignes différentes (fines et épaisses, en vagues, pointillés etc...), voici des groupes d'informations qui peuvent apparaitre, sachant qu'elles ne sont ni exclusives ni exhaustives.
Type de lien : Amoureux/ Amitié romantique, Sexuel, Organisationnel, Amitié intime, Ex...
Fonctionnel : Coparentalité, Cohabitation, Partenaire de vie, Finances
Partenaire : Marié.e, Prioritaire, Régulière, Occasionnelle, Longue Distance, Platonique, Anarchique
Sexualité : Non protégée, Protection partielle, Protégée
Sexualité 2 : Exclusive, Non exclusive, Non sexuelle
Lien : Solide, Régulier, Occasionnel, Intérêt
IL est également possible d'ajouter des informations complémentaires avec des symboles sur les liens ou les identités, voire pour identifier des zones particulières avec des lignes supplémentaires (des patates). Evidement ces informations ne doivent pas déjà être identifiées par les liens ou les identités, elles viennent compléter ce qui est déjà fait.
Relations interdites (les ex ? Les ami.e.s? Les métas ?...) peuvent être isolés par un fil barbelé.
Les fréquences relationnelles (Zone 1 : Contact au quotidien, Zone 2: ~1 fois par semaine, Zone 3: ~1 fois par mois, Zone 4: Occasionnelle, Zone 5: Jamais...)
Les activités partagées peuvent être indiquées sur les liens (ciné, sport, vacances...).
Le mode de vie peut apparaitre sur l'identité (solopoly, en couple...)
Avec le polyamour, les polycules peuvent s'interconnecter et devenir gigantesques. Il faut donc commencer par choisir la taille attendue selon la personne à qui est destinée la carte et le thème que vous aurez choisi.
Pour commencer, il faut identifier toutes les personnes qui sont connectées à vous, c'est le minimum.
Pour chacune de ces personnes (hors groupes), vous pouvez développer leurs polycules (ajouter les méta relations), quitte à en synthétiser certaines en groupe ou en mettant leur fonction à la place de leur nom (Meilleur ami, Epoux, Libertinage, Plan culs occasionnels...)
Si vraiment, vous voulez y aller à fond, vous pouvez continuer à développer jusqu'à ne plus avoir les infos, mais attention, une trop grosse carte perd souvent son utilité et a tendance à devenir anxiogène (santé et jalousie...).
De nombreuses cartes indiquent les relations passées, les ex et cela s'entend lorsque la relation a évolué et qu'un lien subsiste. Le polyamour permet des évolutions de relation entre les personnes. Parfois, ce n'est pas le bon moment, parfois, certain.e.s ont besoin de prendre un moment en monogamie ou seuls. De la même façon, les relations naissantes ou en vue peuvent aussi apparaître.
Le respect et la liberté étant fondamentaux en polyamour, il est essentiel de dresser une carte à un moment donné en ayant conscience que ce n'est qu'une photo à l'instant T.
Je recommanderai donc de noter quelque part la date de la carte.
Dans les cartes parcourues, un dessin et le nom me semblent la base des identités.
Ces informations indiquent en général de façon naturelle le genre (mais si besoin, un petit symbole peut compléter le profil).
Etant malheureusement médiocre en dessin, j'ajoute un cadre définissant le sexe du partenaire, un carré pour les hommes, un triangle pour les femmes, un cercle pour les groupes.
On peut également indiquer des informations complémentaires sur les personnes, par exemple une étoile pour les partenaires qui vivent seul.e.s (solopoly), ce qui est souvent synonyme de facilité pour se voir sur une période courte ou longue, improvisée ou pas, une petite bulle pour préciser le genre recherché par le partenaire (homme, femme ou bi) ou les passions si vous souhaitez faire apparaitre les activités partagées...
Nous avons trois variables de base pour dessiner des liens.
L'épaisseur du trait (2 ou 3 largeurs max), sa couleur (4 semble un maximum pour garder de la lisibilité) et sa forme (ondulé, hérissée, avec des angles, lisse...)
En général, chaque couleur définit un thème et l'épaisseur indique l'intensité. Les formes servent souvent pour signifier des informations plus "émotives" comme par exemple l'intérêt, les envies, ou les ruptures.
Si vous utilisez plusieurs couleurs, choisissez celle qui représente le mieux le type de relation. Le noir peut être utilisé pour tout ce qui est fonctionnel ou neutre, le bleu est également assez neutre, le vert plutôt positif et le rouge soit intense, soit interdit, mais dans tous les cas plutôt important à voir.
