Le chantier Le Cœur est un chantier naval actif entre 1905 et 1980 sur le territoire de la commune de Plobannalec-Lesconil, en Bretagne, dans le Sud du Finistère,
Le chantier naval présente cette particularité de ne pas être installé sur le port même de Lesconil, car il était au départ un atelier de menuiserie.
Alain Le Cœur habite et travaille à partir de 1905 dans la rue principale de Lesconil, que l'on nomme également Grande Rue à l'époque, baptisée depuis rue Jean Jaurès, qui débouche au Sud sur le port, via la rue Jolie-Curie. Le chantier naval est donc situé à environ 100 mètres du port.
Le chantier compte un atelier - de menuisier ébéniste au départ - et la maison d'habitation d'origine d'Alain Le Cœur, donnant au Nord sur un jardin. Le tout est de plain-pied, en terre battue avec des murs chaulés. Au Sud de l'atelier est érigé un hangar en bois, largement ouvert à l'ouest, qui recevait le ou les bateaux en construction (un seul la plupart du temps), abritant un établi, avec, devant la maison d'habitation, la modeste remorque de mise à l'eau des bateaux. Ce hangar ouvre directement sur la rue Jean Jaurès, pour accéder ensuite au port.
En quelque 75 années de production, le chantier naval produit des pinasses, des chaloupes, des sloops, des canots à misaine ou à vapeur, ainsi que 25 malamoks, ces bateaux de pêche bretons à moteur de plus de quinze mètres. L'activité navale est florissante dans les années 1950 et 1960, période prospère de Lesconil. Au total, 350 bateaux sont produits par le chantier au cours de ces décennies d'activités.
Le nom des bateaux est évocateur du contexte politico-religieux de Lesconil dans la première moitié du XXe siècle. En dehors des noms bretons (Labous Noz ; oiseau de nuit), on peut trouver des appellations religieuses telles Dieu aime Marie ou des références politiques comme Prolétaire ou Démocratie. Plus original est le nom de Titanic donné à un navire. Comme dans beaucoup de chantiers à l'époque, la commande est orale et vaut contrat. Les pêcheurs de Lesconil apprécient particulièrement la compréhension d'Alain Le Cœur qui leur fait crédit et attend la vente de la première pêche réalisée par un nouveau bateau pour percevoir son premier acompte.
Le dernier bateau sort du chantier naval en 1980, lequel ferme l'année suivant .
L'atelier et ses dépendances sont conservés par la famille jusqu'en 2002, date de rachat du site par la municipalité. Parallèlement, la famille Le Cœur lègue à la ville le matériel et l'outillage de l'atelier, ( outils, machines, demi-coques en bois de bateau ), témoignant de la construction navale à Lesconil.
Après moult tergiversations et l'intervention de l'association "Bag Leskon", il est décidé en 2008 de transformer l'ancien atelier en musée.