Nous croyons intéressant de publier pour nos joueurs certains conseils publiés dans un volume connu depuis longtemps en Angleterre et intitulé : Association Football and how to play, écrit par John Cameron, ancien professionnel de Queen’s Park, Everton, Tottenham-Hotspur, et enfin manager de ce dernier club.
Dans une équipe, la ligne d’avants doit être la plus active. Si les avants attaquent continuellement, la défense a peu de travail, et il est prouvé que le meilleur moyen de se défendre est d’attaquer. Ce n’est pas nécessairement le meilleur joueur qui marquera ; rentrer des buts doit être l’objectif de chacun, qu’il marque lui-même ou qu’il fasse marquer par un camarade. La ligne doit combiner pour arriver devant les « bois » par le chemin le plus vite et pour tromper le goal en plaçant la balle hors de sa portée.
Les centres doivent pouvoir shooter dans toutes les positions, et de volée et directement, sans être obligés de bloquer. L’avant-centre devrait être grand et solide, très bon dribbleur et plus souvent individuel que ses co-équipiers. Il faut qu’il soit capable de maintenir sa ligne bien ensemble, de distribuer le jeu avec avantage, et surtout de bien shooter des deux pieds.
L’« inside » a un travail de liaison ; c’est celui qui est le moins personnel et qui doit prendre la balle pour la donner ; il aidera les demis quand ils seront débordés, puis il reviendra à l’attaque au moment voulu. Il ne faut pas croire que son seul devoir est de passer à son ailier ou, à l’occasion, au centre.
Une des passes les plus effectives est par exemple de l’inter-gauche à l’aile droite ou vice-versa de l’inter-droit à l’aile gauche ; il déplace ainsi le jeu en exigeant de la défense adverse, portée de son côté, une rapidité qui la gênera souvent. Aux touches, il reviendra en arrière pour la remise en jeu.
L’ailier doit être capable de bien centrer et d’être maître de la balle ; une de ses fautes est de mettre en six mètres ou en corner, par suite de sa vitesse. C’est la difficulté, justement, de bien envoyer le ballon devant les buts à la hauteur environ du point de penalty. En défense, il n’est pas des plus utiles ; sa grande qualité est d’attendre, et c’est une faute grave de ne pas rester à sa place. Dans les corners, l’ailier droit devrait le donner du pied gauche et l’ailier gauche du pied droit. On est ainsi plus sûr d’envoyer la balle à l’endroit voulu.
Les demis constituent la cheville ouvrière de l’équipe. Le demi-centre est peut-être le joueur qui attire le plus l’attention et on peut dire qu’il est en football ce que wicket-keeper est en cricket ; pour plusieurs raisons, il devrait être capitaine ou en tous cas son avis doit toujours être pris en considération.
Un demi doit être capable de distribuer le jeu au mieux et une longue passe du centre à l’ailier gauche ou droit est toujours effective. Cette ligne doit s’entendre avec les arrières et quand, par exemple, le demi-aile sera battu de vitesse par l’ailier, il se repliera sur l’inter, en laissant à l’arrière le soin de dégager en empêchant le centre de l’adversaire.
Il est bien établi que le half-back a plus de travail proportionnellement qu’un autre joueur et il doit par conséquent être toujours soucieux de sa forme. Il doit posséder un bon shoot et s’il savait souvent saisir l’occasion pour shooter de volée ou directement, même d’assez loin, le « score » serait plus élevé. En résumé, sa valeur devrait être égale en défense comme en attaque et il devrait être à la fois un demi et un demi-avant.
Un arrière ne doit pas seulement posséder un fort coup de pied ; il doit être vite, bon marqueur et surtout sûr en défense. Il faut qu’il puisse, quand les siens attaquent, dégager intelligemment pour ne pas obliger toute l’équipe à se replier. Il doit pouvoir taper des deux pieds et dans toutes les positions.
Il est difficile de donner un coup de pied de volée en envoyant la balle à l’endroit exactement désiré. Il doit savoir également quand il donnera un coup de pied. Le « heading » doit être travaillé beaucoup et c’est de n’importe quel côté de la tête qu’il doit savoir sauver des situations dangereuses. Une manière aussi précise qu’avec le pied.
Les arrières et le goal doivent très bien s’entendre surtout pour passer la balle à ce dernier.
C’est l’homme de confiance. Les goal-keepers, comme les poètes, sont nés mais ne sont pas formés. Sa plus grande qualité sera le coup d’œil et il doit deviner où et quand un avant shootera. L’esprit toujours en éveil, il prendra très vite une décision. À l’avant-goût, ne se servira directement du pied que dans des cas exceptionnels. Il devrait s’entraîner sur un punching-ball et savoir taper des deux pieds pour dégager la balle.
C’est lui qui donne les coups francs sur six mètres et il sortira très rarement de ses buts, excepté quand un avant adverse arrive seul devant lui, ou quand il doit avoir la balle avant un adversaire.