A noter qu'il peut être utile parfois de flécher ces liens car les relations ne sont pas toujours symétriques.
Maintenant que les éléments essentiels sont en place, vous pouvez agrémenter votre carte d'éléments complémentaires.
Un trait barbelé pour les zones ou vous ne devez pas relationner, des cercles pour déterminer les fréquences de rencontre ou l'importance des personnes à vos yeux.
Vous pouvez aussi ajouter des petits dessins, des logos représentants des informations sur les lignes (activités en commun, jours réservés, fréquence, type de sexualité...)
Dans le cas où vous fréquentez plusieurs partenaires avec des relations qui ne sont pas cloisonnées, il peut être intéressant d'établir une petite carte qui permet de voir comment les personnes se protègent entre elles.
Etablissez tout d'abord les identités en indiquant le sexe et le nom. Ajoutez y un petit encart avec la date du dernier contrôle IST fait et sain. Si besoin, vous pouvez ajouter un autre encart avec les spécificités médicales de ce partenaire qui peuvent donc orienter le type de protection à avoir.
Tracez les relations sexuelles qui lient ces individus en intégrant les métarelations. Je vous inviterais à indiquer avec un symbole le type de relation tactile non protégée sur la ligne : Sexe, Bouche-Sexe Mains-Sexe, Baisers, Caresses...
Ceci fait, vous pouvez voir où se trouvent les risques et gérer ensemble la santé du polycule. Inutile de préciser que dater cette acrte est importante pour son intérêt.
Surtout, si un écart est fait, n'oubliez pas d'en parler à vos partenaires, la confiance et la communication est essentielle, surtout dans ce cadre.
Ce type de carte a pour objectif de vous organiser au mieux au sein de votre polycule. Il peut être assez riche en information, mais devrait vous permettre de repérer les risque de polysaturation et de vous organiser au mieux.
Etablissez tout d'abord la liste de tous vos partenaires actuels et potentiels.
Pour chacun, identifiez les avec leur nom et leur mode de vie (solopoly, en couple...).
Etablissez des zones qui représenterons la fréquence de vos rencontres (quotidien, hebdomadaire, mensuel, plus que mensuel...)
Dans la première zone, positionnez la ou les personnes que vous côtoyez chaque jour ou presque, pour la zone hebdomadaire, celles que vous voyez environ une fois par semaine, pareil pour le mois et les autres qui sont plus occasionnelles, autour.
Tracer en bleu les lignes de relations sexuelles, en vert les lignes de relations amoureuses (que je différencie des amitiés intimes ou des amis avec avantages...) et en noir les liens fonctionnels s'il y a (vie commune, partage des courses, vacances ensemble, etc...).
Epaississez les lignes qui le méritent si vous le souhaitez ou pour indiquer une activité particulière (si vous avez un fétichisme par exemple, il peut se réaliser avec certain.e.s partenaires et pas avec d'autres).
Vous pouvez maintenant ajouter des infos bonus si vous le souhaitez.
Avec le système de zone, identifier les métarelation n'est pas facile. Pour le faire, vous devez vraiment distribuer vos relations en cercle et tracer les autres relations hors des zones, à moins qu'elles soient communes avec vous. Si vous vous engagez dans cette voie, vous pouvez aussi lier les métarelations qui sont connectées entre elles. Une autre solution est d'utiliser l'épaisseur des liens pour la fréquence afin de poser les métarelations plus librement sur la carte.
Maintenant, vous pouvez voir si votre agenda vous permettra de gérer votre polycule ou s'il faut raisonnablement ajuster certaines relations...
Cette fois, il s'agit juste de visualiser le réseau de relations auquel vous êtes connectés.
Etant localisé au milieu, déposez autour de vous vos relations en indiquant à minima le nom. Tracez les liens qui vous lient par intensité (Amoureux.ses, Partenaires réguliers, Partenaires occasionnels, Intérêts).
Pour chacune de ces personnes, ajouter les méta-amours dont vous avez connaissances et tracez également les liens qui les unissent. Bien entendu , c'est le moment de sortir le joker groupe ou de mettre des points d'interrogations si besoin.
Ajoutez les bonus dont vous pouvez avoir besoin et voilà, une grande carte.
Si, à force d'ajouter les méta-amours, vous réussissez à atteindre les limites de votre polycule, c'est à dire qu'il ne manque aucun lien pour toutes les identités présentes sur la carte, félicitations, vous connaissez toute votre communauté relationnelle.