Le Réseau Monika-POWN
Le Réseau Monika-POWN
Le Réseau Monika-POWN (Polska Organizacja Walki o Niepodległość - Organisation polonaise de lutte pour l’Indépendance) prend racine à Lyon en 1941 grâce à Aleksander Kawałkowski et aux élites polonaises installées à Lyon et dans la région de Grenoble, où la plupart des soldats polonais et fonctionnaires du consulat ont élu domicile suite à l'armistice du 17 juin 1940.
Impulsé par le gouvernement polonais en exil depuis Londres, le réseau Monika-POWN s’appuie sur les bureaux des Affaires Polonaises liées aux structures des Affaires Etrangères et les utilise comme couverture auprès des institutions légales autorisées par Vichy (Union des Polonais en France, la YMCA polonaise, la Croix Rouge Polonaise ou PCK, le Groupement d’Assistance aux Polonais en France ou GAPF). En réalité, ces institutions exercent des activités de renseignements et d’aides auprès des soldats polonais souhaitant fuir la France. Le lycée polonais de Villard-de-Lans sert de paravent au camouflage de jeunes Polonais qui doivent gagner clandestinement l’Espagne. Zygmunt Zaleski, Président du GAPF et directeur de ce lycée, sert de « boîte aux lettres » au POWN : il est en relation avec le consul de Pologne au Portugal et reçoit par cette voie les messages et les fonds en provenance de Londres.
A partir de l’été 1942, le mouvement s’étend en zone Nord où vivent 300 000 Polonais issus de l'émigration de l'entre-deux-guerres. Cette population habite dans les mêmes cités minières (corons), crée des associations culturelles, sportives, catholiques (prêtres Polonais) et envoie ses enfants à l’école polonaise (instituteurs arrivant aussi de Pologne). Les agents Rémy Szczesny et les frères Paczkowski recrutent des nouveaux membres dans ces colonies polonaises. Des mouvements déjà constitués en zone Nord (S, Orzeł, Zorza) rejoignent également le POWN.
C’est en 1943 que le mouvement recrutera massivement dans ses rangs et comptabilisera plus de 8000 membres en 1944.